Auteur Sujet: Sarkozy/Racisme/Immigration  (Lu 6657 fois)

Rédaction de La Riposte

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« le: 05 octobre 2006 à 10:34:09 »
Chers camarades,

La Riposte va publier un document sur la question du racisme et l'immigration. L'idée, c'est de donner une réponse aux arguments et préjugés véhiculés par la droite et les médias sur l'immigration, et de présenter une plateforme programmatique pour combattre le racisme.

Nous voudrions savoir quels sont, à votre avis, les préjugés ou arguments utilisés par les racistes ou répandus par les médias qui "portent" le plus, et quels sont les arguments que vous avanceriez pour les contrer. Vos réactions sur ce thème nous aideront grandement dans la rédaction du document.

Ci-dessous, un texte paru dans le dernier numéro de notre journal, rédigé par Grégory Bendris (MJC Paris), suite à son passage à Cachan :

Le jeudi 17 août, au surlendemain d’un intervention télévisée de Sarkozy où il réaffirmait sa « fermeté » en matière d’immigration, l’ancienne cité universitaire désaffectée de Cachan, occupée par près d’un millier de personnes, a été évacuée par la force.

Cette opération spectaculaire a donné lieu à des scènes d’une autre époque. Après avoir harangué les occupants pour leur demander de quitter les lieux avant 13 heures, les CRS les ont délogé un par un, en opérant un tri parmi les familles. Ainsi, les personnes « en situation irrégulière » ont été mises de côté, en vue de leur conduite en centre de rétention et leur éventuelle expulsion de France, cependant que les autres ont eu la possibilité d’aller à l’hôtel... pour une durée maximale d’un mois.

Pour Nicolas Sarkozy, qui a affirmé qu’il ne se laisserait « intimider par personne », cette situation émane d’une décision de justice : « Qu’attend-on de moi ? Que je laisse faire ? Qu’attend-on du ministre de l’Intérieur ? Qu’il ne respecte pas une décision de justice ? » Telle est donc la belle et démocratique   justice  capitaliste : lorsqu’un homme dort dans un squat, c’est un hors-la-loi. Par contre, il a tout à fait le droit, au regard de la justice, d’aller avec sa famille mourir dehors ou sous un pont !

Les « squatteurs » — comme les médias les appellent avec mépris — sont en réalité des travailleurs immigrés venus, pour la plupart, de Côte d’Ivoire ou du Mali. La majorité sont en situation irrégulière aux yeux de l’administration française. Ce sont des sans-papiers — autrement dit, des êtres humains de second rang. Les autres sont détenteurs d’un permis de séjour renouvelable, qui leur garantit en théorie un ensemble de droits fondamentaux, tel que celui de travailler ou de se loger. Cependant, les faits présentent une toute autre réalité, comme l’explique un des travailleurs Maliens de  Cachan : « Je possède une carte de séjour et je travaille depuis plus de 10 ans dans le bâtiment, mais malgré mon salaire et mes fiches de paye, je n’ai jamais réussi à trouver un logement ! »

A ceux qui voudraient nous faire croire que l’immigration, en France, serait le fait de parasites désireux de profiter des avantages sociaux français, voilà ce que répond le même travailleur Malien : « La plupart de ceux qui viennent en Europe ne veulent qu’une chose : travailler et avoir un endroit où dormir. Et nous sommes prêts à occuper les emplois les plus difficiles ! »

Des conditions de vie inhumaines que vivent ces immigrés découlent des situations inacceptables : angoisse perpétuelle d’un contrôle de police, impossibilité de se loger. Sans argent, comment subvenir à ses besoins vitaux, quand l’Etat vous ignore ?
 
Mettons nous à la place de ceux qui décident de quitter leur famille, leur pays, et qui, en France, sont traités comme des parias, sans droits. Ne nous laissons pas manipuler par le discours démagogique de Sarkozy et de la classe dirigeante : leur but est de diviser les travailleurs entre eux.

Les expulsés de Cachan sont des travailleurs comme nous autres, qui n’aspirent qu’à être heureux et vivre de manière décente. Pour les travailleurs français, le quotidien devient de plus en plus difficile. Pour les travailleurs immigrés, il est pire. Ne nous laissons pas berner par les serviteurs de l’injustice : notre sort est lié à celui de ces travailleurs immigrés. Ce que l’Etat capitaliste leur fait endurer, il nous le fera endurer si nous ne nous dressons pas pour défendre les droits de tous les salariés, qu’ils soient immigrés ou non.

A la suite de ces événements, diverses organisations politiques, associatives et humanitaires sont venues soutenir le petit groupe d’expulsés — environ 200 personnes —  qui a occupé un gymnase dans l’attente d’une solution plus humaine de la part de l’Etat. Il faut cependant que la cause de ces travailleurs, qui sont les plus précaires d’entre nous, soit soutenue par tous les salariés et par leurs organisations. Le PCF et le PS doivent appeler à une mobilisation massive pour faire pression sur le gouvernement, afin d’obtenir une reconnaissance du droit élémentaire de se loger.


Grégory Bendris
MJC Paris

Hors ligne bruno

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 252
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #1 le: 05 octobre 2006 à 12:20:44 »
Ce texte est magnifique et je le dis d'autant plus facilement que je ne l'ai pas écris ;-)

Bon sincèrement je pense nécessaire de rappeller la vision marxiste sur cette question, de nous rappeller de l'internationalisme.
Les travailleurs n'ont pas de pays (en tant que classe) la domination capitalisme est mondiale et l'émancipation des travailleurs le sera aussi.
Les travailleurs immigrés sont nos frêres et soeurs de galère, surtout en plus qu'ils ont les traveaux les plus penibles et les plus dures.
Ils travaillent, enrichissent les capitalistes (comme nous) , payent des impots,  et vivent souvent dans des conditions indécentes.
Ils ont les mêmes droits que tous les autres travailleurs pour les capitalistes : les exploiter ! souvenons nous des raisons aussi qui poussent des millions d'hommes à quitter leurs pays pour survivre ailleurs. N'oublions pas l'impérialisme français qui plonge leurs pays dans la misère, dans la dictature, la guerre, la faim, et le pillage de leurs ressources.
Qui fabrique l'immigration ? si ce n'est le capitalisme ! Qui fabrique la misère, la guerre, la malnutrition, les dictateurs ? si ce n'est la capitalisme !

Oui le capitalisme français est coupable de tous ces crimes et l'immigration forcé n'est que la conséquence de ces faits.

Ceux qui pillent, tuent, volent, veulent maintenant nous faire croire qu'ils s'intéressent aux sorts des travailleurs français ? ceux là même qui délocalisent, privatisent, reduisent aux chomage les travailleurs ? ceux là même qui organisent les filières d'immigration clandestine !!

De qui se moque-t'on !!
Camarades, travailleurs, jeunes, anciens nous n'avons d'autres chaines que celles que nous mettent les capitalistes, les travailleurs immigrés ne sont qu'attaché avec nous dans cette servitude !

Oui nous devons être solidaires des travailleurs immigrés dans leurs luttes, nous devons briser le grand capital et construire le socialisme, seule système capable d'effectuer un transfert massif de technologie vers les pays du sud afin de les aiders a developper leur économie et resoudre les problèmes de la faim, de l'illetrisme, du chomage, des guerres... causes fondamentales de l'immigration.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Florian

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #2 le: 06 octobre 2006 à 08:18:24 »
Rappelons aussi que tous les préjugés raciste qui peuvent exister dans la penser de certains camarades prolétaires, viennent de la part de la bourgeoisie pour mieux justifier l’impérialisme, le pillage des richesses de l’étranger et empecher l’union des travailleur salariés et ouvriers.

Hors ligne bruno

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 252
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #3 le: 06 octobre 2006 à 17:52:48 »
Je n'aurais pas une description aussi simpliste que toi sur ce sujet.
La xenophobie est lié a la peur de l'autre, la peur même de son voisin.
Dans combiens de villages dis t'on du mal des habitants du villages voisins, qu'ils sont bètes, couillons etc...
Cette "répulsion" a l'autre est lié a notre instinct naturel de préservation.
Historiquement et comme chez les animeaux c'est un instinct lié a la survie, lié a l'appropriation des besoins de vies, de reproduction.
Cependant l'homme par son developpement historique a appris dans l'échange (le commerce) à voir en l'autre non plus un rival, mais un partenaire.
Dans le système capitaliste les moyens d'échanges sont extremement developpés, et la terre réduite a l'état de village.
Les "autres" sont des partenaires commerciaux, des rivaux, des concurrents.
Les capitalistes se servent uniquement des bas instincts de conservation quand ils favorisent (et non le crée) la xénophobie entre les travailleurs. Cette action à un impacte pas parcequ'ils mettent cette idée dans la tête des travailleurs mais parcequ'ils créent la condition essentiel pour le developement de cette idée : la pénurie d'emploi, donc la lutte pour la survie et la mise en concurrence des travailleurs de diverses nationalités.

Le racisme est ensuite une théorie pour la bourgeoisie dans le sens qu'elle peux servir ses intéret : justifier la colonisation, justifier l'esclavage, provoquer la division des travailleur.
Cependant en imposant son mode de production a la planète entière, en nivellant les modes de vie, le capitalisme rassemble les hommes sous une même bannière : le salariat.
Des objectifs communs des salariés nait la nécessité d'union entre tous les travailleurs de cette planète.
Les préjugés etant le produit historique de la pensée des générations d'hommes précédant, des structures sociales et de la lutte pour la survie.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Florian

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #4 le: 06 octobre 2006 à 21:24:47 »
Je ne comprends pas pourquoi, Bruno, tu juge ma remarque de simpliste, je ne faisais que rajouter un argument dans la discussion, car je trouvais et l'article et ta remarque très pertinent.
Par contre quand tu dis  « Historiquement et comme chez les animaux c'est un instinct lié a la survie, lié à l'appropriation des besoins de vies, de reproduction. », il faut faire attention car la bourgeoisie pourrait utiliser cet argument contre notre idée de société future.

Hors ligne Greg Oxley

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 271
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #5 le: 06 octobre 2006 à 22:29:24 »
Chers camarades,

J'ai bien peur qu'on commence à s'éloigner d'une approche politique du thème du racisme et de l'immigration. Lorsque les capitalistes et leurs représentants politiques incitent les travailleurs à considérer les étrangers comme les responsables du chômage, de la pénurie des logements, de la dégradation du cadre urbain — "le bruit et l'odeur" évoqués par Chirac — de la criminalité etc., il me paraît évident qu'ils le font afin de détourner le regard des travailleurs de la vraie cause de ces fléaux sociaux, à savoir le capitalisme.

Les capitalistes ne sont pas vraiment racistes en ce sens qu'ils sont prêts à exploiter n'importe qui, indépendamment de sa couleur, sa nationalité etc., comme ils sont prêts à se servir des "étrangers" quand ils ont besoin de la chair à canon pour faire la guerre.

Mais dans un contexte où leur système ne peut plus exister sans imposer la régression dans tous les domaines — santé, éducation (le nombre d'analphabètes sortant du système scolaire augmente chaque année), chômage, précarité, conditions de logement, malnutrition etc. — les capitalistes doivent trouver un bouc émissaire.

On voit bien que c'est une politique consciente et délibérée de la part de la classe dirigeante. On n'a qu'à voir le montage des opérations de police "spectacle", où, comme par hasard, des centaines de journalistes et des caméras de télévision sont mobilisés pour assister à des rafles contre des jeunes "immigrés" — ou plus exactement contre les enfants et petits-enfants d'immigrés — dans les cités.

La plupart des travailleurs ne sont pas racistes. Je dirais même qu'une bonne partie des électeurs du Front National ne sont pas racistes en ce sens qu'ils ne sont pas animés par une haine des étrangers. Ce qui les amène à conclure qu'il y a "trop d'étrangers", c'est avant tout qu'il n'y a pas "pas assez" de logements, d'emplois, etc. Et c'est là où, à mon avis, on voit la responsabilité du réformisme dans la montée du Front National, et dans la propagation des idées "anti-immigré" en général.

Si le travailleur comprend, de par son expérience de la gauche au pouvoir, qu'il n'y a pas de solution à ces problèmes, et que, au contraire, ils s'aggravent avec chaque année qui passe, s'il comprend qu'il n'aura jamais assez pour tout le monde, alors il peut tirer la conclusion, sous l'impact de la propagande des médias et des politiciens, qu'il faut réduire le nombre d'étrangers. La lutte contre le racisme est donc indissociable de la lutte pour rétablir le programme du socialisme dans le mouvement ouvrier. Si on veut éviter que les gens se battent entre eux pour savoir qui va manger et qui ne va pas manger, il faut trouver un moyen de faire manger tout le monde. Et ce moyen, c'est le socialisme.

Fraternellement,

Greg Oxley

Hors ligne bruno

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 252
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #6 le: 06 octobre 2006 à 23:23:09 »
on ne pourrais mieux dire  :D
Excuse moi florian pour le mot simpliste mais je trouve un peu facile ce raccourcis
Citer
tous les préjugés raciste qui peuvent exister dans la penser de certains camarades prolétaires, viennent de la part de la bourgeoisie
.
Le racisme existait avant le capitalisme souvenont nous des pogrom aux moyens age) et ses manifestations violentes etaient toujours lié a des raisons économique.
Ce qui est vrais c'est qu'aujourd'hui (pendant l'avenement du capitalisme, a l'epoque de la colonisation, le nazisme etc...) les capitalistes se servent de la xénophobie de la peur de manquer, des problèmes sociaux pour exarcerber les tensions et le racisme.
Elle est l'arme a diviser de la classe capitaliste.
Citer
Par contre quand tu dis « Historiquement et comme chez les animaux c'est un instinct lié a la survie, lié à l'appropriation des besoins de vies, de reproduction. », il faut faire attention car la bourgeoisie pourrait utiliser cet argument contre notre idée de société future.

je ne vois pas en quoi sincerement a moins de ne pas voir que l'homme se change lui même en changeant son milieu. Que le socialisme n'est possible que grace à la socialisation historiquement mené en occident par le capitalisme et que la lutte primaire pour la survie est tout simplement la barbarie. Comme le dis si justement Greg :
Citer
Si on veut éviter que les gens se battent entre eux pour savoir qui va manger et qui ne va pas manger, il faut trouver un moyen de faire manger tout le monde. Et ce moyen, c'est le socialisme.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Hors ligne Greg Oxley

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 271
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #7 le: 07 octobre 2006 à 09:59:12 »
Chers camarades,

Nous revoilà sur le thème du racisme comme phenomène historico-sociologique, alors que, quand j'ai lancé ce fil de discussion, c'était dans le but de trouver des idées, des faits, des statistiques, peut-être, et des arguments politiques pour combattre Sarkozy et Le Pen, dans le but de publier une plateforme contre le racisme. L'aspect historique de la question est très intéressant — et j'aurais deux ou trois choses à dire là-dessus — mais ne devrait-on pas ouvrir un autre fil de discussion pour cela, comme "Le racisme dans l'histoire" ou quelque chose de ce genre ?

Fraternellement,

Greg

Hors ligne bruno

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 252
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #8 le: 07 octobre 2006 à 11:42:32 »
Oui bonne idée greg

concernant les statistiques c'est un peu dure e trouver des choses sur ce sujet, car les seules en ma disposition sont les statistiques e l'INSEE sur les prélevement et les aides dont béneficie les immigrés.
Ces études sont partisanes pour présenter les immigrés comme bouc emissaires.
En effet elles ne prennent pas en compte la part de l'immigration dans la création de richesses (pour les capitalistes) ni la misère dans laquelle vivent ces travailleurs surexploités.
Rebus d'une société capitaliste en désinstrualisation (40% de la jeunnesse das banlieue est sans emplois) ils deviennent pour les capitalistes le poids mort et le bouc émissaire afin de diriger la colère des travailleurs vers eux plutôt que vers les vrais responsables de la situation : les capitalistes.

quelques chiffres :

Citer
Population étrangère
               1999                 1990    1982
Hommes    1 732 288    1 974 882    2 107 116
Femmes    1 530 898    1 607 282    1 589 810
Total        3 263 186        3 582 164        3 696 926
 


On remarquera une certaine stabilité de la population etrangère en france.
Les grandes migrations etant plutôt le fait des années 70.
Les enfants de ces précedants migrants etant français de pleins droit, mais victime de discriminations (40% de chomage)




Citer
En décembre 1998, la publication d’une enquête de CSA Opinion réalisée sur demande de la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et du service d’information du gouvernement révélait que 19 % des actifs avaient déjà été témoins d’un acte de discrimination à l’embauche en raison des origines étrangères du candidat. « Loin d’avoir régressé, les discriminations en matière d’emploi n’ont cessé de s’étendre sous l’effet du chômage et de la progression de la xénophobie dans le monde du travail » , diagnostiquaient la même année les membres du Haut Conseil à l’intégration (HCI) dans un rapport alarmant sur la montée des discriminations raciales.


Citer
Quelques exemples, pour illustrer l’ampleur des discriminations :

-  si les écarts de probabilité dans l’accès à l’emploi entre les jeunes d’origine française et ceux d’origine maghrébine oscillent entre 15 et 18 de points de %, un tiers de cet écart n’est pas justifié par les différences de caractéristiques entre ces deux populations et peut être donc expliqué par la discrimination qui les frappe. En matière d’accès à un CDI, la différence inexpliquée s’élève pour les hommes maghrébins à 44 %2.
-  un homme qui porte un prénom et un nom maghrébin, résidant à Paris, d’apparence standard, a 5 fois moins de chance qu’un homme aux nom et prénom français, « blanc de peau », « d’apparence standard », d’obtenir une convocation à un entretien d’embauche après envoi d’un CV similaire.
-  une candidate d’origine maghrébine, disposant pourtant d’un meilleur CV (majore de promotion, expérience d’encadrement...) reçoit trois fois moins de convocations à un entretien pour un poste de commercial que les candidats « de référence », d’âge équivalent, « blancs de peau ». Pour cette candidate, 8% de ces réponses concernent un poste à Paris alors que la proportion de propositions sur Paris s’établit à 25 % pour les candidats « de référence » !
-  une partie des affaires de discriminations à l’embauche ayant donné lieu à contentieux est révélée par le recours mal dissimulé au code BBR (Bleu, blanc, rouge), dont l’existence même et l’utilisation partagée ne manquent pas d’interroger sur la généralisation des phénomènes de discriminations et la faible prise de conscience des interdits en la matière.
-  des agences d’intérim avaient créé des fichiers informatiques pour répertorier les personnes d’origine étrangères afin de mieux satisfaire les clients qui n’en voulaient pas dans leurs effectifs ou seulement dans de faibles proportions ; le refus de répondre à ce type d’injonction a conduit une agence d’intérim à perdre les deux tiers de son chiffre d’affaire.
-  des entreprises de prospection par téléphone « invitent » leurs salariés à franciser leur prénom lorsqu’il présente une consonance étrangère.
-  parmi les 30 % d’élèves d’une promotion d’un LEP en échec dans leur recherche de stage, les jeunes issus de l’immigration sont largement sur-représentés.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Ben

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #9 le: 14 octobre 2006 à 01:20:57 »
Salut,
Pour commencer, je cite un petit bout de l'introduction de la dernière ANA du MJCF, il y a des choses interessantes... :

Citer

La Loi relative au Code d’Entrée de Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (dite Ceseda), présentée par Sarkozy, reprend largement les thèmes du Front National et surfe sur des stéréotypes ambiants sur les immigrés, sans qu’on sache vraiment de qui il s’agit.

Entre les migrants, les étrangers en situation régulière, ceux en situation irrégulière, et les Français d’origine étrangère, les amalgames sont vite faits.

Tous ceux-là viendraient nous voler nos emplois, nos femmes, instaurer l’insécurité, mettre en danger notre identité nationale, nos valeurs…

En réalité, la vie des migrants est pleine de précarités, de misères, de déchirures, de situations humainement insoutenables. Rupture avec le pays d’origine, la culture, éloignement de la famille, emplois sous payés, emplois pénibles, souvent sans aucune garantie du Code du travail, logements insalubres, clandestinité, racisme, peurs, sans aucun droit …

Voilà ce qui fait le quotidien de ces gens issus d’ailleurs. Pourtant, par leur travail, ils contribuent à la vie économique de notre pays. Par leur présence, ils enrichissent largement la vie sociale et culturelle. Par leurs activités et leurs expériences, ils alimentent la vie politique, le militantisme, sans qu’on leur permette d’aller jusqu’au bout de leur engagement.



1.Le projet de la droite.



Après la Constitution européenne voulant instituer une Europe forteresse, la même volonté de s’enfermer et de rejeter hors de nos frontières tout ce qui vient d’ailleurs est affichée par la droite au pouvoir.

Après l’Etat d’urgence, où notre très cher Ministre de l’Intérieur a expulsé les jeunes étrangers pourtant en situation régulière, le sécuritarisme, la chasse et la traque sont renforcés.

Après le CPE et la tentative acharnée de précarisation des jeunes dans tous les espaces de leur vie, c’est maintenant au tour des migrants d’être la cible de cette même précarisation, de cette même idéologie. La logique est implacable : il faut faire du profit, et pour cela, pressuriser les femmes et les hommes.

Les migrants présentent des avantages incroyables. Ils constituent une formidable catégorie de population. Car le capitalisme, dans son éminente capacité d’adaptation, est sans cesse en recherche de nouvelles façons d’exploiter les peuples.

Or, les migrants sont une de ses variables d’ajustement économique. Ils permettent d’engranger un maximum de profits, et de différentes manières.

Dans leur pays d’origine, tout a été fait depuis des siècles pour que les dominations y subsistent et s’y renforcent. La dette des pays du Sud, les pressions de l’OMC,…Mais aussi, la création de guerres et de conflits, la destruction des langages et des cultures pour imposer une culture et une idéologie dominante.

Dans leur pays « d’accueil », ils permettent de faire des profits, car ils sont sous-payés, et sont utilisés pour mettre la pression sur tous les salariés.

Enfin, en organisant le pillage des cerveaux, on vole la plus grande richesse d’un pays, faisant fructifier les intelligences aux services de l’intérêt de quelques uns, bien au chaud dans le Nord du monde.

Les migrants sont exploités et exploitables. Le capitalisme s’appuie sur des doctrines économiques et sur une idéologie de la société et du vivre-ensemble. Il nourrit le fatalisme, inculquant qu’on ne peut rien faire contre lui. Et il nourrit le racisme latent, non combattu parce que trop utile au capital.

La cohérence du projet de la droite en France et dans le monde semble sans faille. Leur conception des migrations, de l’accueil des migrants, de la France, et du monde mêle déshumanisation et marchandisation.

La Terre n’appartient pas aux Hommes, elle appartient au capital.

Les femmes et les hommes qui y vivent deviennent des objets, dont les aspirations, les rêves, les envies, ne méritent pas qu’on s’y attarde.

Une citation de Sarkozy, prononcée lors de la présentation de la Loi à l’Assemblée nationale, est éclairante, frappante et choquante, et l’habitude de ses propos ravageurs ne doit pas nous endormir :

« La vérité, c’est que les 27 nuits d’émeutes, d’octobre 2005, sont directement le produit de la panne de notre système d’intégration ».

La vérité, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, c’est que le capitalisme détruit les conditions de vie de toute une génération, les laissant sans aucun espoir, sans aucune perspective d’avenir.

La vérité, Monsieur le Ministre, c’est que la politique de la droite a renforcé la ghettoïsation, la ségrégation, les dominations.

La vérité, Monsieur le Ministre, c’est que sécuritarisme et paix, que lois liberticides et non violence, ne font pas bon ménage, s’excluant l’un l’autre.

Enfin, la vérité, Monsieur le Ministre, c’est qu’à force de rejeter les migrants, de mépriser les différentes cultures, de renforcer les discriminations, de ne pas reconnaître les enfants issus de la colonisation, la France n’a plus aucune richesse qui vaut le coup d’être fructifiée. Sans culture et sans identité, la France se perd dans la régression sociale, culturelle et identitaire.


Voila, ensuite j'aurais voulu parler des sans papiers ...

Il y a en France environ 200 000 sans papiers.. ce qui représente pour imager la situation : 3 stades de France mais ça représente surtout seulement 0.3 % de la population Française
Comment sont ils devenu sans papiers ?!
Certains sont entrés illégallement en France mais beaucoup sont devenus sans papiers au fur et a mesure des différentes lois : Certains avaient des papiers avant la loi Debré de 1995, avant la loi Pasquoi de 1996, la loi Chevenement, et aujourd'hui avec toutes ces lois ils se retrouvent en situation irrégulière..

Pour ce qui est de Cachan, je ne vais pas reprendre ce qui a été trés bien dit dans l'article du Camarade Gregory Brendis, mais juste ajouter deux petites choses :
-  on a souvent entendu l'expression les "1 000 de cachan", et la ou la droite a excellé dans sa politique de communication c'est qu'ils ont réussi à faire croire à tout le monde que Cachan était un problème de sans papiers alors qu'il y avait guère que 200 sans papiers sur les 1 000 personnes qui étaient dans le squat.. le reste étant des gens en situation régulière victime de la crise du logement ..
- Un chiffre significatif de la situation sanitaire qu'il y avait dans le Gymnase : 6 douches pour 250 personnes, dont 82 enfants qui devaient donc faire la queue le matin pour la douche, puis la queue pour le petit déjeuner avant d'aller à l'école ..

Sinon, voici une liste de quelques préjugès véhiculé par les médias et la droite :

Les sans papiers bouffe le pain des Français Avant chaque éléction Sarkozy nous ressort la diabolisation des sans papiers, à chaque fois : quelques mois avant les éléctions, un problème de sans papiers ressort ...
Ces sans papiers boufferait le pain des Français ?!  200 000 personnes responsable du chiffre de 8 millions qui représente le nombre de Français vivant sous le seuil de la pauvreté ...
Les sans papiers, dans leur situation de précarité extrème créeent une main d'oeuvre employable et jetable à merci, pas de droit du travail, aucune protection, aucun salaire minimum ... ils contribue au développement de l'exploitation capitaliste, au développement des marchands de sommeil. Les 200 000 sans papiers ne seront pas tous renvoyer par Charter, ils resteront en France

A l'origine de ces préjugès ? La méthode de la droite, menée de main de maitre par Sarkozy (qui d'ailleurs était Hongrois avant de devenir Français il y a seulement quelques années...) appliquant à merveille les principes de division chère au capitalisme : diviser les peuples géographiquement, spirituellement, socialement, économiquement, sexuellement ..
Faire en sorte que chaque personne voit en son voisin un ennemi capable à tout moment de lui piquer sa place, diviser les masses, et faire oublier aux travailleurs la lutte des classes en leur montrant que leur seul et veritable ennemi sont les étrangers !

Les immigrés viennent en France pour profiter des différentes aides sociales : l'impérialisme Français a pillé l'afrique pendant la colonisation, à imposé la culture Française en Afrique et s'étonne de voir que bon nombe de gens fuyant la guerre ou les dictatures choisissent la France ?!
Quand on a été a l'école Française, qu'on parle le Français, qu'on a des diplomes Français, quel autre choix que de venir en France ?
De plus la plupart de ces gens font les sales boulots !! Travaillent sur les chantiers pour trois francs 6 sous ou font le ménage à l'UMP pour des broutilles et ne demandent rien de plus que de vivre dans la dignité..

La france n'a pas besoin des autres : c'est bien pour ça qu'aprés avoir pillé la force de travail de l'afrique pour travailler dans les mines et les usines, c'est l'ère du pillage des cerveaux qui commence..
C'est aussi parce que la France est un pays fort qu'elle n'as pas eu besoin des africains pour retrouver sa liberté sous l'occupation ?!

Régulariser les sans papiers c'est contraire à l'intérêt des gentils Français bien blanc : Les sans papiers, dans leur situation de précarité extrème créeent une main d'oeuvre employable et jetable pour trois fois rien, pas de droit du travail, aucune protection, aucun salaire minimum ... ils contribuent au développement de l'exploitation capitaliste et des marchands de sommeil. Les 200 000 sans papiers ne seront pas tous renvoyer par Charter, ils resteront en France. Le patronat raffole de ces êtres sans droits, véritable variable d'ajustement qu'on prend et qu'on jette sans leur demander leur avis ... Il faut donc que tous les salariés aient les mêmes droits. C'est les emplois précaires et les emplois au noirs qui paupérisent la population : Avec ce type de contrat, c'est l'alternance des précaires..  

C'est avec une politique de lutte contre l'immigration stricte que l'on en finira avec le problème de l'immigration : Tant qu'au niveau planétaire, des gens n'auront pas le choix entre la vie et la mort l'immigration existera, et tant que le capitalisme ne sera pas aboli, des populations n'auront pas le choix entre la vie et la mort !  Ce n'est pas avec des murs ou des barbelés qu'ils arrêterons l'immigration !

La France ne peut acceuillir toute la misère du monde La question est de laisser un vrai choix aux peuples de quitter ou de partir, en luttant contre la guerre et l'exploitation des pays pauvres qui sont d'ailleurs tellement pauvres que toutes les grandes firmes passent par le continent Africain ou par les pays d'europe de l'est pour faire le plein de matières premières ou d'hydrocarbures ... ces pays ne se sont pas appauvri tout seul, et c'est à cause de l'impérialisme qui sévit dans ces régions depuis moultes années que la situation est si dramatique dans ces pays .. Pour arrêter ce déséquilibre, Il faut annuler la dette des pays du sud, réorienter et réorganiser l'OMC qui détruit des pays entier avec ses directives, elle doit être profondément démocratisée tout comme l'ONU, ensuite : il faut abbatre le capitalisme !

Sinon, je laisse ce lien : http://www.liens-socio.org/IMG/pdf/dossiers_liens_socio_02_beaud_pialoux.pdf  
Il y a pas mal de chiffres interessants ...

Hors ligne Greg Oxley

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 271
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #10 le: 14 octobre 2006 à 11:24:18 »
Chers camarades,

Je viens de lire ce qu'a écrit Benjamin — et je dois dire que c'est exactement le type de contribution que j'avais en tête en ouvrant ce fil de discussion.

La section parisienne de La Riposte a lancé l'idée de préparer une brochure sur ce thème. Elle ne pourrait pas être trop longue — on veut pouvoir la vendre à 1 euro — mais l'idée, c'est de donner une explication de comment le racisme est utilisé par les défenseurs du capitalisme pour diviser les jeunes et les travailleurs en faisant porter aux "étrangers" la responsabilité des problèmes causés par le capitalisme. Ensuite, il faudrait répondre, brièvement mais de façon percutante, point par point, aux arguments principaux des racistes, comme le fait Benjamin dans son message. Et finalement, présenter une plateforme revendicative et une politique pour combattre le racisme.

Fraternellement,

Greg Oxley

Hors ligne bruno

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 252
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #11 le: 14 octobre 2006 à 22:15:23 »
tres bon arguments en effets, mais bon j'y apporterai quand même un petit complément.
Concernant le problème des sans papiers même si ils ne représentent que 0,3 % de la population totale, ce chiffre ne veux pas dire grand chose en faite, car le sentiment de racisme est lié a la pression de la misère et du chomage. C'est la population totale immigrés, et non les sans papiers, que prennent en compte les racistes. Le fait que cette population (immigrés et d'origine immigrés) vivent une précarité plus grande que les autres et forcément que la délinquance y soit plus élevée.
C'est sur cette réalité que pousse le terreau de l'extremisme.
Certains a droite essayent de faire croire que en renvoyant les immigrés, le chomage baisserais, ainsi que la délinquance puisque les immigrés sont plus victimes que les populations de souche de ces problèmes.
C'est un beau moyen d'éluder la question pour la classe capitaliste qui passe ainsi sous silence le pourquoi du chomage : délocalisation, course a la productivité etc.
Ils passent aussi sous silence qui sont les véritable organisateurs des filières d'immigration si ce n'est eux.
Mais comme le dis Ben aucune mesures policière n'arretera l'immigration car celle ci a ses racines dans la misère profonde des pays du tiers monde, et dans le fait que ces sous proletaires sont du pains benis pour les capitalistes qui les exploitent.
Certains a l'extreme droite suggère de reserver les aides sociales aux français de souche, cependant outre que ce soit une mesure discrimintoire c'est surtout une mesure sans aucun effet sur l'immigration.
En effet les travailleurs immigrés viendront toujours et les capitalistes seront encore plus satisfait d'embaucher cette main d'oeuvre sans droit. En claire les capitalistes préféreront un immigrés sans droits a un français auquelles ils faut verser allocations et aides...
Cette argument se mord donc la queue tout seul.

Si la france ne veux pas acceuillir toute la misère du monde, alors elle dois changer sa politique international, arretter de piller ses anciennes colonies, arretter de soutenir des dictatures sanguinaires, ou des democraties trompe l'oeil. Developper un vrais système de coopération internationale et de transfert massif de technologie pour intégrer ses pays dans un processus économique commun, sans ces taches, la lutte contre l'immigration ne sera qu'une foutaise et un immense drame humain... En claire sans socialisme en france rien ne changera pour personne.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Hors ligne fireball

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 428
    • Voir le profil
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #12 le: 16 octobre 2006 à 20:54:59 »
Chers camarades,

l'éditorial du dernier numéro de El Militante (nº 198, octobre 2006) traite précisément la question du racisme et de l'immigration en Espagne.
En voici une traduction française.
Bien entendu, cela n'aidera pas beaucoup la rédaction de La Riposte à rédiger un document à ce sujet en France, mais l'article est un bon exemple de la façon marxiste d'aborder le sujet, dans ce cas-ci, de l'autre côté des pyrennées et, dans ce sens, sa lecture peut être utile à ce fil de discussion.

Fraternellement
PV

Face à la démagogie contre les immigrés :

 Exploités par le même patron, unis dans la même lutte !


Si il est vrai qu’il existe des différences entre le discours du premier ministre espagnol Zapatero et celui de l’archi réactionnaire Sarkozy, le contenu politique qui alimente le débat actuel sur l’immigration mène, en dernière analyse, à la même conclusion : l’ « excès » d’immigrés a des conséquences négatives.
C’est d’ailleurs sur ce raisonnement que le gouvernement du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) se base pour justifier sa politique dans ce domaine :
Depuis la clôture criminelle de Melilla et les subventions au gouvernement marocain, qui n’a aucun inconvénient à abandonner des milliers d’immigrés Sous Sahariens dans le désert, jusqu’aux derniers rapatriements massifs après l’avalanche humaine qui a atteint les plages des Îles Canaries.
Et comme toile de fond, la mort de milliers d’êtres humains innocents dans le détroit ou dans l’Atlantique, victimes de ce système d’exploitation inhumain.

L’immigration génère beaucoup de richesse, mais qui en tire le bénéfice ?

De tout point de vue, la force de travail immigrée a toujours été une affaire rentable pour les capitalistes. D’abord ils exploitent les abondantes richesses de zones comme l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique Latine. Après, quand une partie des millions d’êtres humains qu’ils ont condamnés à la misère la plus absolue fuient vers les pays dits « civilisés », à la recherche de pain, d’un toit et d’un futur digne pour leurs enfants, ils leurs donnent du travail, oui mais dans des conditions d’exploitation brutales.
Ils utilisent, en plus, les très mauvaises conditions de travail de la main d’œuvre immigrée pour rendre encore plus précaires les conditions de travail de la classe ouvrière native. Et maintenant, ils prétendent obtenir un « extra » succulent sur le terrain idéologique : cacher qu’eux, les capitalistes, sont les responsables de l’empirement des conditions d’existence des familles ouvrières essayant ainsi de nous faire confondre l’ennemi.
L’Espagne est passée d’être un pays historiquement émigrant (en 1975 il y avait plus de 700 000 émigrants à l’étranger) à multiplier par 10 la population étrangère dans les 13 dernières années : de 350 000 en 1991 à 3 500 000 en 2005, desquels approximativement un million et demi sont des sans-papiers.
D’après le service d’études de la Caixa Catalunya (Caisse d’Epargne de Catalogne), l’arrivée d’immigrés a augmenté de 3,2 % la croissance annuelle du PIB per capita  entre 1995 et 2005.
Cependant, la croissance de l’économie espagnole ne veut pas dire que cela aille mieux pour tout le monde. Une bonne preuve de cela c’est qu’après 13 ans de croissance ininterrompue, nous avons comme résultat une augmentation débordante des revenus du capital alors que les revenus du travail n’augmentent pas voire sont en déclin.
D’un côté, le bénéfice net des entreprises non financières espagnoles a augmenté de 26,2% en 2005 (celui des grandes entreprises qui cotisent à l’Ibex, de 44%), ce à quoi il faut rajouter une augmentation moyenne des bénéfices du secteur bancaire de 58,82% par rapport à 2004.
De l’autre côté, les salaires ont le même pouvoir d’achat qu’en 1997 : en 10 ans ils n’ont augmenté que de 0,4 % !
Les chiffres démontrent clairement que ceux qui prétendent que l’immigration génère la misère mentent : bien au contraire, la main d’œuvre étrangère a produit de grands bénéfices, la question c’est de savoir qui se les approprie et qui en profite.
C’est précisément dans ce contexte économique que le discours d’extrême droite du Parti Populaire (la droite espagnole), combiné à la façon alarmante de rédiger des titres dans la presse et à la télévision, du style « nouvelle avalanche de sans-papiers », « les autorités débordées par l’immigration illégale », « crise de l’immigration » crée un climat propice pour répandre des idées racistes parmi la population.
Dans de telles circonstances, la politique des dirigeants socialistes no seulement  ne fait pas face à la situation, mais elle peut finalement contribuer à alimenter la spirale xénophobe.

Les conséquences du discours de Zapatero  

Soyons concrets. Au cours de la conférence politique du Parti Socialiste en septembre dernier, Zapatero affirmait : « Seulement avec des politiques sociales qui garantissent les droits des immigrés, mais qui ne représentent aucune limitation de droits sociaux pour aucun citoyen de notre pays, nous pourrons articuler une cohabitation positive (…)L’Espagne et les Espagnols seront capables d’articuler la cohabitation avec les personnes qui viennent de l’extérieur en faisant un grand effort de bien-être social »
Les discours de Zapatero sont très jolis, mais la réalité montre obstinément que l’on ne fait aucun grand effort dans ce sens mais bien tout le contraire. Prenons l’exemple de l’éducation publique, un très bon indice pour mesurer la qualité de vie dans une société et l’intégration des immigrés. D’après l’ OCDE, l’Espagne se situe à al tête de l’échec scolaire et à la queue des investissements en matière d’éducation. Une des conséquences de cet abandon budgétaire c’est que à la fois que la population scolaire immigrées augmente, l’amassement dans les écoles aussi ce qui crée une détérioration du système éducatif. On pourrait en dire exactement de même de la santé publique, des transports, du logement, ou de l’équipement social et culturel de nos quartiers
La réduction continue des recours que l’état consacre à ceux-ci  entre en contraste avec la fureur des privatisations et la spéculation sauvage au bénéfice d’une minorité de multi millionnaires et au détriment de la majorité de la population, immigrée et native.
Cette précarité matérielle ajoutée au contenu actuel du débat politique sur l’immigration, constitue la recette parfaite pour le racisme.
La droite, et dans la pratique, les dirigeants socialistes qui ne font rien pour changer nos conditions d’existence dans les quartiers, présentent les immigrés comme un danger pour nos droits sociaux.
Ce sont eux les responsables de la surpopulation dans les écoles et de la chute de la qualité de l’assistance dans les hôpitaux publiques. En fait, la présence massive d’immigrés provoque une situation très différente selon que l’on soit ouvrier ou patron, prolétaire ou bourgeois. Pour ceux qui vivent de l’exploitation du travail d’autrui, avoir un immigré dans l’entreprise suppose une économie de 30% en moyenne sur la fiche de paie dans le cas ou le travailleur a ses papiers en règle ; s’il s’agit d’un « illégal » là on parle de conditions de demi esclavage.
L’attaque aux conditions d’existence des familles ouvrières n’a rien a voir avec la présence de plus ou moins d’étrangers dans le pays : si on observe la politique économique générale appliquée dans les 10 dernières années par le gouvernement précédent, de droite, et continuée aujourd’hui par les socialistes, on y retrouvera un seul et unique fil conducteur : garantir des bénéfices exorbitants aux grands capitalistes au détriment de la surexploitation des travailleurs. Les moyens insuffisants consacrés aux budgets de dépenses sociales, les différentes contre réformes du travail, la dernière réforme fiscale au profit des riches ou la modération salariale sont des mesures économiques dont le design n’a rien a voir avec la nationalité de ceux à qui elles nuisent, mais bien avec la classe sociale à laquelle ils appartiennent.

Notre problème, ce n’est pas l’immigration, c’est l’exploitation capitaliste

Face à l’inoculation du venin raciste, les marxistes nous continuons à partir du principe que les ouvriers nous n’avons pas de patrie, mais des intérêts communs car nous appartenons à une même classe exploitée, comme Marx et Engels l’expliquaient déjà il y a 150 ans. Cette position n’a rien à voir avec la morale ou la philanthropie, mais bien avec des intérêts tout a fait matériels. Seule l’union des travailleurs à l’échelle de l’état et internationale, au dessus de toute différence nationale, culturelle ou raciale peut faire face aux plans de la patronale. La tactique de diviser pour régner, qui essaye de s’appuyer sur la culpabilisation de l’ « étranger » est un vieux recours, même avant que l’immigration ne soit devenu le sujet préféré de la presse. Combien de fois a t’on essayé de justifier la fermeture ou la reconversion d’une entreprise parce que les travailleurs « étrangers » touchent moins ?
Ou le salariat s’unit dans la lutte, ou l’alternative est claire : « travailler plus pour toucher moins », comme le prêche Mr Juan Antonio Fernández de Sevilla, Espagnol et président de la non moins Espagnole « Asociación Nacional de Fabricantes de Automóviles » (Association Nationale de Fabricants d’Automobiles), pour « résoudre » la crise du secteur. Les dirigeants syndicaux ont assumé, dans le fond, ce faux programme de sauvetage en faisant concession après concession chez Opel a Zaragoza, Seat à Barcelone, Volkswagen de Navarre…Cependant, la magnifique victoire de la grève imposante des travailleurs Sud Coréens de Hyundai, cet été, qui ont obtenu des augmentations de salaire et une amélioration de leurs conditions de travail démontre qu’il serait possible de coordonner une lutte à l’échelle internationale, le meilleur antidote pour faire face au chantage des patrons, qui menacent leurs travailleurs de délocaliser leur production vers des pays ou la main d’œuvre est meilleur marché s’ils n’acceptent pas de réductions de salaire.
Cette unité est fondamentale en Espagne. Une action de revendication commune qui regrouperait la classe ouvrière native et étrangère aurait un effet mille fois plus puissant contre le venin de la réaction que mille mots pleins de morale et de bonnes intentions sur le caractère négatif du racisme selon l’habitude du réformisme.
Les millions d’immigrés qui travaillent et habitent actuellement l’Espagne, loin d’être nos ennemis, font partie de notre classe et ils joueront un rôle décisif en renforçant les files ouvrières dans les prochaines batailles entre le salariat et le capital.
Les forces les plus réactionnaires de la société s’efforceront de diviser notre classe, les secteurs plus avancés lutteront pour son unité.
Le programme du marxisme et la lutte pour la transformation socialiste de la société offrent la voie la plus conséquente pour la victoire de cette deuxième option.
Patrick Vandeweyer
Partido Comunista de Andalucía /Izquierda Unida/Lucha de Clases

aneck

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #13 le: 10 décembre 2006 à 16:14:22 »
moi ce qui me choque le plus dans les préjugés contre les immigrés c'est de croire que ce sont des parasites, qu'ils viennent en France (dans notre beau pays) pour abuser des aides... quand on voit dans quelles circonstances certains risquent leur vie et leurs derniers biens pour rejoindre l'europe, quand on voit le désespoir qui les pousse à quitter famille et pays, comment peut-on avoir de telles pensées simplistes...
mais les immigrés clandestins c'est une chose, les travailleurs pauvres s'en est une autre, les sans-papiers encore une autre, les descendants d'immigrés qui sont eux aussi victimes de discrimination encore une autre... il y a une multitude de problèmes différents qui sont trop souvent grossièrement mélangés... mais le problème en toile de fond c'est l'incapacité à accepter l'autre lorsqu'il est "visiblement" étranger... comme le disait l'écrivain américaine Toni Morisson : un italien immigré aux USA reste un blanc, un irlandais aussi, mais un noir américain là depuis bien plus longtemps est toujours considéré comme un étranger dans son propre pays car il est noir. je crois que malheureusement, au-delà des problèmes économiques et sociaux, le racisme s'est de ne pas pouvoir concevoir que la couleur de la peau n'a aucune importance.

aneck

  • Invité
Sarkozy/Racisme/Immigration
« Réponse #14 le: 11 décembre 2006 à 11:34:01 »
je voulais rajouter à mon propos l'information suivante : il y a eu un colloque le 6 décembre dernier à Toulouse sur le sujet de l'immigration et pour lutter contre les préjugés, un ouvrage a été conseillé "Sud Ouest, porte des outre-mers" aux éditions Milan. Apparement d'autres expositions, colloques et conférences auront lieu à Bordeaux et Montpellier prochainement (?) et un documentaire TV est prévu pour 2007.