Auteur Sujet: OAXACCA  (Lu 5600 fois)

Camilo

  • Invité
Chronique d’Oaxaca, 8 novembre 2006.
« Réponse #15 le: 09 novembre 2006 à 22:23:59 »
http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=384



Je site ; "L’organisation souligne à cette occasion que sa lutte ne se limite pas à chasser "le tyran Ruiz" mais a pour objectif de transformer profondément l’organisation politique de l’État pour répondre aux demandes des peuples qui l’habitent."

 La question du pouvoir commence à se planter!!


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Chronique d’Oaxaca, 8 novembre 2006.
Annick Stevens
jeudi 9 novembre 2006.
 
Chronique d’Oaxaca, 8 novembre 2006
Le gouverneur Ruiz est lâché par le gouvernement fédéral

Le ministre de la politique intérieure, Carlos Abascal, a déclaré dans une conférence de presse que le gouverneur d’Oaxaca, Ulises Ruiz, devait, ou bien parvenir à un pacte de gouvernement avec ses opposants et obtenir une trêve pour montrer qu’il était capable de gouverner, ou bien donner sa démission. Le ministre a refusé d’évoquer un possible chantage du PRI, qui menacerait d’être absent à la cérémonie d’investiture de Felipe Calderón. Il a annoncé que, si le fédéral n’avait pas le droit de destituer un gouverneur d’État, en revanche il existait des moyens légaux pour le contrôler :

1. un audit de la gestion des ressources fédérales reçues par l’État ;
2. une enquête judiciaire sur la responsabilité du gouverneur dans les violences perpétrées par des paramilitaires.

Cependant, il s’est refusé à avancer une date pour le retrait de la police fédérale de la capitale oaxaquénienne, celle-ci étant, selon lui, nécessaire "pour garantir la sécurité des citoyens".

La situation sur place

Ce mercredi, l’APPO doit remettre une proposition au gouvernement fédéral dans laquelle elle demande la destitution de plusieurs hauts mandataires de l’administration Ruiz, comme condition pour entamer des négociations avec le ministre de l’intérieur.

Les étudiants estiments nécessaire de maintenir les barricades qui défendent l’université et la radio. En effet, la situation est toujours dangereusement tendue : des agressions sporadiques de la part de policiers ont encore eu lieu contre des indigènes ou contre des habitations ; la radio du gouvernement, Radio Ciudadana, continue à émettre des appels à la haine contre les professeurs et les militants de l’APPO ; des inconnus cagoulés ont détruit un fast-food à coups de cocktails Molotov. La chambre des députés a refusé au président l’autorisation de partir en voyage officiel au Vietnam et en Australie, estimant que la gravité de la situation requérait sa présence dans le pays. Un député de son propre parti s’est demandé non sans humour : "Pourquoi veut-il aller au Vietnam, puisqu’il a le sien ici ?"

Les actions futures

L’APPO appelle tous les groupes de lutte, formels ou informels, à envoyer des délégués à un congrès constitutif à Oaxaca, du 10 au 12 novembre, qui aura les objectifs suivants :


1. Constituer formellement l’Assemblée populaire des Peuples d’Oaxaca
2. Discuter et approuver les statuts, principes, programme et propositions de l’Assemblée nationale des peuples d’Oaxaca
3. Élire le premier Conseil national des peuples d’Oaxaca, qui sera l’organe de coordination et de représentation de l’APPO
4. Approuver le plan d’action à court, moyen et long terme.

L’organisation souligne à cette occasion que sa lutte ne se limite pas à chasser "le tyran Ruiz" mais a pour objectif de transformer profondément l’organisation politique de l’État pour répondre aux demandes des peuples qui l’habitent.

Les attentats à la bombe du DF revendiqués par cinq groupes de guérilla

Les attentats à la bombe qui ont secoué la ville de Mexico la nuit de dimanche à lundi ont été revendiqués en commun par cinq groupes de guérilla : le Mouvement révolutionnaire Lucio Cabañas Barrientos (MR-LCB), la Tendance démocratique révolutionnaire - Armée du peuple (TDR-EP), l’Organisation insurgée 1er mai, la Brigade de justice 2 décembre et les Brigades populaires de libération. Ces organisations avaient déjà annoncé à la presse le mois dernier qu’elles passeraient à l’action si la police fédérale réprimait violemment la contestation à Oaxaca. Dans leur communiqué, elles reprennent les revendications de l’APPO et dénoncent en outre la fraude électorale et "la violence néolibérale institutionalisée". Malgré cette revendication, les autorités judiciaires n’excluent pas la possibilité que ces groupes ne soient pas les auteurs des attentats mais "profitent de l’opportunité pour se montrer". En tout cas, aucun mandataire judiciaire ou politique n’accuse l’APPO ou le PRD d’en être responsables, comme on l’avait tout de suite craint. Le ministre de la Sécurité publique, Eduardo Molina Mora, a déclaré l’état d’alerte contre la menace d’autres attentats, ce qui consiste à renforcer la surveillance policière et militaire des ports, terminaux aériens et routes fédérales.

Annick Stevens.

Sources : La Jornada, les communiqués de l’APPO et de diverses associations indigènes.

Camilo

  • Invité
Mobilisation Oaxaca - PARIS
« Réponse #16 le: 09 novembre 2006 à 22:55:58 »
http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=385


MOBILISONS-NOUS FACE À LA RÉPRESSION DE LA COMMUNE D’OAXACA !
Lundi 20 novembre à 18 h 30 au parvis Beaubourg
Alors qu’au Mexique, la répression s’abattait sur une grève de mineurs à Sicartsa, dans l’État du Michoacán, en avril 2006, puis sur le village de San Salvador Atenco, près de Mexico, en mai ; dans l’État d’Oaxaca, depuis plusieurs mois, le peuple s’est soulevé contre le despote au pouvoir, Ulises Ruiz. Une Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO) s’est formée suite à la répression d’une longue grève d’enseignants de la région, et rassemble des centaines d’organisations de différents secteurs de la société de cet État.

L’idée que le peuple puisse révoquer à tout instant celui qu’il a élu et qui n’accomplit pas sa tâche pour le bien commun est l’idée centrale de ce mouvement qui rassemble des centaines de milliers de personnes d’origines et d’horizons les plus divers. C’est elle qui anime la résistance. Au-delà des barricades, c’est une autre vision de la politique et des rapports que les gens peuvent avoir entre eux qui se construit...

Alors que l’APPO contrôle une grande partie de la ville, le 27 octobre, des paramilitaires au service du gouvernement local ont tiré sur des barricades faisant 4 morts. Cela a été le prétexte rêvé du gouvernement fédéral pour envoyer la PFP (police militarisée) à Oaxaca. Elle est entrée dans la ville le 29 et a occupé le zócalo (la place centrale). Les membres de l’APPO se sont alors retranchés sur la place Santo Domingo, près de l’université. Le 2 novembre au matin, la PFP a tenté de les déloger et de s’attaquer à Radio Universidad, l’une des voix du mouvement, mais a été repoussée et a dû battre en retraite.

Pour que cette Commune ne finisse pas dans un bain de sang, il est de notre devoir de nous mobiliser et de faire pression sur le gouvernement mexicain, ainsi que d’exprimer notre solidarité envers la lutte des peuples d’Oaxaca. C’est pourquoi en réponse à l’appel à la mobilisation nationale et internationale lancé par l’APPO et d’autres mouvements sociaux d’Oaxaca pour le 20 novembre, nous appelons à manifester :

Le lundi 20 novembre à 18 h 30
Départ : parvis Beaubourg.

Dehors Ulises !
Dehors la PFP !
Libération de touTEs les prisonnierEs !

Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Camilo

  • Invité
Programme du Congrès de l'APPO
« Réponse #17 le: 12 novembre 2006 à 19:00:03 »
traduction d'un communiqué de l'APPO :
http://www.asambleapopulardeoaxaca.com/boletines/


LE CONGRES CONSTITUF DE L’APPO DEBUTE

Oaxaca, ville de la rébellion, 11 novembre 2006.
 
Très tôt ce matin, des centaines de personnes se sont donnés rendez vous aux alentours de l’Hôtel du Magistère. Le peuple d’Oaxaca, les jeunes et les anciens des barricades, des colonies (quartiers populaires), tournaient autour de l’hôtel pour être sur que les travaux du Congrès Constitutif se déroulent en tout tranquillité. Ceci afin de protéger leurs délégués qui, élu démocratiquement dans les quartiers, agences, conseils communaux, syndicats, colonies, organisations, barricades, porteront leurs voix au Congrès.
La PFP se trouve à quelques pâtés de maisons d’où se déroule le Congrès, en attente elle y réfléchit à deux feux fois face au peuple d’Oaxaca qui a démontré qu’il pouvait être tout aussi prudent et pacifique, que vaillant, décidé, et vif. Au cas où, Juan Vasques membre d’une barricade, porte avec lui son lance-pierre de longue portée.
Une grande partie de la journée est occupée par l’enregistrement de délégués, invitées et de la presse. Le Congrès a débuté avec une participation de plus d’un millier de délégués, qui représentent les 7 régions de notre Etat, ainsi que tous les secteurs sociaux : jeunes, femmes, paysans, travailleurs, commerçants, autorités municipales, organisations, barricades, colonies, ONG de Droits Humains.
Hier vendredi 10 novembre, au travers d’un processus d’élections démocratique, les thèmes de débat et de travaux on été votés. Aujourd’hui, la Conférence Magistral débutera avec un sujet de débat de Carlos Fazio sur : « L’ultra droite au Mexique ». Ensuite, trois thèmes de réflexions seront lancés:
1er thème – ANALYSE DU CONTEXTE INTERNATIONAL, NATIONAL ET ESTATAL
2nd thème – CRISE DES INSTITUTIONS
a) Réforme intégral de l’Etat Libre et Souverain de Oaxaca.
b) Nouveau gouvernement.
c) Nouvelle Constituante.
d) Nouvelle Constitution.
3ème thème - L’ASSAMBLEE POPULAIRE DES PEUPLES DE OAXACA
a) Perspectives.
b) Déclarations des Principes, Statuts et Objectifs.
c) Programme.
d) Plan d’actions a court, moyen et long terme.
Au long de la journée des délégués de toutes les régions continueront à arriver. Le Congrès
Constitutif de l’APPO avance, il s’est installé sous les yeux mêmes des policiers-violeurs et il constitue le germe de la démocratie populaire

TOUT LE POUVOIR AU PEUPLE
ASSAMBLEE POPULAIRE DES PEUPLES D’OAXACA