
L’attaque israélienne contre la flottille acheminant de l’aide humanitaire à
Gaza est une abomination. Elle s’inscrit dans la longue histoire d’oppression
et de violences que l’Etat israélien inflige aux Palestiniens. Elle doit être
condamnée par les travailleurs de tous les pays.
Cette nouvelle atrocité vise à maintenir le blocus économique qui condamne
la population de Gaza à la misère. Elle souligne le caractère hypocrite et
dérisoire du soi-disant « processus de paix ». Les impérialistes versent des
larmes de crocodile. Mais ni l’ONU, ni le gouvernement américain, ni celui
de la France, ni aucune autre grande puissance n’a fait quoi que ce soit pour
briser le blocus de Gaza et l’emprise israélienne sur les territoires occupés
ou prétendument « autonomes ». Les Palestiniens sont entassés et affamés
dans des fragments de territoires tenus sous haute surveillance militaire.
A Gaza, les trois quarts des maisons détruites lors de l’agression militaire
de décembre 2008 n’ont pas été reconstruites. L’armée israélienne bloque
l’approvisionnement en ciment. Elle filtre la nourriture et les médicaments.
60 % des foyers manquent de nourriture. Plus de 40 % de la population est au
chômage. Gaza est une prison en plein air.
Malgré les discours officiels de « solidarité » avec les Palestiniens, les
régimes des pays voisins – Iran, Egypte, Jordanie, Arabie Saoudite, etc. –
sont eux aussi complices de cette situation, comme le montre l’attitude de
Moubarak sur la question de la frontière entre l’Egypte et Gaza. La question
palestinienne n’est pas raciale ou religieuse : c’est une conséquence des
intérêts des classes dirigeantes de la région – et du monde entier.
L’agression du 31 mai dernier a provoqué une vague de rassemblements et
de manifestations, dans de nombreux pays. En Israël même, 3000 personnes
sont immédiatement descendues dans la rue pour condamner le massacre.
Contrairement à un préjugé trop souvent véhiculé, la population israélienne
ne forme pas un seul bloc réactionnaire. En Israël comme ailleurs, il y a
des riches et des pauvres. Et la masse des travailleurs israéliens – juifs et
arabes – subit la crise économique de plein fouet. Aux dernières élections
municipales, à Tel-Aviv, le Parti Communiste Israélien a recueilli 35 % des
voix ! Les contradictions de classe s’accentuent, dans le pays. De fait, la lutte
pour l’émancipation des Palestiniens est indissociable de la lutte contre le
capitalisme et l’impérialisme, dans la région comme à l’échelle internationale.
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