Dans le système capitaliste, un étranger qui arrive en France a toutes les chances de devenir chômeur ou travailleur au noir du fait des préjugés des employeurs et des difficultés administratives que l’État français fait peser sur lui. Dans le premier cas, il "coûte" parce qu'il faudra l'entretenir si on ne veut pas que des gens meurent de faim sur notre territoire, dans le second cas il sera une arme entre les mains des patrons pour exercer une pression à la baisse des salaires et des conditions de travail des salariés déclarés.
Ceux qui comme Le Pen, Sarkozy, Bayrou ou Hollande inscrivent leur projet dans le cadre du capitalisme ont en réalité tous la même "solution" à ce "problème" : chasser les étrangers "inutiles" et ne garder que les "utiles", leurs points de vue divergent uniquement sur la manière de définir ces deux catégories. S'y ajoute pour les partis modérés une dose de "charité" qui veut qu'on accueille quelques "inutiles" parce que les conditions de vie dans leurs pays sont vraiment trop horribles, mais en restreignant cette "générosité" à une part raisonnable.
Les communistes eux, raisonnent différemment. En effet, dans une société socialiste, un nouveau travailleur qui arrive sur le territoire est une chance car c'est une nouvelle force productive qu'une organisation rationnelle du travail permettra d'intégrer dans l'appareil productif et ainsi, de l'améliorer. En conséquence, il y a peu de limites au nombre de travailleurs qu'un pays socialiste pourrait "absorber" dans son économie, surtout un grand pays avec de vastes zones dépeuplées comme la France. Ainsi, le combat pour le socialisme permet de réconcilier les travailleurs nationaux avec leurs frères étrangers, car il leur permettra à tous de se libérer des chaînes de leur exploitation sans qu'aucun d'entre eux n'ait quelque chose à y perdre.
De plus, la perspective internationaliste du communisme (défendue en son temps par Trotsky contre Staline), fait que la libération successive de plusieurs pays de l'oppression capitaliste fera diminuer l'immigration économique et permettra à chacun de vivre heureux, dans le pays où il est né ou ailleurs, en fonction de ses propres désirs (et des capacités d'accueil du lieu, en effet, on ne fera pas entrer la population de la Chine au Luxembourg).
Ceux qui, dans le PCF, défendent l'idée selon laquelle "on ne peut pas accueillir toute la misère du Monde", comme Gérin et Dang-Tran (ou Marchais et Hue en leur temps), et qui justifient donc à mi-mots les expulsions ont en réalité cessé de défendre l'objectif du communisme. C'est particulièrement flagrant dans le cas de Gérin qui passe son temps a encenser les "petits patrons français" avec lesquels il faudrait nécessairement que les travailleurs coopèrent au service de "l'intérêt général". Ce genre d'idées n'ont à mon avis pas leur place dans un mouvement communiste sain.