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	<title>La Riposte : journal communiste</title>
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		<title>La Riposte : journal communiste</title>
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		<title>Les &#233;lections l&#233;gislatives au Pakistan</title>
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		<dc:date>2013-05-18T14:53:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;lle D.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 11 mai dernier, des &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu au Pakistan. La campagne qu'ont men&#233;e les diff&#233;rentes organisations politiques pour ces &#233;lections a montr&#233;, sans ambages, le m&#233;pris que les hommes politiques portent au peuple opprim&#233; du Pakistan. Aucun parti ni aucun candidat n'ont mentionn&#233; la question brulante des v&#233;ritables contradictions de cette soci&#233;t&#233;, de l'exploitation violente &#224; laquelle les travailleurs font face. Aucun d'entre eux n'a m&#234;me pr&#233;tendu &#234;tre le parti des pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les partis (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-pakistan-.html" rel="directory"&gt;Pakistan&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lariposte.com/IMG/arton1945.jpg&quot; width='150' height='137' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 11 mai dernier, des &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu au Pakistan. La campagne qu'ont men&#233;e les diff&#233;rentes organisations politiques pour ces &#233;lections a montr&#233;, sans ambages, le m&#233;pris que les hommes politiques portent au peuple opprim&#233; du Pakistan. Aucun parti ni aucun candidat n'ont mentionn&#233; la question brulante des v&#233;ritables contradictions de cette soci&#233;t&#233;, de l'exploitation violente &#224; laquelle les travailleurs font face. Aucun d'entre eux n'a m&#234;me pr&#233;tendu &#234;tre le parti des pauvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les partis de droite et religieux &#233;taient ouvertement offensifs contre la classe ouvri&#232;re. L'int&#233;grisme a tent&#233; de faire r&#233;gner la terreur en provoquant de multiples bains de sang afin d'intimider les gens et de d&#233;tourner leur attention de la politique. De janvier &#224; avril, pas moins de six cents personnes en moyenne par mois ont p&#233;ri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Munawar Hassan, le chef de &lt;i&gt;Jamaat-e-Islami&lt;/i&gt;, le plus vieux parti religieux du Pakistan, a pr&#244;n&#233; le retour &#224; la charia et a prof&#233;r&#233; des menaces contre les progressistes. La ligue musulmane du Pakistan - &lt;i&gt;Nawaz&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Nawaz Sharif, a parsem&#233; sa propagande de propos religieux et cach&#233; ses liens avec les organisations fondamentalistes, m&#234;me si certains dirigeants de ce parti se pr&#233;tendent plus lib&#233;raux. Le &lt;i&gt;Pakistan Tehrik-e-Insaf&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Imran Khan, a de l'indulgence pour les islamistes m&#234;me s'il se pr&#233;sente comme lib&#233;ral. Il attire surtout des jeunes issus des classes moyennes et des femmes de la petite bourgeoisie. L'amalgame de ses diff&#233;rentes tendances lui promet une existence temporaire et fragile. L'&lt;i&gt;Awami&lt;/i&gt;, un parti nationaliste pachtoune, autrefois de gauche, s'est vendu &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Il est, par cons&#233;quent, en conflit avec les &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; qui ont men&#233; des attaques contre ses militants durant les cinq derni&#232;res ann&#233;es. Le &lt;i&gt;Muttahida Qaumi Movement&lt;/i&gt; (MQM), cr&#233;&#233; sur des bases communautaires, a partag&#233; le pouvoir depuis plus de vingt ans avec les diff&#233;rents gouvernements, militaires comme d&#233;mocratiques. Avec ses tendances fascistes, ce parti a perdu sa base sociale. Mais il a continu&#233; &#224; dominer Karachi et des villes du Sindh par des m&#233;thodes violentes et mafieuses d'intimidation qui ont cout&#233; la vie &#224; 2284 personnes en 2012. Les &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt;, tout aussi impliqu&#233;s dans la violence et les activit&#233;s mafieuses, ont essay&#233; de d&#233;fier ce parti. Le MQM en a profit&#233; pour se pr&#233;senter comme un parti la&#239;c, victime des &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; et de la violence qui r&#232;gne &#224; Karachi depuis les ann&#233;es 80. Le &lt;i&gt;Jamiat-i-Ulema-e-Islam&lt;/i&gt;, vacillant entre l'obscurantisme islamique et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, a affich&#233; ses tendances opportunistes &#224; vouloir partager le pouvoir. Les &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; ont aussi attaqu&#233; ses meetings. Il y a aussi quelques dizaines de candidats ind&#233;pendants, qui, une fois &#233;lus, vendent leur &#226;me au plus offrant. Les hommes d'affaires v&#233;reux de l'&#233;conomie formelle et informelle les ach&#232;tent, pour qu'une fois au pouvoir, ils facilitent leur pillage et couvrent leurs crimes. Tous ces partis de droite et religieux repr&#233;sentent les diff&#233;rentes fractions de la classe dirigeante et aucun, d'ailleurs, ne pr&#233;tend repr&#233;senter la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti du peuple pakistanais (PPP), traditionnellement per&#231;u comme le parti de la classe ouvri&#232;re, a r&#233;ussi &#224; faire ce que la classe dirigeante et les deux dictatures militaires n'avaient pas r&#233;ussi. Il s'est coup&#233; de la classe ouvri&#232;re. Il n'a pas abord&#233; la mis&#232;re qui afflige les classes opprim&#233;es. Au pouvoir depuis cinq ans, il n'a rien fait, sauf quelques amendements constitutionnels superficiels. De telles mesures ne comptent pas dans la vie des travailleurs. Depuis qu'il est au pouvoir, on assiste &#224; une forte contraction de l'&#233;conomie, une hausse des prix, des probl&#232;mes de s&#233;curit&#233;, du ch&#244;mage et &#224; une d&#233;gradation de l'&#233;ducation et de la sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le virage &#224; droite du PPP &#233;tait visible depuis l'investiture des candidats. Il a form&#233; des alliances avec la droite et les partis conservateurs. D'anciens candidats petits-bourgeois de gauche se sont alli&#233;s avec &lt;i&gt;Jamaat-e-Islami&lt;/i&gt; et diff&#233;rentes organisations terroristes comme &lt;i&gt;Sipah-e-Sahaba&lt;/i&gt;. Pendant ce temps, ils ont combattu l'aile gauche du parti et refus&#233; l'investiture de candidats marxistes qui d&#233;fendaient le programme fondateur du PPP et avaient de bonnes chances de vaincre la droite conservatrice. La clique des dirigeants du PPP pr&#233;f&#233;rait donner des si&#232;ges &#224; la droite religieuse dans une &#233;lection serr&#233;e plut&#244;t que de voir des marxistes entrer au parlement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, cela n'a pas emp&#234;ch&#233; notre camarade Ali Wazir (en photo) de remporter les &#233;lections dans le sud du Waziristan, au beau milieu des territoires &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; ! La nouvelle a &#233;t&#233; annonc&#233;e dimanche par une des principales chaines de t&#233;l&#233;vision pakistanaise, &lt;i&gt;GeoTV&lt;/i&gt;. Mais lundi, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que l'&#233;lection devrait avoir &#224; nouveau lieu une semaine apr&#232;s. Le sud du Waziristan est une zone tribale de guerre, occup&#233;e par l'arm&#233;e pakistanaise, o&#249; des bandes arm&#233;es itin&#233;rantes de &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; sont actives et o&#249; des frappes de drones meurtri&#232;res se produisent r&#233;guli&#232;rement. Ali Wazir &#233;tait candidat ind&#233;pendant de gauche puisque le PPP a refus&#233; d'investir des candidats marxistes. Il est connu dans le mouvement ouvrier pakistanais. C'est un homme courageux qui fait face &#224; l'opposition des fondamentalistes d'une part, et de l'arm&#233;e pakistanaise d'autre part. Son oncle et son p&#232;re ont &#233;t&#233; d&#233;j&#224; assassin&#233;s par la r&#233;action. Il a combattu sur la base d'un programme socialiste contre l'imp&#233;rialisme et le terrorisme, et pour l'&#233;cole et la sant&#233; pour tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a remport&#233; l'&#233;lection, mais n'est pas certain de pouvoir si&#233;ger au parlement &#224; Islamabad. En effet, il avait d&#233;j&#224; gagn&#233; en 2008, mais n'avait pas pu acc&#233;der &#224; son si&#232;ge. Le r&#233;sultat avait &#233;t&#233; annonc&#233; tr&#232;s tardivement et, entretemps, le si&#232;ge avait &#233;t&#233; remis &#224; un mollah de droite. Cette man&#339;uvre avait &#233;t&#233; orchestr&#233;e par les services secrets pakistanais, li&#233;s &#224; la r&#233;action islamiste et aux terroristes &#8212; lesquels ne pourraient pas exister sans le soutien de l'&#233;tat et des services secrets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre camarade a remport&#233; les &#233;lections. Mais ces derni&#232;res devaient avoir &#224; nouveau lieu aujourd'hui, samedi 18 mai. C'est ainsi la d&#233;mocratie des exploiteurs, la libert&#233; de tricher, de voler et de piller. Le gouvernement du PPP &#233;tait tr&#232;s connu pour sa corruption. Il est fort &#224; parier que le gouvernement de la Ligue Musulmane ne sera pas mieux, et sera m&#234;me probablement pire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parlement pakistanais n'est que la cuisine de voleurs o&#249; les escrocs, les &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt;, les trafiquants de drogue sont accueillis &#224; bras ouverts pour participer &#224; l'orgie du pillage et de la corruption. Mais pour les repr&#233;sentants du peuple, des travailleurs, des paysans et des pauvres, les portes sont bien verrouill&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;lections ne vont rien changer. La crise &#233;conomique et sociale, la mis&#232;re et la souffrance des classes opprim&#233;es vont s'aggraver dans la p&#233;riode &#224; venir. Et puisque tous les autres chemins sont bloqu&#233;s, le peuple pakistanais n'aura pas d'autre choix que de marcher sur le chemin de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;rard Filoche d&#233;monte l'ANI [vid&#233;o]</title>
		<link>http://www.lariposte.com/Gerard-Filoche-demonte-l-ANI-video.html</link>
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		<dc:date>2013-05-17T09:51:07Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Membre du bureau national du Parti Socialiste, G&#233;rard Filoche a longtemps exerc&#233; le m&#233;tier d'inspecteur du travail. Ces derniers mois, il a multipli&#233; les r&#233;unions publiques pour d&#233;noncer l'Accord National Interprofessionnel (ANI) sign&#233; par le Medef et la CFDT. Nous publions ci-dessous la vid&#233;o de la r&#233;union qui s'est tenue le 14 mars &#224; Argel&#232;s-sur-mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant nous ne partageons pas un certain nombres d'id&#233;es de G&#233;rard Filoche sur la dette, les causes de la crise et les moyens d'y mettre un terme, autant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lariposte.com/IMG/arton1944.jpg&quot; width='150' height='137' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Membre du bureau national du Parti Socialiste, G&#233;rard Filoche a longtemps exerc&#233; le m&#233;tier d'inspecteur du travail. Ces derniers mois, il a multipli&#233; les r&#233;unions publiques pour d&#233;noncer l'Accord National Interprofessionnel (ANI) sign&#233; par le Medef et la CFDT. Nous publions ci-dessous la vid&#233;o de la r&#233;union qui s'est tenue le 14 mars &#224; Argel&#232;s-sur-mer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autant nous ne partageons pas un certain nombres d'id&#233;es de G&#233;rard Filoche sur la dette, les causes de la crise et les moyens d'y mettre un terme, autant son excellente critique de l'ANI donne toute la mesure de la r&#233;gression sociale majeure qu'il constitue.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;&lt;object width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/rQe1qjqDX8Y?version=3&amp;hl=fr_FR&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/rQe1qjqDX8Y?version=3&amp;hl=fr_FR&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A&#233;roport de Roissy - La CGT appelle &#224; la gr&#232;ve le 28 mai</title>
		<link>http://www.lariposte.com/Aeroport-de-Roissy-La-CGT-appelle.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Les effets de la crise du capitalisme se manifestent violemment dans le secteur de l'a&#233;rien. Les compagnies a&#233;riennes historiques, comme Air France, suppriment des milliers d'emplois et remettent en cause les acquis sociaux. Des d&#233;localisations sont pr&#233;vues dans la maintenance des avions. L'acc&#233;l&#233;ration des externalisations d'activit&#233; vers la sous-traitance est &#224; l'ordre du jour. A Roissy, les salari&#233;s de la sous-traitance sont d&#233;sormais plus nombreux que ceux d'Air France et d'ADP r&#233;unis. Leurs (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-luttes-.html" rel="directory"&gt;Luttes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lariposte.com/IMG/arton1943.jpg&quot; width='150' height='137' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les effets de la crise du capitalisme se manifestent violemment dans le secteur de l'a&#233;rien. Les compagnies a&#233;riennes historiques, comme Air France, suppriment des milliers d'emplois et remettent en cause les acquis sociaux. Des d&#233;localisations sont pr&#233;vues dans la maintenance des avions. L'acc&#233;l&#233;ration des externalisations d'activit&#233; vers la sous-traitance est &#224; l'ordre du jour. A Roissy, les salari&#233;s de la sous-traitance sont d&#233;sormais plus nombreux que ceux d'Air France et d'ADP r&#233;unis. Leurs conditions de salaire et de travail se d&#233;gradent rapidement au gr&#233; des passations de march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ces violentes mesures d'aust&#233;rit&#233;, les salari&#233;s h&#233;sitent &#224; passer &#224; l'action pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts, par peur du ch&#244;mage et dans l'espoir d'une am&#233;lioration de la situation &#233;conomique &#8211; qui ne vient pas. En appelant &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sur l'a&#233;roport le 28 mai, contre l'aust&#233;rit&#233;, la &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ulcgtroissy.fr/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;CGT de Roissy&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; souhaite ouvrir une nouvelle p&#233;riode plus favorable pour les salari&#233;s. D'une part, certaines bases syndicales sont pr&#234;tes &#224; mener des luttes dans leur entreprise et cette opportunit&#233; pourrait leur permettre de se coordonner &#224; d'autres salari&#233;s. Trop de gr&#232;ves restent isol&#233;es, entreprise par entreprise, dans ce secteur o&#249;, pourtant, toutes les activit&#233;s sont li&#233;es entre elles. Par exemple, si des salari&#233;s du nettoyage font gr&#232;ve, ADP les fait remplacer par un autre prestataire. La m&#234;me chose se produit chez les bagagistes, etc. La coordination des luttes est une question strat&#233;gique incontournable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agissant des autres entreprises de Roissy, o&#249; les conditions d'une lutte d&#233;termin&#233;e ne sont pas encore r&#233;unies, l'appel &#224; la mobilisation pour le 28 mai doit permettre de faire la d&#233;monstration de la force des salari&#233;s qui sont appel&#233;s &#224; participer &#224; une manifestation sur l'a&#233;roport, ce qui participera &#224; &#233;lever le moral et la combativit&#233;. La CGT r&#233;unit en ce moment ses quelque 200 bases syndicales &#224; Roissy par secteur d'activit&#233; (nettoyage, pistes, s&#251;ret&#233;, maintenance, etc.) afin de d&#233;finir des plates-formes revendicatives communes et de demander l'ouverture de n&#233;gociations interprofessionnelles par secteur, &#224; partir du 28 mai. L'union locale CGT de Roissy a propos&#233; d'&#233;tendre cette mobilisation &#224; l'ensemble des a&#233;roports du pays. Nous suivrons cette mobilisation et reviendrons sur les enseignements &#224; tirer de cette exp&#233;rience, qui pourrait inspirer d'autres militants CGT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PCF en campagne pour la nationalisation d'Air France</title>
		<link>http://www.lariposte.com/Le-PCF-en-campagne-pour-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lariposte.com/Le-PCF-en-campagne-pour-la.html</guid>
		<dc:date>2013-05-15T10:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Villeret (PCF Roissy)</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L&#8202;e PCF s'est engag&#233; dans une campagne revendicative nationale en direction des salari&#233;s d'Air France. Un tract de 4 pages est distribu&#233; dans les a&#233;roports par les militants communistes depuis le mois de mars. Cette campagne vise &#224; apporter le soutien du parti aux salari&#233;s de la compagnie qui affrontent le plan d'aust&#233;rit&#233; que la direction a nomm&#233; &#171; Transform 2015 &#187;. Ce plan pr&#233;voit une remise en cause m&#233;thodique des accords d'entreprise conclus au fil des ann&#233;es, souvent au prix de luttes. Ainsi, le nombre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-pcf-.html" rel="directory"&gt;PCF&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lariposte.com/IMG/arton1942.jpg&quot; width='150' height='137' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#8202;e PCF s'est engag&#233; dans une campagne revendicative nationale en direction des salari&#233;s d'Air France. Un &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://capital-travail.pcf.fr/sites/default/files/transport_aerien_bdef_0.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;tract de 4 pages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est distribu&#233; dans les a&#233;roports par les militants communistes depuis le mois de mars. Cette campagne vise &#224; apporter le soutien du parti aux salari&#233;s de la compagnie qui affrontent le plan d'aust&#233;rit&#233; que la direction a nomm&#233; &#171; Transform 2015 &#187;. Ce plan pr&#233;voit une remise en cause m&#233;thodique des accords d'entreprise conclus au fil des ann&#233;es, souvent au prix de luttes. Ainsi, le nombre de journ&#233;es de cong&#233; obtenues au-del&#224; du minimum l&#233;gal est revu &#224; la baisse. La dur&#233;e du travail augmente, pour le m&#234;me salaire. Divers &#233;l&#233;ments de r&#233;mun&#233;ration, comme celui relatif &#224; l'anciennet&#233;, sont diminu&#233;s pour se rapprocher des niveaux pr&#233;vus par la convention collective de la branche. Ainsi, le statut des salari&#233;s de la compagnie est en train d'&#234;tre nivel&#233; par le bas, pour le porter au minimum pr&#233;vu pour le secteur de l'a&#233;rien. Mais ce n'est pas tout. La compagnie supprime massivement des emplois. En plus des 1 900 postes supprim&#233;s en 2009, la direction souhaite en supprimer 5 122 de plus dans le cadre du plan &#171; Transform 2015 &#187;. La direction d'Air France veut de cette fa&#231;on accro&#238;tre de 20 % la productivit&#233; des salari&#233;s &#8211; c'est-&#224;-dire aggraver d'autant leur exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le PCF appelle au retrait de ce plan d'aust&#233;rit&#233; et au maintien des acquis et des emplois chez Air France. Il est clair que ce mot d'ordre rencontre un &#233;cho tr&#232;s favorable chez les salari&#233;s, &#224; commencer par les militants de la CGT, le premier syndicat de la compagnie, qui lui aussi m&#232;ne campagne pour le retrait du plan &#171; Transform 2015 &#187;. Venir soutenir les travailleurs victimes de l'aust&#233;rit&#233; est une excellente initiative du parti. Mais cette campagne va au-del&#224; de la simple solidarit&#233; de lutte. Elle ouvre une perspective politique aux salari&#233;s d'Air France. Le tract national appelle non seulement &#224; l'&#171; &lt;i&gt;arr&#234;t du plan Transform&lt;/i&gt; &#187;, mais ajoute qu'en cas de maintien de cette politique de casse sociale par la direction de la compagnie, &#171; &lt;i&gt;la question de la nationalisation doit &#224; nouveau se poser&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce mot d'ordre marque un tr&#232;s net progr&#232;s dans la propagande nationale du parti. Dans les entreprises, les salari&#233;s se sentent bien seuls dans le combat quotidien qu'ils livrent pour la d&#233;fense de leurs salaires, leurs emplois et leurs conditions de travail. Sur qui peuvent-ils compter ? Le gouvernement socialiste leur a tourn&#233; le dos d&#232;s le lendemain de son &#233;lection et s'appr&#234;te par exemple &#224; faire voter la mise en &#339;uvre de la transposition de l'accord de casse du Code du travail sign&#233; le 11 janvier dernier (l'ANI). Le PCF se pose ainsi en alternative politique. Ce mot d'ordre traduit un programme concret : l'arr&#234;t de l'aust&#233;rit&#233; ou bien la prise de contr&#244;le de l'entreprise par l'Etat. Le tract pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;avec ses parlementaires, [le PCF] entend travailler imm&#233;diatement &#224; [&#8230;] la nationalisation des grandes entreprises ADP et Air France et de leurs filiales, avec un important pouvoir d&#233;cisionnel pour les salari&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, le mot d'ordre ne r&#233;sonne pas seulement comme un slogan ; le PCF appara&#238;t comme une force politique s&#233;rieuse qui entend poser des actes concrets d'alternative politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nationalisation de l'entreprise est ici une arme tr&#232;s efficace pour tenter de s'opposer &#224; l'aust&#233;rit&#233;. Cette campagne m&#233;rite d'&#234;tre relay&#233;e de fa&#231;on bien plus large qu'elle ne l'est actuellement. La direction nationale du PCF devrait la faire figurer en bonne place dans nos diff&#233;rentes publications et sites internet. &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; devrait s'en faire largement l'&#233;cho. Ce programme serait accueilli avec enthousiasme par les militants syndicaux, &#224; commencer par ceux des entreprises en proie &#224; des licenciements et des fermetures. Nous proposons de d&#233;cliner ce programme &#224; l'ensemble des principales branches de l'&#233;conomie et d'y mener des campagnes similaires &#224; celle men&#233;e dans l'a&#233;rien. Le mot d'ordre est valable partout ailleurs, &#224; commencer par l'industrie o&#249; il y a urgence &#224; le g&#233;n&#233;raliser pour faire face au saccage. Qu'est-ce qui justifie que nous ne tenions pas le m&#234;me discours dans l'automobile, par exemple ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette campagne pour la nationalisation d'Air France marque un tr&#232;s net progr&#232;s par rapport aux formulations ambig&#252;es du programme du Front de Gauche, jusqu'alors. En effet, &lt;i&gt;L'Humain d'abord&lt;/i&gt; se contente en g&#233;n&#233;ral de d&#233;fendre des &#171; p&#244;les publics &#187; sans en pr&#233;ciser le p&#233;rim&#232;tre et la composition. Notre programme doit &#234;tre aussi clair que possible, si nous voulons nous faire entendre de la population. Selon nous, cette campagne gagnerait encore en clart&#233; si nous pr&#233;cisions que ces nationalisations doivent se faire sans indemnit&#233; pour les capitalistes, qui se sont suffisamment enrichis sur le dos des salari&#233;s pendant toutes ces ann&#233;es. Pour se diff&#233;rencier des nationalisations technocratiques qui ont &#233;t&#233; men&#233;es en son temps par Mitterrand, il est par ailleurs important d'expliquer que nous d&#233;fendons des nationalisations d&#233;mocratiques, dont la gestion des entreprises serait plac&#233;e sous contr&#244;le de repr&#233;sentants &#233;lus par les salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La direction du PCF annonce qu'elle va &#171; &lt;i&gt;travailler imm&#233;diatement&lt;/i&gt; &#187; &#224; la question des nationalisations d'Air France et d'ADP. Nous attendons qu'elle nous fasse part des r&#233;sultats de ce travail et nous les relaierons. Nous proposons d'y apporter ces clarifications n&#233;cessaires et de g&#233;n&#233;raliser cette campagne au niveau national, rapport&#233;e &#224; chaque branche de l'&#233;conomie. Le PCF devrait proposer aux autres forces politiques du Front de Gauche de s'y associer. Une telle initiative pr&#233;parera les conditions d'une alternative politique &#224; l'aust&#233;rit&#233; tout en ouvrant la voie &#224; la planification de l'&#233;conomie fond&#233;e sur la propri&#233;t&#233; collective des entreprises, la seule alternative viable au chaos &#233;conomique capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;volution de Mai 68</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#244;me M&#233;tellus (PCF Paris 18e)</dc:creator>



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Le quaranti&#232;me anniversaire de la r&#233;volution de mai 1968 fait l'objet, dans les m&#233;dias capitalistes, d'une profusion d'articles, de &#171; dossiers &#187; et d'&#233;missions. A de tr&#232;s rares exceptions pr&#232;s, on est confront&#233; &#224; des tentatives de discr&#233;diter et de travestir ce gigantesque mouvement de la jeunesse et de la classe ouvri&#232;re. La raison en est &#233;vidente : la classe dirigeante est toujours hant&#233;e par Mai 68. Elle craint mortellement que &#171; &#231;a recommence &#187;. Les (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;IMG/arton1021.jpg&quot; width='150' height='137' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L101xH79/artoff1021-5c7ce.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.lariposte.com/IMG/arton1021.jpg'&quot; style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; d&#233;but mai 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le quaranti&#232;me anniversaire de la r&#233;volution de mai 1968 fait l'objet, dans les m&#233;dias capitalistes, d'une profusion d'articles, de &#171; dossiers &#187; et d'&#233;missions. A de tr&#232;s rares exceptions pr&#232;s, on est confront&#233; &#224; des tentatives de discr&#233;diter et de travestir ce gigantesque mouvement de la jeunesse et de la classe ouvri&#232;re. La raison en est &#233;vidente : la classe dirigeante est toujours hant&#233;e par Mai 68. Elle craint mortellement que &#171; &#231;a recommence &#187;. Les capitalistes les plus intelligents &#8211; ceux qui observent les agissements de Sarkozy avec angoisse &#8211; comprennent bien que les conditions d'une nouvelle explosion r&#233;volutionnaire de la jeunesse et des travailleurs ont m&#251;ri, au cours des derni&#232;res ann&#233;es. L'anniversaire de Mai 68 est pour eux l'occasion de &#171; conjurer le sort &#187;, pour ainsi dire, en expliquant sur tous les registres que &#171; c'est du pass&#233; &#187;, qu'un tel mouvement n'est plus possible, que d&#233;sormais le marxisme et le socialisme sont morts, les r&#233;volutions impossibles &#8211; et ainsi de suite. Bien s&#251;r, il ne manque pas d'&#171; ex-soixante-huitards &#187; ren&#233;gats pour &#171; t&#233;moigner &#187; du fait que, d&#233;cid&#233;ment, les temps ont bien chang&#233;. Daniel Cohn-Bendit, chef de file des ren&#233;gats, publie un livre au titre &#233;vocateur : &lt;i&gt;Oubliez 68&lt;/i&gt;. Mieux vaut oublier Cohn-Bendit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A longueur d'articles, de livres et d'&#233;missions, on nous explique que Mai 68 fut le douloureux accouchement d'un nouvel ordre moral ou &#171; civilisationnel &#187;. Autrement dit, tout cela n'avait rien &#224; voir avec l'oppression capitaliste. Et comme le nouvel &#171; ordre moral &#187; est advenu, les causes de la crise sont suppos&#233;es avoir disparu. L'accent est mis sur certaines revendications de la jeunesse &#233;tudiante. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est souvent mentionn&#233;e qu'en passant, comme la force d'appoint d'une &#171; r&#233;volution culturelle &#187; qui ne serait pas sortie du Quartier Latin. Apparemment, 10 millions de travailleurs ont fait gr&#232;ve et occup&#233; leurs lieux de travail pour qu'enfin les gar&#231;ons puissent aller rendre visite aux filles, dans les r&#233;sidences universitaires !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Mai 68 fut avant tout la plus grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de l'histoire. Ce fut une magnifique expression des traditions r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Tous ceux qui, aujourd'hui, luttent contre le capitalisme, y puiseront de pr&#233;cieuses le&#231;ons. Quelles en ont &#233;t&#233; les causes ? Quelle fut l'attitude des dirigeants des partis de gauche et des syndicats ? Pourquoi le capitalisme n'a-t-il pas &#233;t&#233; renvers&#233; ? Pourquoi les &#233;lections l&#233;gislatives de juin 1968 ont-elles donn&#233; une large majorit&#233; &#224; la droite ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surprise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mai 68 a &#233;clat&#233; vers la fin de la longue phase d'expansion capitaliste qui a suivi la seconde guerre mondiale (les &#171; trente glorieuses &#187;). L'&#233;conomie fran&#231;aise se d&#233;veloppait alors au rythme moyen de 6% par an. Les capitalistes fran&#231;ais accumulaient d'immenses profits et se f&#233;licitaient d'en avoir fini avec la lutte des classes et les r&#233;volutions. Ils ont &#233;t&#233; compl&#232;tement pris de court par l'explosion r&#233;volutionnaire. &#171; Quand la France s'ennuie &#187;, titrait un &#233;ditorialiste du Monde, le 15 mars 1968. Les dirigeants du PCF et de la gauche socialiste n'ont rien vu venir, eux non plus. C'&#233;tait encore pire du c&#244;t&#233; des intellectuels et des organisations pr&#233;tendument &#171; marxistes &#187; qui grouillaient aux marges des grands partis de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; th&#233;oricien marxiste &#187; Andr&#233; Gorz, par exemple, &#233;crivait &#224; la veille de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale : &lt;i&gt;&#171; Dans un avenir pr&#233;visible, il n'y aura pas de crise du capitalisme suffisamment grave pour pousser la masse des travailleurs dans des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et des insurrections arm&#233;es en d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts vitaux. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;R&#233;forme et r&#233;volution&lt;/i&gt;, 1968). Gorz n'&#233;tait pas le seul &#224; consid&#233;rer que la classe ouvri&#232;re n'&#233;tait plus une force r&#233;volutionnaire (&#171; dans un avenir pr&#233;visible &#187;). Les dirigeants de la LCR, eux aussi, expliquaient que les travailleurs s'&#233;taient &#171; embourgeois&#233;s &#187;, &#171; am&#233;ricanis&#233;s &#187;, et que le salut viendrait des &#233;tudiants. Aussi incroyable que cela puisse para&#238;tre, ils ont continu&#233; &#224; d&#233;fendre cette th&#233;orie &lt;i&gt;pendant&lt;/i&gt; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, en demandant aux travailleurs de bien vouloir se soumettre &#224; la &#171; direction r&#233;volutionnaire &#187; des &#233;tudiants. Inutile de dire qu'ils ont &#233;t&#233; froidement accueillis par les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la longue phase d'expansion capitaliste des &#171; trente glorieuses &#187; avait consid&#233;rablement renforc&#233; le poids social de la classe ouvri&#232;re, dans le pays. Longtemps, la classe dirigeante fran&#231;aise, traumatis&#233;e par la Commune de Paris, avait volontairement frein&#233; le d&#233;veloppement de l'industrie, et donc du salariat. Elle avait d&#233;velopp&#233; une &#233;conomie largement bas&#233;e sur le capital financier et les colonies. Elle avait artificiellement entretenu une paysannerie massive, comme contre-poids aux travailleurs des villes. Cependant, au lendemain de la seconde guerre, le d&#233;veloppement rapide de l'industrie modifia le rapport de force &#224; l'avantage de la classe ouvri&#232;re. L'exode rural s'acc&#233;l&#233;ra. En 1936, la moiti&#233; de la population vivait encore de l'agriculture, contre seulement 15% en 1968 (et 5% aujourd'hui). Non seulement le salariat constituait la grande majorit&#233; de la population active, mais il &#233;tait, plus que par le pass&#233;, concentr&#233; dans de vastes unit&#233;s industrielles. Les usines Renault et Citro&#235;n, par exemple, employaient des milliers de travailleurs. Pr&#232;s de 30 000 ouvriers &#233;taient concentr&#233;s dans la seule usine de Renault Billancourt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 50 et 60, le niveau de vie d'une couche de la classe ouvri&#232;re avait augment&#233;. Entre 1958 et 1968, le nombre de propri&#233;taires de voitures avait doubl&#233;. Il y avait &#233;galement deux fois plus de machines &#224; laver, dans les foyers, et trois fois plus de r&#233;frig&#233;rateurs. Plus d'un million de maisons secondaires avaient &#233;t&#233; achet&#233;es. Mais ce n'&#233;tait l&#224; qu'une face de la pi&#232;ce. La croissance industrielle reposait sur une exploitation s&#233;v&#232;re de la force de travail. Alors que la gr&#232;ve de juin 1936 avait arrach&#233; &#8211; temporairement &#8211; la semaine de 40 heures, le temps de travail moyen, en 1968, &#233;tait de 45 heures. Un grand nombre de salari&#233;s travaillaient jusqu'&#224; 48, voire 50 heures. La tyrannie patronale et les cadences infernales r&#233;gnaient dans bien des entreprises. Sur les cha&#238;nes de production, les travailleurs immigr&#233;s &#233;taient plac&#233;s de fa&#231;on &#224; ne pas pouvoir communiquer avec leurs voisins. Des millions de travailleurs touchaient des salaires mis&#233;rables. Six millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvret&#233;. Trois millions de travailleurs logeaient dans de v&#233;ritables bidonvilles, aux fronti&#232;res de Paris. Entre 1960 et 1968, le ch&#244;mage avait augment&#233; de 70%, portant le nombre officiel de ch&#244;meurs &#224; 500 000 (700 000, selon les syndicats). Tous ces &#233;l&#233;ments contribuaient &#224; cr&#233;er une situation explosive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant Mai 68 avaient &#233;t&#233; marqu&#233;es par toute une s&#233;rie de signes avant-coureurs. En 1963, une longue gr&#232;ve des mineurs avait secou&#233; le gouvernement de Gaulle et abouti &#224; une victoire partielle. En 1967 et d&#233;but 1968, les d&#233;brayages se multipliaient. En juin 1967, des violents affrontements ont oppos&#233; la police et les travailleurs en gr&#232;ve de Peugeot. Deux ouvriers ont &#233;t&#233; tu&#233;s. Quelques semaines plus tard, 14 000 travailleurs de Rhodiaceta, &#224; Lyon, ont fait gr&#232;ve pendant 23 jours. En janvier 1968, &#224; Caen, les ouvriers de Saviem se battaient contre la police sur les piquets de gr&#232;ve et dans les rues de la ville. Entre mars et mai 1968, pas moins de 80 actions syndicales ont &#233;t&#233; recens&#233;es &#224; Renault Billancourt. D&#233;but mai 1968, les travailleurs de Sud Aviation, dont les patrons voulaient r&#233;duire les salaires, cess&#232;rent le travail plusieurs fois par jour. On pourrait multiplier les exemples. En 1967, il y eut 4 220 000 jours de gr&#232;ve. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, une grande effervescence se d&#233;veloppait, dans la classe ouvri&#232;re. Les dirigeants syndicaux, comme le patronat, ne pouvaient pas l'ignorer. Mais nul n'imaginait o&#249; cela conduirait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation &#233;tudiante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudiants sont toujours un barom&#232;tre sensible des tensions qui s'accumulent dans la soci&#233;t&#233;. Sur fond de mobilisation contre la guerre du Vietnam, la contestation ne cessait de se d&#233;velopper, sur la facult&#233; de Nanterre, depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 68. L'activit&#233; et les &#171; coups d'&#233;clat &#187; d'une poign&#233;e de militants qui, en d'autres circonstances, auraient rencontr&#233; l'indiff&#233;rence de la masse des &#233;tudiants, sont parvenus &#224; cristalliser la sympathie et le soutien de centaines, puis de milliers de leurs camarades.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 2 mai, la direction de la facult&#233; de Nanterre d&#233;cide de suspendre les cours. Mais le lendemain, le 3 mai, le mouvement se transporte &#224; la Sorbonne, au c&#339;ur du Quartier Latin. Dans la cour de l'universit&#233;, un meeting de solidarit&#233; avec les &#233;tudiants de Nanterre est organis&#233;. A l'ext&#233;rieur, des &#171; militants &#187; du groupe d'extr&#234;me droite &lt;i&gt;Occident&lt;/i&gt; &#8211; auquel appartenait l'actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UMP, Patrick Devedjian &#8211; menacent de &#171; donner une le&#231;on &#187; aux &#233;tudiants mobilis&#233;s. Dans l'apr&#232;s-midi, la police intervient, &#233;vacue la Sorbonne et, sous l'&#339;il indign&#233; d'une foule croissante d'&#233;tudiants et de passants, embarque 400 &#233;tudiants dans ses fourgons. L'ambiance est &#233;lectrique, les forces de l'ordre sont conspu&#233;es, et les t&#233;moins de la sc&#232;ne ne tardent pas &#224; passer &#224; l'action. Vers 17 heures, les premiers affrontements &#233;clatent. Les coups pleuvent, des barricades sont &#233;rig&#233;es. Le &#171; calme &#187; ne revient qu'aux alentours de 21 heures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lendemain, toute la presse de droite condamne la violence&#8230; des &#233;tudiants. Elle est second&#233;e par &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, qui &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; On voit clairement aujourd'hui &#224; quoi aboutissent les agissements aventuriers des groupes gauchistes, anarchistes, trotskistes et autres qui, objectivement, font le jeu du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;. Les jeunes qui, d'heure en heure, sont toujours plus nombreux et audacieux, accueillent d'un haussement d'&#233;paule ce type de sermon. La direction du PCF est &#224; c&#244;t&#233; de la plaque. La mobilisation &#233;tudiante d&#233;passe largement l'influence habituelle des groupes &#171; gauchistes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin d'intimider le mouvement, les arrestations et l'occupation polici&#232;re de la Sorbonne ne font que le radicaliser et lui apporter un soutien plus massif. Tout s'encha&#238;ne alors tr&#232;s vite. Le 6 mai, une manifestation de 60 000 personnes r&#233;clame la lib&#233;ration des &#233;tudiants emprisonn&#233;s, la r&#233;ouverture de la Sorbonne et le retrait des forces de l'ordre du Quartier Latin. En fin d'apr&#232;s midi, les manifestants affrontent la police. De nouveau, des barricades sont &#233;rig&#233;es, plus nombreuses que le 3 mai. Bilan : 600 bless&#233;s et 422 interpellations. Puis, apr&#232;s quatre jours marqu&#233;s par des manifestations et une extension du mouvement aux universit&#233;s de province, la violence polici&#232;re atteint des niveaux extr&#234;mes le 10 mai au soir &#8211; la &#171; nuit des barricades &#187;. Pas moins de 60 barricades sont &#233;rig&#233;es aux alentours de la Sorbonne. Une bonne partie de la nuit, les CRS et la police municipale chargent sans la moindre retenue, inondent le quartier de gaz lacrymog&#232;nes, tapent sur tout ce qui bouge et n'h&#233;sitent pas &#224; p&#233;n&#233;trer de force chez les gens pour y traquer leurs proies. Lorsqu'ils arr&#234;tent un jeune, il arrive qu'ils l'embarquent dans un fourgon, le rouent de coups, puis le jettent &#224; l'entr&#233;e d'un h&#244;pital. D'autres policiers p&#233;n&#232;trent dans les h&#244;pitaux et embarquent des bless&#233;s pour &#171; finir le travail &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette nuit de violence polici&#232;re suscite une immense vague d'indignation, dans la population. Sympt&#244;me caract&#233;ristique d'un d&#233;but d'une crise r&#233;volutionnaire, le gouvernement se divise en deux camps : les partisans de la &#171; fermet&#233; &#187; (autour du g&#233;n&#233;ral de Gaulle) et ceux qui sugg&#232;rent de faire des concessions (Pompidou). Face &#224; l'indignation g&#233;n&#233;rale et sous la pression d'une classe ouvri&#232;re qui, elle aussi, veut en d&#233;coudre avec le pouvoir, les dirigeants des grandes organisations syndicales &#8211; CGT, CFDT, FO et FEN (enseignants) &#8211; appellent &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures pour le 13 mai. Les travailleurs entrent alors massivement dans l'ar&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 13 mai est un &#233;norme succ&#232;s. La manifestation parisienne est monumentale : 1 million d'&#233;tudiants et de travailleurs y participent. Les salari&#233;s de pratiquement tous les secteurs sont repr&#233;sent&#233;s : m&#233;tallurgistes, postiers, routiers, cheminots, gaziers, &#233;lectriciens, fonctionnaires, travailleurs des banques, des assurances, de la distribution, de la chimie, du b&#226;timent, etc. Tout au long du parcours, des employ&#233;s des bureaux et magasins sortent pour se joindre aux manifestants. En r&#233;f&#233;rence &#224; la nuit du 10 mai, les employ&#233;s des h&#244;pitaux brandissent des pancartes : &#171; O&#249; sont les disparus des h&#244;pitaux &#187; ? En ce jour anniversaire du pouvoir gaulliste, de nombreux manifestants clament : &#171; Dix ans, &#231;a suffit ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A aucun moment les dirigeants syndicaux ne songent &#224; poursuivre la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au-del&#224; de 24 heures. Pour eux, l'objectif du 13 mai est d'ouvrir les vannes du m&#233;contentement et, ainsi, de faire retomber la pression. Ils savent que, face aux mobilisations ouvri&#232;res, le gouvernement va faire des concessions aux &#233;tudiants. Tout devrait donc rentrer dans l'ordre, le 14 mai : les travailleurs reprendront le travail, les &#233;tudiants retrouveront leurs universit&#233;s &#8211; et la routine reprendra ses droits. D'ailleurs, de Gaulle croit lui aussi pouvoir quitter la France, le 14 mai, pour un voyage diplomatique en Roumanie, comme si rien de s&#233;rieux ne se passait dans le pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, dans les entreprises et la base syndicale, le mot circule : &#171; il faut poursuivre &#187;. Au vu du succ&#232;s de la mobilisation, chacun sent bien qu'il est possible d'aller plus loin. Les travailleurs ont pu mesurer et ressentir leur force, leur nombre, leur d&#233;termination. Une fois lanc&#233;, le mouvement acquiert une vie propre, ind&#233;pendante, qui &#233;chappe aux directions syndicales. Celles-ci ne peuvent pas toujours mobiliser et d&#233;mobiliser la classe ouvri&#232;re comme un robinet qu'on ouvre et qu'on ferme. Malgr&#233; l'&#233;norme autorit&#233; dont elles jouissent, en 1968, les directions syndicales vont &#234;tre rapidement et compl&#232;tement d&#233;bord&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 14 mai, les travailleurs de Sud-Aviation se mettent en gr&#232;ve et occupent leur usine. Ils sont tr&#232;s vite suivis par les salari&#233;s de Renault &#224; Flins, Le Mans et Boulogne, puis par les cheminots, les gaziers, les &#233;lectriciens et les mineurs. En l'espace de quelques jours, la gr&#232;ve se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, gagnant un secteur apr&#232;s l'autre. Le 18 mai, il y a 6 millions de gr&#233;vistes ; le 21 mai, ils sont 10 millions. Le pays est compl&#232;tement paralys&#233;. Le gouvernement est suspendu en l'air.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudiants occupent les universit&#233;s, transform&#233;es en d'immenses forums de discussion o&#249; l'on d&#233;bat jour et nuit des maux du capitalisme et du syst&#232;me qui doit le remplacer. Les lyc&#233;ens occupent les lyc&#233;es. Le th&#233;&#226;tre de l'Od&#233;on est &#233;galement occup&#233;. Face &#224; la puissance de la mobilisation ouvri&#232;re, toutes les couches interm&#233;diaires de la soci&#233;t&#233; sont contamin&#233;es par la fi&#232;vre r&#233;volutionnaire. Les paysans, les scientifiques, les artistes, les architectes, les sportifs, les m&#233;decins, les journalistes, les avocats, etc. : tous prennent part au mouvement, remettent en cause la routine de leur m&#233;tier et son asservissement au syst&#232;me capitaliste. Les paysans organisent le ravitaillement, de concert avec les gr&#233;vistes. Les docteurs occupent les b&#226;timents de l'Association M&#233;dicale. Les &#233;crivains occupent la Soci&#233;t&#233; des Gens de Lettres, &#224; l'h&#244;tel de Massa. Les astronomes occupent les observatoires. Une gr&#232;ve &#233;clate parmi les 10 000 ing&#233;nieurs, techniciens et chercheurs du centre de recherche nucl&#233;aire Saclay. Les danseuses des &lt;i&gt;Folies Berg&#232;res&lt;/i&gt; se mobilisent et demandent davantage de consid&#233;ration. M&#234;me l'Eglise est affect&#233;e. Dans le Quartier Latin, de jeunes catholiques occupent une &#233;glise et exigent que la messe soit remplac&#233;e par un d&#233;bat. Bien s&#251;r, une partie de la petite-bourgeoisie reste &#224; l'&#233;cart du mouvement ou lui est fonci&#232;rement hostile. Mais une large section des classes moyennes est affect&#233;e. C'est une expression limpide de l'extr&#234;me profondeur de la crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 24 mai, de Gaulle tente de d&#233;samorcer la crise en annon&#231;ant qu'il organisera un r&#233;f&#233;rendum &#8211; en fait, un pl&#233;biscite : pour ou contre de Gaulle ? La r&#233;ponse lui vient imm&#233;diatement de manifestants r&#233;unis pour &#233;couter, &#224; la radio, l'allocution pr&#233;sidentielle : &#171; Adieu de Gaulle ! &#187;. De toute fa&#231;on, les travailleurs des imprimeries refusent d'imprimer les bulletins de vote. Sollicit&#233;s par le gouvernement fran&#231;ais, leurs camarades belges refusent de jouer les briseurs de gr&#232;ve. Ce ne sera pas la seule manifestation de solidarit&#233; internationale. Les cheminots allemands arr&#234;tent les trains &#224; la fronti&#232;re. Des travailleurs britanniques travaillant dans des entreprises fran&#231;aises organisent des actions de solidarit&#233;. En Italie et au Pays-Bas, les dockers refusent de d&#233;charger les bateaux en provenance de France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution ou &#171; vaste mouvement revendicatif &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La situation n'est pas r&#233;volutionnaire &#187; : tel est, du d&#233;but &#224; la fin de Mai 68, le &lt;i&gt;credo&lt;/i&gt; des dirigeants du PCF et de la CGT, qui &#224; l'&#233;poque exercent une &#233;norme influence sur les secteurs d&#233;cisifs de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Le PCF compte plus de 400 000 adh&#233;rents et une tr&#232;s large couche de sympathisants. La CGT, qui est contr&#244;l&#233;e par le PCF, organise 2,5 millions de travailleurs. Dans le contexte d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ind&#233;finie, la puissance potentielle de ces deux organisations est d&#233;cupl&#233;e. C'est vers elles que tous les regards se portent &#8211; y compris, bien s&#251;r, ceux de la bourgeoisie. Que vont faire leurs dirigeants ? S'ils d&#233;cident de prendre le pouvoir, ils n'ont qu'&#224; le ramasser. Le gouvernement ne contr&#244;le plus rien. L'Assembl&#233;e Nationale s'&#233;puise en bavardages impuissants. Le v&#233;ritable pouvoir est dans les entreprises et dans la rue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but de la gr&#232;ve, de Gaulle rassure l'amiral Flohic : les communistes veilleront sur &#171; l'ordre &#187;. Plus tard, de Gaulle doutera de son propre diagnostic. Il dira &#224; l'ambassadeur des Etats-Unis : &#171; C'est fichu. Dans quelques jours, les communistes seront au pouvoir. &#187; Mais non, les dirigeants communistes insistent : &#171; la situation n'est pas r&#233;volutionnaire &#187;. Il s'agit, selon eux, d'un &#171; vaste mouvement revendicatif &#187; qui doit d&#233;boucher sur des n&#233;gociations avec le gouvernement et le patronat. Seuls de dangereux &#171; aventuriers gauchistes &#187; peuvent avancer la perspective d'une conqu&#234;te du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les militants du PCF et de la CGT constituent la colonne vert&#233;brale de Mai 68. Mais leurs dirigeants freinent des quatre fers. Comment l'expliquer ? A l'&#233;poque, la direction du PCF n'a pas encore officiellement abandonn&#233; l'objectif du socialisme. Mais dans les faits, elle m&#232;ne d&#233;j&#224; une politique purement r&#233;formiste. Elle pr&#233;tend que l'objectif imm&#233;diat, en France, n'est pas le socialisme, mais la r&#233;alisation d'une &#171; authentique d&#233;mocratie &#187; (capitaliste). Le socialisme fait figure de &#171; deuxi&#232;me &#233;tape &#187;, qui est ainsi renvoy&#233;e aux calendes grecques. Toutes les &#171; forces anti-monopolistiques &#187; doivent d'abord lutter contre les tendances dictatoriales du r&#233;gime gaulliste, dans le seul cadre de la &#171; l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine &#187;, avant de songer &#224; la transformation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Tel est, en r&#233;sum&#233;, le charabia &#171; d&#233;mocratique &#187; que les dirigeants communistes servent &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'un des principaux &#233;l&#233;ments de l'&#233;quation est l'attitude de la bureaucratie sovi&#233;tique, &#224; laquelle les dirigeants du PCF sont &#233;troitement li&#233;s. La bureaucratie de Moscou ne veut pas d'un r&#233;gime socialiste en France, car elle craint mortellement l'impact d'une telle r&#233;volution sur la classe ouvri&#232;re de Russie et des autres pays du bloc de l'Est. Le renversement du capitalisme, en France, ne d&#233;boucherait pas sur un r&#233;gime de type stalinien : les travailleurs fran&#231;ais n'accepteraient pas d'&#233;touffer sous une chape de plomb bureaucratique. L'exemple d'une authentique d&#233;mocratie ouvri&#232;re, en France, aurait un impact imm&#233;diat sur les classes ouvri&#232;res du bloc sovi&#233;tique &#8211; sans parler des travailleurs du reste de l'Europe. Cela signerait l'arr&#234;t de mort des bureaucraties &#171; socialistes &#187;, d&#233;j&#224; en butte &#224; la r&#233;volte de la jeunesse et des travailleurs, notamment &#224; Prague. La &lt;i&gt;Pravda&lt;/i&gt; n'&#233;voquera pas la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des travailleurs fran&#231;ais avant le 5 juin, lorsque les salari&#233;s commencent &#224; reprendre le travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Mai 68, non seulement la situation est r&#233;volutionnaire, mais il serait difficile d'imaginer un contexte plus favorable au renversement du capitalisme. Qu'est-ce qu'une r&#233;volution ? C'est une situation dans laquelle les masses &#8211; d'habitude passives &#8211; font irruption dans l'ar&#232;ne politique, prennent conscience de leur propre force et se mobilisent pour tenter de transformer la soci&#233;t&#233;. C'est exactement ce qui se passe, en mai 68, &#224; une &#233;chelle colossale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme celle de Mai 68 ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; un &#171; mouvement revendicatif &#187;, m&#234;me &#171; vaste &#187;. Elle diff&#232;re d'une gr&#232;ve normale en ceci &lt;i&gt;qu'elle pose la question du pouvoir&lt;/i&gt;. La question qui est pos&#233;e n'est pas telle ou telle augmentation de salaire, mais : &lt;i&gt;qui contr&#244;le la soci&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; Bien s&#251;r, le mouvement commence par toute une s&#233;rie des &#171; revendications imm&#233;diates &#187;. Mais au cours d'une lutte de cette nature, la conscience des travailleurs &#233;volue &#224; une vitesse vertigineuse. Ils comprennent qu'ils ont affaire &#224; quelque chose de beaucoup plus grand qu'une gr&#232;ve pour de meilleures conditions de travail ou de meilleurs salaires. Ils prennent conscience de leur propre pouvoir et &#8211; fait d&#233;cisif &#8211; constatent l'impuissance de ceux qui repr&#233;sentent l'Etat, qui perd alors son caract&#232;re &#171; sacr&#233; &#187;, tout-puissant et intimidant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Mai 68, une situation de &#171; double pouvoir &#187; se d&#233;veloppe. Il y a, face &#224; l'Etat capitaliste, un Etat embryonnaire des travailleurs, sous la forme des comit&#233;s de gr&#232;ve. C'est dans la r&#233;gion de Nantes que les choses sont all&#233;es le plus loin. Un comit&#233; de gr&#232;ve central coordonne, &#224; l'&#233;chelon local, l'activit&#233; des comit&#233;s d'entreprise. Par ce levier, les travailleurs organisent le ravitaillement en essence et en nourriture. Ils d&#233;livrent les autorisations de vendre des marchandises. &#171; Ce magasin a le droit d'ouvrir. Les prix sont sous le contr&#244;le permanent des syndicats &#187;, peut-on lire sur les devantures. L'autorisation est sign&#233;e : CGT, CFDT, FO. Le prix du litre de lait passe de 80 &#224; 50 centimes, le kilo de pommes de terre est ramen&#233; de 70 &#224; 12 centimes &#8211; et ainsi de suite. Le comit&#233; de gr&#232;ve organise la vie &#233;conomique et sociale. Les syndicalistes c&#233;l&#232;brent m&#234;me les mariages !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pose la question du pouvoir &#8211; &lt;i&gt;mais, en elle-m&#234;me, elle ne peut pas y r&#233;pondre&lt;/i&gt;. Pour trancher cette question, il faut que la direction du mouvement prenne des mesures d&#233;cisives pour balayer l'Etat capitaliste agonisant et constituer un nouvel Etat reposant sur les organes de d&#233;mocratie ouvri&#232;re qui ont &#233;merg&#233; au cours de la lutte : les comit&#233;s de gr&#232;ve. Il aurait fallu relier ces comit&#233;s aux plans local et national en &#233;lisant, dans toutes les entreprises, des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;unis dans un Comit&#233; National qui aurait pris le pouvoir en main et rejet&#233; le vieil appareil d'Etat dans la poubelle de l'histoire. Si le PCF et la CGT avaient mobilis&#233; toute leur force colossale pour orienter la gr&#232;ve dans cette direction, les travailleurs auraient r&#233;pondu avec enthousiasme. Mais pour les dirigeants du PCF et de la CGT &#8211; comme pour ceux de la CFDT et de la gauche non-communiste &#8211; il n'en &#233;tait pas question. Aussi, lorsque le gouvernement et le patronat proposent d'organiser des n&#233;gociations, les dirigeants de la CGT (George S&#233;guy, Beno&#238;t Frachon et Henri Krasucki), de la CFDT (Eug&#232;nes Descamp) et de FO (Andr&#233; Bergeron) s'y pr&#233;cipitent, le 25 mai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;chec des accords de Grenelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face au risque de tout perdre &#8211; &#224; savoir son contr&#244;le de l'&#233;conomie et de l'Etat &#8211; la classe dirigeante est dispos&#233;e &#224; faire d'&#233;normes concessions. Elle est pr&#234;te &#224; c&#233;der sur bien des revendications, du moment qu'on ne la pousse pas dans le pr&#233;cipice ouvert par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Son calcul est simple : reculer dans l'imm&#233;diat, mais conserver le pouvoir et reprendre ce qui a &#233;t&#233; donn&#233; une fois l'orage pass&#233;. C'est exactement ce qui se produira.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 27 mai, les dirigeants syndicaux ressortent des n&#233;gociations avec, en main, un &#171; protocole d'accord &#187; comprenant de larges augmentations de salaires pour tous les travailleurs, la l&#233;galisation de la section syndicale d'entreprise, une augmentation des petites retraites, une r&#233;duction du ticket mod&#233;rateur et des engagements sur une r&#233;duction du temps de travail. Dans la fournaise de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, les dirigeants syndicaux ont obtenu en 36 heures bien plus que ce qu'ils r&#233;clamaient, en vain, depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, lorsque George S&#233;guy, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, pr&#233;sente les termes de l'accord devant des milliers de travailleurs de Renault Billancourt, ceux-ci commencent &#224; le huer, puis se mettent &#224; crier : &#171; Gouvernement populaire ! &#187;. Le m&#234;me sc&#233;nario se d&#233;roule dans le reste du pays. En des circonstances &#171; normales &#187;, les gr&#233;vistes auraient accueilli les accords de Grenelle comme une grande victoire. Mais la situation, en Mai 68, n'est pas &#171; normale &#187; : elle est r&#233;volutionnaire. La classe ouvri&#232;re rejette l'accord. Toutes ces concessions, c'est beaucoup, oui &#8211; mais c'est infiniment moins que ce &#224; quoi aspire alors la masse des travailleurs. Ils ne veulent pas seulement des augmentations de salaires, m&#234;me importantes, mais la fin du gouvernement de Gaulle et de l'esclavage capitaliste. La l&#233;galisation de la section syndicale ? Mais les travailleurs occupent les entreprises ! &lt;i&gt;Ils y font la loi&lt;/i&gt;, et c'est les patrons qui y sont d&#233;sormais ill&#233;gaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;b&#226;cle des accords de Grenelle est une r&#233;&#233;dition, &#224; un niveau sup&#233;rieur, de ce qui s'&#233;tait produit lors des accords de Matignon, pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin 1936. A l'&#233;poque, les accords de Matignon n'avaient pas imm&#233;diatement arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, et des entreprises avaient m&#234;me rejoint le mouvement gr&#233;viste &lt;i&gt;apr&#232;s&lt;/i&gt; la signature. Le dirigeant du PCF Maurice Thorez avait alors tap&#233; du poing sur la table et lanc&#233; sa c&#233;l&#232;bre formule : &#171; il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;. Au lendemain du 27 mai 1968, les dirigeants du PCF et de la CGT ne peuvent pas en appeler &#224; la reprise du travail. Ils sont oblig&#233;s de &#171; prendre acte &#187; du refus de la base, et se cachent derri&#232;re le fait qu'ils n'ont rien sign&#233;, formellement, car il s'agissait seulement d'un &#171; protocole d'accord &#187; soumis au vote des salari&#233;s. Par la suite, Seguy expliquera que ce sont les propositions du patronat &#8211; et non son discours &#8211; qui ont &#233;t&#233; hu&#233;es, &#224; Billancourt. Mais en r&#233;alit&#233;, m&#234;me si les travailleurs n'en &#233;taient pas forc&#233;ment conscients, ils huaient &#224; la fois les directions syndicales et le patronat, qui formaient un seul et m&#234;me bloc oppos&#233; &#224; la conqu&#234;te du pouvoir par la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fiasco des accords de Grenelle envoie une onde de choc dans tout le pays. Le 27 mai au soir, la gauche non-communiste &#8211; PSU, Unef, CFDT, etc. &#8211; organise un meeting de 30 000 personnes au stade Charlety. A la tribune, Andr&#233; Barjonet, qui vient de rompre avec la CGT, lance : &#171; Tout est possible ! &#187; Oui, mais comment ? La r&#233;ponse ne viendra jamais. Les dirigeants de la CFDT, du PSU et de la SFIO ne pr&#233;sentent aucune perspective s&#233;rieuse. Dans le m&#234;me temps, une pression monumentale s'exerce sur les dirigeants du PCF et de la CGT, qui, le 29 mai, organisent une manifestation de plus de 500 000 travailleurs sous le mot d'ordre de &#171; gouvernement populaire &#187;. Encore une fois, leur objectif est de l&#226;cher un peu de pression et de canaliser un mouvement qui leur &#233;chappe de plus en plus. Le mot d'ordre de &#171; gouvernement populaire &#187; est interpr&#233;t&#233; diff&#233;remment par la base et les dirigeants. Ces derniers ne lui donnent aucun contenu concret et ne prennent aucune mesure pour qu'un gouvernement ouvrier se saisisse effectivement du pouvoir. Ils s'accrochent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la &#171; l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine &#187;, selon leur formule. Aussi, lorsque le g&#233;n&#233;ral de Gaulle prend la parole, le 30 mai, pour annoncer la dissolution de l'Assembl&#233;e Nationale et la tenue d'&#233;lections l&#233;gislatives pour la fin du mois de juin, les dirigeants communistes se d&#233;clarent satisfaits. Le &#171; gouvernement populaire &#187; devra passer par les urnes. A partir de ce moment l&#224;, les dirigeants syndicaux appellent &#224; n&#233;gocier les &#171; meilleurs accords possibles &#187;, dans les entreprises, puis &#224; reprendre le travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une intervention militaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'un des principaux arguments de la direction du PCF &#233;tait le suivant : &#171; si nous tentons de prendre le pouvoir, de Gaulle mobilisera l'arm&#233;e. Cela finira dans un bain de sang et une dictature fasciste. &#187; Qu'en &#233;tait-il vraiment ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, d&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de Gaulle a &#233;tudi&#233; la possibilit&#233; d'une intervention militaire. Des plans ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s pour arr&#234;ter 20 000 militants de gauche et les enfermer dans le V&#233;lodrome d'hiver, o&#249; ils auraient connu le m&#234;me sort que les militants chiliens, cinq ans plus tard, apr&#232;s le coup d'Etat de Pinochet. Cependant, ce plan n'a jamais &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;, car le gouvernement craignait la r&#233;action des masses. Loin de mettre un terme &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, ce plan risquait de pousser le mouvement sur une voie ouvertement insurrectionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le papier, de Gaulle disposait d'une puissante machine militaire : 144 000 policiers &#8211; dont 13 500 CRS &#8211; et 261 000 soldats. Si on approche la question d'un point de vue strictement quantitatif, il faudrait non seulement exclure la possibilit&#233; d'une transformation pacifique de la soci&#233;t&#233;, mais &#233;galement la possibilit&#233; d'une r&#233;volution en g&#233;n&#233;ral &#8211; dans la France de Mai 68 comme ailleurs. De ce point de vue, aucune r&#233;volution n'aurait jamais pu &#234;tre victorieuse, au cours de l'histoire. Mais en fait, on ne doit pas poser la question ainsi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans toutes les r&#233;volutions, des voix s'&#233;l&#232;vent pour tenter d'effrayer la classe opprim&#233;e avec le spectre de la violence. C'&#233;tait exactement l'attitude de Kamenev et Zinoviev, &#224; la veille d'Octobre 1917. Mais au premier choc, les forces &#171; consid&#233;rables &#187; &#224; la disposition des ennemis des bolcheviks se sont litt&#233;ralement &#233;vanouies. Il est clair qu'il en aurait &#233;t&#233; de m&#234;me, en Mai 68.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compl&#232;tement d&#233;moralis&#233;, de Gaulle a quitt&#233; Paris, le 29 mai, pour Baden-Baden, o&#249; il s'est entretenu avec le g&#233;n&#233;ral Massu, commandant des troupes fran&#231;aises en Allemagne. Il n'est pas difficile d'imaginer ce que de Gaulle a demand&#233; &#224; Massu : &#171; Peut-on se fier &#224; l'arm&#233;e ? &#187;. On ne trouve la r&#233;ponse dans aucune source officielle, pour des raisons &#233;videntes. Cependant, le journal britannique &lt;i&gt;The Times&lt;/i&gt; a envoy&#233; un correspondant &#224; Baden-Baden. Le journaliste demanda &#224; un soldat s'il tirerait sur des gr&#233;vistes. R&#233;ponse : &#171; Jamais ! Je trouve leurs m&#233;thodes un peu rudes, mais je suis moi-m&#234;me un fils de travailleur. &#187; Dans son &#233;ditorial, &lt;i&gt;The Times&lt;/i&gt; posait la question cl&#233; : &#171; de Gaulle peut-il utiliser l'arm&#233;e ? &#187;, et y r&#233;pondait en disant que de Gaulle pourrait l'utiliser &#8211; une seule et derni&#232;re fois. En d'autres termes, un seul affrontement sanglant aurait suffit &#224; briser l'arm&#233;e. Tel &#233;tait le point de vue de la plupart des plus fid&#232;les strat&#232;ges du capitalisme, &#224; l'&#233;poque. Sur ce point, nous n'avons aucune raison de mettre en doute leur opinion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation au sein de l'arm&#233;e, en Mai 68, a &#233;t&#233; soigneusement cach&#233;e. Mais diff&#233;rentes anecdotes en disent long sur le moral des soldats et le degr&#233; de contamination r&#233;volutionnaire de l'arm&#233;e. Par exemple, le 14 juin, le journal &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt; &#8211; qui fut imm&#233;diatement saisi par les autorit&#233;s &#8211; publia un dossier sur une mutinerie qui avait &#233;clat&#233;, en mai, sur le porte-avions Clemenceau. Plusieurs marins avaient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s &#171; perdus en mer &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un tract publi&#233; par les soldats du RIMECA (infanterie), &#224; Mutzig, pr&#232;s de Strasbourg, d&#233;clarait : &#171; Comme tous les conscrits, nous sommes confin&#233;s dans les casernes. On se pr&#233;pare &#224; nous faire intervenir comme force r&#233;pressive. Les jeunes et les travailleurs doivent savoir que les soldats du contingent NE TIRERONT JAMAIS SUR LES TRAVAILLEURS. Nous sommes absolument oppos&#233;s &#224; l'encerclement militaire des usines. [&#8230;] Nous devons fraterniser. Soldats du contingent, formez vos comit&#233;s ! &#187; (Cit&#233; dans &lt;i&gt;Revolutionary Rehearsals&lt;/i&gt;, de Colin Barker)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me la police &#8211; qui est toujours plus r&#233;actionnaire que l'arm&#233;e &#8211; &#233;tait dans un &#233;tat de grande agitation. Les responsables de la police ont pr&#233;venu le gouvernement de la possibilit&#233; qu'une gr&#232;ve y &#233;clate. De fait, &#224; une certain stade, nombre de policiers refus&#232;rent de faire leur &#171; travail &#187;. Vers la fin du mois de mai, la police semblait avoir d&#233;sert&#233; les rues. M&#234;me les services de renseignement refus&#232;rent de donner des informations au gouvernement !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas l'arm&#233;e qui a sauv&#233; le capitalisme fran&#231;ais, en Mai 68 : ce sont les dirigeants de la gauche et des syndicats. Les marxistes ne sont pas les seuls &#224; parvenir &#224; cette conclusion. Tous les historiens bourgeois un tant soit peu s&#233;rieux le reconnaissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le reflux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le soir du 30 mai, juste apr&#232;s l'annonce de la dissolution de l'Assembl&#233;e Nationale, des centaines de milliers de manifestants hostiles &#224; la gr&#232;ve manifestent, &#224; Paris, de la Concorde &#224; l'Etoile. D'autres manifestations de ce type ont lieu dans le pays. Organis&#233;es de longue date par les Comit&#233;s pour la D&#233;fense de la R&#233;publique, &#224; l'initiative de l'extr&#234;me droite, ces manifestations rassemblent tout ce que le pays compte de r&#233;actionnaire et de d&#233;cadent. Les petit-bourgeois hyst&#233;riques y c&#244;toient les notables ulc&#233;r&#233;s, les bourgeois bedonnants (venus en famille), les retrait&#233;s effarouch&#233;s, les jeunes crois&#233;s de l'anticommunisme, les nostalgiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, etc. D'un point de vue arithm&#233;tique, ces cort&#232;ges sinistres semblent imposants. Mais le poids social de ces &#233;l&#233;ments est d&#233;risoire. C'est la poussi&#232;re de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, dans les jours qui suivent, un reflux de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'amorce. La classe ouvri&#232;re ne peut pas &#234;tre maintenue ind&#233;finiment dans un &#233;tat d'extr&#234;me tension r&#233;volutionnaire. Au d&#233;but du mouvement, les travailleurs sont remplis d'enthousiasme. Ils sont pr&#234;ts &#224; se battre et faire des sacrifices. Mais lorsqu'une gr&#232;ve se prolonge sans conclusion en vue, l'humeur finit n&#233;cessairement par changer, &#224; un certain stade. Les &#233;l&#233;ments les moins combatifs, d'abord, sont gagn&#233;s par la lassitude. Les doutes et la fatigue s'installent. Alors, la reprise du travail s'amorce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En l'absence de toute autre perspective, beaucoup de travailleurs acceptent ce que les dirigeants syndicaux pr&#233;sentent comme une grande victoire : les &#171; accords &#187; de Grenelle et la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale. Nombreux, cependant, sont ceux qui reprennent le travail la rage au ventre, avec le sentiment qu'un immense espoir vient de leur glisser des mains. C'est ce que montre tr&#232;s bien le film &lt;i&gt;Reprise&lt;/i&gt;, sur la fin de la gr&#232;ve &#224; l'usine de piles Wonder, &#224; Saint-Ouen. On y voit notamment des cadres de la CGT pousser les salari&#233;s &#224; la reprise au travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Engag&#233;e d&#233;but juin, la reprise s'&#233;tend sur tout le mois. Les travailleurs poursuivent parfois la gr&#232;ve jusqu'&#224; la signature d'un accord sup&#233;rieur au &#171; protocole de Grenelle &#187;. Les travailleurs de Renault tiendront jusqu'au 14 juin, suivis, quelques jours plus tard, par ceux de Citro&#235;n. Les ouvriers de Peugeot ne reprendront pas le travail avant le 24 juin. Mi-juin, on compte encore plus de 4 millions de gr&#233;vistes. Face &#224; cette r&#233;sistance, l'Etat d&#233;cha&#238;ne une r&#233;pression brutale. De v&#233;ritables batailles rang&#233;es se d&#233;roulent aux portes de plusieurs usines. Dans certains cas, l'intervention des CRS provoque de nouvelles gr&#232;ves et manifestations. La r&#233;pression, dans son ensemble, fait quatre morts et de tr&#232;s nombreux bless&#233;s. Plus d'une centaine de journalistes de l'ORTF sont licenci&#233;s. Des centaines d'&#233;tudiants et de travailleurs &#233;trangers sont expuls&#233;s du territoire fran&#231;ais. Dans les entreprises, le patronat prend sa revanche en ciblant les militants. Dans les seules usines de Citro&#235;n, 925 travailleurs sont licenci&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives des 23 et 30 juin donnent une large majorit&#233; aux partis de droite. La gauche socialiste perd 61 si&#232;ges et le PCF 39. Dans &lt;i&gt;Les enseignements de mai-juin 1968&lt;/i&gt;, une brochure publi&#233;e au lendemain des &#233;lections, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PCF, Waldeck Rochet, explique que les principaux responsables de la d&#233;faite de la gauche sont &#8211; comme toujours ! &#8211; les &#171; aventuriers gauchistes &#187; et leurs maudites barricades. Waldeck Rochet c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;ad nauseum&lt;/i&gt; la &#171; ligne juste du PCF &#187; et lance aux communistes qui oseraient en douter un avertissement limpide : &#171; nul n'est oblig&#233; de rester au parti. &#187; Des milliers de militants critiques en seront exclus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le r&#233;sultat des &#233;lections l&#233;gislatives &#233;tait une cons&#233;quence de la fatigue, des doutes et de la d&#233;sorientation cons&#233;cutifs au reflux de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Apr&#232;s &#234;tre all&#233; tr&#232;s loin vers la gauche, le balancier repartait &#224; droite, temporairement. Un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif de l'&#233;quation fut la campagne &#233;lectorale men&#233;e par la direction du PCF sous la banni&#232;re de &#171; l'ordre &#187; et de &#171; la loi &#187;. Dans ce domaine, de nombreux travailleurs ont pr&#233;f&#233;r&#233; l'original &#8211; &#171; l'ordre &#187; gaulliste &#8211; &#224; la copie communiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans sa brochure, Waldeck Rochet c&#233;l&#232;bre la &#171; grande victoire &#187; de Mai 68, en r&#233;f&#233;rence aux diff&#233;rents &#171; acquis &#187; conc&#233;d&#233;s par la classe dirigeante : augmentations de salaires, etc. Cependant, il ne faudrait pas oublier que la plupart des &#171; acquis &#187; de Mai 68 ont &#233;t&#233; rapidement liquid&#233;s &#8211; exactement comme ceux de juin 36 &#8211;, notamment par le m&#233;canisme de l'inflation, qui a &#233;t&#233; volontairement stimul&#233;e par la classe dirigeante et qui a rong&#233; les augmentations de salaires et les retraites. Cinq ans plus tard, la r&#233;cession mondiale frappait de plein fouet l'&#233;conomie fran&#231;aise. Le ch&#244;mage de masse se d&#233;veloppait de fa&#231;on vertigineuse, et pour longtemps. L'id&#233;e que les conqu&#234;tes de Mai 68 ont &#233;t&#233; d&#233;finitivement acquises rel&#232;ve de la mythologie r&#233;formiste. Surtout, ces conqu&#234;tes doivent &#234;tre mises en regard de la possibilit&#233; &#8211; qui a &#233;t&#233; g&#226;ch&#233;e &#8211; d'en finir &lt;i&gt;d&#233;finitivement&lt;/i&gt; avec le capitalisme fran&#231;ais, ce qui aurait compl&#232;tement boulevers&#233; le cours de l'histoire mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire n'est cependant pas termin&#233;e. Les magnifiques traditions de Mai 68 sont toujours vivantes, dans l'esprit des travailleurs fran&#231;ais et du monde entier. T&#244;t ou tard, il y aura d'autres Mai 68. Quel pays est le candidat le plus probable ? Ce pourrait bien &#234;tre la France, mais aussi l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce et d'autres pays encore &#8211; y compris en dehors de l'Europe. Les m&#234;mes causes produiront les m&#234;mes effets, &#224; une &#233;chelle encore plus vaste. Le capitalisme mondial traverse une crise profonde. Partout, il constitue un obstacle absolu au progr&#232;s social. De plus en plus de gens parviennent &#224; la conclusion que ce syst&#232;me malade et d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; doit &#234;tre balay&#233; pour laisser place &#224; une organisation rationnelle et harmonieuse des rapports &#233;conomiques et sociaux. Aujourd'hui comme hier, le socialisme est la seule alternative. En ce glorieux anniversaire de Mai 68, nous devons en saisir le flambeau et nous engager &#224; ne pas le l&#226;cher avant d'avoir termin&#233; la t&#226;che entreprise par nos a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chez PSA Aulnay, on ne l&#226;che rien !</title>
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		<dc:creator>Rafik Baraket (PCF Paris)</dc:creator>



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&lt;p&gt;Samedi 13 avril, une cinquantaine de salari&#233;s de l'usine PSA d'Aulnay ont envahi le Conseil National du Parti Socialiste, qui se tenait dans une salle de la Cit&#233; des Sciences &#224; Paris. Accompagn&#233; de ses camarades de la CGT, Jean-Pierre Mercier est mont&#233; sur la tribune et a interpell&#233; les dirigeants du parti au pouvoir : &#171; vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a Philippe Varin &#187;, le PDG de PSA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est vrai que les salari&#233;s du groupe automobile en ont assez de se faire rouler dans la farine. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-luttes-.html" rel="directory"&gt;Luttes&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 13 avril, une cinquantaine de salari&#233;s de l'usine PSA d'Aulnay ont envahi le Conseil National du Parti Socialiste, qui se tenait dans une salle de la Cit&#233; des Sciences &#224; Paris. Accompagn&#233; de ses camarades de la CGT, Jean-Pierre Mercier est mont&#233; sur la tribune et a interpell&#233; les dirigeants du parti au pouvoir : &#171; &lt;i&gt;vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a Philippe Varin&lt;/i&gt; &#187;, le PDG de PSA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que les salari&#233;s du groupe automobile en ont assez de se faire rouler dans la farine. Apr&#232;s les mensonges comptables de la direction tels que rapport&#233;s dans le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent de notre journal, voil&#224; qu'ils se font promettre des solutions de pacotille face &#224; la casse de leur outil de travail. En effet, Philippe Varin a non seulement escamot&#233; 3,9 milliards d'euros des comptes du groupe par des jeux d'&#233;critures comptables, mais il a en outre orchestr&#233; des offres de reclassement qui ne sont qu'un &#233;cran de fum&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ouvriers de PSA Aulnay se voient proposer une reprise de leur site par un op&#233;rateur logistique, ID Logistics, un reclassement au sein de la SNCF pour certains et une mutation dans le site de Poissy pour d'autres. Loin de faire l'unanimit&#233;, ces mesures suscitent la circonspection des salari&#233;s de l'usine. La reprise du site par ID-Logistic ne conserverait que 600 salari&#233;s et l'embauche par la SNCF se limiterait &#224; 60 personnes. La mutation &#224; l'usine de Poissy ne concernerait que 300 salari&#233;s, qui plus est au plan national, ce qui ne &#171; profiterait &#187; qu'en partie aux ouvriers d'Aulnay. Avec un effectif de 3100 travailleurs, dont 400 int&#233;rimaires, on est donc loin du reclassement de l'ensemble des ouvriers du site.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au vu de ces &#233;l&#233;ments, il para&#238;t clair que Philippe Varin jette de la poudre aux yeux des salari&#233;s les moins avertis et de l'opinion publique. D'autant que parall&#232;lement &#224; ces man&#339;uvres, il organise en sous-main la suite des op&#233;rations. En bons capitalistes, lui et ses acolytes ont d&#233;cid&#233; de transf&#233;rer une bonne partie de leurs activit&#233;s vers des pays o&#249; la main d'&#339;uvre est moins ch&#232;re. Rien que pour la Chine, la part nationale dans la production automobile mondiale est pass&#233;e de 8 % en 2000 &#224; 40 % aujourd'hui. Avec d&#233;j&#224; trois usines dans le centre du pays et une soci&#233;t&#233; commune avec un constructeur chinois, PSA compte ouvrir une deuxi&#232;me co-entreprise avec un autre constructeur local d&#232;s que les autorit&#233;s du pays auront donn&#233; leur feu vert &#224; ce projet. D'ici 2015, le groupe pr&#233;voit d'y fabriquer un million de voitures par an, soit un quart de ses capacit&#233;s au niveau mondial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; cette gigantesque partie de Meccano, les 400 gr&#233;vistes d'Aulnay peuvent para&#238;tre bien impuissants. Mais c'est compter sans la sympathie qu'ils suscitent peu &#224; peu aupr&#232;s de leurs coll&#232;gues des autres unit&#233;s du groupe et dans l'ensemble du mouvement ouvrier. En effet, les salari&#233;s de Poissy leur ont remis derni&#232;rement un ch&#232;que de solidarit&#233; de 3000 euros alors que les dons provenant du reste de la population se montaient &#224; 262 000 euros au 2 mars dernier ! Les promesses de dons, quant &#224; elles, atteignent les 76 000 euros au 21 avril.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, la lutte des classes au niveau national peut para&#238;tre bien lente &#224; prendre une tournure favorable aux ouvriers. Cependant, il ne faut pas voir cette situation comme fig&#233;e dans le temps et s&#233;par&#233;e de son contexte europ&#233;en et mondial. Avec les perspectives sombres qui se dessinent &#224; l'horizon, le salariat fran&#231;ais est appel&#233; &#224; rejoindre ses voisins portugais et espagnol dans leur lutte commune contre le capitalisme. La r&#233;volution tunisienne, qui a entra&#238;n&#233; dans son sillage l'ensemble des peuples arabes, a montr&#233; qu'un acte d&#233;sesp&#233;r&#233; d'un jeune ch&#244;meur dipl&#244;m&#233; peut d&#233;clencher un v&#233;ritable s&#233;isme au niveau international. Enfin, la r&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne montre chaque jour aux communistes du monde entier que lorsque le peuple entre dans l'ar&#232;ne politique, la classe capitaliste devient vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le mythe de l'exil fiscal des riches</title>
		<link>http://www.lariposte.com/Le-mythe-de-l-exil-fiscal-des.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lariposte.com/Le-mythe-de-l-exil-fiscal-des.html</guid>
		<dc:date>2013-05-10T12:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Croizer (PCF Al&#232;s)</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fuite des riches &#224; l'&#233;tranger, exil forc&#233;, politique fiscale confiscatoire : selon le MEDEF, la France est devenue un enfer, non pas pour les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires, les salari&#233;s et les retrait&#233;s, mais pour les plus gros d&#233;tenteurs de capitaux, de patrimoines et de rentes. Echapper aux griffes du Fisc est l'id&#233;e fixe des gros poss&#233;dants, largement aid&#233;s dans ce domaine par des cabinets d'affaires sp&#233;cialis&#233;s (comme ceux de Messieurs Borloo et Cop&#233;, par exemple).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;dias nous rapportent de path&#233;tiques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lariposte.com/-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lariposte.com/IMG/arton1940.jpg&quot; width='150' height='137' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fuite des riches &#224; l'&#233;tranger, exil forc&#233;, politique fiscale confiscatoire : selon le MEDEF, la France est devenue un enfer, non pas pour les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires, les salari&#233;s et les retrait&#233;s, mais pour les plus gros d&#233;tenteurs de capitaux, de patrimoines et de rentes. Echapper aux griffes du Fisc est l'id&#233;e fixe des gros poss&#233;dants, largement aid&#233;s dans ce domaine par des cabinets d'affaires sp&#233;cialis&#233;s (comme ceux de Messieurs Borloo et Cop&#233;, par exemple).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#233;dias nous rapportent de path&#233;tiques exils de grands capitalistes, sportifs ou acteurs. Qu'en est-il en r&#233;alit&#233; ? Dans une Europe o&#249; la concurrence fiscale permet aux tr&#232;s hauts revenus et patrimoines d'&#233;lire domicile dans un pays o&#249; l'imp&#244;t serait plus cl&#233;ment, y a-t-il vraiment un mouvement d'exil fiscal hors de France ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le minist&#232;re des Finances est assez avare en chiffres, dans ce domaine. Mais certaines donn&#233;es ont &#233;t&#233; publi&#233;es en 2010 concernant l'imp&#244;t sur la fortune (ISF). Selon ces donn&#233;es, 846 redevables de l'ISF ont quitt&#233; la France en 2006, c'est-&#224;-dire avant le d&#233;clenchement de la crise financi&#232;re, contre 719 en 2009 et 821 en 2008. Mais comme il y a eu aussi des retours, le solde net n'est plus que de 620 d&#233;parts en 2006, 479 en 2007 et 509 en 2008. Et pour l'ann&#233;e 2011, selon une &#233;valuation des m&#234;mes sources, seuls 128 de ces contribuables auraient d&#233;cid&#233; de quitter le territoire national.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au total, la proportion des d&#233;parts de personnes assujetties &#224; l'ISF est rest&#233;e stable, autour de 0,12 % au cours des ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la crise. En 2009 et 2010, ce chiffre est pass&#233; &#224; 0,15 %. Autrement dit, 99,85 % des redevables de l'ISF ont pr&#233;f&#233;r&#233; rester chez eux. En outre, le manque &#224; gagner li&#233; aux d&#233;parts ne repr&#233;sente que 0,5 % des recettes totales de l'ISF. Il est vrai qu'en France l'&#233;vasion fiscale se fait facilement &#224; partir de chez soi ; elle n'impose pas de faire ses valises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Matraquage fiscal des riches ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus qu'une r&#233;alit&#233;, le soi-disant &#171; matraquage fiscal &#187; conduisant &#224; l'exil des riches rel&#232;ve surtout d'une bataille id&#233;ologique anim&#233;e par les politiciens procapitalistes et relay&#233;e par les experts et m&#233;dias allant dans leurs sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l&#224;, ces gens sont sans vergogne. En effet, entre 2000 et 2010, une chose est s&#251;re : les gros poss&#233;dants ont &#233;t&#233; choy&#233;s sur le plan fiscal. Sur cette p&#233;riode, le taux marginal sup&#233;rieur de l'imp&#244;t sur le revenu, c'est-&#224;-dire le taux appliqu&#233; au revenu de la derni&#232;re tranche, a chut&#233; de 53 &#224; 40 %. A quoi se sont ajout&#233;es les multiples niches fiscales et, &#224; partir de 2007 (&#232;re Sarkozy), un bouclier fiscal garantissant aux plus ais&#233;s qu'en aucun cas l'addition de la CSG, de l'imp&#244;t sur le revenu, de l'imp&#244;t sur la fortune et de la taxe d'habitation ne pourrait d&#233;passer 50 % de leurs revenus. Pour ceux qui estiment que 50 %, c'est d&#233;j&#224; beaucoup, rappelons que les revenus concern&#233;s sont en g&#233;n&#233;ral de plusieurs millions d'euros par an&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2011, la droite a &#233;t&#233; quelque peu contrainte de revenir sur cette tendance, car les comptes publics avaient &#233;t&#233; plomb&#233;s par 10 ans de baisses d'imp&#244;ts. L'&#233;lection de Fran&#231;ois Hollande a aussi entra&#238;n&#233; une l&#233;g&#232;re inflexion avec un retour aux anciens taux plus &#233;lev&#233;s de l'ISF, un imp&#244;t sur le revenu un peu plus progressif (de 40 &#224; 45 %), une l&#233;g&#232;re &#233;l&#233;vation du niveau de taxation des cessions d'entreprise, une taxe exceptionnelle de 75 % (non appliqu&#233;e, car retoqu&#233;e par le Conseil constitutionnel)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, accablement et r&#233;pression fiscale des riches ? Eh bien non : les niches fiscales sont toujours l&#224; et l'&#233;vasion fiscale aussi. Le taux marginal d'imposition des plus hauts revenus reste inf&#233;rieur &#224; la plupart des pays voisins, les grosses successions ne sont pas touch&#233;es comme elles devraient l'&#234;tre. Donc, pas de panique ! Les gros poss&#233;dants peuvent dormir tranquilles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais alors, si leurs capitaux ne sont gu&#232;re touch&#233;s, les riches vont pouvoir investir, entreprendre ? Apr&#232;s tout, c'est l'argument le plus souvent repris : &#171; si on les taxe trop, les riches ne vont plus investir en France &#187;. Or, non ! Ils n'investissent pas. Ou plut&#244;t, ils pr&#233;f&#232;rent les placements sp&#233;culatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que les revenus du patrimoine ne repr&#233;sentent en moyenne que 2 &#224; 3 % des ressources des 90 % des Fran&#231;ais les plus modestes, ils p&#232;sent la moiti&#233; de celles des 0,01 % les plus riches. La rente occupe donc une place de premier plan dans le monde des riches. Le Cr&#233;dit Suisse recense chaque ann&#233;e, au niveau mondial, le nombre d'adultes poss&#233;dant un patrimoine sup&#233;rieur &#224; 1 million de dollars. Selon les calculs de cette banque, la France rassemble 8 % de ces grosses richesses, ce qui la place au 3e rang mondial. Mais d'o&#249; vient le patrimoine de ces quelque 2 millions de personnes ? Le plus souvent, non pas des revenus accumul&#233;s par le travail des int&#233;ress&#233;s, mais&#8230; de l'h&#233;ritage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, parmi les 15 milliardaires fran&#231;ais qui apparaissent dans le classement FORBES de 2012, 60 % doivent l'essentiel de leur patrimoine &#224; leurs parents. On est bien loin de l'entrepreneur audacieux et cr&#233;atif ! Tout cela, les politiques le savent parfaitement. C'est pourquoi il faut s'attaquer aux racines des in&#233;galit&#233;s, en sachant bien que si l'arme fiscale est importante, la ma&#238;trise de la production et la gestion des richesses le sont encore plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La faillite du gouvernement de Fran&#231;ois Hollande</title>
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		<dc:creator>Greg Oxley (PCF Paris)</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les gouvernements de gauche qui ambitionnent de g&#233;rer le capitalisme finissent par &#234;tre g&#233;r&#233;s par lui. C'est le cas du gouvernement Hollande, et toute l'exp&#233;rience des gouvernements socialistes &#8211; avec ou sans la participation du PCF &#8211; atteste cette v&#233;rit&#233;. En 1981, apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e de r&#233;formes sociales et de nationalisations, le gouvernement socialiste-communiste pr&#233;sid&#233; par Mitterrand a fini par adopter une politique d'aust&#233;rit&#233;. En 1997, le gouvernement de Lionel Jospin a introduit la semaine de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements de gauche qui ambitionnent de g&#233;rer le capitalisme finissent par &#234;tre g&#233;r&#233;s par lui. C'est le cas du gouvernement Hollande, et toute l'exp&#233;rience des gouvernements socialistes &#8211; avec ou sans la participation du PCF &#8211; atteste cette v&#233;rit&#233;. En 1981, apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e de r&#233;formes sociales et de nationalisations, le gouvernement socialiste-communiste pr&#233;sid&#233; par Mitterrand a fini par adopter une politique d'aust&#233;rit&#233;. En 1997, le gouvernement de Lionel Jospin a introduit la semaine de 35 heures ; malgr&#233; les insuffisances de la loi, c'&#233;tait tout de m&#234;me une tentative de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Mais ensuite, comme pour expier sa faute &#224; l'&#233;gard des capitalistes, il a men&#233; le plus vaste programme de privatisations dans l'histoire du pays. Le gouvernement Hollande se distingue de ses pr&#233;d&#233;cesseurs par le fait de n'avoir r&#233;alis&#233; aucune r&#233;forme sociale significative. D&#232;s le premier jour, sur toutes les questions fondamentales, sa politique a &#233;t&#233; calqu&#233;e sur la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts capitalistes. L'ANI ne peut qu'aggraver la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; des travailleurs, l'h&#233;morragie d'emplois dans la fonction publique se poursuit, un nouvel assaut contre les retraites est annonc&#233; &#8211; et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MEDEF, l'UMP, le Front National et tous les champions de la classe dirigeante accablent le gouvernement, lui attribuant la responsabilit&#233; de la crise. Mais la cause premi&#232;re de la situation &#233;conomique et sociale d&#233;sastreuse n'est pas la politique du gouvernement. Elle r&#233;side dans le syst&#232;me capitaliste, dont l'existence est d&#233;sormais incompatible avec les int&#233;r&#234;ts de l'immense majorit&#233; de la population. Mais pour le &#171; socialiste &#187; Hollande, la propri&#233;t&#233; capitaliste des banques et de tous les piliers de l'&#233;conomie nationale est sacro-sainte. Et puisque, sous le capitalisme, le profit constitue la seule justification de l'activit&#233; &#233;conomique, Hollande aligne sa politique sur les int&#233;r&#234;ts de la classe capitaliste. Devant l'augmentation massive du nombre de ch&#244;meurs et la d&#233;gradation des conditions de vie de la masse des travailleurs, le gouvernement, emp&#234;tr&#233; dans le syst&#232;me, les abandonne &#224; leur sort. Pire encore, sa politique d'aust&#233;rit&#233; ne fait qu'aggraver la r&#233;gression sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hollande nous assure qu'en 2014, l'&#233;conomie cro&#238;tra &#224; nouveau et cr&#233;era des emplois. C'est un message d'&#171; espoir &#187; qui ne repose sur aucune r&#233;alit&#233;. Bien au contraire, tout indique que le d&#233;clin &#233;conomique ne fera que s'accentuer &#8211; ainsi que le ch&#244;mage et la pauvret&#233; qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise actuelle est avant tout une crise de surproduction capitaliste : les march&#233;s sont satur&#233;s. La demande est insuffisante par rapport &#224; la capacit&#233; productive existante. C'est une expression, parmi bien d'autres, du caract&#232;re chaotique et destructeur du mode de production capitaliste. Dans l'industrie de l'automobile, cette surcapacit&#233; est estim&#233;e &#224; environ 25 %. En Europe, celle-ci menace de fermeture une dizaine de sites de production majeurs. L'industrie sid&#233;rurgique serait en surcapacit&#233; de 10 %. Idem pour le raffinage. Les volumes de surcapacit&#233; varient de secteur en secteur, mais partout, pour sauvegarder et augmenter ses profits, la classe dirigeante r&#233;agit en proc&#233;dant &#224; la destruction de l'appareil productif, en exer&#231;ant une pression implacable sur les conditions de travail et en augmentant le taux d'exploitation des salari&#233;s. Les capitalistes transf&#232;rent leurs capitaux de pays en pays, de secteur en secteur, &#224; la recherche du profit maximal, d&#233;truisant l'&#233;conomie au passage. Et ce sont les travailleurs &#8211; et l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, &#224; l'exception des plus riches &#8211; qui en subissent les cons&#233;quences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette crise de surproduction co&#239;ncide avec une crise de surendettement des Etats, en Europe comme aux Etats-Unis. Pendant des d&#233;cennies, des d&#233;penses publiques beaucoup plus importantes que les revenus des Etats sont venues pallier aux probl&#232;mes sociaux et &#233;conomiques engendr&#233;s par le capitalisme. Ne voulant pas taxer les capitalistes, les Etats se sont endett&#233;s massivement, au point que dans quasiment tous les pays du continent, y compris la France, la dette est hors de contr&#244;le. La dette publique en France s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 1800 milliards d'euros, soit 91 % du PIB. Et malgr&#233; les tentatives de limiter les d&#233;penses &#8211; au d&#233;triment des infrastructures &#233;conomiques, des services publics, de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, etc. &#8211; le montant de cette dette continue de cro&#238;tre &#224; une vitesse alarmante. Chaque ann&#233;e, elle augmente &#224; un rythme de 100 &#224; 150 milliards d'euros. Il est &#233;vident que cette situation ne peut pas continuer longtemps sans aboutir &#224; un effondrement &#233;conomique et social comparable &#224; ceux que connaissent la Gr&#232;ce et l'Espagne. Le probl&#232;me, c'est que toute tentative ne serait-ce que de r&#233;duire la hausse de cet endettement de fa&#231;on significative plongerait l'&#233;conomie dans une r&#233;cession profonde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En s'effor&#231;ant d'augmenter les recettes fiscales et de freiner les d&#233;penses de l'Etat (qui ont pourtant augment&#233; de 14 milliards en 2012), le gouvernement ne fait que freiner davantage la demande int&#233;rieure, sans pour autant avoir un impact significatif sur l'endettement public. Sans une r&#233;duction draconienne des d&#233;penses publiques &#8211; et une hausse tout aussi draconienne de la pression fiscale &#8211;, l'Etat se dirige tout droit vers une crise de solvabilit&#233; &#224; l'Espagnole, ce qui m&#232;nera &#224; un effondrement de l'&#233;conomie. Mais en r&#233;alit&#233;, toute tentative d'appliquer ces &#171; rem&#232;des &#187; pr&#233;cipitera l'&#233;conomie imm&#233;diatement dans un effondrement tout aussi grave. Hollande n'a pas de solution &#224; ce dilemme, parce que, sur la base du capitalisme, il n'y en a pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un foss&#233; de plus en plus large se creuse entre les classes sociales &#8211; avec, d'un c&#244;t&#233;, la concentration et l'accroissement de fortunes d&#233;j&#224; immenses ; de l'autre, la pression constante qui mine les conditions de vie et la g&#233;n&#233;ralisation du ch&#244;mage, de la pr&#233;carit&#233; et de la pauvret&#233;. Sur la base du d&#233;clin &#233;conomique et d'une r&#233;gression sociale permanente, la perspective qui se dessine pour la France &#8211; comme d'ailleurs pour l'ensemble du continent europ&#233;en &#8211; est celle d'une intensification de la lutte des classes. La France entrera dans une p&#233;riode de grande instabilit&#233; sociale. On apprendra, au cours de cette p&#233;riode, que manifestations et protestations ne suffisent pas. Le mouvement aura besoin d'un programme d'action offensif, qui s'attaque &#224; la source du probl&#232;me. Tant que les banques et les grandes entreprises &#8211; et, de fait, l'ensemble de l'&#233;conomie &#8211; seront sous le contr&#244;le des capitalistes, il ne sera pas possible de r&#233;soudre les probl&#232;mes sociaux de notre &#233;poque. Le mouvement ouvrier devrait d&#232;s aujourd'hui tenir compte de cette r&#233;alit&#233;, et placer l'expropriation des capitalistes au c&#339;ur de son programme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Thatcher : l'incarnation de la rapacit&#233; capitaliste</title>
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		<dc:creator>Greg Oxley (PCF Paris)</dc:creator>



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&lt;p&gt;Thatcher est enfin morte et enterr&#233;e. Sa victoire &#233;lectorale en 1979 fut la cons&#233;quence de la politique de restrictions budg&#233;taires et d'aust&#233;rit&#233; salariale du gouvernement travailliste de Callaghan. Le pouvoir d'achat baissait. L'hiver de 1978-1979 avait &#233;t&#233; marqu&#233; par de nombreuses luttes syndicales pour les salaires. Entre octobre 1978 et mars 1979, on a enregistr&#233; plus de 10 millions de journ&#233;es de gr&#232;ve. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats (TUC) comptait 13,3 millions d'adh&#233;rents, soit 53 % des (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Thatcher est enfin morte et enterr&#233;e. Sa victoire &#233;lectorale en 1979 fut la cons&#233;quence de la politique de restrictions budg&#233;taires et d'aust&#233;rit&#233; salariale du gouvernement travailliste de Callaghan. Le pouvoir d'achat baissait. L'hiver de 1978-1979 avait &#233;t&#233; marqu&#233; par de nombreuses luttes syndicales pour les salaires. Entre octobre 1978 et mars 1979, on a enregistr&#233; plus de 10 millions de journ&#233;es de gr&#232;ve. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats (TUC) comptait 13,3 millions d'adh&#233;rents, soit 53 % des travailleurs du pays. Mais sur le plan &#233;lectoral, le ressentiment populaire contre Callaghan et la direction du Parti Travailliste a pr&#233;par&#233; le terrain &#224; la victoire de la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thatcher comprenait que pour mettre en &#339;uvre son programme, elle devait briser le pouvoir des organisations syndicales. Elle visait particuli&#232;rement le syndicat des mineurs (NUM). Le gouvernement a provoqu&#233; une premi&#232;re confrontation avec les mineurs en 1981, avec l'annonce de la fermeture de 23 puits. La r&#233;action des mineurs fut imm&#233;diate. Dans toutes les r&#233;gions mini&#232;res, ils se mirent en gr&#232;ve. Prise &#224; l'improviste, Thatcher a recul&#233;. Elle baissait dans les sondages. En d&#233;cembre 1981, sa cote de popularit&#233; n'&#233;tait que de 23 %. Mais lorsque le g&#233;n&#233;ral argentin Galtieri a saisi les Malouines afin de cr&#233;er une diversion et renforcer son r&#233;gime dictatorial, il a fourni &#224; Thatcher l'occasion de renforcer sa propre position en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'alors, l'imp&#233;rialisme britannique s'entendait bien avec la dictature argentine. Il lui fournissait du mat&#233;riel militaire et des &#233;quipements de &#171; maintien de l'ordre &#187;. Il n'aurait pas &#233;t&#233; difficile de discr&#233;diter la propagande guerri&#232;re de Thatcher, qui subitement pr&#233;tendait d&#233;fendre la d&#233;mocratie face au &#171; fascisme &#187; argentin. Mais la direction du mouvement travailliste a cautionn&#233; l'envoi de la flotte britannique. Faute d'opposition cons&#233;quente de la part des dirigeants travaillistes, la facile victoire militaire de la Grande-Bretagne a permis &#224; Thatcher de remporter les &#233;lections suivantes, en juin 1983.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thatcher se sentait alors en position de force pour lancer une autre guerre, contre la classe ouvri&#232;re britannique en g&#233;n&#233;ral et contre les mineurs en particulier. Depuis 1981, le gouvernement avait pris soin d'accumuler des stocks de charbon massifs. La police nationale avait &#233;t&#233; r&#233;organis&#233;e, avec notamment le renforcement des sections &#171; anti&#233;meutes &#187;. Face &#224; la gr&#232;ve provoqu&#233;e en 1984 par l'annonce de la suppression de 20 000 emplois et la fermeture d'une vingtaine de puits, aucun moyen n'a &#233;t&#233; n&#233;glig&#233; pour assurer la d&#233;faite de celle-ci : la violence polici&#232;re, des lois antisyndicales, les tribunaux, une campagne soutenue de mensonges dans la presse et &#224; la t&#233;l&#233;vision, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mineurs se sont battus avec une &#233;nergie et une d&#233;termination exemplaires pendant plus de 12 mois. Le facteur d&#233;terminant dans leur d&#233;faite fut le refus, de la part du TUC, d'organiser une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement de gr&#232;ve. Cette d&#233;faite eut de graves cons&#233;quences pour les mineurs et pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re britannique. Le &#171; thatch&#233;risme &#187; &#233;tait une offensive contre toutes les conqu&#234;tes sociales du mouvement ouvrier, avec la vente de logements sociaux, la destruction partielle du service de sant&#233; nationale (NHS), la l&#233;gislation antisyndicale, les privatisations et une agression permanente &#8211; mat&#233;rielle et id&#233;ologique &#8211; contre les ch&#244;meurs, les pauvres et toutes les victimes du capitalisme. Thatcher incarnait &#224; la perfection l'avarice et la rapacit&#233; du capitalisme. Elle ha&#239;ssait profond&#233;ment les travailleurs &#8211; et ne m&#233;ritait, en retour, que notre haine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le capitalisme et la sant&#233;</title>
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