Auteur Sujet: Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.  (Lu 944 fois)

Hors ligne W catharos

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Salut camarades,

Cet article important pose la question du programme du PCF, ce qu'il devrait être, tout en formulant quelques pistes essentielles, il tord le cou à certaines idées, met des points sur les "i" et montre bien les enjeux.

Dans le PCF, mais aussi ailleurs, les salariés, des militants qui ont participé aux mouvements récents sur les retraites se questionnent sur le  programme, dans le débat au sein du PCF mais pas seulement, aussi pour les échéances électorales de 2012, ils ont raison de le faire, se poser cette question.

Qu'est ce que le PCF doit  mettre en avant et que devons - nous défendre comme communistes ?

C'est ce qui sous tend tout !

L'article du camarade Greg Oxley a ce mérite, de mettre le doigt sur l'important, il ne dit pas tout, ce n'était pas l'objectif à mon sens, c'est une bonne base de discussion, sans doute répond - il aussi à une attente, qui dépasse largement nos rangs.

http://www.lariposte.com/le-programme-du-pcf-ce-qu-il-est,1528.html

Salutations communistes,
W catharos
« Modifié: 21 décembre 2010 à 04:52:17 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Hors ligne Greg Oxley

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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #1 le: 22 décembre 2010 à 13:45:42 »
Camarades,

Je vois que l'article a déjà donné lieu à un débat (dans les réactions, en bas du texte sur le site de La Riposte). C'est vrai qu'on ne peut pas dire tout dans un article de ce type. Il faudrait carrément écrire un livre pour faire un examen critique de l'ensemble des idées de la direction actuelle du parti. Mais l'un des arguments les plus fréquents que je rencontre, c'est que les travailleurs - et surtout les électeurs ! - ne sont pas prêts à entendre des idées trop radicales, marxistes etc. Cet argument revient à dire que puisque les gens ne sont pas convaincus des vraies solutions, prêchons pour le moment des fausses solutions ! Je crois qu'un élément important conditionnant la "modération" extrême du programme du parti, c'est l'électoralisme, justement. Il ne faut pas effrayer les électeurs ! Il ne faut pas non plus effrayer la direction du Parti Socialiste, avec qui nous devons faire bon ménage dans les municipalités, les régions et, demain peut-être, au gouvernement.

En ce qui me concerne, je pense que si le parti défendait le programme de La Riposte, il pourrait "effrayer" une partie de l'électorat, dans un premier temps, mais il attirerait par la même occasion un nombre important d'électeurs, et surtout de nouveaux militants, des syndicalistes, des jeunes etc., qui sont à la recherche d'un programme offrant une perspective de changement révolutionnaire. La lutte des classes est aussi une lutte idéologique, une lutte pour convaincre les travailleurs des idées communistes. Indépendamment des conséquences électorales, c'est la tâche qui incombe au PCF.

Fraternellement,

Greg Oxley

Hors ligne fireball

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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #2 le: 23 décembre 2010 à 00:22:54 »
En ce qui me concerne, je pense que si le parti défendait le programme de La Riposte, il pourrait "effrayer" une partie de l'électorat, dans un premier temps, mais il attirerait par la même occasion un nombre important d'électeurs, et surtout de nouveaux militants, des syndicalistes, des jeunes etc., qui sont à la recherche d'un programme offrant une perspective de changement révolutionnaire. (GO)

Là je me pose tout de même une question: je ne doute pas du fait que le programme de La Riposte pourrait effrayer, dans un premier temps, une partie de l'électorat salarié, mais je me demande si cette partie de l'électorat en question n'est pas déjà suffisamment effrayée par le seul terme de "Parti Communiste" et ne vote pas précisément ailleurs pour cela, "socialiste" par exemple.

Par contre il y a des organisations réformistes qui se prétendent à la gauche du PCF, comme le NPA ou LO, qui partent avec une partie des votes, probablement parce qu'elles sont perçues comme plus "radicales"...

Et resterait à déterminer combien d'électeurs communistes continuent à voter PCF par loyauté envers les sigles et faisant bon coeur contre mauvaise fortune en ce qui concerne la politique réformiste et pro-capitaliste de la direction...

Le PCF peut-il vraiment descendre encore plus bas sur le plan électoral, aurait-il encore quelque chose à perdre sur ce plan là en mettant son programme en accord avec sa dénomination?

Salutations communistes
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« Modifié: 23 décembre 2010 à 00:24:27 par fireball »
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Hors ligne W catharos

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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #3 le: 23 décembre 2010 à 01:52:50 »
Cher camarade Fireball,

Juste sur la question que tu soulèves et qui est importante, je suis d'accord avec toi et ici c'est pas à toi que je répond, seulement à ceux qui auraient des doutes sur la démarche... Mais, il ne faut pas bien sûr que la discussion se résume à cela.

Il y a longtemps que le PCF ne fait plus peur à la bourgeoisie, faire peur n'a d'ailleurs aucun intérêt, on a peur que ce dont on craint. Les travailleurs n'ont rien à craindre de nous, à l'encontre des mirages d'apocalypses que propose le Front National. C'est ce que nous proposons qui peut faire peur à la Bourgeoisie uniquement, car si les militants du PCF le portent un jour, le programme des communistes et s'en font un drapeau, si j'ose dire et c'est leur droit strict, elle pourra avoir peur, la Bourgeoisie.

Faire peur aux salariés ?

Auraient - ils peur de leurs propres intérêts de Classe, même sans conscience de cette Classe et là est un combat. Les prolétaires savent juger au jour le jour, ce qui leur manque, devant les difficultés quotidiennes en qui ils peuvent avoir confiance, mais il leur faut aussi un Parti pour leur donner cette conscience politique de Classe, cela doit être la tâche du PCF.

Pour ceux qui ont une conscience de Classe, la minorité, bien politiquement inorganisée en plus, ce que nous disons, cela ne sera pas la fusée sur Vénus et autres galaxies, mais une réponse peut être incomplète, mais juste sur des perspectives politiques, pour une autre société, le Socialisme.  

En tout cas ce que je vois, c'est que dans le PCF cela discute ferme, des camarades ont décidé de dire ce qu'est le programme du PCF et d'expliquer patiemment ce qu'il devrait être et cela une chose excellente.

Bon, une bataille est lancée, c'est celle des communistes.

Salutations Communistes,
W catharos
« Modifié: 23 décembre 2010 à 02:24:18 par W catharos »
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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #4 le: 23 décembre 2010 à 13:06:23 »
Citer
Le PCF peut-il vraiment descendre encore plus bas sur le plan électoral, aurait-il encore quelque chose à perdre sur ce plan là en mettant son programme en accord avec sa dénomination?


Je pense qu'il peut encore tomber plus bas car à chaque bataille électoral, le PCF ce met dans la merde car il n'atteint plus les 5% qu'il lui permettrait de se rembourser!

aussi, avec le front de gauche, il pense avoir une chance d'atteindre ces 5% donc il mettera encore plus d'argent dans la campagne.
Sans parler des camarades qui vont d'echec en echec, des militants sincére et motivé peuvent être démoralisé (et ceux sans pour autant fait d'eux des traitres)
Chez eux, la fraternité humaine n’est pas une phase mais une vérité, et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail. »

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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #5 le: 23 décembre 2010 à 15:49:36 »
Sur le plan électoral, avec 100.000 adhérents, le parti ne pourra pas descendre en dessous de 0,33% environ (dans la mesure où tous les adhérents votent pour le candidat du parti ::)). Blague à part, il est sur qu'on peut toujours faire pire qu'avant en faisant autre chose mais il est sur aussi qu'on ne fera pas mieux en faisant pareil.
« Modifié: 27 décembre 2010 à 13:25:16 par Maximilien Robespierre »
"La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte". Maximilien Robespierre.

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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #6 le: 28 décembre 2010 à 20:10:55 »
Evidemment, on peut toujours faire plus mal: ceux qui pensaient que les choses ne sauraient être pires font seulement preuve de manque d’immagination.

Je trouve quand même que l’idée selon laquelle il ne faut pas “effrayer l’électeur” avec des mesures trop “radicales” est plutòt bête en elle-même, car s’il n’est pas possible d’obtenir l’attention d’une partie importante du salariat sur la seule base d’un programme “maximum”, l’expropriation des capitalistes comme point de départ à la solution de tous les problèmes existants – on se doit de capter l’attention des salariés au moyen de la défense de réformes partielles et immédiates líées aux objectifs de fond – il semble idiot de penser que les travailleurs ne nous soutiendraient pas parce qu’il jugent certaines de nos mesures trop “radicales”…

Au contraire, à mon sens, même les salariés moins convaincus de la necessité d’en finir avec le capitalisme finiraient par penser: “ces communistes exagèrent peut-être avec leurs idées, mais n’empêche qu’ils défendent nos interêts bien mieux que ces politiciens à moitíe véreux qui ne pensent qu’à préserver leur siège”…

Bien sur, les soit disant “réformistes” ne font que camoufler leur manque de combativité sur le terrain des reformes en rejetant la faute sur les masses: si la masse de la société n’est pas suffisamant à gauche, comment diable allons-nous nous risquer à prendre position?

Salutations communistes
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Patrick Vandeweyer
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Re : Le programme du PCF : ce qu’il est et ce qu’il devrait être.
« Réponse #7 le: 11 mai 2011 à 22:52:22 »
Voici quelques éléments de critique du texte "ce que nous voulons"

Dans la partie du programme intitulée "Une constitution démocratique, des lieux de travail aux institutions" on peut lire:
Citer
Nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise et le statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales écologiques et économiques démocratiquement débattues. L’avis favorable des représentants du personnel ou des CE sera obligatoire pour toutes les décisions stratégiques. Nous instaurerons un droit de veto suspensif sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentés par les syndicats.
Le programme vise à un équilibre du pouvoir entre les salariés et les actionnaire et non une lutte acharnée contre le pouvoir du capital. En fait ce qui est proposé ici va dans le bon sens mais le texte s'arrête en chemin: si toutes les décisions importantes doivent requérir l'accord les salariés quel devrait être la part de pouvoir qui resterait aux actionnaire? Si les décisions sont démocratiquement débattues on peut penser qu'elle doivent également être démocratiquement tranchées or le document ne fait état que d'une "participation". De plus on se demande pourquoi le pouvoir des salariés doit se limiter au choix d'investissements (ou aux décisions stratégiques) en omettant la politique de recrutement, de formation, de rémunération et d'organisation du travail. Cela correspond à la peur de ne pas heurter par des positions trop "extrêmes", après avoir proposé un tel pouvoir aux salariés ce serait une conséquence logique que de proposer la fin complète du pouvoir des actionnaires.


Citer
En plus des nouveaux droits donnés aux salariés et aux comités d’entreprise en cas de licenciement et de délocalisation, nous rétablirons l’autorisation administrative de licenciement. Nous interdirons les licenciements boursiers ainsi que la distribution de dividendes pour les entreprises qui licencient. En cas de délocalisation ou de dépôt de bilan, nous instaurerons un droit des salariés à la reprise de leur entreprise sous forme de coopérative.
Cette proposition va plus loin dans les "droits des salariés" mais elle suppose encore que des dividendes peuvent être versés aux "bonnes entreprises". La direction du PCF propose aux salariés de créer des coopératives lors des délocalisations. Qu'est-ce que cela veut dire? Que l'on créerait une petite coopérative isolée ou que l'on proposerait cette mesure pour l'ensemble de l'entreprise au niveau national? Quoi qu'il en soit une telle mesure amènerait les salariés des coopératives à entrer en concurrence avec des entreprises capitalistes et à appliquer in fine le même mode de gestion, bref à s'auto-exploiter. Ainsi cette mesure qui se propose en effet de porter atteinte à la propriété capitaliste ne permet pas de solution durable pour les salariés. Ce qu'il faudrait c'est nationaliser et de surcroit ne pas laisser de concurrence capitaliste au niveau national dans la branche donnée.

La même réticence à la nationalisation est palpable non seulement pour les banques mais aussi pour le secteur fondamental de la santé:
Citer
Nous libérerons la recherche pharmaceutique de la soumission aux marchés et aux laboratoires en mettant en place un pôle public du médicament, en adoptant une charte incluant le devoir de recherche sur des médicaments dits « non-rentables » et en relançant la recherche publique. Les procédures d'autorisation de mise sur le marché des médicaments et leur prix seront contrôlés par la puissance publique.
Cette proposition souffre du même défaut que le pôle publique bancaire en refusant de s'attaquer à la propriété des industries pharmaceutiques. Les prix doivent être contrôlés publiquement mais ces dernières pourraient continuer à faire des profits sur le dos des malades. Le contrôle public de la "mise sur le marché" est importante mais il faudrait aussi procéder au retrait des médicaments inefficaces ce qui devrait être flagrant après le scandale du mediator.

Le programme se prononce d'une manière générale sur les services publics
Citer
L'éducation, la santé, la protection sociale, la recherche, l'énergie, l'eau, les transports, les télécommunications, le crédit, le logement, la Poste, la sécurité, la justice sont notre patrimoine commun répondant à la satisfaction des besoins des populations et à l'intérêt général.

Nous ferons nôtres les objectifs du Pacte pour les services publics, adopté aux États-Généraux de janvier 2011, fondés sur le principe de réappropriation sociale, d'égalité et de solidarité, de reconquête du bien commun par le peuple dans le plein exercice de sa souveraineté et sur l'ambition d'un développement économique soutenable.
On comprend que la direction du PCF veut revenir sur les privatisation effectuées ces dernières années. Mais par exemple le programme ne propose aucune mesure de nationalisation pour concrétiser ces belles paroles en ce qui concerne les opérateurs téléphonique qui réalisent des profit faramineux avec des taux de profits records. C'est une déclaration de principe qui manque de clarté.

La partie "Un renouveau industriel et technologique" présente la même carence
Citer
Nous soutiendrons les politiques d'investissements des entreprises vers les innovations industrielles aux productions utiles. Nous favoriserons la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.

Nous renforcerons la présence de l'État dans le capital d'entreprises stratégiques pour leur sauvegarde et leur développement.
On retrouve ici comme ailleurs le système de bonus vers les "bonnes" entreprises capitalistes. On voit ici une autre tentative de contourner le problème du pouvoir des travailleurs sur l'économie, en parlant de "circuit court" plutôt que de s'attaquer directement à la grande distribution. Lorsque c'est possible il faut diminuer les trajets et les intermédiaires, mais pour réorganiser harmonieusement l'ensemble du système, il faut un contrôle général de la distribution.
La direction du PCF propose d'acheter des action dans les entreprises "stratégiques", on ne sait pas de quelles entreprises il s'agit. En tout cas c'est non seulement indemniser des exploiteurs mais en plus tolérer qu'ils continuent à prendre part aux décisions dans des secteurs d'une grande importance. En outre le système industriel serait séparé entre des coopératives, des entreprises à capital mixte et des entreprises privées ce qui n'est pas le meilleur moyen pour engager une "planification écologique".