Auteur Sujet: Des suites de la Conférence Nationale du PCF  (Lu 339 fois)

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Des suites de la Conférence Nationale du PCF
« le: 05 juin 2011 à 21:02:31 »
Salut camarades,

Cette Conférence Nationale du PCF, pleine de rebondissements, montre bien que les communistes veulent rester jusqu'au bout maîtres de leur choix...

Cet article, montre bien les conditions, je ne developpe pas plus, pour engager le débat...

Premières remarques sur la Conférence Nationale du PCF
05- 06-2011

La Conférence Nationale du PCF s’est prononcée pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, à 63,6 % des voix. Ce n’est pas une surprise. La composition de la Conférence assurait d’avance une majorité à la direction nationale du parti. Le seul élément d’incertitude concernait le bulletin de vote qui sera soumis au suffrage des militants, les 16, 17 et 18 juin. Plusieurs dirigeants nationaux, dont Pierre Laurent, s’étaient prononcés contre le principe d’une « primaire » pour départager les candidatures de Chassaigne et Mélenchon. Autrement dit, de ces deux noms, seul celui Mélenchon devait figurer sur le bulletin de vote. Cette hypothèse était renforcée par plusieurs déclarations d’André Chassaigne lui-même, qui avait affirmé qu’il n’irait pas « au-delà » de la Conférence Nationale, si celle-ci se prononçait pour Mélenchon.

Finalement, André Chassaigne a annoncé qu’il souhaitait figurer sur le bulletin de vote. Le fait est que beaucoup de camarades le lui demandaient – et demandaient à la direction nationale d’y faire droit. Cette exigence a fait l’objet d’un grand nombre d’interventions à la Conférence Nationale. Au cours des dernières semaines, le mécontentement de nombreux camarades s’est exprimé de plus en plus fortement, dans les sections et fédérations du parti. Ce mécontentement s’alimente à plusieurs sources. A travers la candidature de Chassaigne, beaucoup de camarades défendent la nécessité que le PCF – et les idées du communisme – figurent au premier plan de la campagne électorale. C’est aussi le point de vue de La Riposte. Par ailleurs, la position de Mélenchon sur la guerre en Libye a choqué de nombreux camarades. Mais même des camarades plutôt favorables à Mélenchon, initialement, ont eu le sentiment – parfaitement fondé – que la direction du parti cherchait à imposer cette candidature au détriment d’un débat pleinement démocratique, au sein du parti. A cela se sont ajoutées les prétentions disproportionnées du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire sur les candidatures aux élections législatives. Au final, si la Conférence Nationale avait adopté un bulletin de vote ne comprenant pas la candidature de Chassaigne, ce serait très mal passé à la base du parti. Et ni Chassaigne, ni la direction nationale ne voulaient prendre la responsabilité de déclencher une crise interne sur cette question.

André Gerin a annoncé qu’il retirait sa candidature. Il appelle les militants à voter pour André Chassaigne. Ce sera évidemment compris et apprécié par les camarades qui soutiennent la candidature de Chassaigne. A l’inverse, Emmanuel Dang Tran a annoncé qu’il maintenait sa candidature. Nous reviendrons plus tard sur les idées politiques de Dang Tran, avec lesquelles La Riposte a des divergences de fond. Mais dans l’immédiat, le fait qu’il maintienne sa candidature apparaîtra à beaucoup de communistes comme une division qui risque de favoriser la candidature de Mélenchon. Les centaines de voix – et peut-être plus – qui se porteront sur le nom de Dang Tran pourraient manquer à la candidature d’André Chassaigne.

Dans les jours à venir, on entendra certainement l’argument suivant : « si les militants communistes désignent Chassaigne, le Front de Gauche explosera ». Pourquoi ? Parce que Mélenchon maintiendrait tout de même sa candidature à la présidentielle. Il est vrai que Mélenchon l’a suggéré à plusieurs reprises. Mais ceci n’est pas vraiment un « argument » ; c’est plutôt un chantage. Et cela fait précisément partie des choses qui ont irrité la base du parti, car cela revient à dire que la désignation de Mélenchon est une condition sine qua non de l’existence du Front de gauche. Or, ce n’est évidemment pas ainsi que l’écrasante majorité des militants communistes comprennent le Front de gauche.

La Riposte avait demandé que Chassaigne figure sur le bulletin de vote. A présent, nous appelons à soutenir sa candidature. Mais surtout, nous insistons sur la nécessité de mener campagne sur un programme communiste. Le fait que la Conférence Nationale se soit concentrée sur la question des candidatures, au détriment du programme, était sans doute inévitable. Mais la question du programme demeure absolument décisive. La candidature d’André Chassaigne ne prendrait tout son sens qu’à condition de reposer sur un programme défendant une alternative révolutionnaire au capitalisme en crise. A ce stade, le « programme populaire et partagé » comporte de nombreuses propositions positives. Mais il doit être complété par des mesures visant à briser le pouvoir d’une poignée de capitalistes sur l’économie, à commencer par la nationalisation de l’ensemble du secteur bancaire sous le contrôle des salariés et de leurs organisations.

La Riposte

"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : Des suites de la Conférence Nationale du PCF
« Réponse #1 le: 05 juin 2011 à 21:09:34 »
Nous pensions que la direction a verrouillé les délégations pour cette conférence... Si c'est bel et bien le cas... je n'ose pas imaginer le nombre de communistes qui sont contre Mélenchon !

Je viens de voir la réaction de Mélenchon sur BFM TV, et je peux vous dire qu'il semblait agassé : "si on me veut, qu'on le dise clairement, oui ou non, mais allons y, avec le cœur !" Pour moi, ça veut simplement dire que Mélenchon n'en peut plus d'attendre la réaction des communistes. Et c'est pas plus mal.

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Re : Des suites de la Conférence Nationale du PCF
« Réponse #2 le: 05 juin 2011 à 21:34:10 »
Salut Christophe,

Effectivement, beaucoup, et la majorité des prises de paroles (même si plus de 80 délégué(e)s inscrits, n'ont pu prendre la prendre, faute de temps...), de ce que j'ai constaté, et demain l'Humanité sur cinq pages en parlera sans doute, posant le problème démocratique, le droit du choix, pas des primaires, mais que les divergeances, toutes les divergeances devaient s'exprimer, ont fait aussi la différence, car la frustration aurait été immense...

Le questionnement des militants du PCF s'est exprimé légitimement et Mélenchon attendra, s'il doit être officiellement le candidat pour le Front de Gauche. Jean Luc Mélenchon doit apprendre que la patience est une vertu révolutionnaire...  ;D

En fait, le droit aux communistes de se prononcer par leur vote sur trois candidatures, même si André Gérin, s'est retiré, ce qui n'est pas un cadeau en fait pour André Chassaigne d'une certaine manière, je pense qu'il y avait une certaine fierté des camarades, pour dire au moins, regardez ! "La démocratie, on la demande dans les usines, elle ne s'est pas arrêté aux portes du Parti", parce que la condition importante pour éviter le déchirement, c'était aussi qu'André Chassaigne soit sur le bulletin de vote.

Fraternellement,
W catharos
« Modifié: 05 juin 2011 à 21:53:06 par W catharos »
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Re : Des suites de la Conférence Nationale du PCF
« Réponse #3 le: 06 juin 2011 à 00:17:18 »
Difficile de se faire une idée depuis la distance (je prends le soleil depuis la Costa del Sol) mais au vu des positions de Mélenchon sur, par exemple, l'intervention impérialiste en Libye, on se demande quand même ou se trouverait la "gauche" dans un Front de Gauche mené par...Mélenchon. Pas à la tête de la candidature en tout cas. Evidemment s'il rate la nomination comme candidat, cela pourrait vouloir dire l'éclatement du FdG dans la mesure ou il se présenterait de toute façon (et tel est le chantage au PCF), pour faire un virgule quelque chose des voix... Ou comment la queue remue le chien. Mais, bien sur, le chien survit très bien à l'amputation de la queue, alors que pour la queue coupée du chien c'est un peu plus dur...

Salutations communistes
PV
« Modifié: 06 juin 2011 à 00:18:50 par fireball »
Patrick Vandeweyer
Partido Comunista de Andalucía /Izquierda Unida/Lucha de Clases

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Re : Des suites de la Conférence Nationale du PCF
« Réponse #4 le: 11 juin 2011 à 17:44:49 »
Salut camarades,

La position de La Riposte, sur le choix et le vote du 16 au 18 juin dans les sections du PCF...

Sur la consultation interne au PCF
11-06-2011

Les militants communistes sont appelés à voter, du 16 au 18 juin, sur le candidat à la présidentielle que soutiendra le PCF. Depuis que Chassaigne a maintenu sa candidature et que Gérin a retiré la sienne, lors de la Conférence Nationale, trois noms figurent sur le bulletin de vote : Jean-Luc Mélenchon, André Chassaigne et Emmanuel Dang Tran.

Le maintien d’André Chassaigne n’était pas acquis. La direction du parti s’était prononcée à plusieurs reprises contre la possibilité que Mélenchon et Chassaigne figurent tous deux sur le bulletin de vote. Le maintien de ce dernier est le résultat d’une pression venue de la base du parti. Il n’aurait pas été acceptable qu’on propose simplement aux communistes de voter « pour » ou « contre » la candidature de Jean-Luc Mélenchon (celles de Dang Tran et Gérin n’ayant aucune chance de l’emporter).

En conséquence, la résolution adoptée par la Conférence Nationale affirme que les délégués sont « attachés à ce que chaque communiste puisse s’exprimer avec l’ensemble des options qui ont été portées dans le débat ». Cependant, dès le lendemain de la Conférence Nationale, Pierre Laurent déclarait sur RFI que si les militants communistes désignaient André Chassaigne, « ça ferait rentrer le Front de gauche dans une période d’instabilité, de non-décision. Je crois que ça serait problématique. » Depuis, pas un jour ne passe sans que des dirigeants du parti n’avertissent les militants communistes : la désignation de Chassaigne serait « problématique ». Voire pire que problématique. Dans une tribune publiée sur le site de L’Humanité, Robert Injey, membre de l’Exécutif national, affirme carrément que ce serait « tuer l’espoir ».

Des milliers de communistes vont voter pour André Chassaigne. Est-ce qu’on peut sérieusement les soupçonner de vouloir « tuer l’espoir » ? Evidemment pas. La grande majorité de ces camarades soutient la démarche du Front de gauche. Mais ils n’acceptent pas l’idée que la candidature de Jean-Luc Mélenchon soit la condition sine qua non de cette démarche. Et pourtant, c’est bien ainsi que les choses ont été conçues, de longue date, au sommet du parti. Comme tant d’autres camarades, nous l’avions anticipé et expliqué bien avant que Pierre Laurent ne prenne publiquement position en faveur de Mélenchon. L’attitude de la direction du parti vis-à-vis de la candidature d’André Chassaigne en était le signe le plus évident. Elle ne l’a pas soutenue. Et en l’absence de toute autre candidature émanant de la direction du parti, cela signifiait qu’elle se préparait à soutenir Mélenchon.

Robert Injey affirme que si Chassaigne l’emporte, il faudrait envisager de « laisser le double ou le triple des circonscriptions à nos partenaires », aux élections législatives. Ainsi, le PCF, qui constitue plus de 90 % des forces militantes du Front de gauche, devrait laisser 40 à 60 % des circonscriptions au Parti de Gauche et à la Gauche Unitaire, sous prétexte qu’un communiste serait investi à la présidentielle ! C’est absurde. Mais en réalité, Robert Injey lui-même ne prend pas cette hypothèse au sérieux. Il cherche simplement à effrayer les camarades qui sont tentés de voter pour André Chassaigne. Car la direction du parti n’a jamais envisagé et n’envisage toujours pas de « scénario Chassaigne ». Les « arguments » de Robert Injey visent à assurer la majorité la plus large possible à la candidature de Mélenchon, en transformant la consultation des communistes en un vote « pour » ou « contre » le Front de gauche, le « pour » s’identifiant alors au choix de Mélenchon. Il l’écrit même assez franchement : « l’enjeu du vote des communistes […] n’est pas le choix d’un individu, mais bien celui de la mise en œuvre d’une orientation stratégique, celle du Front de Gauche. »

Nous maintenons notre appel à voter pour André Chassaigne et à doter le PCF d’un programme véritablement communiste. La désignation de Jean-Luc Mélenchon encouragerait les dirigeants qui veulent transformer le PCF en une nouvelle force politique. Et quel que soit le candidat désigné, il faudra résister au projet de transformer le Front de gauche en un nouveau parti dont le PCF ne serait qu’une « composante ».

Pour autant, il ne faudrait pas se méprendre sur les motivations politiques des militants qui soutiennent la candidature de Mélenchon. La plupart d’entre eux veulent maintenir et renforcer le parti. Ils cherchent un moyen d’inverser le déclin qu’a connu le PCF depuis plusieurs décennies. Ils ont en tête les scores du parti aux deux dernières élections présidentielles. Ils craignent de revivre un tel échec. Nous ne partageons pas la conclusion qu’ils en tirent sur la question de la candidature à la présidentielle. Surtout, la clé du redressement du parti ne réside pas, en premier lieu, dans des formes d’alliance ou de rassemblement, mais dans un retour aux idées fondamentales du communisme : les idées du marxisme. Cela vaut également dans l’hypothèse d’une candidature d’André Chassaigne, qui en elle-même ne comblerait pas les carences du « programme populaire et partagé ». La question centrale qui se pose au parti, c’est la nécessité de mobiliser la jeunesse et les travailleurs autour d’un programme qui vise à remplacer le capitalisme par une autre société, une société socialiste, fondée sur la propriété publique des banques et des grands moyens de production. C’est à la fois la seule alternative au capitalisme en crise et la seule garantie d’un redressement durable du PCF.

La Riposte

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