Plan Social à la LMDE.
La LMDE, La Mutuelle Des Étudiants, bâtie sur les ruines de la MNEF, assure le régime de sécurité social et éventuellement le régime complémentaire des étudiants, en concurrence avec les SMERS. Pour aller vite, la LMDE vante les mérites de l'économie sociale et solidaire, contrairement aux SMERS. Depuis quelques mois, l'annonce d'un plan social est arrivée jusqu'aux salariés de l'entreprise : « les intérêts des étudiants sont en contradiction avec les intérêts des salariés de la mutuelle », « les caisses de la mutuelle sont vides », traduction il faut maintenir les bas salaires et licencier massivement. Les salaires sont aux minimum légal, comme nombre d'entreprise, et le travail demandé est maximum : il est expliqué aux salariés que travailler dans cette entreprise est un acte militant, ce qui veut dire qu'il faut travailler sans compter et faire don de son temps pour travailler bénévolement, en dehors de ses plages horaires. La perception du métier a changé de nature également : il ne s'agit plus d'accueillir les étudiants dans des locaux ou des agences. L'heure est maintenant aux Points d'Accueil Vente, et les assurés considérés comme des clients, avec des objectifs à atteindre, au niveau des complémentaires santé, ou tout autre produit issu d'un quelconque partenariat (Matmut, Banque Populaire). Le tout cautionné et approuvé par l'UNEF.
La LMDE comptait environ 600 salariés. La « restructuration », comme ce plan social est appelé, concerne un grand nombre de salariés. Soit par des licenciements « secs », soit par des propositions de mutations absurdes, dans le but que les salariés concernés refusent, pour mieux les licencier. Les nouveaux centres de traitement des remboursements viennent d'ouvrir, composé des volontaires qui auront bien voulu déménager à Villeneuve-D'Ascq, à Poitiers ou à Pantin, et de nouveaux salariés recrutés récemment. Les contacts de ces centres nous font état de conditions de travail déplorables, avec flicage incessant, abus de pouvoir des « petits chefs »,...Dernièrement, nous avons appris par les syndicats de l'entreprise que depuis le début de ces vagues de licenciements malgré tout, les salaires des cadres avaient été augmentés, et qu'il y avait régulièrement au siège de l'entreprise, à Ivry-Sur-Seine, des réceptions « petits-fours et cocktails ».
Cette situation illustre ce qu'est la sociale-démocratie et en son sein l'économie-sociale et solidaire, portée aux nus par nombres d'économistes de « gôche ». La direction divise les salariés, et monte les salariés contre les étudiants, en expliquant que les intérêts des deux sont diamétralement opposés. Maintenir les salariés dans des conditions de travail scandaleuses, dans la précarité, en ayant recours fréquemment aux contrats à temps partiels. Les syndicats de l'entreprise sont inexistants. L'UNSA et la CFDT co-gèrent main dans la mains avec la CFE-CGC. Les salariés ont de plus en plus conscience de cette situation, et ne souhaitent pas rester tel quel sans réagir. Le problème est qu'il n'y a pas d'organisations pour soutenir les salariés dans cette lutte.