Auteur Sujet: PCF : programme et participation gouvernementale  (Lu 4544 fois)

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PCF : programme et participation gouvernementale
« le: 23 juin 2005 à 23:32:59 »
Chers camarades,

Ci-dessous le texte que La Riposte fait circuler dans le PCF et le MJC dans le cadre du débat qui aura lieu dans les mois qui précèdent le prochain Congrès du parti. Ce serait intéressant, je crois, d'ouvrir une discussion autour de ce texte.

Greg Oxley

_______________

PCF : programme et participation gouvernementale

Les travailleurs, les jeunes et les retraités de France font l’objet d’attaques incessantes et implacables contre leurs conditions de vie. Cette offensive réactionnaire, d’une ampleur sans précédent depuis le gouvernement de Vichy, est en train de refouler en arrière la société toute entière. Dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation, du logement, des salaires et des retraites, on assiste à une régression sociale sur toute la ligne. Cette situation n’a rien de spécifique à la France. En Europe et à l’échelle internationale, non seulement le capitalisme est incapable d’assurer le « progrès social » que ses représentants prétendent promouvoir, mais il est devenu un système si complètement parasitaire qu’il ne peut plus exister autrement que par la destruction des acquis sociaux.

Nous voyons partout les ravages causés par cette régression : des familles sans foyer et des « marchands de sommeil » qui en profitent, des personnes âgées qui meurent de chaud, de froid ou de malnutrition, plusieurs millions de chômeurs (recensés ou non), plus d’un million de RMIstes, six millions de personnes officiellement pauvres, dont un million d’enfants. On pourrait encore citer bien d’autres manifestations de la misère qui s’installe. En même temps, au sommet de la société, la petite minorité de capitalistes qui profite de ce système infernal amasse des fortunes colossales. Jamais tant de richesse n’a été concentrée en si peu de mains.

Dans les entreprises, le régime interne se durcit. Les patrons s’acharnent contre les syndicalistes et, de manière générale, contre tous les salariés qui osent protester contre la manière dont on les exploite. Les affaires de discrimination ou de criminalisation syndicale à Auchan, Carrefour, Daewoo, Nortène et Exapaq ne sont que quelques exemples, parmi des centaines d’autres, d’un comportement patronal toujours plus agressif. Et pendant qu’on demande à ceux qui travaillent d’être plus productifs et plus rentables, en leur infligeant tour à tour la « flexibilité », la précarité et des pressions morales de toutes sortes, d’autres travailleurs, frappés par le chômage, sombrent progressivement dans la pauvreté et l’exclusion.

Depuis de nombreuses années, le taux de croissance du PIB oscille entre 0 % et 2,5 %, c’est-à-dire à peine au-dessus du niveau de la simple stagnation. Certains trimestres enregistrent une baisse absolue du PIB. Les profits augmentent. Mais le chômage aussi. Indépendamment des hausses et des baisses conjoncturelles de la production, les problèmes sociaux continuent de s’aggraver. Il s’agit là d’une expression particulièrement frappante de l’impasse dans laquelle le capitalisme nous entraîne.

Dans ce contexte particulièrement grave, le Parti Communiste Français doit non seulement dénoncer les méfaits du capitalisme, mais surtout proposer à la masse de la population un programme qui offre une alternative sérieuse à ce système néfaste. C’est cette question, celle du programme du PCF, qui devrait se trouver au coeur des discussions à tous les niveaux du parti. Le programme, c’est tout d’abord, bien évidemment, l’affaire des militants. Mais au delà des structures du parti, le contenu de ce programme est d’une importance absolument décisive pour l’ensemble des travailleurs, pour les jeunes et, de manière générale, pour tous ceux qui subissent les conséquences sociales et économiques du capitalisme.

En tant que communistes, nous savons qu’à la racine de l’exploitation et des inégalités sociales se trouve la propriété privée des moyens de production. Nous savons, en conséquence, que le passage à une société socialiste représente le seul véritable espoir pour les travailleurs et leur famille. Ceci ne signifie pas, bien évidemment, que nous devons négliger la lutte pour arracher des réformes sociales, ou pour défendre celles qui ont été obtenues par le passé, telles que la réduction du temps de travail hebdomadaire, des augmentations de salaire, la qualité des services publics ou tout autre mesure susceptible d’améliorer les conditions de vie de la population. Au contraire, les communistes doivent être en première ligne de ce combat.

Le réformisme ne se distingue pas d’une politique communiste par le fait de lutter pour des réformes partielles dans le cadre du capitalisme, mais par le fait de se limiter à la seule lutte pour des réformes, sans perspective de rupture avec le capitalisme. Alors que le réformisme écarte de son programme toute mesure susceptible de mettre fin à la domination capitaliste, un programme communiste digne de ce nom doit expliquer aussi clairement que possible la nécessité de substituer au capitalisme un système reposant sur la propriété sociale des moyens de production. Concrètement, cela signifie la nationalisation - ou, si on préfère, la « socialisation » - des banques, des grands moyens de production et de distribution, et la mise en place d’un système de contrôle démocratique de l’économie par les travailleurs eux-mêmes.

Dans le programme du PCF, les revendications du parti en matière des salaires, de temps de travail hebdomadaire, de logement, d’éducation, de santé, etc., devraient être liées à la nécessité de rompre avec le capitalisme. Il ne s’agit pas d’exproprier chaque boutique, salon de coiffure ou atelier. Mais toutes les banques et compagnies d’assurances, tous les grands groupes du secteur industriel et les grandes chaînes de distribution devraient être soustraits au contrôle des capitalistes. A l’aide de chiffres, de faits et d’arguments concrets, le PCF doit s’efforcer de convaincre la jeunesse et les travailleurs de la justesse de ce programme, qui constitue la seule issue hors de l’impasse capitaliste.

Jusqu’au début des années 90, la nationalisation - ne serait-ce que d’une partie de l’économie - constituait l’un des piliers du programme du parti. Mais au cours de la décennie suivante, elle a été complètement abandonnée. Dans la pratique, cela signifiait que le programme du parti s’accommodait de l’économie de marché. On précisait seulement que cette dernière devait être « à dominante sociale », pour reprendre la malheureuse formule de Robert Hue. Ce recul a préparé le terrain à d’autres, plus graves encore. Pendant les années de participation gouvernementale, entre 1997 et 2002, aucune résistance sérieuse n’a été opposée aux privatisations réalisées par le gouvernement Jospin, qui a transféré 31 milliards d’euros de biens publics au secteur capitaliste. Ce chiffre est supérieur à la valeur des privatisations des gouvernements Balladur et Juppé réunis.

Les conséquences de cette dérive sur les effectifs et l’implantation du parti sont bien connues. A l’échelle nationale, nous avons perdu des milliers d’adhérents. Une partie considérable de l’électorat communiste s’est détournée du PCF.

Entre la grande grève de décembre 95 et les élections de 2002, le nombre de grèves et de manifestations n’a cessé d’augmenter d’une année sur l’autre. Or, ce regain des luttes sociales s’est accompagné d’un affaiblissement régulier du PCF. L’explication fondamentale de ce paradoxe réside précisément dans la dilution progressive du contenu communiste du programme du PCF, qui ne lui permettait pas de se distinguer nettement de la politique pro-capitaliste défendue par l’aile droite - et jusqu’alors dominante - du Parti Socialiste. Aux yeux de la masse de l’électorat, la similitude des programmes du PS et du PCF s’est exprimée dans la politique qu’ils ont menée conjointement au gouvernement, entre 1997 et 2002. Sur toutes les questions fondamentales, la politique mise en oeuvre par Jospin s’alignait sur la défense des intérêts capitalistes, de sorte que les quelques mesures positives de son gouvernement - telles que la CMU et la loi sur les 35 heures - n’ont pas empêché la dégradation générale des conditions de vie de la majorité de la population. C’est ce qui explique les résultats électoraux désastreux du PS en 2002. Et dans la mesure où le PCF était associé à cette politique pro-capitaliste, il en a également fait les frais.

Ceci dit, nous rejetons catégoriquement les arguments de ceux qui voient dans les difficultés de la dernière période les signes d’un déclin « historique » irréversible de notre parti. Comme le montre notre campagne victorieuse pour le « non » à la constitution européenne, le PCF dispose de réserves sociales très importantes, précisément parce que son adversaire « historique » - le système capitaliste - ne peut désormais fonctionner qu’au détriment de la vaste majorité de la population. Il n’y a absolument rien d’irrémédiable dans les erreurs et les égarements qui sont à la source de l’affaiblissement du parti. Son redressement passe, premièrement, par l’adoption d’un programme communiste à la hauteur de la situation, mais aussi par une politique correcte sur les questions des rapports avec le Parti Socialiste et de la participation gouvernementale.

Nombreux sont les communistes qui, après l’expérience amère du gouvernement Jospin, sont tentés par l’idée de déclarer d’avance que le PCF ne gouvernera plus jamais avec le PS. Certes, l’entrée du PCF dans un gouvernement de « gauche » qui privatise à tour de bras, comme celui de 1997-2002, est une option qui doit être totalement exclue. Cependant, pour que la démarche des communistes soit bien comprise par les travailleurs et les jeunes, il ne faut pas, à notre avis, exclure d’avance toute nouvelle participation gouvernementale. Au contraire, le PCF devrait expliquer publiquement qu’il est parfaitement disposé à participer au gouvernement avec le PS, mais à condition que ce gouvernement prenne des mesures décisives contre les capitalistes et pour améliorer sérieusement les conditions de vie de la majorité.

Ces mesures devraient inclure l’abrogation de toutes les contre-réformes réalisées par la droite : celles sur les retraites, la sécurité sociale, le temps de travail hebdomadaire, etc. Le SMIC devrait être porté à 1400 euros bruts, sur la base de 35 heures de travail hebdomadaire. Les allocations chômage, le RMI et les retraites doivent être considérablement revalorisés. Un vaste programme destiné à augmenter le nombre de logements sociaux doit être mise en oeuvre, de façon à en finir une fois pour toutes avec les loyers chers, les logements vétustes et le scandale insupportable des SDF. Toutes les entreprises privatisées devraient être renationalisées, sans indemnisation pour les grands actionnaires. Les grands groupes capitalistes qui dominent l’économie nationale, y compris les banques, devraient être nationalisés et soumis à une gestion démocratique et transparente dans l’intérêt des salariés, des usagers et des consommateurs.

Cette approche serait comprise et soutenue par une partie très importante du salariat et de la jeunesse, et mettrait l’aile droite du Parti Socialiste dans une situation extrêmement difficile. Si les dirigeants socialistes refusent la participation du PCF sur la base d’un tel programme, c’est-à-dire préfèrent gouverner dans l’intérêt des capitalistes, l’expérience de ce gouvernement ne pourra se traduire que par le discrédit des dirigeants socialistes et par un renforcement considérable du PCF. En outre, la responsabilité de la non-participation du PCF au gouvernement serait placée sur les épaules des dirigeants socialistes, qui auraient refusé les mesures progressistes proposées par les communistes.

Ces deux éléments indissociables - l’adoption d’une plate-forme politique véritablement communiste et une attitude ferme sur la question de la participation gouvernementale - jetteront les bases d’un redressement du PCF. Ils doivent aller de pair avec une amélioration, en interne, de la formation politique. La négligence de la théorie a désarmé nos militants et sympathisants face à l’offensive idéologique du capitalisme, qui a été particulièrement puissante depuis l’effondrement de l’URSS. L’échec du stalinisme a été présenté comme l’échec du socialisme, et le capitalisme comme un ordre économique et social inéluctable. Sans repères théoriques, sans explications et sans perspectives, de nombreux camarades ont été découragés et désorientés.

Aucun des problèmes auxquels nous sommes confrontés n’est sans solution. Contrairement à ce que prétendent nombre de ses détracteurs, le PCF ne mourra pas. Face à la régression sociale et aux attaques de la droite, les travailleurs et les jeunes ont plus que jamais besoin d’un PCF fort et combatif. Le renforcement du parti, c’est l’affaire de tous les communistes. Par un effort commun, faisons en sorte que son programme et son action soient à la hauteur de la lutte que nous menons pour libérer l’humanité de l’exploitation capitaliste.

Fabrice

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #1 le: 24 juin 2005 à 17:24:07 »
J'avais essayé d'aborder la question du programme du Parti sur le forum:

http://ymax.free.fr/forum/viewtopic.php?t=113

Je pense que les "27 propositions" sont à mettre en parallèle avec le texte de la Riposte.

Hors ligne Greg Oxley

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #2 le: 24 juin 2005 à 18:13:52 »
Cher Fabrice,

C'est vrai, tu avais évoqué les "27 objectifs" du PCF. Nous sommes justement en train d'écrire une critique de ce programme, qui est très "modéré". Le programme commence par le projet "sécurité d'emploi et de formation". Ce projet me paraît complètement farfelu.

En somme, le projet prétend pouvoir éliminer le chômage au moyen d’aides financières aux capitalistes. Il prévoit la prise en charge d’une partie du salaire du travailleur par l’Etat, par le biais d’un bonus accordé à l’employeur. Si vous embauchez, dit-on aux capitalistes, vous pouvez non seulement exploiter le salarié pour en tirer un profit, mais, en plus, en reconnaissance de votre geste, nous vous verseront une prime. De cette manière, le profit que vous tirez de chaque heure de travail sera plus important. Cette approche n’a absolument rien de nouveau. Au contraire, c’est une méthode qui se pratique à une échelle massive et depuis des décennies, ce qui n’a pas autant empêché le chômage d’atteindre des proportions catastrophiques.

La stratégie défendue dans le texte pour éliminer le chômage et la précarité est fondée  sur la volonté d’augmenter la rentabilité du travailleur embauché, dans l’espoir que l’appât d’un gain supplémentaire incitera le capitaliste à embaucher d’avantage.

En tout état de cause, on se demande bien à quoi sert une stratégie qui consiste à donner des primes, des aides et des crédits moins chers, dans le but d’améliorer la rentabilité capitaliste, si l’autre volet du projet « sécurité d’emploi ou de formation » aurait nécessairement  l’effet inverse — et à une échelle infiniment plus grande !

Le projet stipule, par exemple, que le patronat et l’Etat doivent conjointement financer ni plus ni moins qu’une formation professionnelle rémunérée pour chacune des quatre ou cinq millions de personnes en France qui ont besoin de travailler mais qui ne travaillent pas, jusqu’à ce que le chômage soit complètement irradiqué !

Au lieu de chercher à démontrer l'incapacité du système capitaliste à répondre aux besoins sociaux, ce projet prétend que par de simples incitations financières, et sans toucher à la propriété capitaliste, le plein emploi est entièrement possible.

Je reviendrais sur d'autres aspects des 27 objectifs par la suite.

Fraternellement,

Greg Oxley

Soviet

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #3 le: 04 juillet 2005 à 05:49:39 »
Salut camarades

J'ai lu avec attention ce texte d'ébauche de programme de la Riposte pour le PCF. Il me parraît tout à fait évident que le Parti Socialiste n'acceptera jamais une telle proposition. Donc de fait la proposition choisie est le renforcement du PCF qui en ne participant pas au gouvernement se verait crédibiliser d'une nouvelle aura auprès des travailleur en rejettant le "social-libéralisme". Il me parrait aussi évident que si le PCF choisit l'option de rupture avec le PS, si celui ci conserve sa lancée libérale (ce qu'il fera très surement), en sortira renforcé et ses rangs grandiront.

Mais de toute évidence ces propositions ne sont vraiment pas la tasse de thé de l'actuelle direction du PCF. J'ai bien peur que l'on assiste a une copie de la gauche plurielle. On risque d'avoir une alliance du PCF avec TOUT le PS, et une ligne social-libérale pratiqué par tous. En tant que fils de cheminot je ne peux que me souvenir du rôle de Jean-Claude Gayssot (alors ministre PCF du transport) dans le dépeçage de la SNCF en 2. Et si l'on connaît une réédition de cette triste expérience, on va avoir bien du soucis à se faire car le FN va connaître une très forte croissance. Les travailleurs désespérés risquent de s'en remettre au fascisme.

Je voudrai savoir si vous pensez que ce texte sera signé par beaucoup de militants au dela de ceux de la Riposte.

Après je pense qu'il y a certaines lacune dans ce texte. La première est qu'il n'est pas mentioné la nécessité d'une implication quotidienne du PCF dans les luttes des travailleurs: grèves, actions syndicales et mouvement social en général. Il me semble par exemple que la LCR y est bien plus présente. Le PCF devrait pousser quand c''est possible à l'unité interprofessionelle des grèves et non les grèves sectorisée un jour différent à la suite les unes des autres qui ne font en réalité que ralentir voir casser le mouvement. La direction du PCF parle du mouvement social en général et se dit solidaire mais sur le terrain c'est beaucoup plus faible. Dans la lutte contre la répression du mouvement lycéen le PCF n'a pas été présent (mis à part une signature de soutient). Et je pense qu'évoquer le mouvement lycéen est très important. Il faut une réelle implication dans le mouvement réel de la lutte des classe. Car avoir un projet de société, un programme c'est bien mais si on ne le défend au sein du mouvement celui n'est qu'une abstraction de plus

Une deuxième lacune est qu'il n'ya pas grand chose sur les collectifs du NON de gauche. Quelles sont les propositions de la Riposte à leur égard? Ils ont tout de même joué un rôle très important. Il y a au moins un millier de collectifs. Et ceux ont impliqué des gens qui avant ne militaient pas. Je pense qu'il faudrait proposer la création d'une coordination nationale des collectifs. Donc cela signifierait un fonctionement par mandat et non plus comme cela a été le cas lors de la rencontre de Nanterre une sorte de fourre tout (même si je considère comme très positif que cette réunion ai eu lieu). Je pense qu'il faut absolument continuer les collectifs, ce qui n'a pas l'air d'être le cas de la direction du PCF. D'ailleur Jean-François Gau a bien dit à la conférence européenne du 24 juin à place du colonel Fabien que les collectif ne devraient pas trop se meler du domaine politique et laisser faire les partis pour cela. Alors que ces collectifs sont la possibilité d'émergenvce d'une nouvelle force politique, donc plus large que le PCF lui même et qui regrouperait par conséquant plus de travailleurs. Ainsi ce serait la possibilité pour les militants révolutionnaires d'avoir une très large audience...

Dans l'attente d'une réponse, merci à vous.

Hors ligne vila

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #4 le: 05 juillet 2005 à 12:43:58 »
je suis entierement d'accord avec toi soviet

Citation de: "Soviet"


En tant que fils de cheminot je ne peux que me souvenir du rôle de Jean-Claude Gayssot (alors ministre PCF du transport) dans le dépeçage de la SNCF en 2.



Est tu sur que la RFF ai été par gayssot . Je crois qu'elle a été crée en janvier 97 donc avant la nomination de JC. mais c'est vrai qu'il n'est pas revenu en arriere

Hors ligne Greg Oxley

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #5 le: 06 juillet 2005 à 10:48:52 »
Chers camarades,

En réponse aux questions de "Soviet", sur notre texte PCF : programme et participation gouvernementale, et puis sur les collectifs du "non".

"Soviet" voudrait savoir si, à notre avis, le texte sera signé par beaucoup de militants au-delà de ceux de La Riposte.

Le texte a été lancé sur internet il y a peu de temps, et nous ne sommes évidemment pas dans la meilleure période de l'année pour une campagne de signatures. Et pourtant la réaction des communistes a été très encourageante. De nouvelles signatures nous parviennent par e-mail pratiquement tous les jours et, de manière générale, le texte a été favorablement accueilli par les militants du PCF qui l'ont lu.

Tout le problème est de le faire davantage connaître. Ce sera fait à la Fête de l'Humanité en septembre, et par une série d'autres initiatives au cours des mois à venir. On va demander, également, sa publication dans l'Humanité, à partir du moment où nous aurons 200 signatures.


Ensuite, concernant les collectifs du "non". Ce qui importe, pour La Riposte, c'est le programme des grandes formations politiques de la gauche, à savoir le PCF et le PS. Comme vous le savez, La Riposte défend les idées et le programme du marxisme, et explique que ce n'est que par la nationalisation des grands groupes capitalistes, sous le contrôle et la gestion des travailleurs eux-mêmes, que nous pouvons sortir du capitalisme.

Dans les collectifs du "non", nombreux sont ceux qui seraient d'accord avec notre démarche. Cependant, parmi les principales organisations qui dominent ces collectifs — LCR, PRS, NPS, écolos de "gauche", ATTAC, etc., il n'y en a aucune qui défend ce même point de vue. Par conséquent, ce qui ressort de ces collectifs, en général, c'est une approche extrêmement confuse et éperdument réformiste, qui tourne autour de l'idée que l'Europe peut être à la fois capitaliste — puisque la question du socialisme n'est même pas évoquée — et pourtant "anti-libéral".

Je ne sais pas si les collectifs pour le "non" peuvent se maintenir ou pas. Cela n'a pas, à mon avis, une très grande importance.

Fraternellement,

Greg Oxley

Hors ligne bruno

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #6 le: 06 juillet 2005 à 16:02:06 »
En faite soviet tu nous laisse sous entendre que les collectifs du "Non" peuvent être les élements de recomposition a gauche pour une véritable politique anticapitaliste.
Si il est indéniable que la mobilisation de militants de diverses organisations de gauches sur un projet antilibérale est positif, la question est sur quel programme ? (si ce n'est du pur réformisme)

En effet sans programme, points de salut.
Maintenant la dynamique va s'effriter devant les logiques d'appareils qui commence a poindre (le programme de fabius) et face a un vide idéologique petit bourgeois, je ne donne pas longtemps a ses groupes pour survivre.
Maintenant pour ceux qui y voient une ébauche de début de "soviet", c'est confondre désirs et réalités.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Soviet

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #7 le: 07 juillet 2005 à 06:58:59 »
Salut camarades

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Greg Oxley
Je ne sais pas si les collectifs pour le "non" peuvent se maintenir ou pas. Cela n'a pas, à mon avis, une très grande importance.


Je pense qu'il s'agit là d'une grave erreur tactique. Ne pas accorder d'importance aux collectifs du NON, c'est ne pas comprendre la dynamique politique nouvelle. Celle-ci implique énormément de gens et surtout ce qui est très important des gens qui ne militaient pas avant. Les couches populaires ont montré qu'elles étaient capables de se mobiliser contre le projet de société de la bourgeoisire européenne. Le vote NON est une victoire du mouvement social. Le mouvement social a constament nourri le NON, et le NON a nourri le mouvement social. Ces collectifs regroupent toute la gauche opposé à la constitution. Ne pas vouloir participer de l'unité relève du sectarisme et d'une incompréhension des enjeux.

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Greg Oxley
ce qui ressort de ces collectifs, en général, c'est une approche extrêmement confuse et éperdument réformiste


J'ai l'impression d'entendre le même discours que Lutte Ouvrière qui pense que cette campagne n'a eu aucune importance, que c'est une trahison réformiste. La plupart des militants souhaitent conserver l'unité qui existe. On ne peut ignorer cela. La volonté d'unité de la classe est extrèmement important. Après la question qui se pose est: "l'unité comment et pourquoi?"
Il est normal que les discussions soient très confuses. Nous avons à faire de gens issus d'horizon très différents. Dans l'histoire lors de mobilisations politiques les discussions étaient aussi très confuse. Et c'est précisémùent par rapport à cette confusion que se doivent d'intervenir les révolutionnaires.

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bruno
Si il est indéniable que la mobilisation de militants de diverses organisations de gauches sur un projet antilibérale est positif, la question est sur quel programme ? (si ce n'est du pur réformisme)


Les révolutionnaires doivent proposer une ligne claire et précise dans ces collectifs. Il faut sortir du flou. Et c'est effectivement en se dotant d'une ligne programatique précise que l'on y arrivera. Mais si les révolutionnaires ne le font pas personne ne le fera, ou si c'est fait les bases seront extrèmement mauvaises.

Je pense qu'il faut être capable de voir plus loin que le PCF. Ce que La Riposte propose, il me semble, n'est que de l'autoconstruction du PCF. Je trouve qu'il s'agit d'une position assez sectaire (montrez moi que je me trompe, je n'attend que cela...) et qui dessert le mouvement. Les travailleurs sont en désaccord avec le système et ils souhaitent l'unité de toutes les forces qui ont combattues la constitution. Il est sur que cela n'est pas clair dans l'esprit des masses et c'est pour cela que les révolutionnaires doivent amener un contenu concret et évidement se battre pour l'unité de la classe.

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bruno
Maintenant pour ceux qui y voient une ébauche de début de "soviet", c'est confondre désirs et réalités.


Je ne confond pas les collectifs du NON avec les soviets, très loin de la. Nous n'en sommes pas à une période ou se développe des soviets. Les soviets se constituent pour donner une direction démocratique des travailleurs sur leur lieu de production puis les coordonner (bases du futur Etat ouvrier). Les collectifs du NON sont des collectifs militants. Ils montrent l'implications croissante des travailleurs dans la lutte politique. Cependant comme je ne cesse de le répéter les révolutionnaires doivent doivent êttre capable de donner une direction au mouvement. Resté fermé sur le PCF ne le permet absolument pas. Surtout que pas mal de militants du PCF attendent beaucoup de cela. Avoir des positions qui rejettent les collectifs du NON et pronent l'alliance avec le PS ressemblent très fortement à ce que dit la direction du PCF. Il faut saisir ce que dit la base et le niveau ou elle en est. Il ne faut pas s'opposer à la volonté d'unité des travailleurs. Nous avons une possibilité historique de construire un Parti Anticapitaliste (donc plus large que le PCF lui même...) et devons la saisir. En France nous n'avons pas de Parti Révolutionnaire. Il nous faut au moins un Parti Anticapitaliste, forcément centriste par sa nature (réforme ou Révolution pour supprimer le capitalisme?), mais qui se doit d'être la force politique de tous les travailleurs, la force politique du mouvement social. Le PCF n'est pas cela et ne peut l'être à lui seul....

Bien à vous

Hors ligne bruno

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #8 le: 07 juillet 2005 à 09:44:42 »
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Les collectifs du NON sont des collectifs militants.


Vrais mais le problème soviet c'est qu'ils sont un agglomérat de militants de tendances très diverses allant des "décroissants" a l'extreme gauche, comment crois tu qu'un programme commun peux sortir de militants d'organisation diverses qui elles mêmes vont appeller a des programmes divers pour les prochaines élections ?

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Je pense qu'il s'agit là d'une grave erreur tactique. Ne pas accorder d'importance aux collectifs du NON, c'est ne pas comprendre la dynamique politique nouvelle.


Là je pense que c'est toi qui te trompe, tu commet l'erreur de croire que la dynamique hétéroclite des partisants du NON trouvera un relais politique suceptible de capter l'électora populaire. Tu veras que le positionnement de Fabius dopera le PS et cassera cette belle dynamique, en attirant les suffrages des electeurs de gauches.
Concernant la "politique nouvelle" je te répondrai laquelle ?
Le mouvement antiléberale n'est pas encore structuré politiquement et philosophiquement pour peser réellement et se construire.
Les différentes théories altermondialistes ainsi que le reformisme de la direction du PCF, du NPS, de la LCR, et d'ATTAC ne peuvent pas être capable de proposer une alternative crédible au capitalisme.

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La plupart des militants souhaitent conserver l'unité qui existe. On ne peut ignorer cela. La volonté d'unité de la classe est extrèmement important. Après la question qui se pose est: "l'unité comment et pourquoi?"


l'unité n'est pas un programme en lui même, l'unité c'etais beau sur un objectif commun, quels sont ils aujourd'hui ?
Comment croire que les collectifs pour le NON vont dépasser les propres clivages des partis qui les composent ?

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Je pense qu'il faut être capable de voir plus loin que le PCF. Ce que La Riposte propose, il me semble, n'est que de l'autoconstruction du PCF.


Etant membres du PCF nous souhaitons bien sur que celui ci se renforce et porte les couleurs d'un programme socialiste, je ne vois pas bien ce qu'il y a de sectaire dans cette démarche ?
"Voir plus loin que le PCF" c'est penser que des collectifs du NON peux jaillir une organisation révolutionnaire... franchement vus leur composition je pense cette affirmation prématuré.

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Nous avons une possibilité historique de construire un Parti Anticapitaliste (donc plus large que le PCF lui même...) et devons la saisir.
Tu developpe là l'argumentaire de la LCR, mais plus loin tu dis "
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Il nous faut au moins un Parti Anticapitaliste, forcément centriste par sa nature (réforme ou Révolution pour supprimer le capitalisme?), mais qui se doit d'être la force politique de tous les travailleurs, la force politique du mouvement social.


Comment peut'il être anticapitaliste et réformiste ?
Il s'agit là d'un contresens, propre aux visions de la LCR. Si on souhaite "supprimer" le capitalisme, c'est donc pour changer de système, donc effectuer une révolution (violente ou non), quoiqu'a mon avis une revolution se fais rarement avec des fleures...
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

Hors ligne Jérôme Métellus

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #9 le: 07 juillet 2005 à 10:23:30 »
Chers camarades,

Les critiques de Soviet sur le texte de La Riposte au sujet du PCF (que j'ai signé) correspondent à ce que pense un certain nombre de militants du PCF, bien que ce soit une toute petite minorité.

Il me semble y avoir deux erreurs fondamentales, dans ces critiques. Premièrement, Soviet prétend "qu'il est tout à fait évident que le Parti Socialiste n'acceptera jamais" de gouverner sur un programme véritablement socialiste, et que par conséquent le PCF doit d'avance annoncer qu'il restera en dehors du gouvernement. Au fond, l'idée de Soviet revient à dire que le Parti Socialiste ne sera "jamais" autre chose que ce qu'il est aujourd'hui, et qu'on devrait en faire le deuil au plus vite, histoire de ne pas perdre du temps dans la construction d'un nouveau "Parti Anticapitaliste". Cette idée, comme nous l'avons expliqué plusieurs fois dans les colonnes de la Riposte, est à la fois une erreur d'annalyse (sur le devenir du PS) et de stratégie.

Le fait que le PS dispose d'énomes réserves sociales dans le salariat signifie qu'il connaitra inévitablement de profondes transformations. L'aile droite du PS ne dominera pas indéfiniment. Au contraire, la montée d'une vague révolutionnaire, en France, se reflètera directement dans le PS. Aussi, il serait absurde de se détourner du PS.

En outre, il est faux que si PCF "rompt avec le PS", et en l'occurence refuse de présenter au PS un programme de gouvernement, il "en sortira renforcé". Entre 1984 et 1997, le PCF n'a pas été dans les différents gouvernements socialistes, et pourtant il a continué, sur cette période, de perdre du terrain face au PS. Le vrai problème, ce n'est pas d'être ou non au gouvernement, mais d'avoir un programme véritablement socialiste.

Concernant les "collectifs pour le NON", je n'irai pas encourager des militants à les laisser tomber (ce qu'ils feront d'eux-mêmes, à mon avis, assez rapidement), mais leur utilité me paraît bien douteuse. Qui y a-t-il dans ces collectifs ? Dans 90% des cas, ce sont des militants du PCF, de la gauche du PS, de la LCR,  etc. Quel est le programme de ces collectifs ? La "lutte contre le libéralisme", c'est à dire le programme du réformisme. Au fond, ces collectifs ne sont qu'une structure réformiste de plus. Certes, elle a l'avantage d'offrir à des organisations comme la LCR, ou les "Alternatifs", des tribunes et un auditoire plus larges que ce dont ils ont l'habitude. Mais cela ne me semble ne pas justifier leur existence.

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PCF : programme et participation gouvernementale
« Réponse #10 le: 07 juillet 2005 à 14:40:34 »
Citation de: "Jérôme Métellus"
Chers camarades,

Il me semble y avoir deux erreurs fondamentales, dans ces critiques. Premièrement, Soviet prétend "qu'il est tout à fait évident que le Parti Socialiste n'acceptera jamais" de gouverner sur un programme véritablement socialiste, et que par conséquent le PCF doit d'avance annoncer qu'il restera en dehors du gouvernement. Au fond, l'idée de Soviet revient à dire que le Parti Socialiste ne sera "jamais" autre chose que ce qu'il est aujourd'hui, et qu'on devrait en faire le deuil au plus vite, histoire de ne pas perdre du temps dans la construction d'un nouveau "Parti Anticapitaliste". Cette idée, comme nous l'avons expliqué plusieurs fois dans les colonnes de la Riposte, est à la fois une erreur d'annalyse (sur le devenir du PS) et de stratégie.

Le fait que le PS dispose d'énomes réserves sociales dans le salariat signifie qu'il connaitra inévitablement de profondes transformations. L'aile droite du PS ne dominera pas indéfiniment. Au contraire, la montée d'une vague révolutionnaire, en France, se reflètera directement dans le PS. Aussi, il serait absurde de se détourner du PS.



pour que le ps accepte ce plan resolument socialiste, il faut que le climat soit tel qu'il croit que c'est la seule solution d'arriver au pouvoir......
Avtuellement un projet socialiberal leur permettent d'acceder au pouvoir une fois sur deux. et pour cela il faut

Le ps ne reverra sa position que si le climat sera quasi revolutionnaire