Chers camarades,
Selon les animateurs de Réveil Communiste, La Riposte serait à la fois une secte ultra-gauchiste et une tendance sociale-démocrate. En même temps, elle serait un instrument de la direction actuelle du PCF. Elle serait une opération de « marketing » plutôt qu’une organisation politique. Enfin, nous sommes accusés de l’indulgence vis-à-vis du nazisme. Qui peut prendre cette stupidité au sérieux ? Le camarade Abdallah a raison de douter de l’utilité d’une telle « discussion », compte tenu de l’absurdité de ces affirmations. Pour chaque calomnie ou idée fausse à laquelle on répondra, des gens qui « discutent » de cette façon seront toujours capables d’en produire une dizaine d’autres. Leur but est tout simplement de salir et de dénigrer La Riposte. La véracité et la cohérence des arguments ne leur importent pas. Le mieux, à mon avis, c’est de les laisser parler entre eux.
L’offensive a été déclenchée dès qu’il était devenu clair que nous n’allions pas mener campagne pour André Gerin. Avant cela, Réveil Communiste publiait régulièrement des commentaires très positifs à notre sujet. Mais si La Riposte n’est pas pour Gerin, alors elle est forcément un outil de Buffet – et même un peu fasciste sur les bords ! Logique, non ?
Réveil Communiste voulait que La Riposte mette ses idées de côté pour rallier celles de Gerin, au nom du but suprême, qui est, à ses yeux, de se débarrasser de Marie-George Buffet. De toute façon, cette dernière pourrait ne pas se représenter pour le poste de secrétaire national. Mais quoi qu’il en soit, La Riposte n’est pas favorable à une lutte « pour renverser MGB ». Notre but n’est pas de la remplacer. Pourquoi ? Parce que ceci ne résoudrait strictement rien.
Les membres du parti, dans leur vaste majorité, reconnaîtront que Marie-George Buffet n’a pas ménagé ses efforts, comme secrétaire national. Elle a fait preuve d’une grande implication personnelle au cours des différentes campagnes dans lesquelles le parti s’est engagé. Ces efforts forcent le respect. Ses faiblesses sont essentiellement politiques. Elle porte, indiscutablement, sa part de responsabilité dans le recul du PCF, mais son handicap principal, c’est le programme actuel du PCF, et tant que cette question du programme n’est pas réglée, aucun changement de personnes au sommet ne fera une différence significative.
Remplacer MGB pour quoi faire ? Et par qui ? Par Gerin ? Mais ceci ne serait pas une avancée, à notre avis. Gerin se déclare pour le capitalisme – système qu’on aurait tort, selon lui, de « diaboliser ». Gerin est un réformiste qui, sur le plan politique, ne se distingue de Buffet que par son nationalisme français virulent – au point même de flirter avec le racisme – et son enthousiasme pour de nombreux aspects de la politique « sécuritaire » de la droite : la double peine, les expulsions, les couvre-feu, etc. Sa complicité politique avec Eric Raoult – qui a écrit la préface de son livre – est clairement un appel du pied à l’électorat du FN, tout comme ses remarques au sujet des « kebabs louches » dans les quartiers populaires. A notre avis, ce genre de discours, s’il venait du dirigeant national du parti, aurait des conséquences extrêmement graves pour le PCF. Et pour cette raison, La Riposte ne soutient pas la candidature de Gerin contre Buffet.
Les « Gerinistes » parisiens autour de Réveil Communiste – qui sont, pour certains d’entre eux, des « staliniens » de la vieille école – ne font rien non plus pour renforcer l’image de leur camp. Si ces gens-là étaient à la tête du parti, imaginons les conséquences de leur baratin justifiant le totalitarisme stalinien et fustigeant l’« hitléro-trotskisme » !
La Riposte est qualifiée de « trotskiste » parce qu’elle ne cautionne pas les régimes totalitaires qui existaient en URSS et en Europe de l’Est. Mais le « trotskisme » était une invention de Staline dans sa lutte contre ceux qui défendaient l’internationalisme et la démocratie soviétique contre les dérives nationalistes et bureaucratiques du régime. Trotsky était un grand marxiste. Il était d’accord avec Lénine sur toutes les questions essentielles. Dans la période pré-révolutionnaire, il est vrai, des divergences existaient entre les deux hommes. Sur la question de la « révolution permanente », Lénine a fini par rallier la position de Trotsky, alors que, sur d’autres questions, c’est Trotsky qui a reconnu que Lénine avait raison contre lui. Comme on le sait, Staline a fait assassiner Trotsky en 1940. Des centaines de milliers d’autres internationalistes ont péri dans les camps et devant les pelotons d’exécution de Staline. Ces communistes sont des martyrs de notre classe et de notre cause. Malgré cette répression, Trotsky ne mettait pas l’URSS et l’Allemagne nazie « sur le même plan », comme le prétendent certains animateurs de Réveil Communiste. Au contraire, il était, jusqu’à son dernier souffle, pour la défense inconditionnelle de l’URSS face à l’impérialisme.
Dans le passé, la propagande selon laquelle Trotsky était un agent de l’impérialisme et un « fasciste » – qui visait, bien sûr, à justifier la traque et l’assassinat de ses partisans – avait une certaine efficacité, puisque qu’elle était appuyée par les ressources gigantesques d’un Etat puissant. Beaucoup de communistes avaient des illusions dans ce régime, à l’époque. Mais depuis que le PCUS a rétabli le capitalisme en Russie, et que le PCC l’a rétabli en Chine, etc., cela ne marche plus. Aujourd’hui, le « stalinisme » n’a pratiquement aucune base de soutien dans le PCF. Les quelques vestiges qui subsistent en son sein sont sur le déclin. Les gens ne vont pas prendre au sérieux des groupements qui critiquent MGB dans les termes les plus acides – tout en chantant les louanges d’un Milosevic ou d’un Honecker !
La plupart des regroupements qui se réclament de Staline, – comme le PRCF, les Rouges Vifs, l’URCF, etc., – sont complètement discrédités et démoralisés, et ont déjà quitté le parti. Le « stalinisme » ne se relèvera plus jamais dans le PCF. Et tant mieux !
Fraternellement,
Greg Oxley