Auteur Sujet: analyse des gréves de 2010  (Lu 394 fois)

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analyse des gréves de 2010
« le: 16 novembre 2010 à 11:59:27 »
Normalement, nous devrions nous réjouir des événements que la France a vécu. Ces grèves dans les principaux secteurs d'activité ont non seulement paralyse le pays et fait perdre quelques millions d'euro aux grands capitalistes, mais ils ont aussi permis de réunir une énorme partie de la masse ouvrière. Dans l'immédiat ces événements peuvent sembler être un échec mais au contraire, ils ont fait prendre conscience aux ouvriers de la nécessité d'aller encore plus loin et encore plus fort car les anciennes méthodes de pression sur le gouvernement (grève massive, blocage des transports et des marchandises...) n'ont plus d'effet sur un gouvernement autoritaire et qui ignore son propre peuple.

Ces événements marquent une fracture dans l'évolution moderne de la lutte des classes et nous nous devons d'exploiter cette fracture. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les gouvernements ont toujours eu peur de la réaction du peuple et ils étaient prêts à céder face à la force potentielle du peuple et cette force est toujours restée qu'un potentiel. De De Gaulle avec mai 68 à Chirac avec le CPE, tous ont cédé lorsque le peuple sortait en masse dans la rue et ceci bien avant  une perspective révolutionnaire. Cette période est révolue. Sarkozy a testé le peuple pour voir jusqu'où il irait. Si nous prenons les 15 plus grosses manifestations du dernier siècle, 7 ont été réalisées sous le mandat de Nicolas Sarkozy et jamais ce dernier n'a cédé, que ce soit avec les étudiants et leur 4 mois de paralysie de la FAC ou avec les travailleurs et les dernières manifestations. Sarkozy teste le peuple et gagne toujours. En effet, les ouvriers sont malheureusement obligés de retourner au travail. Et ce pour deux raisons dont l'une est naturelle et l'autre dramatique. La première raison est qu'après 15 jours ou trois semaines de grève, la paie des salariés est maigre et il ait alors très dur de vivre ainsi. Tout le monde le sait et le gouvernement le premier. La seconde raison est plus qu'inquiétante. Hormis les syndicats dont l'action se limitait à porter leurs drapeaux et organiser passivement les manifestations, aucune instance politique n'a organisé un mouvement qui se durcissait progressivement et tous on montrer du doigt les casseurs se contentant de marcher dans les rues, drapeaux à la mains à la place de pavés.

 Alors qu'au contraire ces casseurs n'étaient que la preuve du durcissement de la colère du peuple. Ces casseurs étaient la seule alternative possible et le rôle des syndicats et des politiques de gauche était d'engager les masses dans ce mouvement. Bien sur, vous me direz peut être que ce sont les jeunes des banlieues qui venaient casser. Mais ces jeunes ne sont-ils pas l'enfant de la misère sociale, du racisme et de l'intolérance des gouvernements passés ? Ne sont-ils pas le fruit de la colère à l'état pur ? Lorsque, ivre de colère, vous arrivez devant un mur, vous avez alors que deux alternatives, soit vous vous calmez et retournez sagement chez vous, soit vous brisez, par la violence, ce mur. La violence n'est pas une solution, ni un objectif en soi. Elle est une réponse nécessaire face à une situation sans solution. Cette violence était une réponse face à un homme borné et aveugle.   Normalement, nous devrions nous réjouir des événements que la France a vécu, mais nous devrions plutôt nous inquiéter sur la force et le rôle des institutions politiques qui se réclament du peuple. Pour réaliser une véritable révolution, il faut bien moins de la moitié des hommes réunis pour les événements passés.

Ce n'est pas le peuple qui n'est pas prêt, ce sont les politiques de gauche qui ne sont plus en adéquation avec les besoins du peuple et avec les événements actuels. Le changement de politique à la tête du PCF comme de la CGT est devenu une nécessité, une nécessité réclamée par la base du peuple lui-même.
Chez eux, la fraternité humaine n’est pas une phase mais une vérité, et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail. »