Auteur Sujet: Le PCF et la LCR  (Lu 18800 fois)

Jordi

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Re : Re : Le PCF et la LCR
« Réponse #45 le: 15 décembre 2007 à 19:47:42 »
Camarade Fireball,

Les points que tu soulèves sont intéressants... Mais que signifie exactement pour toi "travailler avec les organisations de masse du salariat ?" La LCR est dans les luttes au côté de tous ceux qui s'y trouvent, y compris bien sûr des militants du PCF, du PS, mais aussi d'autres orgas trotskystes, des anars, etc.

Après, soutenir les organisations, c'est autre chose. Appeler à voter pour elles, ça ne mange pas de pain, et en général la Ligue le fait. Soutenir un gouvernement social-démocrate, je pense que ça dépend aussi des gouvernements, et les dernières mascarades du PS français qui n'arrête pas de courir après la droite ne pousse pas à faire confiance à ce parti. Quant à soutenir Prodi, franchement, à mon avis c'était n'importe quoi.

Ensuite, je ne vois pas en quoi la LCR serait sectaire par rapport au PCF... La LCR a des griefs envers le PCF, effectivement, et notamment son inutile participation au gouvernement Jospin, par exemple... elle a aussi des griefs contre les organisations que tu appelles d'"ultra-gauche", LO compris. Ca n'empêche pas que les militants de la Ligue respectent les militants du PCF.

Et puisque qu'à La Riposte vous reprochez à la LCR et au PCF d'avoir abandonné leurs discours marxistes, comment voulez-vous qu'ils retrouvent de tels discours en soutenant des organisations qui ne les ont pas, en votant des budgets avec elles, etc. ?

(Et traiter de la LCR de "secte" alors que son fonctionnement est démocratique, alors qu'on y entre et qu'on en sort comme dans un moulin, c'est quand même un peu gros.)

Camarde Abdallah

Je ne sais pas quels sont ces militants et sympathisants de la LCR que u évoques... Je me sais que certains ont voté blanc en disant que Royal et Sarko c'était pareil, mais s'il y en a qui ont voté Sarko, ils doivent être, je ne sais pas moi, 1 ou 2 % à tout casser. T'es vraiment pas tombé sur les bons.

"- Quel cas tu fais de l'influence sur les "masses" ? "

L'influence sur les masses, d'abord, comment se mesure-t-elle ? Croyez-vous vraiment qu'aujourd'hui le PCF ait plus d'influence sur les masses que la Ligue ? Si on réduit les masses aux militants encartés, peut-être. Il n'empêche qu'aujourd'hui, celui qui incarne le plus la gauche radicale, c'est Besancenot, plus que Buffet ou qui vous voulez d'autre du PCF. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, c'est vrai qu'il y a un effet jeunisme, il y a l'attrait du facteur sympa, etc. Mais il faut dire aussi qu'il a un discours qui tranche plus avec le PS que celui de Buffet.

Son programme de présidentielles était peut-être plus réformiste, mais il était tout de même plus radical que celui du PC.
A mon avis, l'influence de la LCR sur les masses est bien plus importante que celle du PCF si on la rapporte au nombre de militants respectifs. Ensuite, il faut en faire un parti de classe, un parti ouvrier avec une solide implantation. Je pense que c'est le but de l'actuel processus de construction d'un grand parti anticapitaliste... ca donnera ce que ça donnera. Mais la LCR a affirmé sa volonté de construire un parti plus large, notamment sur la bases des mouvements sociaux, et qui défende une ligne anticapitaliste.

"- Pourrais-tu également me dire comment amener les "masses" au communisme et à la révolution ?"

A vrai dire, non ;D ce serait trop facile, et ce serait déjà fait de puis longtemps !
Militer à l'intérieur d'une organisation réformiste et vaguement attrape-tout pour tenter de redresser ce qui peut l'être alors que la direction du parti va dans le sens inverse ? Mais là, sauf à l'intérieur de ce parti, on est inaudible.
Construire de l'extérieur sur un programme plus radical ? à mon avis, aujourd'hui, compte-tenu de l'audience respective du PC et de la LCR, c'est la solution la plus efficace.
M'enfin, si on peut faire les deux, après tout, y pas de raison de se priver.

La question qui se pose, c'est celle du programme, certes... Je crois pour ma part qu'il faut profiter de toutes les occasions pour parler non seulement des progammes d'urgence mais aussi de la révolution, de ce qui se fera après, etc. C'est une question de dosage, question périlleuse... Le risque est d'un côté de négliger les préoccupations immédiates des travailleurs, et de l'autre de tomber dans le réformisme et d'abandonner les références au communisme, écueil que la LCR n'a pas su éviter aux dernières élections. Reste à savoir, pour ce qui est de la LCR, comment le nouveau parti va se mettre en place, et comment son programme apparaîtra, quelle y sera la part des références au communisme, etc.
Ca peut être à double tranchant : ça peut contribuer à refonder l'extrême-gauche sur des bases marxistes, en réaffirmant un programme clairement anticapitaliste, et surtout en expliquant ce dont il s'agit (en rupture, notamment, avec celui du PCF). Ca peut aussi être l'occasion d'une dilution des principes et des objectifs à long terme...

"- Qualifies-tu le PS comme "parti capitaliste social-démocrate" (comme tu dis) ou comme un parti dirigé par des agents de la bourgeoisie, auquel les masses prolétariennes et semi-prolétariennes accordent encore en ce moment un certain crédit ?"
Les deux. Tu penses que c'est contradictoire ?

"Tu sais, Jordi, ce qui ressort de tes réponses, alors qu'un révolutionnaire sérieux se doit d'y être très attaché, c'est le peu de cas que tu fais des salariés dans ce qu'ils ont de massif. D'où mes nouvelles questions.... afin de prouver que tu n'es pas "sectaire", puisque ce qualificatif t'exaspère."

Il s'agit aussi de ne pas donner aux masses d'illusions sur le caractère droitier du PS... et même de souligner la nature de la politique prônée par le PS.

(et si tu veux poser des questions sur la LCR et sa politique, il y aura des personnes plus calées que moi pour te répondre sur le www.forummarxiste.net . A mon avis, tu auras des réponses.)

Fraternellement,

Jordi.

Hors ligne Abdallah

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Re : Le PCF et la LCR
« Réponse #46 le: 15 décembre 2007 à 22:50:28 »
Camarade Jordi,

Je ne suis sans doute pas tombé sur les bons mais selon un sondage sorti juste après le deuxième tour, les électeurs (de gauche) qui avaient le plus reporté leurs voix sur Sarkosssy étaient ceux qui avaient voté Besancenot au 1er tour. Et les électeurs qui avaient voté Buffet sont les électeurs (de gauche) qui ont le plus reporté leurs voix sur Royal. Donc je ne dois pas être le seul à ne pas être tombé sur les bons comme tu dis !!

Je t'ai déjà expliqué que je défendais la ligne marxiste. Tes explications, tout comme celles que j'ai pu lire sur le site que tu donnes, ne m'ont pas convaincu au sujet du travail des révolutionnaires avec les masses.
Pour étayer mon avis, voici ce qu'écrit Lénine, à propos de "gauches" allemands :
"Les révolutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ?
Les "gauches" allemands croient pouvoir répondre sans hésiter à cette question par la négative. Selon eux, les déclamations et les apostrophes courroucées à l'adresse des syndicats "réactionnaires" et "contre-révolutionnaires ", suffisent (K. Horner l'affirme avec une "gravité" très particulière et très sotte) à "démontrer" l'inutilité et même l'inadmissibilité pour les révolutionnaires, les communistes, de militer dans les syndicats jaunes, contre-révolutionnaires, les syndicats des social-chauvins, des conciliateurs, des Legiens.

Mais, si convaincus que soient les "gauches" allemands du caractère révolutionnaire de cette tactique, elle est en réalité foncièrement erronée et ne renferme rien d'autre que des phrases creuses."

Et aussi : "Mais nous luttons contre "l'aristocratie ouvrière" au nom de la masse ouvrière et pour la gagner à nous; nous combattons les leaders opportunistes et social-chauvins pour gagner à nous la classe ouvrière. Il serait absurde de méconnaître cette vérité élémentaire et évidente entre toutes. Or, c'est précisément la faute que commettent les communistes allemands "de gauche" qui, de l'esprit réactionnaire et contre-révolutionnaire des milieux dirigeants syndicaux, concluent à . . . la sortie des communistes des syndicats ! Au refus d'y travailler! et voudraient créer de nouvelles formes d'organisation ouvrière qu'ils inventent ! Bêtise impardonnable qui équivaut à un immense service rendu par les communistes à la bourgeoisie. Car nos mencheviks, de même que tous les leaders opportunistes, social-chauvins et kautskistes des syndicats, ne sont pas autre chose que des "agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier" (ce que nous avons toujours dit des mencheviks) ou "les commis ouvriers de la classe capitaliste" (labour lieutenants of the capitalist class), selon la belle expression, profondément juste, des disciples américains de Daniel De Leon. Ne pas travailler dans les syndicats réactionnaires, c'est abandonner les masses ouvrières insuffisamment développées ou arriérées à l'influence des leaders réactionnaires, des agents de la bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des "ouvriers embourgeoisés" (cf. à ce sujet la lettre d'Engels à Marx sur les ouvriers anglais, 1858).

La "théorie" saugrenue de la non-participation des communistes dans les syndicats réactionnaires montre, de toute évidence, avec quelle légèreté ces communistes "de gauche" envisagent la question de l'influence sur les "masses", et quel abus ils font dans leurs clameurs du mot "masse". Pour savoir aider la "masse" et gagner sa sympathie, son adhésion et son appui, il ne faut pas craindre les difficultés, les chicanes, les pièges, les outrages, les persécutions de la part des "chefs" (qui, opportunistes et social-chauvins, sont dans la plupart des cas liés - directement ou indirectement - à la bourgeoisie et à la police) et travailler absolument là où est la masse."

Tu vois Jordi, j'ai l'habitude de me fier aux explications claires de Marx, ou Engels ou Lénine ou Trotsky pour savoir où on doit faire son travail de révolutionnaire. Et il est parfaitement évident que notre tâche est de participer dans les organisations de masse des travailleurs.
Or, quand tu m'expliques comment amener les masses à la révolution, c'est exactement ce qu'a combattu vigoureusement Lénine !

A une communiste "de gauche" qui prenait ces arguments :"La masse des membres du Parti travailliste indépendant d'Ecosse est de plus en plus écœurée du parlement, et presque tous les groupes locaux sont pour les Soviets (le mot russe est employé dans la transcription anglaise) ou pour les Soviets ouvriers. Evidemment, ce fait a une importance très sérieuse pour ces messieurs qui considèrent la politique comme un gagne-pain (comme une profession), et ils usent de tous les expédients pour persuader leurs membres de revenir dans le giron du parlementarisme. Les camarades révolutionnaires ne doivent pas  soutenir cette bande. Ici la lutte nous sera très difficile. La défection de ceux pour qui l'intérêt personnel est un stimulant plus fort que l'intérêt qu'ils portent à la révolution, en sera un des traits les plus affligeants. Accorder le moindre appui au parlementarisme revient simplement à aider à l'accession au pouvoir de nos Scheidemann et Noske britanniques. Henderson, Clynes et Cie sont irrémédiablement réactionnaires. Le Parti travailliste indépendant officiel tombe de plus en plus sous la coupe des libéraux bourgeois, qui ont trouvé un refuge moral dans le camp de MM. MacDonald, Snowden et Cie. Le Parti travailliste indépendant officiel est violemment hostile à la III° Internationale, mais la masse est pour elle. Soutenir de quelque façon que ce soit les parlementaires opportunistes, c'est tout bonnement faire le jeu de ces messieurs. Le Parti socialiste britannique n'a ici aucune importance... Ce qu'il faut, c'est une bonne organisation révolutionnaire industrielle et un parti communiste agissant sur des bases scientifiques, claires et nettement définies. Si nos camarades peuvent nous aider à créer l'une et l'autre, nous accepterons volontiers leur concours: s'ils ne le peuvent pas, qu'ils ne s'en mêlent pas pour l'amour de Dieu, à moins qu'ils ne veuillent trahir la révolution en prêtant appui aux réactionnaires qui recherchent avec tant de zèle le titre "honorable" (?) (le point d'interrogation est de l'auteur) de parlementaires, et qui brûlent de prouver qu'ils sont capables de gouverner aussi bien que les "patrons" eux-mêmes, les hommes politiques de classe."

Voici ce que répond Lénine :"Que les Henderson, les Clynes, les MacDonald, les Snowden soient irrémédiablement réactionnaires, cela est exact. Il n'est pas moins exact qu'ils veulent prendre le pouvoir (préférant d'ailleurs la coalition avec la bourgeoisie); qu'ils veulent "administrer" selon les vieilles règles bourgeoises et se conduiront forcément, une fois au pouvoir, comme les Scheidemann et les Noske. Tout cela est exact. Mais il ne suit point de là que les soutenir, c'est trahir la révolution; il s'ensuit que les révolutionnaires de la classe ouvrière doivent, dans l'intérêt de la révolution, accorder à ces messieurs un certain soutien parlementaire."

Tu comprendras que, ayant une stratégie totalement opposée à celle qu'avait expliquée Lénine, la LCR ne peut pas être un outil sérieux.

Un militant de LO m'a soutenu exactement les mêmes arguments il y a 5 ans lorsque Laguiller a fait plus de 5 %. Que LO avait le vent en poupe, que le PCF était terminé etc..... J'étais déjà à l'époque très critique vis-à-vis de la direction du PCF mais j'étais bien conscient que le bon résultat de Laguiller était dû en grande partie aux médias, qui préfèrent rendre sympathique un parti à quelques milliers de militants qu'un parti à plus de 100 000 militants (une "masse" de travailleurs), qui, lorsqu'il se mettra en marche, sera une menace très sérieuse pour le capitalisme.
Et on a vu les résultats électoraux de LO quand elle est "lâchée" par les médias....

Fraternellement



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Re : Le PCF et la LCR
« Réponse #47 le: 16 décembre 2007 à 15:25:44 »
 Bonjour Abdallah.

Après avoir relu mon post pécédent, te dire que je crois que je me suis laissé emporter (ce qui est toujours une erreur, autant pour moi), mais je crois quand même que pour avoir des réponses au sujet de la tactique de la Ligue, il vaut mieux poser ces questions aux intéressés, et ceci n'est donc pas le bon forum.

Je n'ai, evidemment, rien du tout contre la Ligue, et moins encore contre ses militants, et pour tout dire je ne m'interesse que très peu à leur politique, qui se développe surtout à l'ombre des renoncements du PCF.
Rien à voir non plus avec les méthodes sectaires des groupuscules qui consistent à passer son temps à se regarder en chien de faïence, à se critiquer mutuellement dans des revues que les travailleurs ne lisent pas, et en définitive, à se tirer dans les pattes autant que faire se peut.

Et il ne s'agit pas non plus, comme semblait le suggérer Jordi, que "nous n'aimons pas la Ligue", nous sommes juste conscients du fait, et ce sans aller plus loin, que si les objectifs stratégiques de la Ligue passent par la liquidation du PCF pour essayer, d'une façon ou d'une autre d'occuper sa place, et si nos objectifs passent par le relancement du PCF et l'extension de son influence parmi les travailleurs, sur la base d'un programme socialiste, nos actions politiques respectives sont bien évidemment contradictoires.

Soit dit en passant, dans le cas ou la Ligue arriverait à augmenter de façon significative sa présence sociale, et à se transformer en ce qu'il reconnaissent eux-mêmes ne pas être actuellement, un véritable parti, je me demande combien de temps les termes de "communiste" et "révolutionnaire" se maintiendraient-ils dans leur dénomination.
« Modifié: 16 décembre 2007 à 15:28:42 par fireball »
Patrick Vandeweyer
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Re : Le PCF et la LCR
« Réponse #48 le: 16 décembre 2007 à 16:27:29 »
Cher camarade fireball,

cela fait un moment que je consulte le forum des marxistes révolutionnaires. Ma culture révolutionnaire, même si elle est encore succinte (bien loin de la tienne à ce que j'ai pu observer), fait que je n'ai pas vu beaucoup de militants :
- ni révolutionnaires, dans le sens où ils ignorent tout de ce qui a cimenté la discipline du parti révolutionnaire du prolétariat de Lénine.... à moins qu'ils rejettent l'apport de Lénine, ce qui est leur droit ;
- ni marxistes, dans le sens où ils ne considèrent pas le niveau de conscience réel des travailleurs et, par impatience, refusent de se trouver dans des mouvements massifs de travailleurs légués par le système capitaliste ; et voudraient en rêver d'autres, bien conscients, bien révolutionnaires, bien nombreux.....

Pour ceux qui pensent que le parti de Lénine était bien propret, bien radical, bien anticapitaliste, voici comment Lénine le décrit :

"Il est évidemment très "difficile" de vaincre, sous la domination de la bourgeoisie, les habitudes bourgeoises dans notre propre parti, c'est-à-dire dans le parti ouvrier: il est "difficile" de chasser du parti les chefs parlementaires de toujours, irrémédiablement corrompus par les préjugés bourgeois; il est "difficile" de soumettre à la discipline prolétarienne un nombre strictement nécessaire (même très limité) d'hommes venus de la bourgeoisie; il est "difficile" de créer dans le parlement bourgeois une fraction communiste parfaitement digne de la classe ouvrière; il est "difficile" d'obtenir que les parlementaires communistes ne se laissent pas prendre aux hochets du parlementarisme bourgeois, mais s'emploient à un travail substantiel de propagande, d'agitation et d'organisation des masses. Tout cela est "difficile", c'est certain. Ç'a été difficile en Russie, et c'est infiniment plus difficile encore en Europe occidentale et en Amérique, où la bourgeoisie est beaucoup plus forte, plus fortes les traditions démocratiques bourgeoises et ainsi de suite.

Mais toutes ces "difficultés" ne sont vraiment qu'un jeu d'enfant à côté des problèmes, absolument de même nature, que le prolétariat aura à résoudre nécessairement pour assurer sa victoire, et pendant la révolution prolétarienne et après la prise du pouvoir par le prolétariat. A côté de ces tâches vraiment immenses, alors qu'il s'agira, sous la dictature du prolétariat, de rééduquer des millions de paysans, de petits patrons, des centaines de milliers d'employés, de fonctionnaires, d'intellectuels bourgeois, de les subordonner tous à l'Etat prolétarien et à la direction prolétarienne, de triompher de leurs habitudes et traditions bourgeoises, - à côté de ces tâches immenses, constituer sous la domination bourgeoise, au sein d'un parlement bourgeois, une fraction réellement communiste d'un véritable parti prolétarien, n'est plus qu'un jeu d'enfant.

Si les camarades "gauches" et les antiparlementaires n'apprennent pas dès maintenant à vaincre une aussi mince difficulté, on peut dire à coup sûr qu'ils se trouveront dans l'impossibilité de réaliser la dictature du prolétariat, de se subordonner et de transformer sur une grande échelle les intellectuels bourgeois et les institutions bourgeoises; ou bien qu'ils seront obligés de complêter hativement leur instruction, et cette hâte portera un immense préjudice à la cause du prolétariat, leur fera commettre des erreurs plus qu'à l'ordinaire, les rendra plus faibles et malhabiles au-dessus de la moyenne, etc., etc."

Lénine a eu aussi, en son temps, des Besancenot qui ont créé des partis bien révolutionnaires, bien anti-capitalistes, que l'histoire sociale a complètement oubliés.

Fraternellement


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Re : Le PCF et la LCR
« Réponse #49 le: 16 décembre 2007 à 17:42:33 »
Judicieuse citation de "La maladie infantile" (P 120 et 121 dans l'édition espagnole de la Fondation Frédéric Engels),  Abdallah, justement le point de vue que nous défendons. À mon humble avis, si tu parts dans cette direction, tu es sur le bon chemin.
De toute façon, au nom du marxisme, on a écrit un peu de tout, et même à l'heure actuelle, quand Internet permet de lire les "apportations" théoriques de sectes qu'il n'y aurait pas moyen de lire autrement (avant il fallait "se casser le cul" à vendre des journaux imprimés, maintenant il n'ont plus qu'à mettre tout sur Internet et attendre que quelqu'un visite la web) il existe des sectes "marxistes" pour tout les gouts: j'ai même vu, récemment, des "Cercles Internationaux de Communistes Anti-bolcheviks" (si, si, ça existe encore que je ne sais pas si ça vole bien haut.), qui jettent les écrits de Lénine à la poubelle et préfèrent réediter Pannekoeck ou dévirtuer Rosa Luxemburg. S'immerger dans le monde des sectes ultra-gauches, c'est s'exposer à de nombreux maux de tête.
« Modifié: 16 décembre 2007 à 17:54:39 par fireball »
Patrick Vandeweyer
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