Auteur Sujet: Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée  (Lu 537 fois)

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Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée
« le: 29 août 2011 à 17:15:41 »
Bonjour camarades

Voici  une video très intéressante: http://vimeo.com/21013336
Il s'agit d'une video issu de conférences intitulé Marx au XXIième siècle, l'intervenant est Rémy Herrera professeur d'économie à la Sorbonne. Il faut faire le tri parmi tous les intervenants de ces conférences, mais celle ci je l'ai trouvé particulièrement intéressante. Rémy Herrera nous explique notamment que si l'économie actuelle s'est ultra financiarisé c'est pour faire face à la baisse tendanciel du taux de profit. Il nous explique également comment va évoluer le capitalisme, s'il n'est pas renversé pas une révolution...
« Modifié: 30 août 2011 à 10:27:23 par gaut »

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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisé
« Réponse #1 le: 29 août 2011 à 23:52:25 »
Salut Gaut,

Je te remercie de cette conférence, qui est très intéressante et enrichissante...

Sauf que si j'ai compris, pas tout d'ailleurs, je ne crois pas que la crise ait pour cause "la baisse tendencielle du taux de profit", à voir les profits en bourse de l'époque, mais je ne dis pas que j'ai une réponse toute faite et en deux lignes difficile de répondre...  ;)

Sur le forum nous avions amorcé des réponses sur ce fil qui est clos mais qui peut rebondir ici...

http://www.lariposte.com/forum/theorie-marxiste/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit/

En tout cas cette question est centrale, il convient d'avoir des idées correctes et sérieuses...

Fraternellement communiste,
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« Modifié: 30 août 2011 à 00:01:28 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisé
« Réponse #2 le: 30 août 2011 à 03:30:48 »
Bonsoir Wilhelm

Astucieux , ta procédure de déverouillage du verrou de Delapaille.

Dommage que je n'ai pas de temps . L' intervention de Rémy est intéressante mais un peu longue . J ' ai juste écouté le début et il remarque judicieusement que Marx et Keynes ont l'un et l'autre identifié que la concurrence est le défaut de fabrique du capitalisme qui l'envoie dans le mur .

Mamie écrase les prouts pour être moins cher que chez Bigorneau . Alors forcément , çà conduit à payer le personnel avec un lance-pierres pour écrabouiller les coûts. Résultat des courses :  Mamie , Bigorneau et les autres , font faillite parce que les salariés mal payés n'ont plus assez de ronds pour acheter toute leur camelotte.

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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisé
« Réponse #3 le: 30 août 2011 à 04:50:11 »
Salut Conan,

Bonsoir Wilhelm

Astucieux , ta procédure de déverouillage du verrou de Delapaille.

Tu me prêtes des intentions que je n'avais sans doute pas cher Conan...  :)

Sauf que le sujet reste pertinent, ce que tu évoques me fait penser à la campagne que mène le PCF contre la vie chère et notament l'augmentation des salaires et des pensions, le blocage des prix, taxer les riches et les profits, que nous menons par exemple avec les camarades de ma section, et là où je suis en Côte d'Or, elle prend vraiment corps, médiatisée un peu de fait, car les communistes sont les seuls sur le terrain, des milliers de signatures sur des dizaines d'initiatives, sur les marchés, actions en tout genre et tout azimut...

On sent bien ce désir en discutant, cette colère concernant le niveau de vie, la paupérisation permanente, entre désespoir et rage, le pouvoir d'achat face à l'augmentation des prix, et les liens entre les deux comme mesures d'urgence dans un programme transitoire, une échelle mobile des salaires, cela serait juste et pas neuf d'ailleurs... La problématique des salaires et des pensions et leur augmentation dans cette crise est bien un sujet majeur qui concerne l'ensemble des salariés, dont je suis...

De plus comme d'hab, ici du moins, tu peux être pertinent, tu poses le problème des réponses immédiates à la crise, nul doute qu'elles sont primordiales, pour les travailleurs, sans qu'elles résolvent la faillite du Capitalisme, et change la vie des exploités, posant ainsi de fait comme seule alternative la question de la Révolution et du Socialisme...

Mais identifier les causes c'est trouver des solutions, sauf que pour les causes de cette crise présente, le dianostic, je ne suis pas à mon sens encore au point, d'où mon intérêt pour cette problématique...  ;)

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« Modifié: 30 août 2011 à 05:11:32 par W catharos »
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Re : Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisé
« Réponse #4 le: 30 août 2011 à 10:26:56 »
Salut Gaut,

Je te remercie de cette conférence, qui est très intéressante et enrichissante...

Sauf que si j'ai compris, pas tout d'ailleurs, je ne crois pas que la crise ait pour cause "la baisse tendencielle du taux de profit", à voir les profits en bourse de l'époque, mais je ne dis pas que j'ai une réponse toute faite et en deux lignes difficile de répondre...  ;)

Sur le forum nous avions amorcé des réponses sur ce fil qui est clos mais qui peut rebondir ici...

http://www.lariposte.com/forum/theorie-marxiste/la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit/

En tout cas cette question est centrale, il convient d'avoir des idées correctes et sérieuses...

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Effectivement, si j'ai bien compris, Rémy ne dit pas que la cause de la crise est  une baisse tendancielle du taux de profit car il a augmenté depuis les années 80 grâce à la transition vers une économie financiarisée (néo libéral). Pour lui "l'invention" du capital fictif à crée une contre tendance à la baisse du taux de profit. Les causes de la crise seraient une sur-accumulation de capital fictif. Ce qui est intéressant c'est que les marxistes doivent "réinventer" de nouveaux outils théorique prenant en compte le capital fictif. C'est vrai que dans la notion de baisse tendancielle du taux de profit il existe le capital constant et le capital variable mais pas fictif. D'après ce que dit Rémy, Marx nous à laissé tous les outils nécessaire pour pouvoir appréhender cette notion de "capital fictif".

Ce que je trouve intéressant également c'est cette "réactualisation" de la lutte des classes, bien souvent on nous répette que c'est fini, le monde à évolué grâce à l'accumulation de richesse... Certe on bénéficie (nous occidentaux car il en va autrement des pays pauvres) un peu de cette accumulation en ayant un niveau de vie qui augmente pour le moment car ca va se dégrader et ce arraché aux capitalistes également car si nous avions été de paisible mouton il en aurait été autrement, mais cette augmentation est encore nettement plus importante pour la minorité possédante. Les 1% les plus riches possédaient il y a 30 ans 10% des richesses, aujourd'hui ils en possèdent 25%. Cette population conserve une conscience de classe, elle reste solidaire entre elle pour conserver leur position de classe dominante.

J'ai vu cette et conférence deux fois et il y a encore au moins la moitié des choses qui m'échappe.
« Modifié: 30 août 2011 à 13:16:07 par gaut »

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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée
« Réponse #5 le: 31 août 2011 à 01:31:11 »
Mon cher Wilhelm 

Tu déverouilles sans intention préalable et tu te fais un tantinet flatteur , là.
Je suis comme toi , un peu perplexe , mais moins à cause des causes  que des conséquences encore à venir . Une secousse passagère  et des répliques  ou les premiers symptomes d'une catastrophe majeure , je ne sais .

Quand Karl Marx a dit :" prolétaires de tout les pays , unissez-vous " , il pensait aux prolos d'Europe , mais depuis la planète est devenue un cyber-village , mais pas chez les prolétaires . Au far ouest armoricain , c'est tentant bien que prétentieux , d'inviter le camarade chinois à parler breton comme tout l'monde . Mais s'il demande combien on gagne , motus !

Comme je suis keynésien , j'ai un peu la pétoche d'une réduction de la masse salariale mondiale . C'est ce qui pourrait conduire à un grand fiasco vraiment mondial , donc bien pire qu'en 29. Depuis que Reagan-Tatcher ont foutu en l'air les régulations et sécurités keynésiennes les rupins s'en sont mis plein les fouilles à nos dépends . L'internationalisme patronal est devenu une réalité et l'internationalisme prolétarien est si plombé par les inégalités de développement et de salaires , qu'une partie des ouvriers prêtent l'oreille aux nationaux populistes nostalgiques du franc Clovis et de la grotte de Cromagnon. Et puis la régression sociale apparaît très clairement dans les chiffres de l'ami Gaut .

http://www.dialogus2.org/MAR/surlabaissetendancielle.html

D'après un certain Laurent Rigaud , les vulgarisateurs du marxisme vulgarisent peut-être des conneries non marxistes à propos de baisse tendancielle du taux de profit . Un certain Kaldor et ses potes capitalistes se marrent comme des baleines en montrant un taux de profit à peu prêt stable en long terme depuis deux siècles . Il est toutefois possible de leur rétorquer comme Laurent Rigaud que des adversaires de Darwin réfutent sensiblement de la même manière le darwinisme après être arrivés à la conclusion qu'il n'y avait pas de guenons parmi leurs arrières-grand'mères. A mon avis , ont peut aussi , même si c'est moins drôle , contrer le Medef 'club en rétorquant que des taux de profit du même niveau qu'au XIXème siècle sont probablement significatifs d'une exploitation aussi féroce.

Toutefois , ceux qui en ont le temps feraient bien de lire Marx pour tirer cela au clair , parce que d'après Laurent Rigaud ce que Marx a dit de la baisse tendancielle du taux de profit est différent et plus complexe que la vulgarisation habituelle .

Au risque d'en choquer certain , la baisse tendantielle du taux de profit était peut-être essentiellement une croyance chez Marx , comme chez les économistes de son époque . Un peu plus tard , Keynes y croît aussi et tente de chercher quelques raisons à cela , sans vraiment creuser le sujet.

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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée
« Réponse #6 le: 31 août 2011 à 03:23:03 »
Salut Conan,

Juste un p'tit truc, pour schématiser, le brave Keynes c'était un peu, "sauve qui peut le capitalisme", mais pas au delà de cela !

Pour les marxistes, ce système n'est pas sauvable, même à l'amiable, quelque soient les causes, c'est le système lui - même qui les produit, le Capitalisme est malade de crises systémiques, ce genre de maladie incurable, ne supporte pas les médecines keynésiennes, dont tu dis qu'elles pourraient absoudre le mal ou donnes moi des exemples durables...

Face à la maladie, les réponses empiriques et des fois presque scientistes, des faussaires, des économistes, je préfèrerais toujours, pour la société, la médecine scientifique et rationnelle, le marxisme, un traitement de choc et révolutionnaire, peut être brutal, mais efficace, l'euthanasie, pour une nouvelle vie sans doute, après la mort du Capitalisme, le Socialisme... :D

Fraternellement,
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« Modifié: 31 août 2011 à 03:30:27 par W catharos »
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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée
« Réponse #7 le: 31 août 2011 à 08:02:38 »
Petite précision rapide concernant les dires de Marx quant à la "baisse tendancielle du taux de profit".

A technologie, coup de main d’œuvre et capital constant, le taux de profit dégager par le même capital a tendance à diminuer au cours du temps.
Ceci découle directement de la concurrence, du fait que les entreprises concurrentes rattrape toujours la technologie de leurs concurrents et doivent écouler leurs stocks.

Mais cela ne veut pas dire que dans les faits (comme on le voit actuellement) les profits des capitalistes vont effectivement diminuer, car ceux-ci disposent de nombreuses variables d'ajustement pour maintenir, voir augmenter, leur taux de profit (diminution du coup salarial, utilisation du crédit, fut-il fictif etc).
Cependant ces faits n'entre absolument pas en contradiction avec la théorie de Marx, au contraire ils ne font qu’aggraver les crises systémiques de surproduction qu'il avait prévu et diagnostiquer.
Fraternellement,

PASCAL C.

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Re : Marx au XXIième siècle: l'économie financiarisée
« Réponse #8 le: 31 août 2011 à 19:17:06 »
Oui , bien sûr , Delapaille , il arrive un moment où de vieilles activités juteuses à leur début , ne rapportent plus un kopeck. Mais contrairement à Marx , tu oublies le progrès technique qui fait apparaître de nouvelles affaires juteuses ou en relance d'autres en les modernisant.


Mon cher Wilhelm , surtout n'accuse pas Keynes de scientisme . Lui qui n'a jamais affiché la prétention abusive de faire oeuvre scientifique en économie , a simplement décidé d'y prendre les choses par le bon bout , en matheux qu'il était , pour relancer l'activité et combattre le fléau du chômage.

Tu dis que çà sert à sauver le capitalisme , sauf que les capitalistes ont en aversion le keynésianisme qui ne sert nullement à maintenir leurs taux de profit mais à protéger l'emploi et les salaires .

Traiter Keynes de scientiste et qualifier aussitôt après , Marx , de scientifique et rationnel , c'est un comble . Que tu l'appelles ou non "science humaine" , le marxisme n'est qu'un discours , quelles que soient ses qualités et son intérêt . Les sciences fiables comme les sciences expérimentales ou mieux encore , la science exacte mère des sciences , c'est autre chose . Quiconque et ils sont légions , essaie de faire passer l'économie pour une science fiable , fait justement du scientisme pour ne pas dire du charlatanisme . Tu peux mettre autant de mathématiques que tu veux dans un discours sur l'économie , çà n'en fera jamais une science avec un grand S , parce que l'économie est faite de milliards d'intervenants humains , d'êtres vivants dont les imprévisibles comportements n'ont rien de rationnel.

Keynes ne se lance pas dans une grande théorie mais opère des constats macro-économiques judicieux.  Et il dit quelque chose d'essentiel dont les patrons et les milieux d'affaires n'ont jamais aimé entendre parler . En résumé , Keynes dit que pour bien faire tourner la machine économique et créer les emplois dont les salariés ont besoin , il faut des moyens pour investir et davantage encore des moyens pour générer une demande , c'est-à-dire du pognon . Evidemment , çà signifie en premier lieu des salaires décents pour le grand nombre des salariés , des salaires qui leur permettent de consommer ce que les boîtes produisent pour satisfaire des besoins économiques, des salaires qui génèrent la demande stimulant cette production au niveau adéquat pour une économie de plein emploi .

Toutefois , les patrons ont toujours tendance à réduire les coûts salariaux , ce qui réduit les débouchés et crée entre boîtes d'une même activité une forte concurrence capable de tuer l'économie , si rien ne vient contrarier la tendance à la réduction des masses salariales . C'est à la fois une question vitale pour l'économie et quelque chose qu'un patron qui râle du matin au soir contre les "charges" , ne voudra jamais comprendre. L'aubaine de la mondialisation qui est un fait et non un choix comme veulent le faire croire les réactions nationalistes , c'est pour le patronat , l'inégalité extrême des salaires et l'absence de coordination entre les salariés de la planète pour défendre les salaires , la demande globale et par conséquent l'emploi. L'argument patronal pour réduire dangereusement la masse salariale , c'est que sinon c'est le Chinois ou l'Indien qui vont vendre . L'argument est bien souvent utilisé aussi par des patrons pas du tout en situation de concurrence internationale et lorsqu'il y a vraiment concurrence internationale on assiste aux délocalisations de la production . De toutes les manières , la politique keynésienne fondamentale , c'est-à-dire la défense des salaires , est empêchée.

C'est bien pourquoi le capitalisme dans sa forme actuelle est menacé par les capitalistes eux-mêmes et les autres privilégiés qui soutiennent la politique anti-salariale .

Keynes défend le capitalisme , dis-tu ?
Oui , oui , défendre les revenus salariaux à l'échelle mondiale , c'est défendre le capitalisme , mais un capitalisme social , contre la recherche patronale du profit maximal aux  dépends des salariés .

Attention , les révolutionnaires , l'idée que plus il y aura de misère plus çà favorisera la révolution , est une idée fausse . Plus il y a de misère plus les privilégiés qui n'en subissent pas les durs effets sont en position avantageuse pour défendre et accroître leurs privilèges.

Y compris en flinguant le capitalisme ? Et oui , c'est tout à fait possible ,
du moins le capitalisme soluble dans la démocratie tel que nous le connaissons dans la CEE. Le capitalisme leur va s'il leur permet de défendre et accroître leurs privilèges , pas dans le cas contraire des bons salaires et du plein emploi qui placent les salariés en position de force dans les démocraties dites bourgeoises.
 
« Modifié: 31 août 2011 à 23:16:00 par Conan »