Auteur Sujet: 500 000 manifestants : Ne rien lâcher face à la droite !  (Lu 2639 fois)

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de Julien Cholin PCF Val-de-Marne,

La mobilisation de ce mardi 17 juin a été difficile dans bien des secteurs. L’offensive se poursuit, et les salariés tentent encore et toujours d’enrayer la machine anti-sociale de la droite. Pourtant, les attaques se multiplient : stigmatisation des travailleurs précaires, mort annoncée des 35 heures, poursuite des raffles et des expulsion, chute continuelle du pouvoir d’achat...

Les manifestations, appelées par la Confédération Générale du Travail (CGT), la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), la Fédération Sydicale Unitaire (FSU) et Solidaires (SUD), ont réunis selon la CGT plus de 500 000 manifestants. Soit moins que le 22 mai, lors de la mobilisation pour les retraites. On note l’absence des étudiants et professeurs, mais surtout celle de Force Ouvrière (FO) ou de la Confédération Française des Travailleurs Catholiques (CFTC), qui malgré leur poids très minces, ont contribué à rendre cette journée de mobilisation moins audible. La division des syndicats a ainsi entraîné un septicisme chez les travailleurs notamment ceux de la SNCF ou de la RATP. Finalement, le demi-million de manifestants ne donnent pas l’appui esperé aux deux principales centrales syndicales qui négocient actuellement, de façon plus ou moins efficace, les réformes de la droite dure de Nicolas Sarkozy.

Au centre de ces divisions, l’accord sur la représentativité, position commune entre CGT, CFDT, FSU, UNSA, et Solidaires côté ouvrier, et MEDEF et CGPME côté patronal. Cet accord prévoit la fin de la représentativité incontestable depuis 1945, des cinq organisations traditionnelles (CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC), afin de mieux illustrer le paysage syndical qui a largement changé depuis. Mais cet accord prévoît également de laisser davantage de place aux accords dits "d’entreprises", c’est à dire aux accords entre un patron et les syndicats de salariés de son entreprise.

Ainsi, un accord sera considéré valide s’il recueille la signature de deux syndicats représentant au moins 20% des voix et en l’absence d’une opposition de majorité (syndicats représentant plus de 50% des voix). Cela marque en fait une manoeuvre de la classe patronnale afin de faire jouer la division syndicale, ou bien de faire participer les syndicats cogestionnaires des entreprises, afin de faire passer des accords surpassant les lois votées à l’Assemblée Nationale. Ce qui amènera une remise en cause directe des 35 heures notamment. C’est pourquoi certains syndicats comme FO boudent les organisations syndicales signataires du texte. Aussi, au sein même de la CGT, et surtout de Solidaires (qui n’a jamais bénéficié d’une représentativité à l’échelle interprofessionnelle en raison des accords précédents), une vive contestation militante se fait entendre pour que leur syndicat respectif retire leur signature commune avec le MEDEF.

Finalement, la droite a la part belle et poursuit ses attaques contre la classe ouvrière et employée, puisque de nouveaux projet se dessinent, afin de faire passer durant les vacances d’été une nouvelle offensive. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a d’ores et déjà prévenu de la rentrée difficile qui s’annonce.

En attendant, les communistes s’interrogent de plus en plus sur l’opportunité de "journées d’actions" qui se succèdent et se ressemblent, et dont la portée devient de plus en plus abstraite. Les grèves restent minces. Comment contrer un gouvernement ultra-offensif, qui finalement parvient à ignorer les manifestations ponctuelles pour poursuivre son programme. Après un an de luttes continuelles, mais séparées, sans convergences, et où chaque secteur s’est fait battre un à un, devrions-nous envisager une riposte plus dure, à l’image de la droite à laquelle nous faisons face ? La grève ponctuelle n’étant plus suffisante, comment passer à une grève plus dure, plus générale, plus unitaire...

http://marne-la-vallee.pcf.fr/985-500-000-manifestants-Ne-rien.html


Hors ligne ingeborge

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Re : 500 000 manifestants : Ne rien lâcher face à la droite !
« Réponse #1 le: 06 juillet 2008 à 15:31:39 »
Salut Camarade,

Je suis totalement d'accord avec toi mais je pense qu'il n'y a malheureusement pas de réponse simple car il me semble qu'on se heure en fait ici à un des traits les plus sournois du capital, qui est la redoutable facilité avec laquelle il invite les éléments moins politisés parmi les prolétaires à le rejoindre, jusqu'à épouser pratiquement sa cause. Je vois les difficultés à mobiliser autour de moi, dans mon quartier-même. C'est difficile de mobiliser les camarades travailleurs à la grève quand nombre d'entre eux entendent les sirènes du "gagner plus" et, inévitablement, la prétendue nécessité de "travailler plus"; ou quand ils répondent carrément aux incitations à rejoindre la droite et les pro-capitalistes... C'est ainsi qu'un collègue, ancien militant révolutionnaire CGT à la conscience aïgue, est devenu actionnaire EDF dès que l'Etat UMP lui en a fait miroboler la possibilité... Difficile aussi de mobiliser les jeunes et essayer de leur inculquer la conscience de classe, la rage contre les patrons et la volonté d'en découdre avec Sarkozy quand, pendant ce temps, on les fait rêver de bling-bling, d'études supérieures et de je ne sais quelles start-ups... Les temps sont durs et malheureusement vu la situation politique du pays je crains que la droite sarkozyste n'a pas fini de marquer des points. Mais elle devrait se méfier, tant va la cruche à l'eau... En attendant la révolution, on essaie de faire ce qu'on peut.

Hors ligne Virgile

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Re : 500 000 manifestants : Ne rien lâcher face à la droite !
« Réponse #2 le: 09 juillet 2008 à 15:24:37 »
il me semble qu'on se heure en fait ici à un des traits les plus sournois du capital, qui est la redoutable facilité avec laquelle il invite les éléments moins politisés parmi les prolétaires à le rejoindre, jusqu'à épouser pratiquement sa cause.

Ce n'est pas là une caractéristique propre au capitalisme. Les prolétaires n' "épousent" pas plus la "cause" du capitalisme que les serfs "épousaient" la "cause" du féodalisme.
Dans l'idéologie allemande Marx disait "Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes". La classe qui détient les moyens de production et d'échange possède aussi les moyens de production intellectuels et leur diffusion, elle impose de fait son idéologie qui est une vision idéale donc erronée des rapport de domination. L'état joue un rôle privilégié dans la diffusion de cette idéologie.

Sous le féodalisme la pensée dominante était basée sur le droit du sang : la propriété foncière appartenait à une classe, l'aristocratie. Pour avoir droit de propriété un individu devait avoir du "sang noble". Pendant des siècles les classes dominées n'ont pas remis en cause cette forme de propriété. Ce n'est que par le développement des forces productives avec l'apparition d'une organisation sociale du travail supérieure, l'industrie,  qui a permis l'essor d'une nouvelle classe, la bourgeoisie, que ces anciens rapports de production ont pu être renversés.

Dans le mode de production capitaliste, c'est la bourgeoisie qui est la classe dominante. Sa domination est basée sur le droit de la libre propriété qui est le libre droit de la propriété privée des moyens de production : la propriété bourgeoise. Avec toutes les armes dont dispose la bourgeoisie pour assoir sont pouvoir, et en premier lieu l'état, il ne faut pas s'étonner outre mesure que les prolétaires voient le capitalisme comme le seul système économique viable. Tous les jours le gouvernement et tous les représentants de la classe capitaliste usent de leur propagande pour légitimer leur propriété à eux : le "tous propriétaires" d'un logement avec Sarkozy, Raffarin avec le droit de créer son entreprise avec 1€ de capital, les nationalisations qui seraient qu'une entrave à la juste rémunération du capital etc. etc.
Cependant le développement des forces productives sous le capitalisme engendre une prolétarisation de la société (disparition relative de la paysannerie et de la petite bourgeoisie) et renforce l'opposition entre les deux classes qui ont un rôle déterminant dans la lutte des classes : la bourgeoisie et le prolétariat. Cette bipolarisation influe sur la conscience des masses car elle ne rend que plus clair les intérêts antagonistes et inconciliables de ces deux classes.

Bien entendu les conditions objectives ne sont pas suffisantes.  Dans la période actuelle les conditions économiques sont mures pour une révolution cependant la conscience des masses est en retard, d'où la nécessité d'un parti communiste qui porte un programme de transition capable d'éduquer le prolétariat et de structurer les luttes dans la perspective de faire la révolution.

Fraternellement

Virgile
« Modifié: 14 octobre 2009 à 16:05:40 par Virgile »