de Julien Cholin PCF Val-de-Marne,
La mobilisation de ce mardi 17 juin a été difficile dans bien des secteurs. L’offensive se poursuit, et les salariés tentent encore et toujours d’enrayer la machine anti-sociale de la droite. Pourtant, les attaques se multiplient : stigmatisation des travailleurs précaires, mort annoncée des 35 heures, poursuite des raffles et des expulsion, chute continuelle du pouvoir d’achat...
Les manifestations, appelées par la Confédération Générale du Travail (CGT), la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), la Fédération Sydicale Unitaire (FSU) et Solidaires (SUD), ont réunis selon la CGT plus de 500 000 manifestants. Soit moins que le 22 mai, lors de la mobilisation pour les retraites. On note l’absence des étudiants et professeurs, mais surtout celle de Force Ouvrière (FO) ou de la Confédération Française des Travailleurs Catholiques (CFTC), qui malgré leur poids très minces, ont contribué à rendre cette journée de mobilisation moins audible. La division des syndicats a ainsi entraîné un septicisme chez les travailleurs notamment ceux de la SNCF ou de la RATP. Finalement, le demi-million de manifestants ne donnent pas l’appui esperé aux deux principales centrales syndicales qui négocient actuellement, de façon plus ou moins efficace, les réformes de la droite dure de Nicolas Sarkozy.
Au centre de ces divisions, l’accord sur la représentativité, position commune entre CGT, CFDT, FSU, UNSA, et Solidaires côté ouvrier, et MEDEF et CGPME côté patronal. Cet accord prévoit la fin de la représentativité incontestable depuis 1945, des cinq organisations traditionnelles (CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC), afin de mieux illustrer le paysage syndical qui a largement changé depuis. Mais cet accord prévoît également de laisser davantage de place aux accords dits "d’entreprises", c’est à dire aux accords entre un patron et les syndicats de salariés de son entreprise.
Ainsi, un accord sera considéré valide s’il recueille la signature de deux syndicats représentant au moins 20% des voix et en l’absence d’une opposition de majorité (syndicats représentant plus de 50% des voix). Cela marque en fait une manoeuvre de la classe patronnale afin de faire jouer la division syndicale, ou bien de faire participer les syndicats cogestionnaires des entreprises, afin de faire passer des accords surpassant les lois votées à l’Assemblée Nationale. Ce qui amènera une remise en cause directe des 35 heures notamment. C’est pourquoi certains syndicats comme FO boudent les organisations syndicales signataires du texte. Aussi, au sein même de la CGT, et surtout de Solidaires (qui n’a jamais bénéficié d’une représentativité à l’échelle interprofessionnelle en raison des accords précédents), une vive contestation militante se fait entendre pour que leur syndicat respectif retire leur signature commune avec le MEDEF.
Finalement, la droite a la part belle et poursuit ses attaques contre la classe ouvrière et employée, puisque de nouveaux projet se dessinent, afin de faire passer durant les vacances d’été une nouvelle offensive. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a d’ores et déjà prévenu de la rentrée difficile qui s’annonce.
En attendant, les communistes s’interrogent de plus en plus sur l’opportunité de "journées d’actions" qui se succèdent et se ressemblent, et dont la portée devient de plus en plus abstraite. Les grèves restent minces. Comment contrer un gouvernement ultra-offensif, qui finalement parvient à ignorer les manifestations ponctuelles pour poursuivre son programme. Après un an de luttes continuelles, mais séparées, sans convergences, et où chaque secteur s’est fait battre un à un, devrions-nous envisager une riposte plus dure, à l’image de la droite à laquelle nous faisons face ? La grève ponctuelle n’étant plus suffisante, comment passer à une grève plus dure, plus générale, plus unitaire...
http://marne-la-vallee.pcf.fr/985-500-000-manifestants-Ne-rien.html