Auteur Sujet: Entre local et national, contradictions et continuitées  (Lu 642 fois)

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Entre local et national, contradictions et continuitées
« le: 25 février 2010 à 10:51:08 »
http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/LEFEBVRE/18193

Bonjour,

Je suis plutôt proche du NPA bien que surtout dans la mouvance décroissante. Je viens ici pour débattre.

L'article que je mets ci-dessus, est peut-être déjà connu de plusieurs d'entre-vous. J'aimerais avoir votre sentiment sur son analyse, dans un premier temps. Et celles-ci seront peut-être passionnées tout d'abord.
Dans un second temps, cela permettra peut-être de poser la question de la continuité des formes de la gauche dans le paysage local et national.

Hors ligne Maximilien Robespierre

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Re : Entre local et national, contradictions et continuitées
« Réponse #1 le: 25 février 2010 à 11:20:19 »
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Le Parti communiste français (PCF), enfin, hésite entre la poursuite du Front de gauche (2) et une alliance classique avec le PS, moins aventureuse, qui aurait l’avantage de lui assurer d’emblée un minimum de mandats. L’intérêt des appareils politiques prime ici sur toute autre considération : les enjeux internes à la gauche ont pris le pas sur les préoccupations externes et les intérêts des groupes sociaux qu’elle est censée défendre.

Citer
L’apolitisme tient souvent lieu de projet à des élus qui cherchent avant tout à conforter leur implantation et répugnent à un marquage partisan trop net de leur action. La dépolitisation du discours local n’est au total que l’envers de la notabilisation du parti.

Citer
La problématique du PCF est un peu différente. On observe, certes, un renforcement du pouvoir des élus dans un parti qui cherchait historiquement à les contrôler pour éviter toute dérive de personnalisation notabiliaire (le cumul était globalement interdit jusque dans les années 1970). Le PCF retrouve l’« implantation en archipel » qui était la sienne dans l’entre-deux-guerres : son électorat se dénationalise et se rétracte sur ses bases locales.

Citer
Au total, les institutions locales tiennent les partis de gauche beaucoup plus que l’inverse.

Je vous conseillent de lire cet article, il est plutôt bien. Pour ceux qui ne se sentent pas la motivation, j'ai mis quelques citations au dessus.

Néanmoins, j'aimerais faire un reproche par rapport à ma première citation. Dans la même phrase, l'auteur dis que les intérêts de l'appareil prime mais que le PCF se dirige vers une stratégie du Front de Gauche qui menace pas mal de postes d'élus. Pourquoi cette dichotomie ?... A cause d'un facteur important que néglige cet article : la poussée des masses.

J'entend par là, non seulement la poussée des militants, beaucoup plus nombreux à être d'origine ouvrière qu'au PS, mais aussi la poussé des travailleurs qui, notamment, par son vote, sanctionne systématiquement les collusions du PCF avec la bourgeoisie. En conséquence, les dirigeants même les plus bureaucratiques sont obligés de composer avec cette poussée à la base.

C'est la présence de cette base populaire, encore fortement intéressée par ce que fait le PCF, qui fait qu'il n'est pas mort et qu'il est toujours, un parti de masse.
"La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte". Maximilien Robespierre.

Hors ligne Lotaire

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Re : Entre local et national, contradictions et continuitées
« Réponse #2 le: 12 mars 2010 à 09:21:24 »
Merci Max d'avoir lu l'article. J'espère que d'autres l'ont fait également. Je n'avais pas beaucoup de temps malheureusement pour relancer un peu le débat..

Je crois que Rémy Lefevre ne dit pas que le PC se dirige vers le front de gauche mais qu'il hésite. Il écrit cependant en novembre et on a vu que les stratégies d'alliance ne donnent effectivement pas la même chose partout, le PC étant souvent dans le front de gauche. Je ne crois pas que ca remette en cause l'analyse en terme d'appareil et de préservation des places. De fait, celle-ci sont menacée par un vieillissement de l'électorat populaire et par un renouvellement du PC avec des jeunes diplômés, de celles et ceux qui peuvent lire Badiou..

Car il faut à mon sens une sacré dose de conscience et de connaissance politique pour ne pas être découragé par le dénigrement du communisme. L'immense majorité de la société baigne depuis la chute du mur de Berlin dans un anti-communisme primaire qui amalgame ideologie politique et expression historique particulière. Il est vrai que la Chine et même Cuba ne rattrape rien. De fait la complexité n'étant pas accessible sans lecture et réflexion, l'électorat ne peut être que de vieux habitués ou de jeunes intellectuels. Les autres catégories sont floues et, à mon sens, aléatoire, plus ou moins clientelisées.


Mon problème reste tout de même celui de l'intérêt à conserver/gagner des postes, pour s'assurer des carrières professionnelles, un peu plus intéressantes que celles d'ouvrier ou d'intello précaire, et, pour ce faire d'être peu intéressé par les élections nationales (autrement que comme terrain de critique facile et déconnectée de la réalité pratique).

Je ne comprends pas plus que le non cumul ne soit plus obligatoire pour les élus communistes.