Il n'y a rien là de mystérieux ou diabolique mon cher Wilhelm.
Nous n'avions qu'un département de droite , le Morbihan . Mais il vient de nous faire la bonne surprise d'envoyer 1 PC , 1 PS et 1 EELV au Sénat et zéro droitier . Sympa , non ?
Le camarade Le Scouarnec était déjà Maire d'Auray alias An Alre , depuis 1995.
Mais errare humanum est ! Tu te trompes mon cher Wilhelm , à propos du dieu des Bretons . Ce n'est pas le dieu de Franco mais celui de Coluche et de l'Abbée Pierre . En Bretagne il vote a gauche et à Auray , son église , l'église Saint-Gildas entretien les meilleures relations avec le camarade Michel Le Scouarnec . J'y suis moi même entré pour admiré les magnifiques vitraux sur lesquels ont voit Saint-Gildas et ses potes défendre l'infortunée Sainte-Triphine contre le terrible Konomor , son mari assassin. Exception faite du tueur , le roi Konomor , tous ces personnages sont des saints bretons d'excellente renommée , mais complètement inconnus du Vatican .
D' après les communistes alréens , Georges Cadoudal lui-même aurait pris sa carte au parti à titre posthume . Nous savons qu'en janvier 1789 il s'était enthousiasmé pour la Révolution à Rennes et avait envoyé un courrier à Jean-Victor Moreau pour le féliciter de sa victoire sur les aristos et lui faire part de son enthousiasme révolutionnaire . Mais par la suite , le Georges a eu les bourgeois dans l'nez quand il les a vu rafler les terres sous l'nez des paysans qui n'avaient pas un rond pour se les acheter . C'est sûr qu'il était particulier , le Georges . Il avait passé des accords avec les roycos mais il leur interdisait de venir foutre les pieds dans son Vannetais , sa Civitas Venetensis . Les contrevenants à cette directive furent effectivement ejectés manu militare . Le Georges était un costaud au nom prédestiné puisque Georges Cadoudal signifie " Guerrier ferme au combat " . Comme tu t'intéresses à la soule , ajoutons que son père était champion de Bretagne de soule. Après la mort de sa mère , victime des méthodes jacobines , le Georges devint un perpétuel insurectionnel non pacifiable . En effet , ne trouvant pas le Georges , les jacobins se vengèrent sur sa mère qui était chez elle et enceinte d'un enfant qui n'allait pas naître . Ils la fourrèrent dans la prison de Brest dont elle ressortit très rapidement , mais les pieds devant.
Les communistes alréens disent que le Georges était anti-bourgeois et déjà partisan d'un pouvoir populaire . Cà me laisse quelque peu sceptique mais c'est vrai que les parents du clerc de notaire Georges Cadoudal étaient d'authentiques laboureurs . Toutefois le manoir en ruine ( restauré depuis ) dans lequel ils résidaient sur les collines de Kerléano témoignait d'un passé familial plus faste et très aristocratique . C'est sûr que leur ancêtre Guillaume Cadoudal , allié des anglais et grand capitaine du duc de Bretagne Jean IV de Montfort , n'était pas comme eux dans la mouise . C'est ce Guillaume Cadoudal ancien qui s'imposa très éphémèrement comme gouverneur de Rennes avant de s'en faire éjecter par les habitants en 1341. En ce temps là le champion des tournois rennais s'était mis au vert pour chouanner avec sa bande dans Brocéliande , y combattre l'occupation anglaise et se faire de la tune . A Rennes , Cadoudal vécut dans la hantise d'un coup de main de ce Bertrand Guesclin qu'il surnomma " le dogue noir de Brocéliande" .
Mais dans l'enfer vénète d' An Alré en 1364 , ce fut une autre histoire . Charles de Blois , époux de la duchesse de Bretagne Jeanne de Penthièvre resta sur le carreau , zigouillé . Cet abruti n'avait rien trouvé de mieux que d'aller là-bas se jeter dans la gueule du loup , dans les bases anglo-bretonnes de Montfort et Cadoudal et il avait obligé Guesclin qui le conjurait ne ne pas aller se faire tuer là-bas , à l'accompagner . A Auray , Guesclin lui-même ne dut son salut qu'à Hobson et ses Anglais qui s'interposèrent pour empêcher Cadoudal et ses ruffians de lui faire la peau.
De nos jours c'est l'église Saint-Charles de Blois , peu fréquentée , qui fait un peu désordre à la périphérie d'Auray , près de la gare . C'est un peu comme si on trouvait à Paris une cathédrale Guillaume II en l'honneur du Kaiser .
Après la mort de Charles de Blois à Auray en 1364 , le roi de France Charles V en conflit avec le vainqueur et nouveau duc de Bretagne anglophile Jean IV de Montfort , manigança auprès du pape pour faire canoniser Charles de Blois et parvint à ses fins en 1376.
Mais c'est dans les années qui précédèrent la guerre de 14-18 que fut construite à la périphérie d'Auray l'église Saint-Charles de Blois . A l'entrée de l'église , on voit la statue d' une femme guerrière armée d'une pique . Elle n'est pas nommée , mais on devine que cette statue représente très vraissemblablement Jeanne d ' Arc . A l'époque de Charles de Blois , elle n'était pas encore née . Mais je ne sais pas qui fit édifier cette église à la gloire d'un personnage historique certes tué à Auray mais qui y était l'ennemi venu attaquer la ville.C'est une église austère et sombre très différente des églises bretonnes . Elle laisse les touristes quelque peu perplexes mais n'attire pas les Alréens .
Les nombreux amis chrétiens du camarade Le Scouarnec ne viennent évidemment pas là , mais dans l'église Saint-Gildas , en plein centre ville et juste en face du bar "Le Cadoudal" .
On dit qu' Auray la rouge n'aime pas les bourgeois Trinitains . Ville des rois de la mer vénètes Tabarly et Kersauzon , La Trinité sur mer est certes beaucoup plus bourgeoise et droitière , mais quand même pas extrême-droitière , contrairement au cyclope de Saint-Cloud qui y nacquit avant de se tirer à Paris il y a de cela plus de soixante ans . Après guerre , les maquisards FTP avaient refusé la carte du PC à ce méchant branleur qui ne leur revenait pas .
Dans l'église Saint-Gildas , à Auray , on remarque forcément , l'encyclique de Monseigneur Barbarin sur le repos dominical dont la lecture est mise à disposition des paroissiens . Et quand on lit cette encyclique on se dit que le camarade Barbarin et Monseigneur Le Scouarnec ont d'évidentes convergences sociales sur le repos dominical des travailleurs et travailleuses .
Les églises bretonnes sont assez remplies surtout quand il y a dedans des concerts d'orgue donnés par des musiciens renommés . En son temps , l'aristocrate Esnüe de Lavallée qui était représentant en mission de la jacobinière à Rennes y avait fait détruire les orgues . Il avait une réputation de jacobin modéré moins terroriste que d'autres mais il était anticlérical . Il avait bien repéré que les concerts d'orgue attiraient du monde dans les églises , ce salaud , alors il avait privé les rennais de concert.