Le principe n°1 des économies modernes , c'est que les gens ont besoin de pognon pour béqueter . Je formule ici en simplifiant et avec le sourire , le constat de Keynes , qui avait avant lui échappé à tous les économistes "libéraux" liés aux milieux d'affaires.
Marx a dit lui aussi des choses intéressantes , mais en se montrant trop ambitieux , tout comme les apôtres du libéralisme économique dont il prit en partie le contre-pied . Sa théorie de la valeur est intéressante mais çà devient de la religion chez ceux qui veulent y croire dur comme fer . Certains passages du troisième tome du capital montrent que Marx lui-même l'a plus ou moins laissé tomber en loucedé .
En économie le réel est toujours peu prévisible et beaucoup plus complexe que les prétentions explicatives des théories.
Keynes qui lui n'était pas un économiste mais un matheux , n'a pas fait de théorie prétentieuse mais contrairement aux économistes , il a compris les causes du grand fiasco de 29 et expliqué comment y remédier . Nous savons donc depuis Keynes que les gens ont besoin de pognon pour faire fonctionner l'économie moderne et créer par conséquent les emplois qui permettent à chacun chacune de gagner sa croûte .
Jusqu'en 29 , les économistes "libéraux" répétaient comme le patronat qu'il fallait baisser les salaires pour vendre moins cher mais gagner plus ( plus pour le patron) en vendant plus . J'ai écris jusqu'en 29 mais en fait c'est toujours ce qu'ils racontent . Ils répètent tout le temps qu'il faut " baisser les charges " en faisant semblant semblant d'ignorer qu'il s'agit de revenus de transfert permettant à beaucoup de gens ( retraités , malades , chomeurs...) de béqueter . Ils ont hurlé quand Keynes a fait savoir que la soit-disant crise de "surproduction" de 29 était tout simplement le résultat des baisses de salaires . C'était bien cela et l'efficacité des politiques keynésienne de relance par la demande , l'a bien montré . En baissant les salaires les patrons avaient provoqué eux-mêmes les faillites en série tout simplement parce que les réductions de salaire obligeaient les salariés à réduire leur consommation . Ne trouvant plus suffisemment de clients solvables pour leur fourguer leur production , les boîtes firent faillite en série
Néanmoins , çà n'empêche pas le patron lambda de continuer se dire : " Si j'arrive à baisser mes prix , je vais niquer mes concurrents et me faire des couilles en or" . Ses concurrents se disent la même chose et ils cherchent toutes les combines pour réduire la masse salariale . C'est çà la cause des millions de chômeurs depuis plus de 30 ans . Les salariés n'ont pas assez de tunes pour consommer davantage et créer ainsi davantage d'emplois.Les patrons raisonnent toujours au niveau micro-économique de leur boîte perso , c'est pourquoi les réalités macro-économiques expliquées par Keynes , leur échappent complètement , tout comme à Sarkozy .
Les rupins qui ont le pognon ne bouffent pas plus pour devenir obèses . L'accroissement de leurs revenus contribue très peu à la production de biens et services. Avec les suppléments de tune , ils placent beaucoup dans le patrimoine dont ils font ainsi flamber les prix , créant des bulles spéculatives qui font du dégât quand le soufflé retombe.
La bourse , c'est encore pire et puis c'est un jeu de fric malsain dont les adeptes se foutent royalement de faire perdre leur boulot aux salariés , en faisant calencher leurs boîtes. Kerviel , le lampiste bigouden , est à l'ombre , mais pas ses patrons.
Maintenant les patrons roublards trouvent que les augmentations de salaire ici créent des emplois en Chine et font couler leurs boîtes . Pas forcément ! Moi je m'en tape de savoir que le tarif de la coupe de cheveux est moins cher à Pékin ou Beijing . Je reste fidèle aux mains douces de ma coiffeuse qui n'a pas de lingots d'or , contrairement à celle de Ben Ali
Ceci dit , la contraction des revenus salariaux à l'échelle mondiale serait une catastrophe pire que celle de 29 et çà nous pend au nez.
Autrement , à propos de baisse tendancielle du taux de profit , il y a là-dedans la vieille histoire du " çà eut payé mais çà paye pu ! " . Certes , certes , mais ce n'est pas la fin des haricots avec le progrès technique qui fait apparaître de nouvelles affaires juteuses.
Pour ceux qui croîent dur comme fer à la théorie de la valeur du premier tome du capital , l'accroissement de la part du capital par rapport à la part du travail dans les entreprises devrait réduire de plus en plus le taux de profit . En pratique ce n'est pas le cas . Tiens , par exemple , les bagnoles récente qui ont besoin d'un diagnostic par ordinateur pour trouver la panne , coûtent la peau des fesses en frais de garage . Et çà prend des proportions ahurissantes quand l'ordinateur ne trouve pas la panne , ce qui n'est pas rare. Beaucoup de FBCF ( Formation Brute de Capital Fixe ) n'est nullement synonyme de prix écrasés et de profits mineurs . Mais Marx lui-même s'était finalement rendu compte du fait que le salarié n'était pas le seul mouton à tondre pour faire des profits.