Auteur Sujet: Le réformisme au PCF  (Lu 2360 fois)

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Le réformisme au PCF
« le: 20 mai 2004 à 17:03:22 »
Un extrait du courrier des lecteurs du numéro 21 de La Riposte
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Chers amis,

Celà fait quelques temps que je reçois vos informations. Je trouve le contenu de qualité car en tant que syndicaliste, je m'attache moi aussi à faire de l'éducation populaire, terrain trop longtemps abandonné.

Par contre, votre dernier envoi me pose problème dans le sens où vous mettez en avant l'impasse de l'extrême gauche. Vous appelez à voter PS/PC et ou PC seul (avec une nette préférence pour cette dernière possibilité ), mais en même temps vous amalgamez le programme du PCF avec celui du PS. Ce n'est pas très mobilisateur pour les déçus de la gauche.

Sur le programme du PCF, je ne partage pas le qualificatif de réformiste.
Avez vous lu le projet de loi sur les retraites déposé par le groupe communiste? Et le dernier projet de loi visant à lutter contre les délocalisations et la précarité ? Et la loi de modernisation sociale du gouvernement Jospin ?
Qu'en aurait-il été sans la bataille du PCF, qui a fait voter des amendements sur les licenciements et les plans sociaux ? Rappelons à ce sujet que Fabius l'avait combattu à titre personnel à l'assemblée nationale, alors qu'il était investi de la fonction de ministre. Edifiant. Certes, des amendements, cela peut paraitre réformiste, mais les salariés de Pechiney, dans mon département, ne se posaient pas la question. Ils les appréciaient à leur juste mesure. Et puis c'était le maximum de ce que pouvait faire le PCF, compte tenu du rapport de force avec le PS - et il l'a fait. J'appelle ça le sens des responsabilités politiques.

J.F. Tortajada

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Réponse
« Réponse #1 le: 20 mai 2004 à 17:09:46 »
Nous ne disons pas que le programme du PCf est identique à celui du PS. Ce que nous disons, par contre, c'est qu'ils sont tous les deux des programmes réformistes. Les mesures citées dans la lettre ci-dessus sont précisément des réformes. On ne trouve nulle part, dans le programme actuel du parti, la moindre mesure qui remet en question la propriété capitaliste. Le cas Pechiney, qui faisait partie des entreprises publiques privatisées par Balladur, confirme bien notre point de vue. Robert Hue, en visite à l'usine Marignac, s'est catégoriquement opposé à l'idée de renationaliser Péchiney. Par ailleur, la direction du PCF ne réclame pratiquement aucune nationalisation, estimant qu'il faut accepter "l'économie de marché" - la capitalisme - mais faire en sorte qu'elle soit à "dominante sociale".
Cela s'appelle du réformisme.
Journal communiste

Jérémi Giono

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Le réformisme au PCF
« Réponse #2 le: 27 juillet 2005 à 19:30:06 »
Juste un complément de réponse à la lettre de JF Tortajada.

Il faut d'abord rappeller la définition de "réformisme": c'est le fait de tenter d'améliorer les conditions de vie des travailleurs grace à des réformes dans le cadres du système en place, mais sans remettre en question les fondements de ce système. C'est tout-a-fait la politique du PCF et le programme qu'il défend avec les 27 propositions, qui ne remet nullement en question la propriété privée des moyens de production qui est la base du mode de production capitaliste.
A l'opposé, un révolutionaire défend également d'ambicieuses réformes sociales, mais il ne se borne pas à ces réformes. Il explique sans relache que ces réformes ne pourons ètre misent en place dans le cadre du système capitaliste, car les capitalistes n'accepterons jamais ces atteintes à leurs bénéfices, surtout dans le contexte actuel de crise. Donc les réformistes arrivant au pouvoir se trouveraient face à une classe dominante controlant l'ensemble de l'économie, qui contrattaquerai avec fuite des capitaux, grèves d'investissements, lock-out... paralisant d'amblé tout le pays, comme en 82. Face à ça, le réformiste n'a que 2 choix: soit "abatre son adversaire" en socialisant les grands moyens de productions (nationalisation sous controle démocratique des travailleurs); soi capituler et abandonner ses réformes. Or le réformiste, par essence, n'est pas préparé à l'idée d'un changement de mode de production, et il est donc plus enclin à capituler.