
Notre article publié sous le titre Gerin, Dang Tran et les idées du Front National a suscité de nombreuses réactions. Parmi les réactions critiques, nous avons choisi de publier de larges extraits de celle de Gautier Weinmann, militant du PCF à Leforest (62), qui a pris la peine de discuter du fond de la question. Nous y répondons ci-dessous point par point, au fil du texte. L’intégralité du texte de Gautier Weinmann est publiée dans les commentaires à notre article (voir ici).
Gautier Weinmann : Deux phrases antinomiques de votre article révèlent le mauvais procès intenté : 1) « Malheureusement, Gerin n’est pas le seul opposant à la direction du PCF qui reprenne à son compte certains aspects du programme du Front National. » 2) « Il serait bien évidemment idiot d’affirmer que le PCF ne doit en aucun cas avancer une revendication (du) Front National. » Donc, si je résume, quelque chose est « malheureux », mais La Riposte doit bien reconnaître que ce quelque chose n’est pas forcément « idiot ». Comprenne qui peut !
La Riposte : Ce que nous voulons dire est en fait très facile à comprendre, pour peu qu’on s’en donne la peine. Si le Front National affirme que la terre est ronde, il serait idiot d’affirmer qu’elle est plate pour se distinguer à tout prix du Front National. De même serait-il absurde de ne pas défendre la retraite à 60 ans sous prétexte que Marine Le Pen prétend désormais la défendre, elle aussi (à des fins purement électoralistes bien sûr). Ceci étant dit, notre article ne vise pas n’importe quelle revendication commune au Front National et à Dang Tran, mais une revendication bien précise : la « sortie de l’UE » et le « retour au franc ». Nous jugeons que cette revendication est nationaliste et réactionnaire (nous y reviendrons). Et oui, nous trouvons cela malheureux de la part d’un responsable du PCF.
Gautier Weinmann : Quand Emmanuel Dang Tran dit que l’on peut être d’accord avec une grande partie du contenu des tracts du FN, il dénonce évidemment le virage « social » du FN. Le FN ne joue plus la carte de l’ultralibéralisme, même si, comme le dénonce très bien Dang Tran sur FR3, le « poison » est toujours là. Il veut mettre en garde les travailleurs qui, à la sortie de l’usine, peuvent être bernés par certains tracts.
La Riposte : Déclarer, comme l’a fait Dang Tran devant les caméras de FR3, que les militants du Front National « distribuent des tracts qui, à 80 % ou 85 %, défendent la position qu’on [le PCF] devrait défendre », ce n’est pas « dénoncer le virage "social" du Front National », c’est semer la plus lamentable des confusions. Même si le FN publiait des tracts appelant au communisme mondial, La Riposte ne dirait pas une ânerie pareille. Ce n’est pas ainsi que l’on doit combattre la démagogie électoraliste du FN ; il faut la combattre en exposant son véritable programme – qui vise à détruire nos acquis et droits sociaux – et en mobilisant les travailleurs autour d’un programme communiste.
Cela étant dit, quelles sont les revendications précises du FN que, selon Dang Tran, le PCF devrait lui aussi défendre ? Il le répète à longueur d’articles : la sortie de l’UE et le rétablissement du franc. Or, encore une fois, ces revendications n’ont rien de progressiste ou de « social ». Elles constituent au contraire une diversion nationaliste. Elles détournent l’attention des travailleurs des véritables causes de la régression sociale, à savoir la domination d’une poignée de capitalistes sur l’économie française et européenne. Et l’objectif du Front National est précisément de concentrer la colère des travailleurs sur les « bureaucrates de Bruxelles » – et il y en a ! – pour mieux exonérer le capitalisme français. Que telle ne soit pas l’intention de Dang Tran, nul doute. Mais le résultat est le même.
Gautier Weinmann : Autre critique ridicule : Dang Tran ne prône pas, comme le FN, la « "sortie de l’Union Européenne" – sur la base du capitalisme – et le retour au franc français ». Quelle mauvaise foi ! Dang Tran prône le communisme. La Riposte dit vouloir s’attaquer à « la source même du pouvoir des capitalistes, à savoir la propriété privée des banques et des grands moyens de production. » C’est une excellente idée, mais il faut avoir l’honnêteté d’admettre que cela rejoint complètement le programme défendu par Dang Tran ! Regardons les propositions défendues [par Dang Tran] dans le cadre du 35ème congrès du parti : « (re)nationalisation des secteurs clefs de l’économie, (…) être plus clairs et plus offensifs que de vagues "pôles public" (…) renationalisation d’EDF et de GDF (…) mobiliser pour la nationalisation des banques et des établissements de crédit ». Pourquoi La Riposte passe-t-elle ce projet sous silence ? […]
Par ailleurs, La Riposte devra expliquer comment des nationalisations sont compatibles avec l’UE. Un tel programme implique la sortie de l’UE, c’est l’évidence ! Pas pour La Riposte, qui dit s’opposer à l’UE et à l’euro uniquement parce qu’il s’agit « d’une propagande fausse et mensongère ». Mais de quoi parle-t-on ? Pas de mirage ! L’UE, ses traités, ses directives, sa monnaie sont des choses très concrètes, il ne s’agit pas de miroirs aux alouettes, il s’agit d’ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE contre les travailleurs, contre le communisme !
La Riposte : Ici, Gautier Weinmann expose à merveille sa propre confusion. A la différence du FN, « Dang Tran prône le communisme » et un programme de nationalisations massives, souligne-t-il. Fort bien ! Mais le camarade Weinmann ajoute que les nationalisations ne sont pas « compatibles » avec l’UE et que l’application d’un programme communiste « implique la sortie de l’UE ». Plus loin (ci-dessous), il présente la « sortie de l’euro » comme une « condition nécessaire » à la mise en œuvre d’un programme communiste. Autrement dit, Weinmann, comme Dang Tran, considère la « sortie de l’UE » – sous le capitalisme – comme une première étape indispensable à la réalisation d’un programme communiste. On ne peut pas comprendre autrement ce qu’il dit, et c’est bien ainsi que des travailleurs le comprendront.
Ce point de vue est complètement erroné. Premièrement, comme nous l’avons expliqué dans notre article, la sortie de l’UE et le retour au franc, sur la base du capitalisme, ne ferait pas avancer la classe ouvrière française d’un centimètre, aussi bien du point de vue de ses conditions matérielles d’existence que du point de vue de la lutte pour le communisme. Deuxièmement, l’idée que des nationalisations massives et le programme du communisme ne sont pas « compatibles » avec l’UE est parfaitement creuse. Car en réalité, pour reprendre le vocabulaire de Weinmann, le programme du communisme est « incompatible » non seulement avec l’UE, mais avec le système capitaliste en général, que ce soit en France ou à l’échelle européenne. Cela signifie simplement que nous avons affaire à des classes en lutte et aux intérêts irréconciliables (« incompatibles »). Quant à la possibilité de réaliser le programme du communisme en France, elle ne dépend absolument pas de l’adhésion, ou non, de la France à l’Union Européenne (ou de sa monnaie), mais de la lutte des classes et de son résultat – en France et à l’échelle internationale.
En présentant la sortie de l’UE et le « retour au franc » comme une première étape incontournable vers la réalisation d’un programme communiste, Weinmann commet une erreur aux conséquences très sérieuses, car elle sème des illusions dans la conscience des travailleurs et détourne leur attention de la lutte contre la racine du problème : la propriété capitaliste. En effet, si la sortie de l’UE et le retour au franc sont des « conditions nécessaires » d’un programme d’expropriation des capitalistes, à quoi bon lutter ici et maintenant – alors que la France est toujours dans l’UE – pour la renationalisation complète d’EDF et GDF, par exemple ? A quoi bon lutter ici et maintenant pour l’expropriation des entreprises du CAC 40 ? « Luttons d’abord pour la sortie de l’UE, pour le rétablissement du franc – et ensuite, seulement, nous pourrons aller vers le communisme » : voilà la conclusion erronée, dangereuse et réactionnaire à laquelle un travailleur qui lit Dang Tran et Weinmann pourrait parvenir.
Gautier Weinmann : Un programme communiste de maîtrise de nos vies impose bien évidemment la fin de la BCE, conçue au-dessus des peuples dans l’intérêt du capital. La Riposte admet : « l’euro visait à protéger les intérêts des capitalistes – et surtout des plus puissants d’entre eux ». Très bien, mais dans ce cas, pourquoi ne défend-elle pas la sortie de l’euro ?
Le rétablissement d’une monnaie nationale, en lien avec une monnaie mondiale de coopération, aurait cet immense avantage de ne pas laisser sa gestion aux mains des marchés financiers et des libéraux monétaristes. Nos sociétés sont bien des sociétés monétaires de production, la question de la politique monétaire n’est pas neutre, que l’on soit en régime capitaliste ou communiste (ma préférence !).
Sortir de l’euro est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Comme le souligne parfaitement le camarade Dang Tran, évidemment, « la fin de l’euro, le retour au franc ne signifient pas l’avènement du socialisme en France. (…) Le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français. ». Donc, pourquoi La Riposte résume les propositions de Dang Tran à la sortie de l’euro ? La réponse est bassement politicienne : pour pouvoir le mettre dans le même sac que Le Pen, avec Gerin !
La Riposte : Commençons par l’idée archi-fausse selon laquelle le rétablissement d’une monnaie nationale, sur la base du capitalisme, aurait l’« immense avantage de ne pas laisser sa gestion aux mains des marchés financiers et des libéraux monétaristes ». On se demande bien aux mains de qui serait la monnaie nationale ? Des travailleurs ? De la CGT ? De la section du PCF Paris 15e ? Non. Le franc français serait soumis aux intérêts des capitalistes français, de leurs banques et des « marchés financiers » internationaux, exactement comme l’était le franc français avant l’introduction de l’euro. La seule façon d’arracher la monnaie au contrôle des « marchés financiers », c’est de nationaliser l’ensemble du secteur bancaire et les grands leviers de l’économie, sous le contrôle des travailleurs et de leurs organisations. Autrement dit, c’est le programme du communisme. « Ah ! Mais c’est incompatible avec l’UE ! », protestera Weinmann. Or, c’est « incompatible » avec l’UE en ce sens que de telles mesures porteraient un coup mortel à l’UE. Mais c’est parfaitement possible – et c’est la seule voie hors du chaos capitaliste.
Weinmann cite Dang Tran qui affirme qu’avec le retour au franc français, « le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français. » Précisément ! Y compris le pouvoir monétaire, si bien qu’encore une fois, le rétablissement du franc ne nous ferait pas avancer d’un centimètre.
Enfin, l’idée d’une « monnaie mondiale de coopération », parallèlement au franc, est complètement fantaisiste. Si la France quittait l’UE, restaurait le franc et proposait à la Chine, à l’Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis d’adopter une « monnaie mondiale de coopération », il en résulterait juste un grand éclat de rire international – et rien de plus.
Gautier Weinmann : Lénine écrivait : « Le réveil des masses sortant de la torpeur féodale est progressif, de même que leur lutte contre toute oppression pour la souveraineté du peuple, pour la souveraineté de la nation. De là, le devoir absolu pour le marxiste de défendre le démocratisme le plus résolu et le plus conséquent, dans tous les aspects du problème national. Secouer tout joug féodal, toute oppression des nations, tous les privilèges pour une des nations ou pour une des langues, c’est le devoir absolu du prolétariat en tant que force démocratique, l’intérêt absolu de la lutte de classe prolétarienne. »
Certes, Lénine dénonce le caractère bourgeois, l’utopie réactionnaire de « rester dans sa Nation ». Mais il dit très bien les choses : la souveraineté nationale n’est pas une fin en soi, c’est bien la condition de l’édification du socialisme, quand les pays qui nous entourent sont capitalistes et impérialistes.
Au niveau de la Commission européenne, du Parlement européen et des différents sommets européens se règlent les politiques qui visent à venir à la rescousse du capitalisme. C’est pour cela qu’une fois au pouvoir en France, nous n’aurions plus rien à faire dans de telles instances, avec des dirigeants d’autres pays qui ne partageraient pas nos vues.
La Riposte : Nous sommes d’accord avec l’idée que si la France était dirigée par un gouvernement communiste, elle « n’aurait plus rien à faire dans les instances » de l’UE (Commission européenne, Parlement européen, etc.) Mais en fait, la question ne se poserait probablement pas, car le renversement du capitalisme français porterait un coup fatal à l’UE. Sans le capitalisme français (ou allemand), l’UE n’existerait pas. En outre, une révolution en France serait suivie de mouvements révolutionnaires dans toute l’Europe, exactement comme la révolution tunisienne a déclenché une vague révolutionnaire dans le monde arabe. Ainsi, même dans l’hypothèse où, face au renversement du capitalisme français, les classes dirigeantes tentaient de maintenir l’UE, la transformation des rapports de propriété à l’échelle européenne signifierait sa disparition définitive.
Venons-en à la citation de Lénine. Elle souligne parfaitement la confusion du camarade Weinmann. En effet, Lénine y évoque le sort des nations opprimées et « des masses sortant de la torpeur féodale ». Or, à notre connaissance, la France n’est pas une nation opprimée. Elle est même une nation impérialiste, qui opprime et pille les peuples à travers le monde. Et il y a fort longtemps que les masses françaises sont sorties de la « torpeur féodale » ! La France n’est pas « opprimée » dans le cadre de l’UE : elle dirige l’UE aux côtés du capitalisme allemand. La classe capitaliste française en tire d’énormes profits. Il est donc grotesque de présenter la France comme un pays qui doit conquérir sa « souveraineté nationale » face aux institutions de l’UE. Celles-ci sont essentiellement contrôlées par les capitalistes français et allemands. Que Marine Le Pen fasse semblant d’ignorer ce fait – pour les besoins de sa propagande nationaliste – et présente la France comme une nation opprimée par les institutions européennes, c’est dans l’ordre des choses. Mais que des camarades du PCF, aussi bien intentionnés soient-ils, défendent la même analyse que Marine Le Pen (sur cette question précise), c’est décidément bien malheureux.
Gautier Weinmann : Clou de la sottise, La Riposte indique que « d’une manière générale, les mesures et contre-mesures protectionnistes mèneraient à une contraction du volume des échanges internationaux. Une politique protectionniste ne permettrait pas de défendre les emplois et les "productions nationales". Au contraire, elle se traduirait par leur destruction à une échelle encore plus massive qu’à présent. » On ne saurait mieux défendre le libéralisme mondial ! J’ai entendu les mêmes propos récemment de la bouche du président de l’OMC, Pascal Lamy ! Finalement, La Riposte rejoint entièrement le Front de gauche sur l’analyse de l’UE.
La Riposte : Pascal Lamy est un agent et un défenseur du capitalisme. Mais s’il dit que la terre est ronde, nous ne le contredirons pas. Le fait est que nombre de capitalistes européens – et au-delà – sont extrêmement préoccupés par la perspective d’une dislocation de l’Union Européenne, d’une restauration des monnaies nationales et d’une flambée protectionniste reposant sur une série de dévaluations compétitives. Il n’est pas exclu que la gravité de la crise pousse les capitalistes à emprunter cette voie, mais elle n’en serait pas moins extrêmement dangereuse de leur point de vue. N’oublions pas que c’est la flambée du protectionnisme qui a transformé la crise des années 30 en dépression. Que Pascal Lamy – comme tant d’autres – s’en inquiète, cela ne devrait surprendre personne.
En même temps, il est absolument clair qu’un tel scénario n’apporterait rien de positif à la classe ouvrière européenne. Les capitalistes s’efforceraient de transférer tout le poids de la crise (comme ils le font déjà) sur les épaules des travailleurs, dont les difficultés, loin de s’alléger, s’aggraveraient. Est-ce que cela signifie que La Riposte milite pour le maintien de l’UE et pour le maintien de l’euro ? Absolument pas. Nous sommes contre le capitalisme européen, que ce soit dans le cadre de l’UE ou en dehors de ce cadre. Nous affirmons qu’il n’y aura pas de solution aux problèmes brûlants des travailleurs de France et d’Europe sur la base du capitalisme. Autrement dit, nous rejetons les illusions de Dang Tran, Weinmann et tant d’autres sur le soi-disant progrès que constituerait la « sortie de l’UE » ; mais nous rejetons également et tout aussi fermement les illusions des dirigeants socialistes – et communistes – sur la possibilité d’une « Europe sociale » sur la base du capitalisme, c’est-à-dire sans remettre en cause la propriété capitaliste des banques et de l’industrie. Notre position sur cette question n’est donc pas celle des dirigeants du Front de Gauche (Mélenchon et les dirigeants du PCF). Sur la question européenne, notre mot d’ordre reste celui que la IIIe Internationale a adopté en 1923 : contre les Etats capitalistes d’Europe, pour une fédération des Etats socialistes d’Europe !
Vos réactions...
Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann
Le 20 juillet 2011, par Christophe (PCF31)Je ne comprend vraiment pas que l’on puisse être autant nationaliste à notre époque. Comme si les anciens militants, voulaient se renfermer sur eux mêmes, loin des méchants étrangers... Mais comme disaient je ne sais plus qui : "l’ennemi est aussi à l’intérieur de nos frontières". Personnellement, j’ai plus peur des structures de mon pays, que des travailleurs européens... Alors m’enfermer, seul, avec tous nos chers patrons bourgeois, non merci !
Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann
Le 21 juillet 2011, par BrunoEnfin ce debat entre communistes a lieu. Pendant des decennies le PCF a troque son internationalime pour un national patriotisme, sacralise par le sacrifice de ses militants lors de la resistance. Toutes les propositions les plus folles ont ete tenues et mises en avant pour justifier le protectionnisme francais. Il fallait officielement creer un socialisme a la francaise (surement avec baguette et saucissons) et surtout ne pas s’ingerer (lire ne pas emettre de critiques) sur les pays de l’est ou les mouvements d’emancipation. Il est "savoureux" de se rappeler ces positions quand on sait ce que l’histoire nous a appris. Alors nos prodigieux dirigeants ont troque leur langue de bois (pas tous) pour se vautrer completement dans leur adoration pathetique de la rrreepublique bourgeoise. Certains sont passe de l’autre cote de la barricade et travaile a la destruction du partides travailleurs, d’autres, comme wienmann et dang trang ont sacralise les positions de l’ancienne epoque du pcf comme les tables de la loi, et la majorite des elues se sont accroches a leurs sieges et prebandes et ont fais naviguer le pcf a vue, selon leurs alliances strategiques parasites pour rester en place. De cette situation la gauche du PCF est reste sur des positions anti-cee en accusant celle- ci des pires maux, et propageant l’idee insensee que le France etait la victime de cette derniere. Le tour de passe-passe de faire croire aux travailleurs que les problemes sociaux sont le faite de la cee, et non des capitalistes francais, et qu’il suffirait de sortir de la cee pourqu’ils disparaissent, n’est pas le faite du FN,mais de nos chers dirigeants et autres Dang Trang. Le pire etant de ne pas pouvoir apprendre denos erreurs, ce que wienmann et dang trang ne veulent pas faires.
Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann
Le 21 juillet 2011, par Patrick Vandeweyer, PCE / IU Málaga, EspagneLa sortie de l’euro, et même de l’UE, en quoi cela bénéficierait-il les travailleurs sur des base capitalistes ? Si le premier but serait de dévaluer la monnaie rétablie !
On arrange pas une première escroquerie en en perpetrant un deuxième.
Evidemment qu’un gouvernement communiste français se verrait certainement jeté hors de l’UE capitaliste (dans la mesure ou celle-ci fusse-t-elle capable de résister à la perte d’un de ses membres les plus importants) mais poser cela comme une condition préalable au renversement du capitalime est pour le moins faux.
La Grande Bretagne n’est jamais entrée dans l’Euro, et la bourgeoisie britannique doit s’en féliciter à l’heure qu’il est, mais les travailleurs britanniques n’en sont pas plus proches du socialisme pour autant !
Quant aux économies les plus faibles, comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal et même l’Espagne, loin de devoir la gauche réclammer la sortie de l’euro, elles risquent tout simplement de s’en faire jeter, à terme...
PV
Maillon faible
Le 29 août 2011, par Vincent FlamentJuste une petite question aux adversaires de la sortie de l’UE : comment mèneriez-vous une politique révolutionnaire d’expropriation du capital dans le cadre des institutions européennes ? Ou alors, vous attendez qu’une révolution socialiste éclate en même temps en France, en Allemagne, en Angleterre, en Pologne, en Hongrie etc ? J’espère que vous êtes patients ! Malheureusement, ceux qui pilotent la machine à casser toutes les conquêtes sociales en Europe le sont beaucoup moins, eux...
Je vous rappelle au passage la distinction essentielle entre condition nécessaire et condition suffisante : non, sortir de l’U. E. n’est pas suffisant. Mais c’est nécessaire.
Question subsidiaire : quel est le maillon faible de la chaîne impérialiste aujourd’hui ? Tellement faible que les capitalistes eux-mêmes se demandent s’ils vont pouvoir le sauver ? Je vous aide en vous disant qu’il ne s’agit pas d’un pays, mais d’une monnaie...
Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann
Le 29 août 2011, par La RiposteEn réponse à Vincent :
Nous ne sommes pas des "adversaires de la sortie de l’UE" au sens où nous ferions campagne pour le maintien dans l’UE. Ce n’est pas le cas, car nous sommes contre l’UE. Simplement, nous affirmons que : 1) Il n’est pas nécessaire de préalablement "sortir de l’UE" (sur la base du capitalisme) pour mener une politique communiste. 2) L’application d’une politique communiste en France marquerait de facto la dislocation de l’UE (ou du moins lui porterait un coup très sévère). 3) En aucun cas notre position signifie qu’on doit "attendre qu’une révolution socialiste éclate dans tous les pays de l’UE en même temps". L’article ci-dessus répond d’ailleurs à ce point. Ceci dit, une révolution socialiste en France serait évidemment suivie, à très court terme, de mouvements semblables dans d’autres pays de l’UE. 4) Le mot d’ordre de "sortie de l’UE" n’est pas progressiste, mais réactionnaire, car une telle "sortie", sur la base du capitalisme, ne ferait pas avancer les travailleurs d’un centimètre - et qu’en conséquence il ne reste de ce mot d’ordre qu’un contenu nationaliste.
Simple désaccord tactique ?...
Le 30 août 2011, par Vincent FlamentMais qui diable a parlé de sortir de l’UE "sur les bases capitalistes" sinon vous ? Ni moi, ni le camarade Weinmann - ni d’ailleurs le camarade Dang Tran - n’avons tenu une position pareille ! Pourquoi ce procès d’intention ?
A première vue, nous ne serions pas d’accord sur la chronologie des événements : La Riposte considère qu’il faut d’abord faire la révolution en France, et que cela entraînera l’éclatement de l’Europe. Les communistes précités et moi-même estiment illusoire de passer au socialisme dans le cadre de l’Europe supranationale, que c’est la sortie de l’UE qui créera une situation révolutionnaire, et que le mot d’ordre de sortie de l’euro et de l’UE permettra de constituer un front progressiste large, étape nécessaire avant le passage au socialisme.
Il s’agirait donc d’une divergence tactique ? Mais alors, pourquoi incendiez-vous aussi violemment ceux qui parlent de sortir de l’UE en posant qu’ils font le jeu du capital ? Pourquoi tant d’indulgence en revanche quand Laurent, Le Hyaric et Wurtz montent au créneau pour défendre la monnaie unique du traité de Maastricht ? Pourquoi considérer à priori que tout patriotisme est réactionnaire et antinomique de l’internationalisme ? Vous qui soutenez à juste titre l’ALBA, ne voyez-vous pas qu’elle est un front à la fois internationaliste et patriotique ?
Sortir de l’UE ? Réponse au camarade Weinmann
Le 30 août 2011, par La RiposteRéponse à Vincent :
Voici ce qu’écrit noir sur blanc Emmanuel Dang Tran, : "bien évidemment, la fin de l’euro, le retour au franc ne signifient pas l’avènement du socialisme en France. J’en suis le premier conscient. Le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français. [...] Mais le retour de la souveraineté monétaire au niveau national ouvre, notamment en France, d’autres possibilités d’intervention populaire sur cet élément décisif de l’économie." Pour que ce soit clair, il écrit bien que "le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français". Qu’est-ce que ça signifie, sinon une "sortie de l’UE" sur la base du capitalisme ? C’est ainsi que La Riposte l’a compris - et c’est ainsi que n’importe quel travailleur normalement intelligent le comprendra.
Par ailleurs, Vincent écrit quelque chose de nouveau (que nous ne lisons nulle part sous la plume de Dang Tran) : "la sortie de l’UE créera une situation révolutionnaire". Nous ne sommes absolument pas d’accord avec cette idée. Pourquoi est-ce que la sortie de l’UE créerait une situation révolutionnaire, au juste ? C’est une hypothèse parfaitement creuse, qui ne s’appuie sur aucun précédent historique, ni d’ailleurs sur rien.
Soit dit en passant, La Riposte n’a pas "1 scenario" et un seul. Il est possible, par exemple, que l’UE éclate - à l’initiative des capitalistes européens, même s’ils feront tout pour éviter ça. Eh bien, cela n’empêchera pas la possibilité de mettre en oeuvre un programme communiste en France, pas plus que l’existence de l’UE, de ses traités, de ses bureaucrates à Bruxelles et de sa monnaie unique ne l’empêche.
Enfin, comparer la situation du Venezuela (vis-à-vis des accords de libre-échange américains) à la situation de la France vis-à-vis de l’UE, c’est comparer un pays historiquement dominé par l’impérialisme américain et un pays (la France) qui est une grande puissance impérialiste (et qui domine l’UE). ça n’a aucun sens. L’article ci-dessus répond à ce point, d’ailleurs.