Salut,
Comme le dit Roch, il y a malheureusement une forte dose de "bluff" dans cette histoire de collectifs. Il s'agit de faire croire que la candidature du PCF "émerge d'une dynamique populaire", etc, alors que dans les faits, ce sont les militants du PCF qui constituent la colonne vertébrale des collectifs, et qui les tiennent à bout de bras. Au fond, il n'y a pas grande différence entre ces "collectifs unitaires" et de classiques collectifs de campagne électorale du PCF, si ce n'est la présence de quelques membres de la LCR, Alternatifs, et autres poussières, et le fait qu'on fait comme si c'était un truc qui émergeait d'une lame de fonds populaire...
D'après mes discussions avec différents camarades du PCF, la confusion générale qui règne dans les rapports entre le Parti et les collectifs commence à avoir un effet démoralisateur sur les camarades du PCF. On ne sait toujours pas exactement s'il y aura un candidat du PCF, ni comment sa désignation va se dérouler. Il y a eu un CN du parti à ce sujet, mais le compte-rendu est tout sauf clair, et ce manque de clarté joue contre nous. Si les militants du PCF eux-mêmes ne comprennent pas la démarche du parti, qu'est-ce que notre électorat potentiel y comprendra ?!
J'ai même entendu dire que MG Buffet pourrait provisoirement "démissionner" de son poste de secrataire nationale du PCF, histoire que sa candidature n'apparaisse pas comme celle d'un parti. Franchement, si c'est vrai, c'est ridicule. Les travailleurs se moquent bien de savoir quel est le poste de MG Buffet. Par contre, ils veulent connaître les idées et le programme que défend le PCF.
Hier soir, j'étais à une réunion publique organisée par le collectif du 18ème arrondissement de Paris. Il y avait Yves Salesse, qui croit tout à fait possible qu'un candidat unitaire (lui, par exemple) passe devant le PS au premier tour. C'est absurde. Si le PCF se présente seul, avec un bon programme, il fera sans doute un meilleur score qu'en 2002, mais en aucun cas il ne passera devant le PS. Et il en va exactement de même avec une "candidature unitaire". On ne peut pas, en quelques mois, renverser une tendance (le vote pour le PS) qui s'enracine dans les évènements des 10 dernières années (droite dure au pouvoir; 21 avril 2002 ; politique du PCF au gouvernement entre 1997 et 2002, etc).
Mais Salesse est un malin ; il dit : "si on fait pas l'unité, qu'il y a un candidat PCF, LCR, etc, alors oui le PS l'emportera". C'est une façon de mettre la pression sur les militants du PCF pour qu'ils renoncent à présenter leurs candidats (Salesse pense qu'il vaut mieux un candidat "hors parti"... comme lui !).
Par ailleurs, il y a la question du programme de ces collectifs : ce programme se veut "anti-libéral", par opposition au "social-libéralisme" du PS. Mais en fait, il est fondamentalement réformiste. J'ai demandé à Salesse : "Si tu es président de la République (rire dans la salle), est-ce que tu nationaliseras l'ensemble du secteur bancaire ? " Il a pas répondu. Et pour cause : dans la "charte anti-libérale", un des textes programmatiques des collectifs, cette revendication ne figure pas. La Charte se contente de dire : "Un pôle public de crédit sera mis en place", ce qui est archi-vague et se situe tout à fait au niveau de la démagogie d'un Laurent Fabius.
Ceci dit, Greg a raison : il y a des gens intéressants dans ces collectifs (ne serait-ce que les militants du PCF), et nous devons y intervenir pour défendre les idées et le programme du marxisme.
Jérôme