Chers camarades,
un intervenant, Jihad Wachill, sur le site de "réveil communiste" écrit : "Des citations qui 't'en mettent plein la vue" à toi, peut-être, mais qui me laissent, moi, de marbre. Car pas de chance, je sais comment les resituer, pour ce qui me concerne...
"Les prolétaires n'ont pas de patrie"? Et la suite du texte, "camarades", vous devez bien le connaître en fin théoriciens que vous prétendez être? Je me permets donc de vous la rappeler:
"Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s'ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot.
Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l'uniformité de la production industrielle et les conditions d'existence qu'ils entraînent.
Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus encore. Son action commune, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation.
Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme, et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation.
Du jour où tombe l'antagonisme des classes à l'intérieur de la nation, tombe également l'hostilité des nations entre elles."
Donc Marx ne nie pas l'idée de Nation, bien au contraire, il fixe comme objectif au prolétariat d'en devenir la "classe dirigeante", de "devenir lui-même la nation": c'est de là que part le concept de "dictature du prolétariat", d'ailleurs...A souligner la finesse d'analyse de Marx sur le processus que nous appelons aujourd'hui "mondialisation" et qui apparaît ici comme une tendance ancienne du capitalisme. De plus, il apparaît que le procès en anti-marxisme fait à des camarades taxés de "nationalisme" ne tient pas. Sur ce point, il convient d'ailleurs de souligner le caractère profondément anti-léniniste de l'analyse de "la Riposte" sur cette "question des nationalités".
Je ne partage pas le point de vue de cet intervenant (ou camarade car je ne sais pas s'il est au PCF).
Tout d'abord, il a raison lorsqu'il dit qu'il faut resituer les citations. Cependant, la citation qu'il fait dans son ensemble conforte notre point de vue.
Pour résumer, Marx expliquait que le sens de l'histoire (division internationale du travail, échanges commerciaux à travers le monde..) allait dans le sens de la disparition des frontières nationales, bases du capitalisme. Les prolétaires devaient s'organiser pour renverser les capitalistes dans leur nation. Donc, pour Marx, comme pour Lénine, défendre sa patrie, dans le sens prolétarien du terme, c'est renverser le capitalisme de sa patrie, tout en s'unissant avec les salariés des autres pays.
Nous n'avons jamais prétendu que Marx niait la Nation. Nous avons toujours défendu l'idée qu'il fallait s'organiser de façon nationale. Mais il faut également éduquer les salariés non à défendre la Nation en collaborant avec sa classe capitaliste nationale, mais à défendre leur intérêt de salarié, qui est le même que l'intérêt des salariés de tous les pays. Car si les prolétaires doivent devenir la classe dirigeante de la Nation, c'est pour mieux en détruire les frontières en tendant la main aux salariés des autres pays.
En aucun cas un communiste ne peut demander aux salariés de défendre leur nation en s'alliant avec la classe capitaliste de leur pays face aux salariés des autres pays.
Est-ce clair monsieur Jihad Wachill ?
Fraternellement
Abdallah