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Les principes de Jean-Luc Mélenchon

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03-2009

Jean-Luc Mélenchon est un homme de principe – nous dit-il. C’est au nom de ces principes qu’il affirme avoir quitté le parti socialiste. Pourtant, Mélenchon a souvent changé de principes, au cours de sa carrière politique. Il lui est même arrivé de les fouler aux pieds pour obtenir ou conserver une bonne place.

En 1992, Mélenchon faisait campagne pour le traité de Maastricht, qui répondait aux intérêts des classes capitalistes européennes. Mais bon, les hommes n’ont-ils pas le droit de changer d’avis ? Si, bien sûr. Cependant, le sénateur de l’Essonne a usé et abusé de ce droit – et assez souvent dans le mauvais sens.

Sous le gouvernement Jospin (1997-2002), Mélenchon animait la Gauche Socialiste, au sein du PS. Ce courant critiquait – très mollement – l’action du gouvernement de gauche et sa complaisance à l’égard des intérêts capitalistes. En 2000, les enseignants descendent massivement dans la rue pour protester contre les attaques du ministre de l’Education de l’époque, Claude Allègre. Affaibli, Lionel Jospin décide alors de remanier son gouvernement. Pour couvrir sa gauche, il propose à Mélenchon un poste de ministre délégué à l’enseignement professionnel. Mélenchon l’accepte. Et au sein de la Gauche Socialiste, il donne immédiatement pour consigne de cesser toute critique à l’encontre de Lionel Jospin. La nouvelle ligne est : « Feu contre Laurent Fabius ! ». Il explique que Fabius est désormais le représentant de l’aile « libérale » du PS.

Au gouvernement, Mélenchon applique scrupuleusement sa nouvelle ligne. Il ne s’oppose ni aux privatisations massives, ni à la guerre en Afghanistan.

Le matin du 22 avril 2002, alors que le PS est éliminé au premier tour des présidentielles, Jean-Luc Mélenchon est un homme en colère. Contre les dirigeants du PS ? Non : contre ce peuple ingrat qui n’a pas su apprécier le « très bon bilan » de Lionel Jospin !

La capitulation politique de Mélenchon, en 2000, a affaibli la Gauche Socialiste au moment où la politique du gouvernement Jospin lui ouvrait la perspective de conquérir le PS. Mélenchon, Dray, Peillon, Montebourg et tant d’autres ont systématiquement marchandé l’autorité qu’ils avaient accumulée, au sein du PS, contre des postes ou des promesses de postes.

Ainsi, en 2005, Mélenchon s’est opposé à la direction du PS sur la question de la Constitution européenne. Le 29 mai 2005, la victoire du « non » renforçait l’aile gauche du PS. Or, qu’a fait Mélenchon lors du congrès du PS, en novembre de la même année ? Il a soutenu Laurent Fabius – l’ennemi de la veille – et le texte de « synthèse » qui, deux ans plus tard, débouchait sur la défaite de Ségolène Royal aux élections présidentielles.

La Riposte


Vos réactions...

Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 12 mars 2009, par nico

Alors que le front de gauche est lancé, chance unique de proposer un projet alternatif crédible au capitalisme, à quoi sert cet article qui prône la division au lieu de l’unité ? Justement, peut être, pour créer de la division. ET si la gauche ne se balkanisait pas pour une fois ?


Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 12 mars 2009, par La Riposte

Bonjour,

Premièrement, le front de gauche n’est pas "une chance unique de proposer un projet alternatif crédible au capitalisme", puisque malheureusement son programme est archi-réformiste, et parfois réactionnaire (voir la proposition d’un "bouclier douanier sélectif").

Deuxièmement, Mélenchon est un opportuniste notoire, ce qui explique la méfiance de nombreux communistes à son égard.

Cet article sert donc juste à dire ce qui nous semble être la réalité..


Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 15 mars 2009, par LM

Ah bon ? l’’opportunisme" de JLM provoque la méfiance de nombreux communistes ? parce que le PCF, à commencer par Marie-George, n’a pas participé au gouvernement de la gauche plurielle peut-être ? Quelqu’un se souvient de ses critiques à l’époque où Gayssot privatisait Air Fance ?

Quant à Fabius, je rappelle que son ralliement au "non" de 2005 a permis à celui-ci de l’emporter, en crédibilisant cette position. Si nous en étions resté à un "non" enfermé entre le PCF et la LCR, le "oui" l’aurait emporté. C’est l’apport des socialistes du "non" qui a permis de renverser la vapeur. Vous devriez vous en souvenir plutôt que d’invoquer une mythique pureté politique.
Amitiés de gauche


Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 16 mars 2009, par La Riposte

Cher LM,

Effectivement, les dirigeants du PCF ne se sont pas opposés, eux non plus, aux privatisations et à la guerre en Afghanistan, sous Jospin. La Riposte a dit et répété quelles en furent les conséquences négatives, pour le PCF. D’ailleurs, Gayssot est complètement discrédité, à la base du PCF, plus encore que Mélenchon.

Vous semblez dire : "Puisqu’ils ont tous fauté, oublions cela", comme si les fautes des uns rachetaient celles des autres ! Pardon, mais sans aller jusqu’à la "pureté politique", les militants communistes et les travailleurs en général ont le droit - et même le devoir - de demander que leurs dirigeants ne les trompent pas et ne fassent pas, une fois au pouvoir, le contraire de ce qu’ils disaient la veille. Renoncer à cela, c’est renoncer à la transformation de la société.


Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 19 novembre 2010, par Hippo

Pourquoi le bouclier douanier sélectif est-il "réactionnaire" ?

Ne s’agit-il pas d’intervenir dans la gestion des entreprises capitalistes en imposant des règles à l’entrée sur notre marché ? Sachant que ce marché est le plus grand du monde ?

Ce n’est pas une mesure révolutionnaire certes. Mais c’est un levier pour protéger nos sécurités sociales. Même à l’intérieur de l’UE, nous avons intérêt à coopérer plutôt que de laisser le marché libre. Et pourquoi pas même à l’intérieur de la France ? Exemple simple : l’immobilier à Paris est confisqué par les classes riches. Pourquoi ne pas mettre de barrières à la circulation de leurs capitaux dans la capitale ?


Les principes de Jean-Luc Mélenchon


Le 25 novembre 2010, par La Riposte

Le bouclier sélectif est "réactionnaire" parce qu’il sème l’illusion que les problèmes viennent des capitalistes d’en dehors de l’UE. Or, les problèmes viennent des capitalistes du monde entier, y compris en UE. Outre qu’il serait immédiatement suivi de mesures de rétorsions de la Chine, des Etats-Unis, etc., vis-à-vis des exportations européennes (ce qui plomberait l’économie mondiale), un "bouclier sélectif" aux frontières de l’UE n’empêcherait pas les capitalistes français, allemands, etc., de s’attaquer à la sécurité sociale et autres acquis sociaux.


Les principes de Jean-Luc Mélenchon

Le 8 mai 2012, par gregoguerreiro

Qu’elle est la réaction de La Riposte vis-à-vis de la position de Robert Hue, ou du si républicain Gerin ?



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