Bonjour,
Je vais voter NPA au premier tour et Huchon au second. Pourquoi ?
Parce que je ne suis pas contre le capitalisme dans l'absolu mais dans le cadre du déroulement de l'histoire.
Parce que Europe écologie sera une composante de la majorité socialiste régionale et que, malgré un glissement vers la droite, l'écologie politique reste très présente dans cette formation, et donc un projet de société post-capitaliste.
Je ne suis pas encarté au NPA et je ne le ferais pas même si je leur signe un chèque. Car je ne veux pas risquer ce que je lis un peu ici et que j'attends beaucoup dans les réunions politiques en tout genre : l'appartenance, le sentiment identitaire, le communautaire.
Je ne cherche pas à faire de la provocation pour le plaisir en vous impliquant un peu dans cette analyse des discours (quelques uns s'en démarque d'ailleurs). Je constate seulement que le vocabulaire (les capitalistes, les bourgeois, le marxisme-léninisme etc..) et la connaissance des interrelations entre formations politiques et affinités ou rejets supposés ou réels sont beaucoup plus mobilisés que la réflexion sur les institutions, sur les programmes, sur l'analyse sociologique de l'électorat.
La société française, comme tous les pays développés a connu au XXè siècle un glissement au centre droit, par le poids mécanique de la classe moyenne et le rayonnement idéologique de sa partie haute. La mobilité sociale structurelle qui a progressivement vidé la classe ouvrière et le tissu industriel vers le tertiaire et l'ère des cadres, ont changé la donne politique et ont amené la droite à mollir (elle est même avec son durcissement sarkozyste loin de celle du début de XXè) et la gauche à se libéraliser.
Lorsque certains disent ici que le NPA ne voit plus le PS comme un parti de gauche... Et bien si, malheureusement, la majorité de Npistes voit le PS comme un allié à gauche, comme vous...
Or ce n'est plus le cas. Mais vous abordez un peu le pourquoi du comment : les élus sont une caste éloignée des problèmes réels et assez autonome finalement par rapport à des électeurs dont les capacités politiques sont trop faibles, trop souvent, pour lui permettre de n'être plus captif. Ce à quoi il faut ajouter une offre politique mal lisible, car assez verrouillée (loi de financement des partis, représentativité médiatique etc..).
Le PS est un parti d'énarques et de Sc.Po. Parisiens ou parisianistes, de vedettes élues sur leur audience médiatique et un flou idéologique savamment entretenu.. Ce qui répond, même mal, au désir d'une grande masse hétéroclite de pouvoir se 'sentir' de gauche tout en étant pour la propriété privé mais aussi la propriété sociale, pour l'accumulation de biens de consommation mais aussi des équipements socialisés, pour l'éducation privée mais aussi l'école publique, pour la méritocratie républicaine mais aussi l'égalité, pour les soins privés mais aussi l'accès aux soins, le financement publique des entreprises privées (soit reverser aux entreprises une partie du revenu de ses salariés via les impôts...) mais aussi les services publiques, des inégalités de salaire de 1 à 1000 mais aussi le Smic et la protection sociale, etc, etc...
Si on peut 'être de gauche' en étant pour la moitié de ces contradictions cuisantes, alors la gauche ne veut déjà plus rien dire. La gauche de quoi d'ailleurs ? l'UMP est à gauche du FN.. Est-ce un parti de gauche ? Le Modem à gauche de l'UMP ? Parti de gauche ?
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Je me fous de savoir si tel communiste est trotskyste, mao ou lénino-oulipien, révolutionnaire ou réformiste !
Ou plutôt j'aimerais que ces étiquettes ne viennent plus polluer la politique, LE politique, au sens d'une vision de l'avenir et de la gestion de la chose publique à court, moyen et long terme à fabriquer.
Il y a un parti d'écologie politique et sociale à créer, qui rassemble autour de quelques convictions simples même si complexes dans les débats qui peuvent en découler pour application :
- la terre n'est pas inépuisable, elle ne supportera jamais 15 milliard d'individu, quelque soit les 'progrès' technologiques. Il faut donc arrêter, partout, toute politique nataliste et pour le coup être libéral du point de vue de la famille.
- La capitalisme est une phase de la civilisation qui permet l'émancipation des contraintes naturelles et la possibilité de dépassement du régime hiérarchique qui a constitué le coeur du phénomène civilisationnel. Sa pérennisation, sous perfusion, est mortifère.
- L'économie doit respecter les différences territoriales et ne s'interdire ni libre échange, ni protectionnisme, si et seulement si ils sont subordonnés à l'égalité et la solidarité entre territoires. L'objectif du travail est de disparaitre à terme au profit de l'activité. Certains tâches (rares) doivent être obligatoires et mutualisées sur tous le corps social.
- Le politique doit aller vers la démocratie (il n'existe actuellement que des républiques). Du tirage au sort donc, de la formation civique et critique à tous les niveaux d'éducation, l'obligation de voter pour les mandats électifs, le non-cumul, aucun mandats renouvelable plus de 2 fois, un maximum de 4(5) mandats par personnes durant sa vie (etc..).
Ses points clés doivent être un socle commun qui doit effacer toutes les pré-notions organisationnelles et militantes au profit d'une synthèse tournée vers l'avenir. Le passé doit rester de l'histoire, dont la connaissance ne doit pas impliquer des prolongements dogmatiques, habituels, routiniers.
Il n'y a pas d'avenir pour l'humanité en dehors de cette construction.