Salut camarades,
Le NPA a choisi par une courte majorité de fait 53%, (121 pour, 50 contre, 18 abs, 47 NPPV, qui sont comptabilisés comme votants !), lors de sa Conférence Nationale à Nanterre ce week end, Philippe Poutou…
Cependant, le nouveau candidat et le NPA devront surmonter outre une crise interne, de trouver 500 signatures d’élu(e)s, dans les huit mois qui viennent, et pas sûr que la pugnacité du candidat, suffise...…
On pourrait objecter que Sylvia Zappi dit bien ce qu'elle veut, c'est pas nouveau, cependant dans cet article il y a non les commentaires de sa part, mais des élements de se qui joue au sein du NPA. Mais pour rester tant soit peu objectif et pluraliste, dans l’article qui suit, de la dite « spécialiste au Monde » du mouvement communiste, qui en profite aussi pour régler ses comptes d’ex LCR avec le NPA et souvent le mouvement communiste en général…
... Je mets donc aussi, un article publié sur le site du NPA, quant à la candidature de Philippe Poutou, qui est inconnu à échelle large...
Fraternellement,
W catharos
En pleine crise, le NPA choisit la ligne du repli
25.06.11
En décidant de jeter l'éponge pour 2012, Olivier Besancenot a-t-il mesuré la crise qu'il déclenchait au Nouveau Parti anticapitaliste ? Ou a-t-il sciemment décidé de pratiquer la politique de la terre brûlée ?
L'organisation révolutionnaire réunit, samedi 25 et dimanche 26 juin à Nanterre (Hauts-de-Seine), une conférence nationale pour désigner le ou la camarade qui portera ses couleurs en 2012. Mais c'est dans un climat de profonde division que l'organisation va tenter de trouver son nouveau porte-drapeau. Signe du désarroi, seuls 3 100 militants ont voté lors de cette consultation. Divisé, amoindri, le NPA plafonne à 0,5 % dans les sondages. Depuis l'envoi de sa lettre aux militants datée du 5 mai, où il annonçait qu'il ne voulait pas être candidat à la présidentielle et souhaitait "passer le relais à un(e) autre camarade", l'ex-porte-parole du NPA a activement participé aux débats qui ont mené à l'explosion de la majorité et de la direction du parti, entraînant une déflagration majeure dans toute l'organisation.
Que cherche-t-il ? On le savait hésitant depuis de longs mois sur sa présence à la présidentielle de 2012. Il n'avait pas envie de devenir une "Arlette bis", en référence aux six candidatures successives de la représentante de Lutte ouvrière (LO). Il voulait amoindrir la pression médiatique et passer à autre chose. Mais à la veille du congrès de février, il rassurait ses amis : il repartirait pour un tour à la présidentielle.
Deux mois plus tard, en avril, le NPA propose à l'ensemble de la gauche radicale l'idée d'une "candidature du mouvement social" pour tenter de mettre Jean-Luc Mélenchon en porte-à-faux. Les dirigeants du NPA entament même des discussions sur un possible programme présidentiel. Sans conclusions, mais l'attitude demeure plus ouverte que lors des régionales de mars 2010.
DEUX CAMPS SE TOISENT
M. Besancenot vit mal cet entre-deux. Il souhaite stopper les discussions avec le Parti de gauche et le PCF, qu'il juge vaines et susceptibles de brouiller l'image radicale du NPA qu'il avait réussi à imposer. Il change alors de pied et annonce à ses mentors, Alain Krivine et François Sabado, qu'il n'y va plus. Le leader envoie sa lettre à l'organisation et mène bataille pour imposer le lancement d'une candidature "pur jus" le plus rapidement possible. Il y parvient lors du conseil politique national qui suit, mais au prix d'un éclatement de la majorité. Autour de lui restent des personnalités comme Alain Krivine et Christine Poupin, qui décident de s'allier aux plus identitaires du parti venus de LO ou de groupuscules révolutionnaires.
Ses anciens alliés Pierre-François Grond ou Frédéric Borras se retrouvent, eux, dans la minorité. Ainsi que Myriam Martin, l'autre porte-parole, dont le nom avait été évoqué pour porter les couleurs du parti en 2012.
Lors de la consultation des militants, organisée depuis dix jours, la nouvelle majorité emmenée par M. Besancenot a obtenu 50,2 % des voix, contre 41 % à la plate-forme défendue par ses anciens proches. Un autre petit courant plus sectaire atteint 5,75 %.
Désormais, les deux camps se toisent. Les proches de M. Besancenot accusent les minoritaires de vouloir "créer un bloc regroupant à la gauche du PS", et de regarder du côté du PCF, "qui est mouillé jusqu'au cou dans les institutions du capitalisme". Les autres dénoncent une majorité qui "cultive l'isolement comme une vertu".
La direction a décidé de présenter la candidature à l'élection présidentielle de Philippe Poutou, ouvrier du secteur automobile, syndicaliste CGT de 44 ans. L'homme a fait ses premières armes comme candidat aux européennes en 2009 puis aux régionales de 2010. Il milite à Bordeaux où les anciens de LO tiennent le NPA local. Pas vraiment une image d'ouverture.
Sylvia Zappi Article paru dans l'édition du 26.06.11
NPA : Philippe Poutou, un ouvrier pugnace pour succéder à Besancenot
samedi 25 juin 2011
BORDEAUX, 25 juin 2011 (AFP)
Philippe Poutou, désigné candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) pour la présidentielle, est un ouvrier qui s'est fait connaître à travers le combat qu'il mène depuis des années à la CGT pour la sauvegarde des emplois au sein de son usine Ford de Blanquefort (Gironde).
Contrairement au populaire Olivier Besancenot, que beaucoup de cadres du parti ont poussé à se présenter pour la troisième fois à la présidentielle Philippe Poutou est un total inconnu du grand public et "même d'une partie de la direction du parti", s'inquiètent certains de ceux qui, au NPA, entendent poursuivre à l'avenir les discussions avec le Front de gauche (FG).
D'ailleurs, selon Christian Picquet, un ancien de la Ligue communiste révolutionnaire (devenue NPA) ayant rejoint le FG de Jean-Luc Mélenchon, M. Poutou, qui fut un temps proche de Lutte ouvrière, fait "partie de l'aile la plus sectaire du NPA, la plus hostile à tout dialogue avec le reste de la gauche et à toute forme d'accord et d'alliances avec le Front de gauche".
Très pugnace, cet homme de 44 ans a en tout cas toujours su mener de front aussi bien ses activités syndicales que politiques. "Grâce à son charisme, il a su grimper rapidement les échelons (dans ces deux organisations) pour lesquelles il se rend disponible 7 jours sur 7", souligne un de ses camarades de la CGT.
Aujourd'hui, il est secrétaire CGT de Ford Aquitaine Industrie (FAI) alors que pour le compte du NPA, il s'est déjà présenté à trois élections, comme tête de liste aux élections régionales de 2010 (2, 52% des voix) ainsi qu'aux européennes pour le Sud-Ouest en 2009 et aux législatives en Gironde en 2007 sous l'étiquette LCR.
C'est à partir de 2007 que le nom de Philippe Poutou, alors délégué CGT à l'usine, a commencé à apparaître dans les médias, quand Ford a annoncé la fin de la production en 2010 de boîtes automatiques sur le site de Blanquefort faisant planer des menaces pour l'emploi de quelques 2.000 salariés.
Toujours disponible, excellent orateur, cet homme au look très décontracté s'est vite imposé comme un interlocuteur privilégié des journalistes au sujet de l'avenir de ce site.
Aux côtés d'autres syndicalistes, il a participé à des dizaines de réunions avec la direction ainsi que les représentants politiques de tous bords.
Toujours calme, il a, "grâce à son intelligence, toujours su apaiser les esprits", reconnaît un syndicaliste.
Parallèlement, ce grand quadragénaire au physique sec a été de toutes le manifestations, dans les rues de Bordeaux comme au salon de l'automobile à Paris, afin de sensibiliser l'opinion sur les menaces pesant sur les emplois de Ford.
Toujours volontaire, il se laissait parfois aller à un peu de lassitude devant l'inertie de nombre de salariés qui semblaient baisser les bras face à la fatalité à laquelle il s'est toujours refusé.
Le combat a cependant fini par payer, puisque début mai, le géant de l'automobile américain a confirmé un plan industriel permettant de pérenniser 955 emplois au sein de FAI.
Mais ce n'est pas pour autant qu'au cours de toutes ces années, il a laissé tomber son métier d'ouvrier au sein de l'usine dans laquelle il a été embauché au début des années 2000, après un grand nombre d'années d'intérim.
Ainsi, tous les matins, cet ouvrier aux cheveux grisonnants sur un front dégarni a continué d'arriver à 6H00 pour prendre son poste de réparateur de machines-outils dans l'usine.
Très simple et facilement à l'aise, il mène une vie tranquille à Bordeaux auprès de sa compagne et leurs deux enfants.