Auteur Sujet: La TVA sociale : que cherche la droite ?  (Lu 275 fois)

Hors ligne geronimo

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La TVA sociale : que cherche la droite ?
« le: 05 janvier 2012 à 21:12:05 »
Depuis quelques jours, le clan Sarkozy a remis sur le tapis ce projet antisocial : la TVA sociale. Sur le fond c'est le coup de grâce aux acquis de la libération issus du Conseil National de la Résistance. Ces acquis datent d'une époque où le rapport de force social était beaucoup plus favorable à la classe ouvrière avec un PCF à près de 30 % des voix, une SFIO au dessus de 25 %, une CGT qui comptait presque 7 millions de syndiqués. C'est à cette époque et dans le cadre de ce rapport de force que c'est construit ce qu'on appelle « le modèle social français », basé sur la solidarité nationale avec la création du salaire différé et collectivisé avec les cotisations sociales au départ financées à 50 % sur le salaire et à 50 % par le patronat (donc pris sur les profits). C'est ce modèle, qui sans être une révolution politique, a constitué pour les travailleurs un acquis et une assurance, au moins minimum, contre les aléas de la vie (maladie, chômage, famille, vieillesse) financé en dernière analyse par le capital et donc pris sur les profits du capital, que Sarkozy veut détruire.
Il avait évoqué la TVA sociale en 2007 et déjà sous le prétexte de la concurrence internationale dans le cadre de la "mondialisation", comme une solution pour améliorer le concurrence française sur le marché international. Il y a renoncé car au bout de 5 ans les salariés se seraient rendu compte que c'est eux en tant que consommateurs auraient financé la sécurité sociale sur leur pouvoir d'achat et non plus le capital.
Aujourd'hui le premier ministre annonce que le projet de tva sociale doit être adopté avant la fin février. Dans le même temps un sondage publié par l'humanité nous apprend que 65 % des français seraient contre la TVA sociale !
Alors je pose une question ou plutôt plusieurs.
Le président sortant espère t'il qu'une augmentation apparente sur la fiche de paye (le salaire net, celui que tous les salariés regardent car c'est celui-là qui entre dans leur compte en banque) au mois d'avril pourrait lui rapporter quelques voix supplémentaires pour être réélu sur l'illusion d'une augmentation apparente du pouvoir d'achat (Cf. "travailler plus pour gagner plus" de 2007) ? Vu la dépolitisation du monde du travail cela ne me parait pas impossible.
A l'opposé des hypothèses, pense t'il qu'il a déjà perdu, et alors il veut donner le coup de grâce à ce système qui coute cher à sa classe sociale ?
Ou peut-être est-ce seulement un moyen d'occuper le terrain médiatique tout en semant la zizanie au PS (CF les position d'E. Vals sur la TVA sociale).
Je pense qu'un tel projet mérite une mobilisation de grande ampleur. Mais après l'échec sur le conflit des retraites, malgré les sondages de l'huma, le mouvement syndical est en difficulté pour mobiliser les salariés. Ce nouveau pavé dans la marre jeté par l'UMP est donc une façon d'axer un peu plus la campagne électorale à droite sans gros risque d'explosion sociale ?

Hors ligne pierre

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Re : La TVA sociale : que cherche la droite ?
« Réponse #1 le: 06 janvier 2012 à 20:37:57 »
Voici la délaration de la CGT, si ça peut t'éclairer :

TVA anti-sociale
jeudi 5 janvier 2012
Au moment même où la CGT était reçue ce matin par Xavier BERTRAND, en vue de la préparation du sommet « social » du 18 janvier prochain, le Premier Ministre annonçait de son côté qu’un projet de loi sera examiné en février et le Parlement convoqué en session extraordinaire.

Or, sur la TVA « sociale », le Ministre du Travail affirme qu’aucun dispositif précis n’est déterminé. A quoi va réellement servir le sommet dit social ? Ne s’agit-il pas tout simplement d’un nouveau plan de communication du président … ou sommet anti-social.

Pour la CGT, cette mesure est une arnaque, une mesure anti-sociale. L’augmentation de la TVA aura un effet négatif sur le pouvoir d’achat de toute la population. De plus, la TVA, dont l’impact est plus fort pour les bas revenus que pour les hauts revenus, est particulièrement inégalitaire. Cela va aussi réduire la croissance et amplifier la crise.

L’instauration de cette TVA anti-sociale ne vise qu’à répondre à une préconisation patronale de transférer 80% de cotisations sociales sur le contribuable et le consommateur.

Pour la CGT, il y a d’autres solutions pour sortir de la crise, entre autre :

 Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux ;

 Réformer la fiscalité en profondeur ;

 Contrôler les aides publiques aux entreprises ;

 Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.

Face au chantage sur les droits sociaux, la CGT appelle les salariés à faire du 18 janvier prochain une journée d’action interprofessionnelle en se mobilisant sous toutes les formes, pour se faire entendre du patronat et du gouvernement.

Montreuil, le 5 janvier 2011