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Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

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12-2012

La discussion sur les textes qui sont soumis à la discussion des militants communistes dans le cadre de la préparation du 36e Congrès du PCF se déroule dans des conditions qui sont tout sauf équitables. La version papier du texte de la direction a été publiée le 17 octobre dernier, alors que celle des textes alternatifs n’était entre les mains des adhérents qu’une dizaine de jours avant le vote, ne laissant que très peu de temps aux membres du parti pour se familiariser avec leur contenu et rendant extrêmement difficiles l’organisation de débats dans les cellules et les sections. La direction dispose de moyens de communication autrement plus puissants que les militants de base. En plus de cet énorme avantage, elle ressent le besoin de recourir à des expédients organisationnels pour restreindre l’expression démocratique des militants, ce qui indique à quel point elle manque de confiance en ses idées et son bilan. Les amendements statutaires qu’elle cherche à imposer, qui placent de nouveaux obstacles sur la voie de ceux qui veulent présenter des textes alternatifs, visent à compenser ce même manque d’assurance au sommet du parti. La force de persuasion ne lui suffit pas, puisque la force de ses arguments est trop faible.

Les auteurs du texte alternatif Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme s’efforcent de convaincre les communistes de la nécessité de réarmer le parti avec les idées, le programme et la théorie du marxisme révolutionnaire. Nous y parviendrons, tôt ou tard, quelles que soient les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Cette conviction ne se base pas sur une « foi » quelconque, mais sur les réalités de notre époque. Nous sommes confrontés à la plus grave crise du système capitaliste depuis près d’un siècle, en France comme à l’échelle internationale. Le déclin de l’ordre capitaliste condamne la société à la régression permanente. Par conséquent, tous les programmes et toutes les stratégies qui limitent l’action du parti à une politique purement défensive, à un combat contre les effets du capitalisme, sans s’attaquer à leur cause, se révèleront impuissants. Voilà l’explication fondamentale du regain d’intérêt pour les idées du marxisme au sein du parti. Et sans vouloir exagérer le rôle de La Riposte, sa défense implacable de ces idées et ses efforts pour montrer leur pertinence ont permis de répondre au moins partiellement à ce regain d’intérêt.

Quel que soit le résultat du vote – qui sera tronqué par les conditions inéquitables dans lesquelles il aura lieu –, la discussion sur le programme et les bases idéologiques du parti se poursuivra. Nous avons soumis le texte de la direction à une critique qui – sans être complètement exhaustive – ne manque pas de sévérité. Nous avons fait de même pour les deux autres textes alternatifs qui, soit dit en passant, défendent tous les deux des conceptions politiques quasiment identiques. Cette approche polémique et nos idées incisives peuvent parfois surprendre des militants du parti trop habitués aux formulations vagues et « consensuelles » qui parsèment les textes et les discours de la direction. Mais du moment que nous défendons honnêtement des idées et nous attaquons aux idées de ceux qui s’y opposent, la signification des propos des uns et des autres ne s’en dégage que plus nettement. Par les temps qui courent, nous avons surtout besoin de clarté.

Par contre, ce dont on se passerait volontiers, ce sont des procédés qui visent à générer la méfiance et l’hostilité envers des camarades, de manière sournoise, en déformant la réalité de leurs arguments et de leur démarche. A cet égard, Bob Injey, membre du Comité Exécutif National du PCF, ne donne pas le bon exemple. Dans un article publié récemment sur le site internet du parti, il donne son opinion sur les 3 textes alternatifs – en s’attardant plus particulièrement le texte n°2, celui que nous défendons. Il commence en qualifiant notre texte de « plus subtil » que les deux autres, avant de préciser qu’il « pose un autre type d’interrogations ». Il poursuit de la façon suivante : « Une remarque préalable sur ce texte et ses auteurs. Ils sont les animateurs du journal La Riposte, une organisation qui tient ses propres congrès et est affiliée à un réseau international dont le point de départ est Socialist Appeal en Grande-Bretagne. Une rapide consultation du site en anglais de Wikipedia donne cette information intéressante : Socialist Appeal (UK, 1992) - the current British Trotskyist organization and newspaper founded in 1992 and affiliated with the International Marxist Tendency.

« Dans ses documents les objectifs de La Riposte sont définis ainsi : "dans le mouvement syndical, les Jeunesses communistes et le PCF, La Riposte défend les idées du marxisme". Il sera sans doute utile, le moment venu, de s’interroger sur les buts réels de cette "organisation" qui semble pratiquer un entrisme d’un autre temps. Mais ce n’est pas l’objet de cette contribution ».

L’objectif de ce texte tendancieux est évident : à l’aide d’un texte de Wikipédia en langue anglaise, il s’agit de présenter La Riposte comme une organisation dont les «  buts réels » ne seraient pas ceux qu’elle affiche et sur lesquels il faudrait « s’interroger », « le moment venu ». Faisons donc immédiatement venir ce « moment ». La Riposte n’a absolument rien à cacher, ni sur sa structure, ni sur ses affiliations, ni sur les buts qu’elle poursuit. Bien au contraire, elle s’efforce par tous les moyens de les faire comprendre à tous les membres du parti et à l’ensemble du mouvement ouvrier. Ses idées sont constamment présentées au public dans des réunions publiques, sur ses sites internet, dans son journal, ses brochures, ses livres, ses tracts, etc.

La Riposte est une association déclarée sous la loi de 1901. Cette « organisation » est non seulement justifiée, mais elle est absolument indispensable. Sans cela, il n’y aura ni idées, ni journal, ni sites internet, ni réunions publiques, ni rien d’autre. Refuser ce droit démocratique élémentaire – le droit d’association, qui est l’une des conquêtes historiques du mouvement ouvrier – aux militants communistes revient à leur demander de renoncer à défendre leurs idées et leurs convictions. Et bien sûr La Riposte, comme toutes les associations, « tient ses propres congrès ». Cela n’a rien de suspect. C’est une exigence de la démocratie associative. Les principales décisions et les textes de nos congrès sont publics ; nous invitons tous les communistes et syndicalistes à les commenter et les critiquer. Cela fait partie de la vie démocratique du mouvement. Si le camarade Injey y voit quelque chose de suspect ou de condamnable, c’est son droit, mais il est peu probable que les militants communistes le suivront dans cette voie.

Les adhérents de La Riposte ne se contentent pas de tenir des congrès. Ils se réunissent régulièrement pour discuter de l’actualité et de l’histoire du mouvement ouvrier international, ainsi que de tous les aspects de la théorie marxiste : matérialisme historique, théorie économique de Marx, matérialisme dialectique, etc. Nous appelons tous ceux que cette démarche intéresse à nous rejoindre.

Internationalisme

Toute l’activité de La Riposte est soutenue et financée par des militants du mouvement ouvrier, essentiellement du PCF et de la CGT. Ce faisant, encore une fois, ils ne font qu’exercer un droit démocratique élémentaire. La Riposte est une structure associative totalement indépendante, libre de déterminer sa politique et ses activités comme bon lui semble. Aussi a-t-elle choisi de s’associer à la Tendance Marxiste Internationale (TMI) qui regroupe des militants marxistes des quatre coins du monde : non seulement ceux qui animent Socialist Appeal en Grande-Bretagne, mais aussi des dizaines d’autres publications internationales, par exemple Falce Martello en Italie ou The Struggle au Pakistan. Ceci nous permet d’échanger des informations et des idées par-delà les frontières – et d’organiser des rencontres, comme l’Université d’été de la TMI qui s’est tenue en Italie en 2011.

Ce partage d’idées sur des questions politiques, théoriques et programmatiques porte un nom : l’internationalisme. Depuis toujours, La Riposte attache une importance primordiale à cet aspect de son activité. Au lendemain du coup d’Etat contre Hugo Chavez, en 2002, elle a lancé une campagne internationale de solidarité en concertation avec la TMI : Pas touche au Venezuela ! Cette campagne s’est concrétisée par l’organisation de dizaines de rencontres et de réunions publiques partout en France, souvent en association avec les sections locales du PCF, pour expliquer l’importance de la révolution bolivarienne. Chaque année, à la Fête de l’Humanité, nous invitons un représentant syndical ou politique d’un autre pays. Cette année, nous avons invité une militante communiste italienne. En 2011, c’était un camarade grec. Et ainsi de suite. Au mois d’octobre dernier, Greg Oxley – membre du PCF et de La Riposte – a effectué une tournée de réunions publiques au Pakistan, où il existe un intérêt considérable pour l’histoire et l’actualité de la France. A Islamabad, plus de 600 personnes, dont beaucoup de syndicalistes et militants du PPP, sont venues écouter son exposé sur l’histoire de la Révolution française. A Faisalabad, plus de 200 personnes ont assisté à une réunion sur la Commune de Paris. On ne voudrait pour rien au monde empêcher le camarade Injey de parcourir les pages de Wikipédia à la recherche d’informations sur les « buts réels » de La Riposte ; mais le compte rendu intitulé Ma tournée au Pakistan donne une idée assez claire du travail international dans lequel nous sommes engagés.

Avant le départ de Greg pour le Pakistan, La Riposte a publié un article sur la lutte de l’Association des Jeunes Médecins pakistanais (YDA) contre l’état de délabrement des services de santé dans ce pays. La grève organisée par cette organisation a mobilisé 25 000 médecins. Menacés par les autorités, battus et incarcérés, les dirigeants de cette lutte n’ont pas flanché. Et lorsqu’ils ont enfin remporté une victoire – partielle, mais très importante –, le communiqué l’annonçant soulignait l’importance de la solidarité internationale, avec une mention particulière pour le travail de La Riposte en France. Injey veut susciter la méfiance des communistes français à l’égard de nos relations avec des communistes d’autres pays. Mais nous en sommes fiers. Et nous sommes certains que les communistes qui s’y intéressent sérieusement n’y trouveront que l’expression de notre internationalisme militant. Oui, La Riposte considère que l’élaboration et la défense des idées révolutionnaires ne sont possibles qu’en puisant dans l’expérience collective des travailleurs du monde entier, indépendamment de leur nationalité. Si telle est la charge portée contre nous par l’inspecteur Injey, nous plaidons coupables !

Notons aussi que le « vieux démon » du « trotskisme » fait partie des qualificatifs qu’Injey jette dans la balance. Mais là encore, où est le problème ? Il se trouve que La Riposte ne se décrit pas comme « trotskiste ». Le sous-titre de notre publication annonce qu’il s’agit d’un « journal communiste ». Nous sommes des marxistes. Mais si l’on nous demande ce que nous pensons de Léon Trotsky, nous répondrons sans la moindre ambigüité qu’il était, à notre avis, l’un des plus grands et des plus courageux combattants pour les idées du marxisme. Trotsky était, avec Lénine, le principal dirigeant de la révolution russe de 1917 – et après la mort de ce dernier, il a lutté pour défendre ses idées révolutionnaires. Pendant que Staline faisait assassiner ses camarades et les membres de sa famille, Trotsky s’efforçait d’expliquer aux travailleurs du monde entier que la révolution russe était en train d’être dénaturée et détournée de ses principes par la bureaucratie qui consolidait progressivement son emprise sur la société soviétique. Il a mené cette lutte tout au long de la période qui séparait la mort de Lénine de son propre assassinat par un agent de Staline en 1940. Si le camarade Injey trouve qu’il y a quelque chose de problématique dans le combat de Trotsky contre le stalinisme, qu’il l’explique clairement. Après tout, cela pourrait déboucher sur un débat très intéressant. S’il existe un « problème » vis-à-vis de Trotsky, c’est le suivant : beaucoup de membres du PCF en ont une opinion négative sans vraiment connaître ses idées et ses combats.

Pour compléter le tableau, Injey ajoute que « cette "organisation" semble pratiquer un entrisme d’un autre temps ». Et pour faire sérieux, Injey donne un lien vers la page « entrisme » de Wikipédia ! En parlant d’« entrisme », il veut sans doute donner l’impression que les militants communistes qui soutiennent les idées de La Riposte, ou qui participent à sa vie associative, constituent une sorte de corps étranger dans le parti, infiltrés en son sein pour poursuivre des objectifs inavouables. Or, il doit être parfaitement clair pour tous ceux qui lisent ce que nous avons expliqué ici – et pas pour la première fois – qu’il n’y a absolument rien de sournois ou de caché dans l’action de La Riposte. Les militants communistes qui produisent notre journal sont des camarades actifs dans le parti et pour le parti. Certains ont rencontré notre association avant de rejoindre le PCF. Mais la plupart des camarades de La Riposte ont connu notre journal dans le parti et s’y associent parce qu’ils y trouvent une expression claire de leurs idées communistes. Certains d’entre eux sont « entrés » dans le PCF avant que Robert Injey n’« entre » à l’école maternelle. La démarche de La Riposte n’a rien à voir avec l’« entrisme », malgré les insinuations malveillantes du camarade Injey.

La Riposte et le Front de Gauche

Quittant le terrain des objectifs supposés inavouables de La Riposte, Injey aborde la question du Front de Gauche : « Sur le contenu de ce texte alternatif n°2, plus subtil puisqu’il part du constat que "le succès de la campagne du Front de gauche à l’élection présidentielle indique le potentiel qui existe pour l’émergence d’une force d’opposition de masse dans la période à venir. L’engagement des militants du PCF et du PG a été exemplaire". Pour autant, il ne dit rien de ce que doit être le développement et l’élargissement du Front de gauche ».

Injey affirme que nous ne disons rien sur « ce que doit être le développement et l’élargissement du Front de gauche ». Avant de répondre à cette critique, disons d’emblée que le texte de la direction ne dit absolument rien de précis au sujet du Front de Gauche, alors que le nôtre prend clairement position pour le Front de Gauche, mais soulève la question, primordiale à nos yeux, de l’apport politique spécifique du PCF dans le cadre de cette alliance. Nous voulons que le PCF se positionne comme la composante marxiste et révolutionnaire du Front de Gauche, alors qu’actuellement la direction du PCF se situe, sur plusieurs questions, à droite de Mélenchon. Il est vrai que nous ne disons rien sur l’élargissement du Front de Gauche. Mais le texte de la direction n’en dit rien non plus. C’est une question concrète : élargissement vers qui ? Le Parti Socialiste, peut-être ? Veut-on que les auteurs de notre texte se prononcent pour ou contre l’élargissement du Front sans savoir de qui l’on parle ? Ce ne serait pas sérieux.

Injey continue : « Cela n’a au demeurant rien d’étonnant puisque les auteurs de ce texte ont été opposés dès le départ à la démarche du Front de gauche ». Et pour étayer cette affirmation, il cite l’extrait suivant d’un texte que nous avons publié en 2010 : « Le Front de gauche offre une nouvelle occasion – après celle des collectifs anti-libéraux – d’avancer vers la transformation du PCF en "autre chose", c’est-à-dire vers sa liquidation. (…) Mélenchon veut être le candidat du Front de gauche – soutenu par le PCF – aux élections présidentielles de 2012, ce qui lui permettrait de prétendre à un poste ministériel au sein d’un éventuel gouvernement socialiste. Il en appelle ouvertement à la fusion du Parti de gauche et du PCF, en vue de constituer une "nouvelle force" qui aurait rompu avec la référence au communisme, et dont il prendrait évidemment la tête. Cette perspective est accueillie favorablement par une section significative – et peut-être une majorité – de la direction actuelle du PCF. Elle aura évidemment le soutien des médias capitalistes, qui appuient toute démarche visant à liquider le PCF ».

De fait, la démarche du Front de Gauche fut décidée dans les instances dirigeantes du parti et présentée comme un fait accompli aux militants du parti, en 2009. Nous pensions – et nous pensons encore – que de nombreux dirigeants du parti voyaient dans le Front de Gauche une étape vers la liquidation du parti. Le texte présenté par la direction pour le 34e congrès du parti (2008) parlait ouvertement de la nécessité de « métamorphoser » le PCF. Notre attitude à l’égard du projet liquidationniste qui se profilait derrière la mise en place du Front de Gauche était entièrement justifiée. Si cette liquidation n’a pas eu lieu, c’est uniquement grâce à l’opposition de l’immense majorité des militants communistes.

Concernant nos remarques de 2010 sur Mélenchon, nous n’avions pas vu juste. Il est vrai que nous avions des raisons de nous méfier de Mélenchon, compte tenu de son passé politique. Mais il s’avère que sur la question d’un gouvernement dirigé par le PS, Mélenchon a déclaré, plusieurs mois avant l’élection présidentielle et en des termes assez catégoriques, qu’il n’y participerait pas. On ne peut pas en dire autant des dirigeants du PCF, qui n’ont pris clairement et publiquement position sur cette question qu’après l’élection présidentielle.

Pour autant, il n’est pas exact de dire que nous étions contre le Front de Gauche comme alliance. L’union fait la force. Ce que nous voulions éviter, c’est la dissolution ou la mise en retrait du PCF. Nous étions favorables, par exemple, à ce que le candidat du Front de Gauche à la présidentielle soit membre du PCF. Mais cette option n’intéressait pas la direction du parti. Ceci dit, une fois Mélenchon investi candidat du Front de Gauche, nous avons activement participé à la campagne électorale. Mélenchon – qui a mené une campagne très vigoureuse, militante et radicale – connait bien La Riposte. Il a déjà accordé deux interviews à notre journal. Voici ce qu’il dit à notre sujet, à la fin de la première de ces interviews, que nous avons publiée en janvier 2012 : « Comme vous je n’ai pas peur de dénoncer le système en l’appelant par son nom : le capitalisme. Après, nous n’utilisons pas toujours le même vocabulaire et nos histoires comme nos origines diffèrent. Mais c’est vrai de toutes les formations et courants qui composent le Front de Gauche. Cette diversité est une force car elle élargit le nombre des points d’entrée dans notre combat commun. Elle ne nous empêche pas de nous retrouver derrière les principales mesures du programme et les candidats communs qui les portent. Je ne vous appelle pas à l’uniformité. Vous n’hésitez pas à argumenter sur d’éventuels désaccords. C’est parfois roboratif. Mais j’observe que c’est toujours fait avec une vraie honnêteté intellectuelle. Je l’apprécie. Enfin je n’ignore pas que vos camarades sont de bons militants qui savent ce que la lutte des classes veut dire. Votre journal le reflète. Je sais qu’on peut compter sur vous pour cette campagne. Et je n’en doute pas pour la suite ».

Cette attitude est bien plus fraternelle et constructive que celle affichée par le camarade Injey, n’est-ce pas ? Précisons aussi que nous avons demandé à Pierre Laurent de nous accorder une interview, mais cette demande est restée sans réponse.

Enfin, certains camarades du parti s’interrogent sur la signification des commentaires d’Injey concernant la nécessité de s’intéresser aux « buts réels » de La Riposte. Ils y voient la menace d’une éventuelle « chasse aux sorcières » dirigée contre les communistes associés à La Riposte. C’est possible. Si l’attaque s’engageait sur le plan des idées, ce serait une excellente chose. Elle servirait à attirer l’attention des communistes sur la différence entre nos idées et celles de la direction. La Riposte en sortirait renforcée. Quant à une attaque prenant la forme de mesures organisationnelles (exclusions, etc.), nous n’y croyons pas. Robert Injey et d’autres dirigeants du parti seraient peut-être tentés par une telle « solution ». Ils pourraient toujours essayer. Mais une tentative de régler des désaccords politiques par des mesures répressives, surtout contre des camarades qui défendent les idées du marxisme, rencontrerait l’opposition de l’immense majorité des militants communistes – et, pour cette raison, ne réussirait pas.

Hubert Prévaud (PCF Toulouse), Greg Oxley (PCF Paris) et Jérôme Métellus (PCF Paris)


Vos réactions...

Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 14 décembre 2012, par Tomaz PCF Brest

Bravo pour votre article !!!
Vive La Riposte !!!


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 14 décembre 2012, par Laurent Gutierrez

Salut camarades,

Merci de cette réponse claire et juste des camarades de La Riposte, qui recadre les vraies questions.

Quant à ce congrès du PCF, quel camarade à temps a pu lire tous les textes ? En juger le fond et y réfléchir convenablement ?

En plus le congrès du PCF en réalité n’est pas que l’affaire des communistes, mais devrait interesser tous les militants du mouvement ouvrier.

Je dois avouer que la préparation de ce congrès me laisse un goût amer, je ne suis pas sûr que les résultats le dissipe !

J’ai voté pour le texte alternatif n°2, "Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme". C’est le seul qui pose les vrais enjeux pour l’avenir, non seulement pour le PCF, mais pour le combat de la classe ouvrière toute entière.

Bien fraternellement,
Laurent Gutierrez


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 14 décembre 2012

Moi si j’ai rejoint le Parti Communiste, c’est pour défendre les idées communistes, le marxisme, la révolution socialiste.

"Le courage, c’est de toujours chercher la vérité et de la dire".

J’ai moi-même douté au départ des buts de ce journal, mais en me renseignant par moi-même , et en lisant régulièrement le journal et les brochures j’y ai trouvé une formation politique théorique présente nulle part ailleurs !

J’ai bien étudié le journal, en lisant de vieux articles (notamment les vieilles perspectives mondiales) et j’ai observé l’attitude des camarades qui l’anime.

Je me suis rendue à l’évidence : la validité des perspectives et des idées révolutionnaires, tout ce qui était écrit, c’est ce que je pensais !

Donc non seulement je me suis abonnée, mais je vends le journal, et je milite au sein de la CGT et du PCF pour un retour aux idées révolutionnaires, aux idées marxistes, je suis fière d’être au PCF et à la CGT, et JE SUIS FIERE DE MES IDEES.

Les congrès nationaux et internationaux de La Riposte sont exaltants car c’est la rencontre avec des militants communistes du monde entier qui soulèvent l’âme et nous enthousiasment afin de continuer le combat contre le système capitaliste. De nombreuses conférences y sont données aussi sur énormément de sujets historiques et/ou théoriques, avec une analyse marxiste. Les débats suites à ces conférences sont encore plus enrichissants !

C’est grâce à LA RIPOSTE si j’ai lu Le Manifeste. Car contrairement à ce qui devrait être, ce texte (brûlant d’actualité) n’est pas distribué aux nouveaux adhérents du PCF...

Rien que pour cette lecture qui m’a ouvert les yeux sur la lutte des classes, je vous en serai reconnaissante à vie.

Merci d’exister, et merci pour tout ce que vous apportez au mouvement ouvrier international !

Fraternellement,
Salama (PCF31)


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 14 décembre 2012, par Patrick Vandeweyer (PCE Málaga, Espagne)

Une excellente réponse des camarades de La Riposte. Ce n’est pas la première du même cru, mais à ce qu’il semble, certains dirigeants tiennent un discours plus propre d’un disque rayé que d’autre chose, d’ou le besoin de se répéter souvent : ils comprennent vite, certes, mais il faut expliquer longtemps.

Pour ma part, en tant que militant du Parti Communiste d’Espagne, dont la langue maternelle est le français, adhérent au PCE depuis 1999, je suis La Riposte sur internet depuis que j’y ai accès, soit depuis 2003.

Les idées marxistes et analises de ces camarades, sur toute sorte de sujets, m’ont toujours fort inspiré et continue à le faire, visitant le site presque tous les jours et aussi en tant que membre du forum.

Maintenant, si l’internationalisme dans les faits, et non juste de paroles, qui met des communistes de différents pays en contact, dérange le camarade Bob Injey, qu’il le dise tout de suite, il n’a pas besoin de wikipedia pour ça.

Salutations communistes
PV


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 14 décembre 2012, par Christophe-31

A l’époque où j’ai adhéré à la JC, en 1998, ce n’est pas La Riposte qui m’a fait arrêter mon militantisme, mais la politique à Robert Hue ! Et je ne suis pas le seul dans ce cas... La Riposte m’a permis, malgré toutes les craintes que j’avais à l’époque sur leur "but réel", de revenir par la grande porte au PCF, armé idéologiquement.

Alors oui La Riposte a un but précis : renforcer les idées du communisme, dans le parti COMMUNISTE... si celà déplaît à certains dirigeants de ce même parti, c’est peut être à nous de prendre des dispositions contre eux ?


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 15 décembre 2012, par Bruno

Fils de militants pcf, je suis entré au parti en 2002 après les elections presidentielles et face a la monté des idées d’extreme droite. Sur de trouver au parti les éléments théorique, politiques et pratiques pour lutter et en finir avec le capitalisme. Mais dans les faits, malgré la grande générosité des militants et leur dévouement, je n’ai rencontré que confusion et démoralisation. C’est en rencontrant les camarades de la riposte que j’ai decouvert des militants claires avec une direction dans le combat, la direction du marxisme. Méfiant moi-meme sur la reconnaissance de Trotsky par ces camarades, j’ai lu dans le texte les ecrits de ce grands révolutionnaire, et les faits parlant d’eux-meme j’ai compris l’erreure qui avait été la mienne de juger sans connaitre. D’avoir écouté les cris de ceux qui aujourd’hui renie jusqu’au nom de communiste. Avec les camarades de le riposte je suis devenus un meilleure marxiste, j’ai compris des points important de la théorie marxiste qui me restait obscure, noyés dans le charabia revisionnistes des dirigeants du parti.
Aujourd’hui je le dis le plus sincèrement possible, le parti a besoin de la riposte pour se ressourcer et se revitaliser, l’apport théorique, personnel de ces militants est inapréciable. Merci a tous et a toutes pour votre dévouement et votre travail pour la cause du communisme et pour notre parti.


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 15 décembre 2012, par ROCH Sylvain

L’attitude de la direction dans ce congrès est très agressive à l’encontre des textes alternatifs et plus particulièrement le notre !!
On les sent tendus !! Ils ont tout fait pour limiter l’audience des textes et tente d’empêcher qu’il y en ait d’autres la prochaine fois avec ses amendemdements aux statuts iniques !
Mais les militants communistes n’ont pas la même approches, ils voient dans ses textes une possibilités de débattre, même de ce qui fâchent !!
Le résultat ne reflétera pas la réalité de l’érosion de l’autorité de la direction, en tout cas , moi, sans la riposte, j’aurais surement quitté le parti............
Fraternellement


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 15 décembre 2012, par Gauthier

Lorsqu’on a les idées confuses on cherche forcément à discréditer ses adversaires en avançant des idées fausses, et c’est bien ce que cherche à faire ce Robert Injey à propos de La Riposte. Cela démontre bien que le texte du CN n’est pas suffisamment solide, qu’à lui seul il ne peut contrer le texte alternatif n°2, celui qui apparemment lui fait peur. Moi même méfiant mais attiré par La Riposte au démarrage je n’ai pas vu le moindre entrisme, rien n’est caché, il suffit de lire régulièrement les articles de La Riposte pour s’en convaincre. J’y ai adhéré et progressé bref j’ai été formé, chose que le PCF ne peut faire car comment former lorsqu’on a les idées confuses et que l’on zig zag.Si Robert Injey avait été loyal il aurait attaqué le texte sur les idées et non chercher à faire des coups en dessous de la ceinture. D’ailleurs ce qui fait de l’entrisme au PCF ce n’est pas la Riposte mais le réformisme de la direction


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 15 décembre 2012, par LO Ardèche

je suis communiste depuis 40 ans et avec La Riposte je milite activement à nouveau !


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 15 décembre 2012, par Tom-Meursault

Décidemment la Rriposte sera toujours la cible des mêmes accusations au sein du PCF : tantôt "entristes", tantôt "trotskystes", parfois même "socials-impérialistes". Mais on dirait qu’ils n’arriveront pas à nous mater. La Riposte mène un travail désintéressé dans le PCF, c’est cela qui fait sa force. Au contraire, combien pourrions-nous trouver de carriéristes parmi l’aile réformiste, autrement dit la direction ?

Cela les gêne que nous assumions notre internationalisme, quand ailleurs dans le parti on n’évoque jamais la révolution bolivarienne, ou que l’on prend l’UE comme un seul bloc impérialiste ? Qu’ils s’y fassent ! Nous pouvons être fier de cette photographie d’Hugo Chavez tenant entre ses mains notre journal. Vive la Révolution bolivarienne ! Vive le PSUV ! Salut à Chavez !

Pour mon cas personnel, je dois beaucoup à la Riposte. La lecure du Monde libertaire était au bout d’un moment barbante, et la théorie y était totalement absente, je l’ai dénichée ici. L’aurais-je trouvée aurprès de M. Laurent ? J’en doute ; il aurait eu du mal à me dire que le communisme, c’est l’expropriation des capitalistes, la planification démocratique de l’économie avec contrôle ouvrier, de m’apprendre l’histoire des révolutions à travers le monde, ... La Riposte l’aura fait à sa place.

Fier d’être communiste ! Vive la Riposte et le PCF !


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 16 décembre 2012, par Alain Brachet

Lecteur fréquent, mais critique, de votre site, car vos idées recoupent souvent les miennes (celles d’un « ex » communiste encarté), je veux tout d’abord vous dire que j’ai apprécié positivement l’évolution de votre façon de voir envers le Front de Gauche (FdG). J’avais d’ailleurs à l’époque (début 2011) où vous étiez très critique envers cette démarche, dialogué amicalement avec l’un de vous, sur ce sujet. Je considère toujours que ce projet et les prises de position de JLM sont à défendre et amplifier dans l’avenir, ce qui, dans le détail, n’exclut pas de les faire évoluer…

Pour la préparation du 36ème Congrès du PCF vous avez rédigé une contribution alternative et des textes critiques concernant les trois autres textes en discussion : celui de la direction du Parti, deux autres textes alternatifs produits par ce que l’on peut nommer des « tendances » permanentes et internes au Parti, en sus de la vôtre .Vous avez aussi rétorqué à certaines critiques « officielles », comme celle-ci.
Je n’entre pas dans le détail de vos analyses dont plusieurs me paraissent justifiées. Mais je dois dire que je ne suis pas d’accord avec une de vos thèses. J’espère ne pas trahir vos propos en résumant celle-ci en disant que vous n’envisagez pas d’extraire la France du carcan européen. Vous considérez que rester dans l’UE est une démarche « d’internationalisme prolétarien ». Bien évidemment nous restons d’accord pour dire que l’UE, dans son état actuel, est une construction créée par les états européens leaders (France et Allemagne) pour imposer aux peuples européens les diktats du grand capital : une exploitation « de l’homme par l’homme » toujours plus forte. En fait, vous traitez cette affaire européenne à partir de considérations générales, empreintes d’un certain dogmatisme (c’est en tout cas comme cela que je le ressens). Elle n’est pas fondée sur « une analyse concrète d’une situation concrète ».Nulle part, si j’ai bien lu, vous ne partez d’une « situation concrète » pour en déduire une ligne d’action, pouvant servir de guide pour avancer dans le futur proche et plus lointain. C’est un peu le style des envolées lyriques du texte de la direction du PCF. On ne peut pas dire, à ce niveau de généralité, que c’est faux… mais à quoi ça sert ?

Quelles pourraient être cette situation concrète et les lignes d’action concrètes à en dégager pour avancer ?
Nous voulons – vous comme moi et quelques autres – abolir à terme le capitalisme. Je dis « à terme » car il est clair que cela ne se fera pas d’un coup (le « grand soir », comme disent péjorativement ceux qui ne savent contre-attaquer que par des qualificatifs hargneux : ringard, stalinien, d’un autre âge, etc…). Nous voulons construire à la place du capitalisme, le socialisme (et pour éviter toute ambigüité, avec les « expériences socialistes du 20ème Siècle », plus ou moins « réussies », un socialisme du 21ème Siècle).
Nous prônons pour cela (le nous est peut-être un peu inexact ?) une démarche révolutionnaire qui augmenterait progressivement la « quantité de socialisme » (si l’on peut dire !) incluse dans cette marche en avant. L’axe principal d’une telle démarche est la « socialisation des grands moyens de production et d’échange », dont la forme adaptée à un pays particulier se nomme une « nationalisation ». On peut dire qu’un tel processus avait été amorcé au sortir de la guerre de 39-45, par le programme du CNR. Lequel programme avait eu un début de mise en application avec les nationalisations de la Libération (EDF-GDF, SNCF, Renault, Télécom, Charbonnages, recherche et industrie nucléaire, etc…). Le tout complété par la création de services publics qui, pour certains (la Sécu) confinaient même au communisme (« de chacun selon ses possibilités, à chacun selon ses besoins »). Depuis, tout cela a été remis en cause et continue à l’être encore davantage, aussi bien par des gouvernements de droite que de la gauche socialiste (tout cela est bien connu). Pour arrêter le massacre, il s’impose donc , de la part des victimes de ce démantèlement ( les « exploités du Capital »), un large front de lutte. Evidemment, lui-même conscient des buts à atteindre et des moyens pour y parvenir, ainsi que des obstacles que le Capital mettra en place pour s’en affranchir. Alors même que celui-ci a obstinément renforcé tous les outils dont il dispose dans ce but. La tâche sera rude ! D’autant que ce Capital, sous sa forme actuelle, mondialisée et financiarisée, a réussi à déligitimer dans la tête des exploités, avec l’aide malheureusement des partis dits de gauche, y compris le PCF, les idées-forces de la transformation sociale (du changement de société pour être clair), et notamment celle de nationalisation.

Prenons donc un exemple concret : cette « nationalisation ». C’est pour nous un outil essentiel de l’appropriation par le peuple (les exploités du Capital) des leviers de l’économie et de la production. Si nous voulons faire progresser dans les têtes cette idée pour, finalement, la mettre en œuvre (ce qui doit conforter à nouveau dans les têtes son utilité, voire sa nécessité, donc finalement son extension généralisée), il faut bien en analyser (et expérimenter) les conditions pratiques et les ressorts. Aujourd’hui, faire appel à la mémoire de ce qu’ont apporté de positif les nationalisations de l’après-guerre, ne signifie pas grand-chose pour beaucoup. D’autant plus que les conditions ont beaucoup changé (mondialisation, délocalisation, éparpillement du capital à l’international, etc…par exemple). Nous aurons beaucoup à imaginer, à (ré)inventer. Donc à maîtriser tous les leviers.
Faisons un exercice pratique.
Un Front de Gauche puissant a pris le pouvoir d’état, par exemple à la suite d’élections législatives ordinaires ou exceptionnelles (un « mouvement social » comparable à mai 68 dans sa force… mais plus conscient du débouché qu’il poursuit - prendre le pouvoir politique – a imposé des élections anticipées). Une affaire Florange débute car les motivations actuelles d’un Mittal sont toujours d’actualité…amplifiées par la peur du nouveau pouvoir ! Ce gouvernement FdG, non bridé comme l’est le PS actuel par son obédience au pouvoir du Capital, engage en réponse à ce Mittal de l’époque, la nationalisation de Florange. Mittal riposte en tentant d’entrainer dans sa fuite l’effondrement des autres sites Mittal. On s’y oppose en nationalisant la sidérurgie française. Le Capital européen, entre autres choses, réagit en invoquant les traités européens. On tente, de notre côté, de jouer le jeu de « l’opt- out », cher à nos « amis » anglais. Mais il nous est évidemment refusé, car nos réformes ne sont pas destinées, comme chez les anglais, à faire davantage dans le sens de l’ultra-libéralisme. Comme on veut réussir notre démarche : on désobéit à l’UE. Tollé général : à Bruxelles et ailleurs, on déclenche les hostilités. Par exemple, on fait jouer à fond la Cour européenne de justice. Elle nous condamne à de sévères amendes… qu’évidemment on se gardera bien de payer ! On est dans l’illégalité (européenne) la plus totale ! Puisque nous ne plions pas on va tenter de nous étrangler (économiquement et financièrement). Par exemple en faisant un embargo sur nos ventes d’acier en Europe (BMW ou Mercédès achèteront ailleurs le si bon acier qu’ils trouvaient à Florange…). Nos besoins en acier, peuvent être largement couverts par notre industrie métallurgique hexagonale (actuellement on importe de l’acier). Pas de problème (sinon à court terme) de ce côté-là. Mais nos utilisateurs hexagonaux d’acier, qui sont évidemment des capitalistes ayant un esprit « internationaliste » comme on sait, refuseront l’acier français (évidemment trop cher dès lors qu’il est fabriqué dans des entreprises nationalisées !) A nouveau, il nous faudra être un peu plus dans l’illégalité (européenne) : nous nationaliserons les utilisateurs récalcitrants… et ainsi de suite…
J’arrête là le scénario (malheureusement hypothétique pour l’instant !). Mais chacun peut s’amuser à tenter de le prolonger. Il se convaincra que l’on sera de plus en plus dans l’illégalité européenne… Donc si l’on veut aller vers un socialisme du 21ème Siècle pour la France, il faudra bien, tôt ou tard, sortir de l’UE. Alors : peut-on, comme vous le faites, laisser croire que les bons sentiments dits « internationalistes » sont compatibles avec un projet de sortie du capitalisme en France ?

Evidemment, me rétorqueront les « européistes » de gauche, si on veut agir pour le socialisme tout seul dans notre coin, en égoïstes franchouillards, les choses pourraient se passer ainsi. Mais nous, les européens convaincus, avons l’ambition de suivre un tel chemin tous ensemble en Europe … voire dans le Monde… C’est une illusion que l’on peut perpétuer longtemps pour se faire plaisir, par exemple selon le calendrier « pépère » que propose le Parti de la Gauche européenne …
Je pense que l’expérience historique a largement prouvé que les révolutions ont lieu dans des pays, des nations, lorsque les conditions en sont réunies au sein même de celles-ci. Et que leur extension à d’autres nations se fait par tache d’huile (l’exemple récent des révolutions arabes nous le rappelle à nouveau). Ce qui ne veut pas dire qu’une révolution réussie ici va entraîner sa réussite ailleurs – cf par exemple la révolution spartakiste après 1917. Ce fait d’expérience a peut-être une valeur universelle. Si, en France, nous entamions un scénario du type que j’ai écrit – et qui est le début d’une vraie révolution, car il amorce un tel processus révolutionnaire -nous serions de bons internationalistes car nous indiquerions aux autres que c’est possible. A eux de voir dans le contexte particulier, national qui est le leur, s’ils peuvent à leur tour s’y lancer. Il est sûr alors que nous pourrions unir nos forces et tous ensemble aller encore plus vite en besogne…


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 16 décembre 2012, par Tom-Meursault

Je dois dire, Alain, que ta demonstration est fabuleuse. Je m’y retrouve en grande partie, et elle rejoint l’avis que j’ai (avec bien d’autres) sur l’UE, que c’est une institution construite par et pour les capitalistes, et contre laquelle la classe ouvrière de toute l’Europe doit lutter. Mais en ne perdant pas de vue le côté internationaliste de ce combat, qui interviendrait d’emblée en cas d’une révolution en Europe (où, on ne le sait encore), un côté parfois négligé par certains au sein du PCF.


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 17 décembre 2012, par Dwaabala

Camarades,
Il est heureux que vous existiez. C’est grâce à vous que je n’interromps pas mes cotisations ;
Après 36 ans (!) d’absence, et parce que dans une manif je suis tombé sur un vieux "pays" j’ai cru d’abord retrouver un parti converti à l’intelligence. J’ai vite découvert la réalité de sa ligne, après l’enthousiasme passager de l’élection présidentielle. Elle est pire qu’elle n’a jamais été, mais parce que j’ai maintenant des liens avec des communistes ici, et comme je vous l’ai dit parce que vous existez, j’insiste.
Fraternités.


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 18 décembre 2012

Je ne suis pas membre du PCF mais adhérent à la Riposte.
Si un jour je devais prendre ma carte ce serait donc bien grâce à la Riposte ! Merci à vous camarades


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 18 décembre 2012, par Patrick Vandeweyer (PCE Málaga, Espagne)

Je n’entre pas dans le détail de vos analyses dont plusieurs me paraissent justifiées. Mais je dois dire que je ne suis pas d’accord avec une de vos thèses. J’espère ne pas trahir vos propos en résumant celle-ci en disant que vous n’envisagez pas d’extraire la France du carcan européen. Vous considérez que rester dans l’UE est une démarche « d’internationalisme prolétarien ».

En fait je crois qu’Alain Brachet déforme précisément le propos, de façon involontaire.
Ce n’est pas l’Europe qui représente, en soi, un carcan, mais le capitalisme, c’est à dire, la survivance de la propriété privée des moyens de production et d’échange.

Mais celle-ci ne représente que le premier carcan au développement des forces productrices, le deuxième c’est la survivance de l’Etat-nation.

La création du Marché Commun d’abord et de l’UE actuelle, ainsi que l’établissement d’une monnaie unique dans une partie des pays de celle-ci, n’est autre qu’une reconnaissance tacite, de la part des capitalistes, des limites de l’État-nation à l’échelle européenne.

Bien sur les possibilités d’une véritable intégration des différents pays à l’échelle européenne avait, dès le dépar,t ses propres limites dans le cadre de la propiété capitaliste, qui reste associée précisément à sa base nationale, à l’Etat-nation.

Ce n’est pas par hasard que les réformistes de gauche les plus européistes ne cessent de se lamenter sur l’absence d’un État fedéral européen, avec un véritable gouvernement, un véritable parlement, une véritable banque centrale pour soutenir la monnaie unique et la dette publique à l’échelle européenne, une véritable armonie fiscale, etc.

Mais soyons clairs sur ce point, le processus d’unification européenne sous le capitalisme est arrivé à ses limites dans le cadre du boom économique de ces dernières années et commence maintenant à régresser dans le cadre d’une profonde récession, avec le risque à terme, d’un éclatement catastrophique de la monnaie unique et de l’UE elle-même.

Pour dire les choses clairement, le projet d’une véritable Union Europénne sous le capitalisme est ce que nous définissons comme une utopie réaccionnaire.

Bien sur, et ceci dit, la révolution sociale commence à l’échelle nationale, ou, comme disaient Marx et Engels dans le Manifeste Communiste, les ouvriers commencent par régler leurs comptes avec leur propre bourgeoisie.

Se libérer du premier carcan au développement des forces productrices passe par l’abolition de la propriété privée des moyens de production et d’échange, c’est à dire l’expropriation des principaux moyens de production, distribution et financement dans les mains des capitalistes et l’établissement d’un plan socialiste de production à l’echelle nationale, sous le contrôle democratique des travailleurs.

Se libérer du deuxième carcan, celui de l’Etat-nation (et en ce sens il n’est plus nécessaire, à l’heure actuelle, après la chute de l’URSS et du Bloc de l’Est ainsi que le rétablissment du capitalisme en Chine, d’essayer de démontrer l’impossibilité du « socialisme dans un seul pays » sur le plan de la théorie, car cela s’est démontré dans la pratique) passe par la défense d’une alternative socialiste à l’Union Européenne, c’est à dire l’intégration de l’Etat Ouvrier démocratique, et de son économie socialisée à l’échelle nationale et planifiée de façon démocratique, à une Fédération Socialiste Européenne.

Tout ceci bien sur dans les grandes lignes, par exemple, la révolution sociale a beaucoup plus de chances de commencer dans un pays comme la Grèce, maillon faible de la chaine capitaliste européenne, et aujourd’hui dans une situation pré-révolutionnaire, que dans un pays comme la France ou l’Allemagne qui en sont, pour le moment, les maillons les plus forts, mais la nécessaire extension de la révolution de l’échelle nationale à l’échelle internationale, européenne au moins pour commencer, exige la défense d’une alternative socialiste à l’UE, non d’un programme purement national, le retour au fief de l’Etat-nation.

Soit dit en passant, la France étant la deuxième puissance économique de l’UE, ni celle-ci ni l’euro ne sauraient résister à une "sortie" de la France, donc ceux qui portent comme mot d’ordre la "sortie" de la France de l’UE défendent en réalité la dissolution de cette dernière, s’il ne le disent pas clairement c’est probablement parce qu’il ne mènent pas le raisonnement jusqu’au bout...

Salutations communistes
PV


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 18 décembre 2012, par La Riposte

Cher camarade Alain Brachet,

Dans ta lettre, tu dis : « J’espère ne pas trahir vos propos en résumant celle-ci en disant que vous n’envisagez pas d’extraire la France du carcan européen. Vous considérez que rester dans l’UE est une démarche "d’internationalisme prolétarien" ». C’est une affirmation tout à fait stupéfiante, qui « trahit » (déforme) notre pensée de la manière la plus flagrante ! Il suffit de lire ce que nous avons écrit à ce sujet. Je pourrais fournir des dizaines d’extraits de nos textes. Je me contenterai de quelques-uns, parmi les plus récents :

« L’Union Européenne a été construite par et pour les capitalistes. Il est donc nécessaire d’en finir avec elle. La lutte pour le socialisme en Europe passera nécessairement par la destruction de tout l’édifice réactionnaire de l’UE. »

« Le problème qui se pose n’est pas celui de la "souveraineté nationale". Une nation entière ne peut pas être souveraine, de toute façon, puisqu’elle est divisée en classes aux intérêts diamétralement opposés. Le problème est de savoir laquelle de ces classes doit être "souveraine". Le texte nous invite à empêcher "la casse de la nation". Mais le PCF ne représente pas "la nation". Il est le parti d’une classe. Notre objectif est de soulever une partie de la nation contre une autre. Le PCF doit montrer comment en finir avec l’Union Européenne capitaliste, non pas sur des bases nationalistes, mais par la lutte contre les capitalistes. Le PCF doit expliquer inlassablement la nécessité d’exproprier la classe capitaliste, la nécessité du socialisme en France et en Europe. C’est ainsi que nous sortirons du capitalisme et de l’Union Européenne capitaliste ».

(Critique du texte Burricand-Karman, le 8 novembre 2012).

C’est assez clair, je crois ! Il suffit de savoir lire pour comprendre. Nous disons NON à l’Union Européenne, et OUI à une Europe socialiste. Mais NON aussi, aux idées « souverainistes », c’est-à-dire nationalistes et protectionnistes véhiculées par le Front National, entre autres.

Je veux bien qu’on discute des idées de La Riposte, mais qu’on le fasse loyalement, sans déformer notre propos.

Fraternellement,

Greg Oxley


Les idées et les « buts réels » de La Riposte – Réponse à Robert Injey

Le 28 décembre 2012, par Delaitre Bernard

Nous sommes plus de 4 000 000 d’étoiles, aussi ne restons pas sur le bord de la route.

Avec le Front de Gauche, il est grand temps de rallumer les étoiles de l’espoir ! Ensemble nous marchons, ensemble nous avancerons !



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