Journal communiste : La Riposte
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La révolution arabe n’a pas de frontières !

21
02-2011

Voici le texte d’un nouveau tract de La Riposte.

Les révolutions en Tunisie et en Egypte ont donné une formidable impulsion à la révolte des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Libye, Jordanie, Maroc, Algérie, Yémen, Bahreïn, Irak, Iran, Djibouti : la vague révolutionnaire déstabilise une dictature après l’autre. La pauvreté écrasante, l’oppression, l’exploitation et l’absence totale de libertés démocratiques ont fini par exaspérer les masses, qui se sont projetées à l’avant-scène de l’histoire. Ces révolutions sont de magnifiques démonstrations de la force révolutionnaire qui réside dans les travailleurs et la jeunesse.

En Tunisie comme en Egypte, la chute du dictateur n’est que la première étape d’une lutte pour la complète émancipation sociale et économique de toutes les couches opprimées de la population. Les cliques dirigeantes et l’impérialisme s’efforcent de maintenir les anciens régimes, en concédant quelques « réformes » superficielles. En Egypte, les généraux – toujours liés à l’impérialisme américain – refusent de libérer les prisonniers politiques et de lever l’état d’urgence. Ils en appellent à un « retour à la normale », c’est-à- dire à la fin des nombreuses grèves des travailleurs égyptiens, qui veulent que la révolution se traduise par de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. En Tunisie, le gouvernement Gannouchi réprime des manifestations, nomme de « nouveaux » gouverneurs liés au RCD et tente de s’appuyer sur les dirigeants de l’UGTT pour renforcer sa légitimité. Mais la masse des travailleurs et des jeunes – tout comme la base de l’UGTT – résistent. Les grèves et manifestations se multiplient.

La lutte continue. Quels objectifs doit-elle se fixer ? La lutte pour la démocratie n’est qu’une moitié du problème. L’autre moitié, c’est la lutte contre la dictature des riches – la lutte pour l’expropriation des cliques dirigeantes et des impérialistes qui les ont soutenues pendant des décennies. En Egypte comme en Tunisie, aucun des problèmes brûlants qui accablent les masses ne pourra être réglé sur la base du capitalisme, qui condamne la jeunesse au chômage et les travailleurs aux salaires de misère. Aucun gouvernement capitaliste ne pourra satisfaire les aspirations fondamentales des peuples. Là-bas comme ici, en France, nous devons lier toute nos luttes à la nécessité impérieuse d’exproprier la classe dirigeante. Il faut reconstruire la société sur la base d’une planification démocratique des grands leviers de l’économie. Celle-ci doit satisfaire les besoins du plus grand nombre, et non plus des profits de quelques-uns.

A bas les dictatures de la région !
Nationalisation des banques ! Expropriation des cliques dirigeantes !
Pour une Fédération Socialiste du Maghreb et du Moyen-Orient !

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Vos réactions...

La révolution arabe n’a pas de frontières !

Le 25 février 2011, par Ghani de la Commune de Belfort

Chers camarades quelques remarques brèves :
- Pourquoi parle-t-on de révolution arabe ? comme si "le peuple arabe" existait comme entité homogène, une et indivisible. le panarabisme de Nasser le martelait sans que cela n’ait eu un sens. Sans nationalisme aucun, il y a des berbères dans le tas.
- On parle de révolte puis de révolution. c’est quoi au juste alors ?
- Avez-vous remarqué que tous ces mouvements ont eu lieu "spontanément" sans l’aide aucune, d’aucune organisation révolutionnaire (c’est le mois qu’on puisse dire dans ces pays écrasés par la dictature et par la trahison manifeste des partis politiques) ?
- Quelles leçons doivent être tirées de ces instants par les révolutionnaires de ce côté de la méditerranée ?La Grèce bouge, l’Irlande joue le jeu des élections, l’Italie se rebiffe mais à la marge des attentes réelles...
un souffle de libertés dites-vous ?


La révolution arabe n’a pas de frontières !

Le 26 février 2011, par Greg Oxley

Chers lecteurs,

Je voudrais réagir aux questions et observations de camarade Ghani. Tout d’abord, sur le terme « révolution arabe », il faut reconnaître qu’il s’agit d’un « raccourci » qui n’est pas tout à fait satisfaisant. Comme le dit Ghani, il n’y a pas que des Arabes dans toute cette vaste région actuellement en révolution. Nous en sommes pleinement conscients. Mais de la même façon, on parle de la révolution « russe » de 1917, alors qu’elle impliquait tous les peuples opprimés de l’ancien empire tsariste. Sans aller jusqu’à dire que les peuples d’Afrique du Nord, de Jordanie, d’Irak, etc., sont « homogènes », il y a tout de même un lien linguistique et culturel entre eux, et ce facteur a contribué à la rapidité avec laquelle la révolution s’est répandue à travers tout la région.

Révolte ou révolution ? Il s’agit bien évidemment de révolutions, c’est-à-dire de mouvements de masse visant à renverser l’ordre établi. Une « révolte » impliquerait un mouvement d’ampleur et de portée beaucoup plus limitées.
Ghani nous fait remarquer que « tous ces mouvements ont eu lieu "spontanément" sans l’aide aucune, d’aucune organisation révolutionnaire ». C’est vrai. Mais en fait, aucun mouvement révolutionnaire n’est véritablement « spontané ». Les révolutions en cours sont dirigées, sans exception, par les éléments les plus conscients, militants et courageux de la jeunesse et de la classe ouvrière. Ils ne sont pas formellement constitués en « parti », mais ils se sont donnés, par la force des choses, des moyens d’organisation et de communication.
C’est une chose de renverser un tyran au moyen d’un soulèvement populaire. Mais l’absence d’un parti révolutionnaire créera des complications majeures dans les mois qui viennent. Une différentiation interne se produira dans le camp « révolutionnaire » et, en l’absence d’un parti et d’un programme révolutionnaires, les révolutions en cours risquent de s’arrêter à mi-chemin, ouvrant la voie au rétablissement de nouvelles dictatures.

Ensuite, Ghani fait le lien avec la situation en Europe. C’est un point extrêmement important. Les révolutions actuelles en Afrique du Nord marquent un tournant majeur dans l’histoire du monde et sont un prélude à la révolution européenne. L’éditorial du dernier numéro de notre journal était intitulé « Une révolution en perspective ». Il ne parlait pas de la Tunisie ou de l’Egypte, mais de la France. Les conditions économiques, sociales et politiques de cette révolution s’affirment de mois en mois, d’année en année. C’est une perspective qui n’a rien de fantaisiste. Nous invitions les communistes et syndicalistes à lire notre texte « Perspectives pour la France » (2010), entre autres.

Empêtrés dans un réformisme insipide, les dirigeants actuels de notre parti ne comprennent pas ces perspectives révolutionnaires. Ils ont une vision parlementaire de la vie politique. Leurs perspectives ne vont jamais plus loin que la prochaine échéance électorale. Ils croient (ou, en tout cas, font semblant de croire) à un « dépassement » lent, graduel et paisible du capitalisme. La prochaine révolution française – et européenne – aura, au contraire, un caractère explosif et nécessairement extra-parlementaire, et les prendra complètement au dépourvu, en conséquence. Les grands événements en cours à l’autre côté de la Méditerranée ne peuvent qu’accélérer le processus de maturation révolutionnaire en France et en Europe.

Fraternellement,

Greg Oxley PCF Paris 10



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