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Le congrès du PCF de Paris

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02-2013

Le congrès départemental du PCF de Paris s’est tenu du 25 au 27 janvier. Plus de 150 délégués ont participé aux débats sur le texte d’orientation (la « base commune »), la modification des statuts du parti, l’élection du Conseil Départemental, la délégation au congrès national et les candidatures parisiennes au Conseil National. J’y participais comme délégué de la section du 18e arrondissement.

Pour une procédure démocratique

Le congrès s’est déroulé dans un état d’esprit très fraternel, dans l’ensemble. Mais malheureusement, la discussion et le vote sur les amendements étaient organisés d’une façon inadéquate – et en fait anti-démocratique. Les dossiers de congrès distribués aux délégués ne contenaient pas les amendements votés en congrès de section, mais seulement une version de la base commune et une des statuts telles qu’amendées par les commissions départementales du texte et des statuts. Lors de leurs réunions en amont du congrès, ces commissions (composées de dirigeants départementaux) avaient écarté un grand nombre d’amendements votés en sections, en avaient retenu d’autres (intégrés d’office aux textes) ou encore avaient intégré au texte des reformulations d’amendements des sections.

En conséquence, pour qu’un amendement rejeté ou reformulé en commission puisse être tout de même soumis au vote des délégués du congrès, il fallait qu’un délégué de la section concernée demande à la présidence du congrès de le lire – avant de le soumettre aux voix. Le fait que l’amendement soit lu par un camarade, au micro, au lieu d’être à la disposition des délégués sous forme écrite, compliquait la compréhension de l’amendement par les délégués. Encore était-ce là le sort le plus heureux réservé à un amendement rejeté en commission : dans d’autres cas, la présidence du congrès ignorait purement et simplement la demande des délégués de le défendre. Transmettre une demande d’intervention écrite à la présidence du congrès, c’était souvent comme jeter une bouteille à la mer.

Au cours du congrès, j’ai fait part de ces critiques à plusieurs dirigeants départementaux. Je leur ai dit que tous les amendements des sections auraient dû être imprimés, distribués à tous les délégués et soumis au vote du congrès. On m’objecta que des centaines d’amendements ayant été adoptés par les sections parisiennes, la procédure que je proposais – qui est la procédure classique, parce que démocratique – « prendrait un temps fou ». Autrement dit, il faudrait se satisfaire d’une procédure anti-démocratique sous prétexte que la procédure démocratique serait inapplicable !

Cet argument est irrecevable. La procédure démocratique est en réalité parfaitement applicable, à quelques conditions. Premièrement, si la base commune n’était pas aussi faible et confuse, elle susciterait beaucoup moins d’amendements de la part des sections. Deuxièmement, le nombre d’amendements votés en congrès de sections pourrait être encore réduit si la direction du parti et les directions locales expliquaient la nécessité de se concentrer sur des amendements de fond, c’est-à-dire qui touchent aux idées fondamentales des textes de congrès – et non à tel ou tel point périphérique, de détail ou de forme.

Enfin, le rôle des « commissions » ne devrait pas être d’éliminer ou de retenir les amendements votés en section, mais de discuter avec celles-ci pour fusionner des amendements similaires, distinguer ceux qui relèvent du fond ou de la forme – bref de préparer, en concertation avec les sections, les conditions d’un bon débat démocratique sur les amendements. Que la commission donne son avis sur chacun d’entre eux, c’est son droit et même son devoir, comme représentante de la direction sortante. Mais le dernier mot doit revenir aux délégués du congrès, qui doivent pour cela disposer de tous les éléments.

Nationalisation des banques

Il est impossible de résumer ici le débat sur la base commune. Des dizaines d’amendements ont été discutés. Signalons cependant que notre amendement sur la nationalisation des banques a été adopté. Il explique le rôle parasitaire des banques privées et conclut : « il est urgent d’arracher le secteur bancaire au contrôle des capitalistes et de nationaliser les banques avec une gestion démocratique, cette fois-ci », le « cette fois-ci » faisant référence aux nationalisations bureaucratiques du gouvernement Mauroy de 1981-82. Cette revendication essentielle ne figurait pas dans la base commune. Elle devrait selon nous former l’un des piliers de la grande campagne contre l’austérité engagée par le PCF et le Front de Gauche.

La guerre au Mali

Parmi les moments forts de la discussion sur la base commune, il y eut le débat sur la guerre au Mali. La position de la direction du PCF, relayée par son groupe parlementaire, consiste en un soutien critique – mais un soutien tout de même – à l’intervention militaire décidée par le gouvernement. La direction du parti affirme qu’une intervention militaire était devenue nécessaire face à l’offensive des djihadistes, mais reproche toutes sortes de choses au gouvernement : de n’avoir pas fait « tout ce qui était possible » pour éviter une telle intervention (mais quoi ?), de n’avoir pas de « mandat précis de l’ONU », etc. Plusieurs délégués du congrès ont pris la parole pour, au contraire, condamner cette intervention militaire, en souligner les objectifs impérialistes, dénoncer l’écran de fumée « humanitaire » et « anti-terroriste » qui les recouvre – et demander que le PCF se prononce clairement contre cette nouvelle aventure de l’impérialisme français.

La « commission du texte » avait introduit dans la base commune un amendement qui expliquait notamment qu’« aucun autre objectif que l’arrêt de l’offensive djihadiste ne peut rendre cette intervention légitime ». Cette légitimation « conditionnelle » d’une intervention impérialiste n’a aucun sens. Cela revient à demander aux impérialistes de ne pas se comporter en impérialistes. Car à notre connaissance, ce n’est pas la direction du PCF qui dirige cette guerre !

L’amendement de la commission n’a pas été soumis au vote du congrès. A la place, un « vœu » a été rédigé (mais pas soumis au vote) qui développe l’argumentation erronée de l’amendement. Nous reviendrons plus longuement sur la question de la guerre au Mali dans un prochain article. Signalons juste à ce propos l’excellente intervention de Shirley Wirden, secrétaire fédérale du MJCF de Paris, qui a vivement condamné cette intervention impérialiste, conformément à la position officielle de la direction nationale des Jeunes Communistes. De manière générale, le rapport d’activité de Shirley était clair, offensif et plein d’enthousiasme révolutionnaire. La Jeunesse Communiste de Paris a connu une croissance significative de ses effectifs, ces dernières années. Le discours de sa secrétaire fédérale prouve que ce développement s’est accompagné d’une consolidation des bases politiques de l’organisation.

Statuts, directions et délégation

Le débat sur les statuts du parti a essentiellement porté sur les six modifications dont nous avons expliqué ailleurs qu’elles constituaient un recul de la démocratie interne au parti. Parmi les six amendements que nous défendions, dont cinq avaient été adoptés par au moins une section parisienne, la « commission des statuts » n’en a retenu que deux : celui rejetant le changement de répartition des cotisations entre sections, fédérations et national – et celui concernant la possibilité pour les camarades d’exprimer « publiquement » des divergences, possibilité que la proposition de nouveaux statuts remet en cause. Les délégués ont validé la position de la commission.

Plusieurs délégués se sont exprimés contre le durcissement des conditions pour présenter un texte alternatif et des listes alternatives. La section du 18e avait adopté deux amendements sur ces points, rejetés par la commission. Je les ai défendus. Des dirigeants ont pris la parole contre ces deux amendements, qui ont été rejetés d’une courte majorité. Nous savons cependant qu’ils ont été adoptés par d’autres congrès départementaux. Seront-ils soumis au vote des délégués du congrès national ? Rien n’est moins sûr, car les voilà arrivés au seuil de l’ultime et redoutable épreuve qui attend, dans leur Odyssée, les amendements les plus endurants : le passage en commission nationale. Certains en sortent blessés, très peu indemnes, la plupart sont portés disparus. Les carences démocratiques que nous avons soulignées, plus haut, à propos du congrès départemental, sont encore plus flagrantes au niveau du congrès national.

Finalement, les congressistes parisiens ont débattu des directions et de la délégation au congrès national d’une façon beaucoup plus sereine que lors des précédents congrès. Greg Oxley, principal rédacteur du texte alternatif n°2, a été élu au Conseil Départemental et délégué au Congrès National.
Le congrès s’est terminé sur les vœux du secrétaire départemental réélu, Igor Zamichiei.

Jérôme Métellus (PCF Paris 18e)


Vos réactions...

Le congrès du PCF de Paris

Le 3 février 2013, par RASPOUTINE55

Quelle chance d’avoir pu débattre...à PARIS !

Avec les modifications proposées par la direction, tant par la pauvreté des idées stratégiques que par les argumentaires et approches "sociétales" et non de luttes de classes, il faudra ferrailler dur au congrès national !

Si les données ne bougent pas sérieusement, on s’oriente vers un nouveau centralisme non démocratique en interne assumé par une direction informe et "politicarde".

Cette direction ne sera uniquement préoccupée qu’a développer le FDG en dehors d’un contrôle et d’une souveraineté des adhérents du parti.

Cela est parfaitement identifiable à la lecture des textes qui sont "sortis" sur la structuration et le financement du FDG qui se fait en dehors des débats et amendements de congrès.

Le risque de disparition du parti elle est là, dans l’existence d’un néo parti social démocrate et non d’un parti de luttes de classes, fondé sur des campagnes gauchistes animées par des groupuscules sans arrêt dans les surenchères.

A mon sens, il s’agit de construire,, sans l’affirmer vraiment, une néo-sociale démocratie en voulant oublier notre histoire.

Il nous faudra bien , qu’on le veuille ou non,la regarder droit dans les yeux et dans nos analyses si nous voulons qu’un mouvement communiste majoritaire permette de dépasser le système capitaliste en place au cours des années à venir.

Notre pays et les salariés n’ont que faire d’un nouveau parti social démocrate, il y en aura un de trop et c’est se faire des illusions que de croire les stratégies électoralistes mélenchonesques.

Tout ce qu’il a affirmé stratégiquement dans les recompositions "à gauche" a échoué, seule subsiste le volontarisme et la culture historique brillante des campagnes faites par le FDG depuis sa création.

Les aspirations aux changements sont grandissantes, mais mal structurées et analysées.Dans l’automobile, apparemment, ils commencent à changer de "braquet", travaillons pour qu’il en soit de même dans tous les secteurs productifs.

Dans le contexte actuel, les salariés pris au sens large iront de moins en moins voter à toutes les prochaines consultations si ne s’affirme pas une force communiste cohérente,qui donne confiance et bien identifiée par les salariés.

Cette direction ne semble avoir besoin que de colleurs d’affiches et de distributeurs de tracts ( au demeurant de moins en moins nombreux) dans les fédérations. La question est fondamentalement et éminemment politique puisqu’elle épouse et interroge le populisme ambiant des stratégies mélenchonesques et d’une partie de la direction du parti.

Pour ce qui concerne la fédération de la MEUSE, débats malheureusement d’une très faible participation, à se demander si les textes avaient été lus et travaillés.

Bref, un congrès départemental qui a vu la discussion volontairement tourner court sur les amendements du fait des interventions profondément négatives de Jacques CHABALIER présent à ce congrès.

La nouvelle secrétaire fédérale, dans le sillage de la direction nationale, a été proposée pour être membre du CN.

Bref, un congrès départemental purement "institutionnel"d’une grande indigence.

L’avenir nous appartient dans les luttes !
J’ai commencé en faisant grève le 31 janvier !



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