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Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

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03-2011

Jean-Luc Mélenchon a pris position en faveur de l’intervention militaire en Libye. Dans une interview publiée par Libération, le 21 mars, il affirme que si le Front de Gauche était au pouvoir, il aurait adopté la même démarche que Sarkozy : « Si le Front de gauche gouvernait le pays […] serions-nous intervenus directement ? Non. Nous serions allés demander à l’ONU un mandat. Exactement ce qui vient de se faire. Je peux appuyer une démarche quand l’intérêt de mon pays coïncide avec celui de la révolution. »

Jean-Luc Mélenchon répète les mensonges de l’ONU et des gouvernements impliqués dans les bombardements : « Kadhafi tire sur sa population. Au nom du devoir de protéger, l’ONU demande d’intervenir », affirme-t-il. Or la « protection des civils » n’est en réalité que le prétexte de cette guerre. Il permet de masquer ses véritables objectifs, à savoir la protection des intérêts des puissances impérialistes en Libye. Il faut expliquer cette vérité à la population et déchirer le voile d’hypocrisie et de mensonges qui la dissimule. Cette guerre ne vise pas à appuyer la révolution des exploités, mais à la contrecarrer et l’étouffer. C’est une guerre réactionnaire et impérialiste, de tous les points de vue. D’ailleurs, Mélenchon devrait nous expliquer comment il se fait que des réactionnaires notoires comme Sarkozy et Cameron veulent soutenir une révolution, de l’autre côté de la Méditerranée.

Dans une note publiée sur son blog, le 24 mars, Mélenchon rejette l’idée que cette intervention puisse être liée aux intérêts économiques et stratégiques des puissances impérialistes. Il cite un article de l’association « Mémoires de luttes » : « L’action armée en cours contre les cibles militaires libyennes ne vise pas à s’approprier le pétrole du pays, pour une raison bien simple : c’est déjà le cas ! Total (France), ENI (Italie), Repsol (Espagne), OMV (Autriche), Petro Canada (Canada), Wintershall (Allemagne) etc., exploitent déjà des gisements. » Ce serait risible si le sujet n’était pas aussi sérieux. Il ne vient pas à l’esprit de Mélenchon que les impérialistes puissent vouloir protéger leurs intérêts. Il n’a pas compris – ou fait semblant de ne pas comprendre – que les révolutions arabes, y compris la révolution libyenne, menacent les énormes intérêts des impérialistes dans cette région hautement stratégique. Pour eux, toutes ces révolutions sont autant de cauchemars. Ils feront ce qu’ils peuvent pour y mettre un terme et stabiliser des régimes dociles garantissant l’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles de la région au profit des grandes multinationales américaines, françaises, britanniques, etc. Tel est leur objectif fondamental en Libye.

Selon Mélenchon, l’intervention militaire serait « conforme à l’intérêt de la France ». L’intérêt de quelle France ? Celle des capitalistes, des banquiers et des spéculateurs ? Ou celle des travailleurs ? Il n’y a pas vraiment d’intérêt national, puisque la « nation » est divisée en classes aux intérêts diamétralement opposés. L’approche de Mélenchon fait totalement abstraction de la lutte des classes et de leurs intérêts contradictoires.

Un peu plus loin, Mélenchon précise son idée : « la politique menée [par Sarkozy] est conforme à l’intérêt de la France : être lié avec le monde maghrébin. Il n’y a pas de futur possible pour la France si elle est opposée au sentiment majoritaire des populations au Maghreb. » On croit rêver. Sarkozy et sa clique ne cessent d’alimenter le racisme à l’égard des travailleurs d’origine maghrébine, en France. Sous couvert de « débat sur l’Islam », ils vont encore stigmatiser les jeunes et travailleurs arabes. Au Maghreb, l’impérialisme français a toujours soutenu, financé et armé les dictatures. Aujourd’hui même, Sarkozy soutient les régimes réactionnaires au Maroc et en Algérie. Il couvre d’un silence complice la répression, les arrestations et la torture qui frappent les militants de gauche, dans ces pays. Voilà comment Sarkozy et le capitalisme français sont « liés au monde maghrébin » !

Le rôle de l’ONU

Mélenchon soutient l’idée, véhiculée par les impérialistes, selon laquelle l’ONU est une institution progressiste oeuvrant au bien de l’humanité. Il ne jure que par l’ONU. « Je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU », dit-il. « Depuis vingt ans, mes positions ont toujours été fermes et constantes : je me suis toujours opposé à ce qui n’était pas l’ONU. » Mais là encore, Mélenchon fait abstraction des intérêts de classe que représente l’ONU. Cette institution n’est pas neutre. Elle est l’instrument des grandes puissances impérialistes qui la contrôlent et qui s’en servent comme une couverture légale et « humanitaire » à leurs interventions. Par exemple, l’ONU a justifié la première guerre du Golfe (« protéger les Koweitiens »), la guerre en Serbie (« protéger les Kosovars ») et la guerre en Afghanistan (« lutter contre le terrorisme »). L’ONU a également justifié et organisé l’embargo de l’Irak qui, en douze ans, a fait plus d’un million de victimes irakiennes. Est-ce là « l’ordre international » que Mélenchon appelle de ces vœux ?

Mélenchon pousse jusqu’au ridicule son soutien à l’ONU : « Si la Russie et la Chine avaient mis leur veto à la résolution et que l’OTAN avait décidé d’intervenir, j’aurais été contre l’intervention » en Libye, explique-t-il dans Libération. Face à une guerre impérialiste, Jean-Luc Mélenchon détermine sa position en fonction de ce qu’en pensent… les régimes réactionnaires de Pékin et Moscou. Soit dit en passant, le Front de Gauche est censé élaborer une « programme partagé » avec la population, mais nous n’avions pas compris qu’il était question de le « partager » aussi avec Poutine et Hu Jintao !

La référence à l’OTAN ne vaut pas mieux. L’ONU est aussi réactionnaire que l’OTAN – et aussi dominée par l’impérialisme américain. Il est complètement absurde de prétendre que l’intervention en Libye changerait de nature si elle était dirigée par l’OTAN. Les impérialistes s’efforcent – non sans mal, du fait de leurs rivalités – de s’entendre pour passer à l’OTAN tout ou partie de la direction des opérations militaires. Mélenchon y voit la main des Américains et s’en offusque. Mais pour l’information du dirigeant du Parti de Gauche, la résolution de l’ONU était déjà conforme aux intérêts des impérialistes américains, qui ont dès le premier jour dirigé les opérations militaires. Que les bombes larguées sur la Libye portent le sigle de l’ONU ou de l’OTAN ne change strictement rien au caractère réactionnaire de cette guerre.

Le 23 mars, Mélenchon écrivait sur son blog : « La résolution 1973 de l’ONU concernant la Libye doit être fidèlement appliquée. Son objet est clairement délimité. Il s’agit de mettre en place une zone d’exclusion aérienne, actuellement effective, pour protéger les civils libyens. La résolution 1973 n’a pas d’autre objectif et exclut clairement toute autre intervention militaire. » Or, premièrement, il n’est pas vrai que la résolution 1973 exclut « toute autre intervention militaire » que la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne. Au contraire, l’ONU autorise « toutes les mesures nécessaires » pour prétendument « protéger les civils » – à l’exclusion d’une intervention terrestre (pour le moment). Mélenchon devrait savoir que le bombardement de blindés et de soldats loyalistes ne relève pas d’une zone d’exclusion aérienne. Les chars ne volent pas, à notre connaissance. Mais abstraction faite de ce petit détail, ce qu’il y a de plus scandaleux, dans le propos de Mélenchon, c’est le soutien qu’il apporte une fois de plus au prétexte mensonger de cette intervention impérialiste : « protéger les civils ».

Risques d’enlisement

L’intervention impérialiste en Libye présente les mêmes risques que les guerres en Irak et en Afghanistan. C’est ce risque d’enlisement, conjugué à la rivalité entre puissances impérialistes, qui explique les réticences de l’Allemagne, de la Russie et de la Chine. Le gouvernement des Etats-Unis était réticent à s’embarquer dans une nouvelle guerre. Sarkozy, par contre, voulait que la guerre commence dans les plus brefs délais. Il y a quelques semaines, les diplomates français du « groupe Marly » condamnaient publiquement « l’impulsivité et l’amateurisme » qui caractérisent la politique internationale de Nicolas Sarkozy. Ces diplomates ne sont certainement pas du même bord politique que nous, mais il faut reconnaître qu’ils ont raison, sur ce point. Après la chute de Ben Ali et Moubarak, les insurrections qui ont eu lieu à Benghazi et ailleurs, en Libye, ont convaincu Sarkozy que Kadhafi tomberait très rapidement, lui aussi. Critiqué pour sa « lenteur » à abandonner ses amis dictateurs en Tunisie et en Egypte, il a voulu prendre les devants en Libye. Il a hâtivement exigé le départ de Kadhafi et reconnu le Conseil National de Transition comme le seul « gouvernement » légitime du pays. Selon les calculs de Sarkozy, une chute rapide de Kadhafi lui permettrait de redorer son image aux yeux de l’électorat français – tout en protégeant les intérêts du capitalisme français en Libye.

Les événements, cependant, ont pris Sarkozy à contre-pied. Kadhafi a résisté. Ayant conservé le contrôle d’une partie importante des forces armées, le dictateur a lancé une contre-offensive. Or, si Kadhafi se maintient au pouvoir, Sarkozy risque gros. D’où son activité frénétique pour une intervention militaire visant à renverser Kadhafi. Malgré des réticences, Sarkozy a fini par obtenir le soutien de l’ONU. La résolution 1973 était une déclaration de guerre contre le régime libyen. Elle prévoit non seulement une zone d’exclusion aérienne, mais aussi des opérations contre des forces terrestres.

Rien n’est plus imprévisible que le déroulement des guerres. Mais le risque d’un enlisement de la coalition est évident. Moins d’une semaine après le début des opérations, des voix se levaient déjà, dans les milieux gouvernementaux, pour évoquer cette perspective. Les frappes aériennes peuvent détruire un certain nombre de blindés et d’avions au sol. Elles peuvent détruire des bunkers et des dépôts d’armes. Elles peuvent également gêner des convois de troupes et d’autres manœuvres militaires en dehors des villes. Mais il est très difficile de renverser un régime au moyen de bombardements aériens. Les impérialistes espèrent que sous la double pression des frappes aériennes et des offensives menées par les insurgés, ce qui reste du régime de Kadhafi finira par se disloquer. Mais ce n’est pas garanti.

L’objectif des impérialistes engagés dans cette guerre est de renverser Kadhafi pour lui substituer un gouvernement stable qui sauvegarde leurs intérêts. Dans ce domaine, ils comptent sur le Conseil National de Transition, qui n’a rien à voir avec la révolution. L’insurrection à Benghazi et d’autres villes du pays était le fait des travailleurs et de jeunes. Inspirés et encouragés par les révolutions en Tunisie et en Egypte, ils se sont révoltés dans l’espoir d’en finir avec Kadhafi. Mais l’insurrection n’a été que faiblement suivie dans la capitale – et, à la différence de Ben Ali ou de Moubarak, Kadhafi a pu compter sur une grande quantité de soldats fidèles – sans parler d’un nombre impressionnant de mercenaires. Le Conseil National de Transition a pris forme par-dessus la tête de l’insurrection, à laquelle la plupart de ses membres n’ont pas participé. Ce Conseil est dirigé par Mustapha Mohamad Abdeljalil, l’ancien Ministre de la « Justice » de Kadhafi – autrement dit, l’ancien bourreau-en-chef du régime. Devant la multiplication des soulèvements, des transfuges de ce genre – diplomates, ministres, hommes d’affaires – ont quitté le navire qu’ils croyaient en perdition. Ils ne valent pas mieux que Kadhafi. Leur objectif est de prendre sa place, d’être « Calife à la place du Calife », avec l’aide des grandes puissances impérialistes. Ils ont été rejoints par des « intellectuels » et des hommes d’affaires qui vivaient aux Etats-Unis ou en Europe. Depuis des décennies, des « opposants » libyens en exil ont été démarchés par les services secrets. Un certain nombre d’entre eux ont accepté leurs propositions. Ceux qui se trouvent « spontanément » au CNT en font partie. Le CNT est une coalition d’anciens kadhafistes et d’agents impérialistes. De toute évidence, les impérialistes ne soutiendraient pas le CNT s’ils n’avaient pas de bonnes raisons de penser qu’il défendra leurs intérêts.

La position du PCF

Dans l’interview du 21 mars à Libération, Mélenchon affirme avoir « voté la résolution du Parlement européen [favorable à une intervention] en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric. » Il est exact que la position de Patrick Le Hyaric, telle qu’il la défend dans l’Humanité Dimanche du 24 mars, est proche de celle de Mélenchon. Mais quelle est la position de la direction du PCF ? Ce n’est pas très clair. Dans son communiqué du 8 mars, le PCF exprimait son « opposition totale à une intervention militaire en Libye ». Mais le 18 mars, un nouveau communiqué du parti appelait seulement à la « vigilance » et rangeait, à tort, le Conseil National de Transition parmi les « forces qui agissent pour la démocratie en Libye ». Par contre, Jacques Fath, membre de l’exécutif national du parti et responsable aux relations internationales, condamnait l’intervention et la résolution de l’ONU, dans l’Humanité du 25 mars (ici).

La direction du PCF doit prendre clairement et formellement position contre cette guerre impérialiste. Les militants communistes ne soutiennent pas Kadhafi. Ils sont solidaires des révolutionnaires en Libye et dans les autres pays arabes. Mais il ne fait pas de doute que dans leur immense majorité, les militants communistes s’opposent à cette intervention impérialiste, tout comme ils s’opposaient à la guerre en Irak. Les déclarations de Mélenchon n’engagent que lui. Ce n’est pas à lui de déterminer la politique internationale du Front de Gauche. Le PCF est, de loin, la composante la plus importante du Front de Gauche. En outre, de nombreux militants du Parti de Gauche ne sont pas d’accord avec Mélenchon, sur cette question. Le PCF doit adopter une position indépendante. Il doit s’opposer à l’intervention, expliquer ses véritables objectifs, se dissocier du Conseil National de Transition et autres « faux amis » de la révolution, comme Bernard Henri-Lévy – et soutenir la cause révolutionnaire en Libye et à travers le monde arabe.

Post-Scriptum : En réaction à cet article, plusieurs lecteurs nous demandent : « D’accord, mais quelle est l’alternative, pour le peuple libyen ? » Nous avons répondu à cette question dans notre article : Les objectifs de l’intervention impérialiste en Libye. La jeunesse et les travailleurs libyens ne peuvent compter que sur leurs propres forces et celles de leurs frères et sœurs d’Egypte, de Tunisie et de toute la région. Le fait est que beaucoup de Libyens ne veulent pas se battre pour mettre au pouvoir l’ex-ministre de la Justice de Kadhafi, aujourd’hui dirigeant du CNT. De ce point de vue, les impérialistes et le CNT ont affaibli la révolution. Les révolutionnaires libyens ont besoin d’un programme indépendant, dirigé contre le capitalisme et l’impérialisme. La révolution doit rester sous le contrôle de ceux qui l’ont commencé : la jeunesse, les pauvres et les travailleurs – y compris sur le plan militaire.

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)


Vos réactions...

Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 29 mars 2011, par Christophe-31

Un article courageux, à contre courant de certains "bons pensants", mais qui dit clairement, les intérets en cours. J’avoue avoir eu quelques doutes au début de l’intervention... Mais cet article me conforte dans mes soupçons : Comment un avocat, un ancien ministre, et un autre notable peuvent t’ils diriger une révolution de travailleurs ? Bref, encore merci !


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 30 mars 2011, par Bruno

Merci pour cette saine clarification.
Il est très dommageable de voir à quel niveau de déliquescence est tombé la direction du PCF. Elle navigue entre humanitarisme petit bourgeois, et officialisme républicain. La voix authentiquement communiste n’existe plus, et les plus exploités de la sociétés ne se tournent plus vers nous mais vers des groupuscules ou partis fascisants. C’est le prix a payer pour notre abandon idéologique de la lutte des classes.
Dernière couleuvre à avaler, l’avilissante avalisation de Mélanchon comme porte parole du Front de Gauche.. Chacun de ses actes trahis sa haute estime de lui-même, son mépris de ses alliés et ses gesticulations stériles qui n’ont comme objectif que de lui permettre de briguer un siège ministériel sous le prochain gouvernement "socialiste". Face aux désespoirs grandissant des masses sous les coup de la politique des Capitalistes que mène droite et PS, cette collusion, et la cécité des camarades du PCF nous jettera dans l’abîme...
Si nous ne voulons pas nous réveiller un matin sous un gouvernement UMP-FN il est grand temps que le PCF se reveille !


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 30 mars 2011, par Hubert Prévaud

« Selon Mélenchon, l’intervention militaire serait « conforme à l’intérêt de la France ». L’intérêt de quelle France ? Celle des capitalistes, des banquiers et des spéculateurs ? Ou celle des travailleurs ? Il n’y a pas vraiment d’intérêt national, puisque la « nation » est divisée en classes aux intérêts diamétralement opposés. L’approche de Mélenchon fait totalement abstraction de la lutte des classes et de leurs intérêts contradictoires. »

L’abstraction que fait Mélenchon des intérêts contradictoires entre les classes est une constante dans son approche politique.

En 2007, Ségolène Royale disait lors sa campagne pour les présidentielles « que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore. Dans les autres pays, on met le drapeau aux fenêtres le jour de la fête nationale ». Elle avait promis que si elle était élue, elle « ferait en sorte que les Français connaissent la Marseillaise ». Selon elle, « c’est la responsabilité d’un chef d’Etat d’assumer l’hymne national », qui fait partie « des éléments de rassemblement ».

Volant au secours de la candidate Ségolène Royal qui se faisait attaquer à gauche, Mélenchon a écrit :
« Je dois dire honnêtement que je n’ai de problèmes ni avec l’hymne ni avec le drapeau. Et pour me situer plus clairement encore, j’avoue que je ne compte plus le nombre de fois ou j’ai chanté dans les circonstances officielles où il est pourtant de bon ton de rester muet quand on joue l’hymne national. »

La question du drapeau, de l’Hymne national (qui sont devenus les symboles de la bourgeoisie française) et les références à la patrie républicaine - comme se plait à le faire Mélenchon dans les meetings - sont un poison pour le mouvement ouvrier.

Voici un extrait de cet excellent document sur la question nationale disponible sur le site de La Riposte, que devraient étudier tous les militants qui défendent la cause du mouvement ouvrier :

La défense de la « patrie » ou de la « république » bourgeoise, l’identification avec le drapeau tricolore, comme toutes les autres manifestations de l’orgueil national, chez les travailleurs, constituent la base idéologique de ce que Lénine appelait le « social-patriotisme ». Lénine s’opposait à cette tendance de la façon la plus implacable. Lors de la création de l’Internationale Communiste, le rejet du social-patriotisme figurait dans les « 21 conditions » imposées aux partis qui voulaient rejoindre l’Internationale. Cette opposition sans concession au « patriotisme » sature complètement, d’un bout à l’autre, toute l’action et toute la pensée de Marx, Engels, Lénine, Trotsky, Luxemburg et Liebknecht. Notre propre organisation est fondée, elle aussi, sur cet internationalisme inflexible.

La fonction politique des drapeaux et hymnes nationaux (que ce soit le drapeau tricolore et La Marseillaise, en France, ou l’Union Jack et Rule Britannia, en Grande Bretagne) est de renforcer le sentiment patriotique et national chez les travailleurs, de dissoudre la conscience de classe dans le sentiment d’appartenance à une même « nation », de souder la population toute entière autour de la classe capitaliste dans l’intérêt exclusif de cette dernière. Nous devons, au contraire, lutter pour renforcer la conscience de classe chez les travailleurs, et faire tout notre possible pour miner le sentiment national, l’orgueil national, etc. Le drapeau tricolore n’est pas notre drapeau, mais celui de notre ennemi de classe. Le mouvement ouvrier doit avoir son drapeau, ses chants, ses « symboles » distincts et opposés à ceux de la classe dominante, propres à la classe ouvrière : le drapeau rouge, l’Internationale, etc. Mélanger les drapeaux, c’est aider nos ennemis à rallier les travailleurs à la « patrie » capitaliste.
Le marxisme et la question nationale

En se positionnant en faveur de l’intervention militaire en Libye, Mélenchon rend service à nos ennemis de classe, en ralliant les intérêts de notre classe à la défense de la patrie.


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Gérard

Je pense que si Sarkozy a agi ainsi, c’est que l’on se dirigeait droit vers un massacre (ce qui lui aurait été très préjudiciable, personne n’ayant oublié comment Kadhafi avait été reçu en France). C’est pour moi l’élément qui prévaut.

Je trouve regrettable de camper sur des idéologies (sans vouloir juger de celles-ci), alors qu’il y a des milliers de vies en jeu. ALors bien sur, venant de nos chers démocrates, c’est de l’humanisme à géométrie variable (comme toujours toutefois, quelque soit le bord politique des dirigeants), mais vous trouveriez préférable de les laisser crever, juste pour ne pas, pour une fois, sortir un peu de votre grille de lecture ?

Désolé, mais je trouve là un exemple assez frappant illustrant pourquoi le PCF en est réduit à un niveau aussi bas électoralement. Vous ne convaincrez personne avec de pareils positionnements, c’est contre-productif.

Maintenant, ce texte n’est pas vraiment surprenant, on a compris que vous saisissez toutes les occasions pour dézinguer Mélenchon. Mais aller jusqu’à justifier des milliers de morts, là, c’est... comment dire... humaniste, vraiment selon vous ?


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Maximilien R.

Gerard, il va y avoir des milliers de morts quand même vous savez. Simplement, au lieu de mourir pour leur liberté, ils mourront pour les intérêts économiques des patrons français et américains. Si Sarko et co avaient vraiment voulu aider les insurgés, ils auraient placé leurs opérations sous le contrôle de ces derniers, au lieu de quoi ils agissent sous la bannière de l’OTAN (donc des États-Unis).


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Patrick Vandeweyer, PCE Málaga, Espagne

Donc si j’ai bien compris le message de Gérard, ceux qui refusons d’avaler la pilule de la “guerre humanitaire” ne faisons que justifier des millers de morts. Comme raisonnement, il est difficile de faire plus court.

"La jeunesse et les travailleurs libyens ne peuvent compter que sur leurs propres forces et celles de leurs frères et sœurs d’Egypte, de Tunisie et de toute la région." (La Riposte)

En parlant des tunisens, voyons donc ce qu’en dit le Front du 14 Janvier de Tunisie :

“Le front du 14 janvier a été, dès le départ, du côté du peuple Libyen et de ses revendications démocratiques, ainsi que celles des autres peuples arabes en lutte (Yemen, Bahrein, etc.). Nous nous sommes toujours opposés à toute intervention étrangère qui ne protège nullement la population civile et qui ouvre la voie aux visées impérialistes (Irak, Afghanistan). Nous estimons que cette intervention militaire vise une occupation de la Libye afin de soumettre son peuple à un régime autocratique et plus enclin aux intérêts impérialistes, de piller les ressources pétrolières du pays et d’installer un poste de contrôle sur toute l’Afrique du Nord (base militaire) afin de veiller sur la sécurité d’Israël. Nous dénonçons cette intervention menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis comme une ingérence qui ne vise pas à protéger les populations civiles et encore moins à soutenir les mouvements de révolte des peuples arabes face à des tyrans qui ont été longtemps soutenu par ces mêmes pays occidentaux. Cette intervention vise à préserver les intérêts des Etats-Unis et de l’Europe. Le peuple Libyen est capable, sans ingérence étrangère, de continuer sa révolte jusqu’à la victoire sur le régime de Khadafi. Le peuple Libyen est fort du soutien et de la solidarité des autres peuples arabes en lutte et de toutes les forces révolutionnaires dans le monde. Nous, Front du 14 janvier, nous déclarons notre farouche opposition à cette intervention militaire, nous dénonçons cette ingérence impérialiste et nous appelons à son arrêt immédiat. Nous appelons toutes les forces anti-impérialistes à se soulever et à manifester pour l’arrêt de cette intervention. Front du 14 janvier. Tunisie 23/03/2011”

http://front14janvier.net/Notre-pos...


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Christophe

Mélenchon pousse jusqu’au ridicule son soutien à l’ONU : « Si la Russie et la Chine avaient mis leur veto à la résolution et que l’OTAN avait décidé d’intervenir, j’aurais été contre l’intervention »

Depuis jeudi 31mars au matin, l’Otan a prit le contrôle des opérations... Et que dis Mr Mélenchon ? "L’Otan n’a rien à faire en Libye... ", mais elle y est, avec ou sans son approbation. L’opération reste identique... Qu’allez vous dire Mr Mélenchon ?


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Naïké

Je comprend que l’on soit horrifié par ces mort cependant afin de limité au maximum les morts il faut comme le disait Spinoza ni rire ni pleurer mais comprendre.

Nous avons un pays la Libye, un pays où le pouvoir en place a fait son "autorité" sur une rhétorique anti-impérialiste et quelque mesure sociales qui depuis 93 sont attaqué depuis les premières privatisations. La situation sociale était explosive la preuve les milliers de personnes se sont soulevé. Cependant a tripoli il n’y a pas eu de grand soulèvement significatif mais il y a fort a parié qu’il y avait les conditions pour que ca explose. Et c’est eux qui sont la clef de cette lutte.

Mais quels sont les conséquences de l’intervention impérialiste ? Ca donne du grain a moudre a la propagande anti-imperialiste de Kadafi et renforce ces positions au lieu de les affaiblir.

Alors maintenant certains peuvent se consoler a dire que l’intervention a sauvé des vies. Mais après l’intervention si elle est "victorieuse" que vas-t-on voir ? Le même régime sanglant que kadafi se mettre en place. Il sera peut être même pire. La Libye sera à la solde des impérialistes avec une armée étrangère sur leur solde. Les impérialistes réclameront que les réformes de privatisation engagé par Kadafi soient continué. Ce qui est est incompatible avec la justice sociale pour laquelle se sont soulevé les libyens. Résultat si il y a de nouvelles manifestations elle seront très fortement réprimé car les impérialiste ne pourrons pas se permettre de perdre la contrôle de la situation la-bas.

Aucune voie de sortie n’est possible avec les impérialistes nous ne pouvons compter que que notre propre classe. L’ensemble de la population doit être armée et un appel au soulèvement doit être fait au frere de tripoli.


Jean-Luc Mélenchon et la guerre en Libye

Le 31 mars 2011, par Ghani de la Commune de Belfort

J-L Mélenchon n’est pas un revirement près.Lui l’ancien marxiste-léniniste de l’UNEF, l’ancien ami de Julie Dray, l’ancien pro-Fabius et le nouveau -je-ne-sais-quoi, s’était opposé à la guerre du Golfe.Pour quelle raison ? Intervention pour des intérêts économiques des forces impérialistes.Pour les mêmes raisons, aujourd’hui, il nous explique qu’il est en accord avec Sarkozy et compagnie.
Les communistes doivent réfléchir à plus d’une fois avant de lui donner les clés de la maison en 2012.
Mais pour cet opportuniste : ce n’est pas la girouette qui tourne mais c’est le vent.



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