Auteur Sujet: La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky  (Lu 572 fois)

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La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky
« le: 29 juillet 2011 à 15:00:20 »
Salut camarades,

La Riposte publie pour 12 petits euros, "La Révolution Trahie", cette initiative est importante, puisque, c'est ouvrage majeur de Léon Trotsky, permet de mieux comprendre ce qu'a été le stalinisme, Thermidor, et le règne de la caste bureaucratique...

Cette édition comprendra une préface, rédigée par nos soins, rappelant le contexte historique de l’époque, à posséder sans nuls doutes...

La Riposte publie « La révolution trahie », de Léon Trotsky
29-07-2011

http://www.lariposte.com/la-riposte-publie-la-revolution,1660.html

Sortie début septembre. Passez commande maintenant !

Début septembre, La Riposte publiera une nouvelle édition du chef d’œuvre de Léon Trotsky sur les causes et la nature du stalinisme : La révolution trahie. Ce livre a été publié pour la première fois en 1936. Notre édition comprendra une préface, rédigée par nos soins, rappelant le contexte historique de l’époque.

La dégénérescence bureaucratique de la révolution russe est l’un des arguments les plus puissants dont se sert la classe dirigeante contre les idées du communisme. Les capitalistes et leurs intellectuels s’appuient sur cette expérience pour affirmer que le renversement du système capitaliste déboucherait inévitablement sur une dictature bureaucratique. La révolution trahie est l’une des meilleures réfutations de cette idée. Trotsky y explique d’un point de vue marxiste quels étaient les facteurs économiques, sociaux et culturels qui ont déterminé la réaction stalinienne. Il montre qu’elle n’était pas inscrite dans les idées du marxisme, mais découlaient d’un ensemble de conditions objectives – à commencer par l’isolement de la révolution russe après la défaite des révolutions allemande et chinoise.

Notre édition sera disponible aux alentours du 10 septembre, au prix de 12 euros (frais de port inclus). Nous la présenterons sur notre stand à la Fête de l’Humanité. Mais pour couvrir autant que possible les frais d’impressions, nous lançons dès aujourd’hui une prévente du livre. Aidez-nous à publier La révolution trahie ! Passez commande !

Vous pouvez commander le livre en ligne (ici) ou par courrier postal en nous envoyant un chèque de 12 euros (à l’ordre de « La Riposte ») et vos coordonnées postales à :


La Riposte, BP 80378
75869 Paris cedex 18


Merci pour votre solidarité !

La Riposte

Pour une commande en ligne :

http://www.lariposte.com/la-revolution-trahie-leon-trotsky,1661.html

A lire ou relire...

Salutations communistes,
W catharos
« Modifié: 29 juillet 2011 à 15:08:33 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
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Re : La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky
« Réponse #1 le: 31 juillet 2011 à 06:27:44 »
Oui, excellent livre, je l'achèterais si je n'en avais l'édition espagnole, lue et relue, du reste.
Ce qu'il ya de mieux pour comprendre en quoi consiste le stalinisme, ce qu'était l'URSS, et quel serait son destin.
À lire pour tout communiste capable de faire abstraction des préjugés répandus sur l'auteur.

Salutations communistes
PV
« Modifié: 31 juillet 2011 à 06:30:30 par fireball »
Patrick Vandeweyer
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Re : La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky
« Réponse #2 le: 05 août 2011 à 15:32:09 »
Salut camarade Fireball,

Avec Ma vie, qui est une auto - biographie et sa suite Journal d'Exil, La Révolution Trahie, est le premier livre que j'ai lu de trotsky, réédité par nos soins, dans beaucoup de langues, comme récement par exemple, par nos camarades indonésiens de Militan, à mon sens l'un des meilleurs ouvrages de L. D avec aussi sa magistrale histoire de la Révolution Russe.

Pour ceux qui auraient envi de rencontrer ces oeuvres, sachant que la lecture papier est beaucoup agréable...

Ma Vie de L. D en ligne a gratis :

http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv00.htm

Histoire de la Révolution Russe de Trotsky, en ligne et gratuite :

http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrrsomm.htm

Journal d'Exil Ibidem :

http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/journal/journal_tabmat.htm

On peux reprocher parfois, comme le fait Broué dans sa biographie de Trotsky, qu'il m'avait dédicacé, suite à un colloque à Dijon, des imprécisions sur des points précis, mais sur les moments importants, il était porté par une mémoire assez étonnante, et une flamboyance dans l'analyse marxiste...

Cela me rappelle un article (le premier que j'ai lu sur le site internet en 2009) que La Riposte avait publié, en 2003, et que je reposte ici, sur l'importance du Projet Trotsky à l'époque, l'implication du camarade Pierre Broué et notamment la place de Ma Vie, à côté de la Révolution Trahie, dans l'oeuvre de Trotsky...

http://www.lariposte.com/pierre-broue-et-le-projet-trotsky,133.html

Pierre Broué et le « projet Trotsky »
09-10-2003

L’interview suivante a été réalisée par Alan Woods. Ensemble, nous avons rendu visite à Pierre Broué le 9 octobre 2003. C’était la troisième fois que je le rencontrais. La première fois était au mois d’août 2003, avant son hospitalisation, lorsque j’ai eu le privilège d’accueillir chez moi, pendant une dizaine de jours, le petit fils de Léon Trotsky, Esteban Volkov. Esteban revenait d’un voyage à l’Ile de Prinkipo, près d’Istanbul, où il a pu visiter la maison dans laquelle il a vécu avec son grand-père, à partir de janvier 1931. Esteban est un ami de longue date de Pierre Broué et ne pouvait imaginer quitter la France sans lui rendre visite. C’est lors de cette rencontre que Pierre nous a fait part de son désir de se rapprocher de notre mouvement et de rencontrer Alan Woods. Fort heureusement, depuis notre dernière visite et la réalisation de cette interview, l’état de santé de Pierre s’est considérablement amélioré. Nous espérons avec lui qu’il pourra reprendre son travail prochainement.

Greg Oxley

Pierre Broué est mondialement reconnu pour son inépuisable travail d’historien du mouvement révolutionnaire international. Ses écrits au sujet de l’histoire du Parti Bolchevik, de l’International Communiste, de la Révolution Espagnole, et, surtout, sa récente biographie de Trotsky, ont été largement acclamées. Son dernier ouvrage sur l’Opposition de gauche au Stalinisme est une autre contribution majeure de cet exceptionnel historien trotskiste, qui a consacré toute sa vie au combat pour le socialisme international.

Pierre était encore un jeune homme lorsqu’il a rejoint la résistance française, aux heures sombres de l’occupation de la France par les Nazis. Il est ensuite devenu un militant de la Quatrième Internationale et demeure, à ce jour, un fervent trotskiste. Malheureusement, depuis peu, il n’est pas au meilleur de sa forme, et se repose dans les contreforts pittoresques des alentours de Grenoble. Je l’ai trouvé alerte, plein de vie et maniant avec énergie un sens de l’humour très français. Son esprit révolutionnaire rayonne à travers chacune de ses phrases.

Je l’ai d’abord interrogé sur le « projet Trotsky » [la republication, en anglais, des écrits de Léon Trotsky], auquel il a l’intention de collaborer.

Alan Woods : Que penses-tu de notre projet de republier les travaux de Léon Trotsky ?

Pierre Broué : La décision qu’a prise In Defence of Marxism de republier les écrits de Trotsky est une excellente initiative à laquelle j’accorde tout mon soutien. La jeunesse doit redécouvrir les extraordinaires traditions révolutionnaires du passé. La publication de Ma vie, l’autobiographie de Trotsky, serait une bonne façon d’entamer ce projet. Ces mémoires révèlent beaucoup de choses au sujet de Trotsky, de ses idées et des grands évènements qu’il a vécus.

AW : Je crois savoir que tu écriras une préface à la nouvelle édition de Ma vie.

PB : Naturellement ! Je m’y consacrerai dès que j’aurai rejoint mes livres.

AW : Ton dernier ouvrage porte sur l’Opposition de gauche au Stalinisme. Aimerais-tu en dire quelques mots ?

PB : C’est un sujet très important auquel, selon moi, on prête trop peu d’attention. Il est primordial que la jeunesse, notamment, en soit instruite.

AW : Je crains que ce livre n’ait pas été traduit en anglais. De façon générale, peu de tes livres sont disponibles en anglais, et c’est fort dommage. Je crois qu’à l’avenir, nous devrions les éditer.

PB : Ce serait extraordinaire.

AW : Oui. Je pense en particulier à ta biographie de Trotsky, qui est un excellent antidote à celle, très mauvaise, qu’a écrite Deutscher. (Pierre fait alors un geste ironique, à la manière d’un homme qui chasse une mouche. Je lui ai ensuite demandé comment il est entré en contact avec notre mouvement.)

PB : Quand j’ai pris connaissance de votre travail sur le site In Defence of Marxism et sur celui de La Riposte, j’ai compris que nous aurions dû entrer en contact et travailler ensemble depuis longtemps. Je pense que, politiquement, nous sommes sur la même longueur d’onde. En termes d’analyse et de théorie politiques, votre tendance se tient bien au-dessus de toutes les autres. Malheureusement, lorsque, finalement, nous nous rencontrons, je suis assez malade, comme vous pouvez le constater. Je me rétablirai dès que possible. A de nombreux égards, c’est un nouveau départ pour moi.

AW : Comme tu le sais, Ted Grant vient juste de fêter son 90ème anniversaire. Je me demandais si tu voudrais lui dire quelques mots ?

PB : Certainement ! Je connais Ted Grant depuis de nombreuses années, bien sûr. Comme on dit en France, il semble exister depuis l’époque de Clovis ! Malheureusement, je crois que nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais nous avons eu un ami commun en la personne de Raoul, qui était un militant de longue date dans le mouvement trotskiste français. Il m’a souvent parlé de Ted, qu’il tenait en haute estime. Cependant, pour une raison ou une autre, peut-être la crainte d’être accusé de « fractionnisme » - c’est ainsi que les choses se passaient, à cette époque, dans l’organisation à laquelle nous appartenions tous deux -, il ne m’a jamais montré les écrits de Ted.

A mon grand regret, je n’ai pas alors fait l’effort d’entrer en contact avec lui. Je n’ai lu ses écrits que ces dernières années, et je les ai trouvés très intéressants. Quoi qu’il en soit, je suis maintenant très désireux de collaborer avec votre tendance. Nous devons discuter de politique, de méthodes travail, et tenter de parvenir à un accord aussi complet que possible. Je crois que c’est tout à fait réalisable.

À Ted lui-même, je voudrais dire : « Ted, tu as toujours été un combattant. Tu luttes depuis de nombreuses années. Tu as toujours défendu des idées révolutionnaires. C’était une tâche très importante et tu peux être fier de ce que tu as accompli. À 90 ans, tu n’es plus un jeune homme, mais je pense que je pourrais quand même assister à ton centième anniversaire ! »

Entrevue réalisée à Grenoble
« Modifié: 05 août 2011 à 17:33:53 par W catharos »
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Re : La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky
« Réponse #3 le: 06 août 2011 à 20:20:05 »
Citer
À Ted lui-même, je voudrais dire : « Ted, tu as toujours été un combattant. Tu luttes depuis de nombreuses années. Tu as toujours défendu des idées révolutionnaires. C’était une tâche très importante et tu peux être fier de ce que tu as accompli. À 90 ans, tu n’es plus un jeune homme, mais je pense que je pourrais quand même assister à ton centième anniversaire !

En fait, disons le ouvertement, Pierre Broué aurait travaillé avec la TMI s'il n'était pas mort avant. (Ce qui ne l'a pas empêché de prendre parti pour Alan Woods dans la discussion de 2003 avec le PO argentin). Malheureusement, Broué et Grant sont morts tout deux avant le centième anniversaire du deuxième.

"Ma vie" est le premier livre que j'ai lu de Trotsky, trouvé sur un marché aux puces des années avant d'entrer en contact avec la tendance marxiste. À cette époque, bien qu'ayant lu Le Capital, l'Antidhüring et le Manifeste, entre autre, et bien qu'étant tout à fait d'accord avec le point de vue de Marx et Engels, il m'était tout de même très difficile d'accepter l"'etiquette" de communiste à cause du stalinisme: la lecture de Marx et Engels n'avait fait que me réconforter dans l'idée, que je n'ai jamais abandonné depuis, que le stalinisme ("communisme") était une escroquerie a la classe ouvrière. C'est Trotsky qui m'a réconcilié avec le communisme en me faisant voir l'existence d'un véritable communisme d'opposition, contre le stalinisme. Et c'est grâce a Trotsky - et à Marx et Lénine, bien sur - mais à Trotsky en dernière analyse, que j'en suis arrivé à m'affilier au  Parti Communiste!

Salutation communistes
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« Modifié: 06 août 2011 à 20:32:16 par fireball »
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Re : La Riposte publie "La Révolution Trahie" de Léon Trotsky
« Réponse #4 le: 29 août 2011 à 18:51:39 »
Salut camarades,

Suite à l'annonce par La Riposte, de la publication à la mi - septembre, de La Révolution Trahie de Léon Trotsky, en voici la préface, pour cette nouvelle édition...

Préface de notre édition de « La révolution trahie »
29-08-2011

Ce texte du camarade Greg Oxley est la préface de notre édition, du chef d’œuvre de Léon Trotsky. Vous pouvez nous la commander dès à présent.

http://www.lariposte.com/preface-de-notre-edition-de-la,1668.html



Le camarade Greg Oxley termine justement ainsi :

Pour Trotsky, si les rapports de propriété établis par la révolution d’Octobre subsistaient encore, et si la bureaucratie devait défendre ces rapports qui étaient la source de ses privilèges et de son pouvoir, l’évolution des contradictions accumulées allait nécessairement préparer les bases d’un nouveau bouleversement. À un certain stade, expliquait-il, l’existence du pouvoir arbitraire d’une caste bureaucratique, étrangère au socialisme, entrerait en contradiction avec les besoins de l’économie planifiée. La planification « a besoin de démocratie comme le corps humain a besoin d’oxygène ». Dès lors, Trotsky posait l’alternative suivante : soit les travailleurs de Russie renversent la bureaucratie et rétablissent la démocratie soviétique – soit, à terme, le capitalisme sera rétabli.

Cette perspective historique a trouvé une confirmation éclatante dans l’effondrement de l’URSS et des régimes bureaucratiques d’Europe centrale – ainsi que dans le rétablissement du capitalisme actuellement en cours en Chine et au Vietnam. En 1936, Trotsky soulignait que la restauration du capitalisme en URSS pourrait avoir lieu en conséquence d’une défaite militaire – ou bien comme le résultat des contradictions internes du régime bureaucratique. Cependant, Trotsky ne pouvait évidemment pas tout prévoir. Le déroulement et l’issue de la deuxième guerre mondiale n’étaient pas conformes aux perspectives qu’il avait formulées avant son assassinat, en août 1940. Soit dit en passant, au début du conflit, aucun dirigeant – ni en URSS, ni dans le monde capitaliste – n’avait anticipé le scénario et les conséquences de la guerre. Après la défaite de l’Allemagne nazie et du Japon, le capitalisme a été renversé en Chine et en Europe centrale, où il a été remplacé par des régimes à l’image de l’URSS. Contrairement aux perspectives de Trotsky, le stalinisme est sorti considérablement renforcé de la guerre, et ce pour toute une période historique. Mais ceci n’a fait que reporter à plus tard – jusqu’au début des années 90 – le bouleversement que Trotsky avait anticipé en analysant les contradictions fondamentales du régime soviétique. Et comme il l’avait prévu, c’est la bureaucratie elle-même qui a restauré le capitalisme en Russie.

L’effondrement de l’URSS a fourni l’occasion d’une puissante offensive idéologique contre le socialisme. Dans les médias, comme dans les milieux politiques et académiques, les apologistes du capitalisme triomphaient. Le socialisme avait échoué. La restauration du capitalisme sur l’ensemble du territoire de l’ex-URSS, en Europe centrale et – avec un train de retard – en Chine, constituait la preuve concrète et irréfutable de la supériorité du système capitaliste. À défaut d’alternative viable, le capitalisme devait être considéré comme la forme d’organisation sociale définitive de l’espèce humaine. Tel était le sens de la thèse bien connue de l’économiste Francis Fukuyama, pour qui l’effondrement des États « socialistes » marquait la « fin de l’histoire », l’humanité ayant enfin trouvé un « consensus » sur la base du système capitaliste.

La propagande sur « l’échec du socialisme » était accompagnée de perspectives glorieuses. Avec la fin de la guerre froide, les sommes colossales dépensées jusqu’alors dans l’armement pourraient être consacrées à la création d’emplois, à la santé publique, à l’éducation, au logement et aux services publics. Grâce à ces « dividendes de la paix », la pauvreté et les inégalités sociales allaient s’atténuer. En même temps, sous l’aile protectrice des puissances impérialistes – et notamment de la superpuissance américaine –, la « démocratie » (capitaliste) allait enfin s’étendre dans le monde entier.

Les économies d’ex-URSS, d’Europe centrale et de Chine furent intégrées au marché mondial. Les ressources de ces vastes territoires furent livrées à la voracité capitaliste. L’expansion du marché mondial s’accompagnait d’une augmentation exponentielle du crédit et des produits financiers « dérivés ». Une masse colossale de capitaux fictifs fut injectée dans les circuits économiques, ce qui permettait d’éviter la saturation des marchés – provisoirement. Intoxiqués par la « mondialisation », les économistes bourgeois croyaient que le capitalisme avait trouvé le moyen de surmonter ses contradictions fondamentales. Les crises de surproduction, que Marx considérait comme inhérentes au capitalisme, appartenaient au passé. Cette pression idéologique ne fut pas sans conséquences au sein du mouvement ouvrier international. De manière générale, les dirigeants des partis sociaux-démocrates emboîtèrent le pas des représentants directs de la classe capitaliste, au point que leurs idées et leurs politiques ne se distinguaient plus guère de celles des partis de droite. Les partis communistes furent également affectés. En France, le soutien de la direction du PCF aux privatisations menées sous le gouvernement Jospin en était une illustration.

Mais cette euphorie ne pouvait durer indéfiniment. Les lois fondamentales du capitalisme, découvertes et expliquées par Marx au XIXe siècle, avaient été temporairement masquées par l’expansion massive du crédit. Mais elles opéraient tout de même. D’une part, la Chine capitaliste n’est pas seulement un marché ; elle est aussi une source de production, à des prix très compétitifs. La part du marché mondial ainsi conquise réduit d’autant la part des États-Unis et des pays européens. Par ailleurs, comme l’expliquait Marx, le crédit – c’est-à-dire l’endettement – n’a d’autre fonction, en définitive, que d’augmenter artificiellement et temporairement la demande. Tôt ou tard, les crédits contractés, que ce soit par des ménages, des entreprises ou des États, doivent être remboursés… avec les intérêts ! D’un facteur d’accroissement de la demande, l’endettement s’est transformé en un facteur de contraction de celle-ci. La crise de surproduction qui en résulte est d’autant plus grave qu’elle s’accompagne de niveaux d’endettement sans précédents – en temps de paix – des États-Unis et de l’Europe.

Toutes les théories sur le « cycle vertueux » du capitalisme se sont effondrées comme un château de cartes. L’euphorie a fait place à un pessimisme noir. Les politiques d’austérité mises en œuvre à ce jour ne sont rien à côté de ce qui nous attend dans les années à venir. Le capitalisme signifie la régression sociale permanente. Il détruit l’industrie, jette des millions de travailleurs dans la rue, s’attaque à l’éducation et à la santé. Il a ruiné les finances publiques – y compris dans le plus puissant pays capitaliste au monde. Il se dresse comme un obstacle à tout progrès social et économique. C’est pourquoi l’histoire n’est pas « finie » et le socialisme n’est pas mort. Dans l’esprit des victimes de cette débâcle sociale, une vérité fondamentale devra faire son chemin : tant que les capitalistes conserveront le contrôle de l’économie et de l’État, aucune solution positive ne s’offrira aux travailleurs. On assiste aujourd’hui à un regain d’intérêt pour les idées du marxisme. Mais le réarmement idéologique du mouvement ouvrier ne se fera pas automatiquement. Une compréhension des idées fondamentales du marxisme et des leçons des révolutions passées est plus nécessaire que jamais. Il faut réarmer le mouvement ouvrier, le doter d’un programme, de perspectives et d’une stratégie visant à fixer l’attention des travailleurs sur la nécessité d’une nouvelle révolution. Sans théorie révolutionnaire, il n’y a pas d’action révolutionnaire possible.

Une compréhension des causes et de la nature du stalinisme fait partie intégrante de la clarification idéologique nécessaire. Elle nous permettra de contrer la propagande capitaliste qui cherche à discréditer les idées du communisme. Il ne suffit pas de « prendre ses distances » avec le stalinisme. Il faut pouvoir l’expliquer d’un point de vue marxiste. L’étude de La révolution trahie nous y aidera grandement.


Greg Oxley (Août 2011)
« Modifié: 29 août 2011 à 19:04:15 par W catharos »
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