Salut camarades,
Ce qui se passe au Chili est d'une grande importance, la libération des étudiants arrêtés doit être une nécessité, cette révolte, une premère depuis la fin de la dictature, montre la combativité de la jeunesse et des travailleurs de ce pays, un exemple pour toute l'Amérique Latine...

Le Président du Chili Sebástian Piñera - par Latuff
* Lucros = profits
Les raisons de la colère (en espagnol)
http://www.marxist.com/chile-pinera-desoye-y-provoca-a-los-estudiantes.htmL'Humanité - le 25 Août 2011
Chili : Grève générale dans le sillage des protestations étudiantesDes dizaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel d’une double journée de grève lancée par les principaux syndicats du pays. Dans le sillage des trois mois de contestations étudiantes, ces mobilisations dénoncent l’inégale répartition des richesses, alors que le PIB a cru de près de 7% en 2011. Il s’agit du mouvement de protestation le plus important depuis la fin de la dictature.
Santiago, capitale du pays, a été le théâtre de manifestations massives, et de violences sporadiques, jeudi. En marge des cortèges, des violences ont été déplorés dans la nuit de mercredi à jeudi, provoquant 108 interpellations, alors que 42 policiers ont été blessés. Des barricades de pneus enflammés et des jets de pierre issus de groupes de jeunes dont se désolidarisent les manifestants ont embrasé la métropole de six millions d’habitants. Dans la matinée, une fois le calme revenu, quatre grands cortèges se sont mis en branle le long de l’Alameda, la longue avenue longeant le palais présidentiel, dans le centre-ville de Santiago. Les étudiants, associés à cette grève, formaient une grande partie des manifestations. La première journée de grève, que partiellement suivie, avait provoqué l’interpellation de 348 personnes dans l’ensemble du pays et des heurts entre des manifestants et groupes de jeunes et les forces de l’ordre avaient fait 36 blessés.
Selon le gouvernement, la grève n’aurait pas réussi à bloquer le pays. 14% seulement ne se seraient pas rendu sur le lieu de travail lors de la première journée de grève. A l’inverse, les syndicats se félicitent de l’efficacité de la mobilisation, puisque 80% des travailleurs auraient cessé le travail, selon le quotidien La Hora. Cette mobilisation vient se greffer aux mobilisations des étudiants qui réclament un enseignement public, gratuit et de qualité. Durant ces deux jours, le modèle économique ultra libéral, directement importée des Etats-Unis et hérité de la dictature de Pinochet. Une réforme du système des retraites, une nouvelle constitution (héritée de 1980 et de la dictature de Pinochet), une protection accrue des travailleurs inscrite dans le code du travail et une réforme fiscale visant à améliorer l’éducation et la santé publique ont été les revendications principales des manifestants. En somme, une meilleure redistribution des fruits de la croissance.
Le Parti communiste français exige la libération de toutes les personnes arrêtées pêle-mêle, et assurent que le pays est animé d’une « lutte porteuse d'avenir, pour un système d'éducation public gratuit, de qualité, avec davantage de moyens en particulier pour tous les jeunes aujourd'hui obligés de s'endetter pour pouvoir étudier. »Chili : la grève nationale de la CUT paralyse le pays, vendredi 26 août 2011
Au moins 348 personnes ont été arrêtées et 36 personnes blessées, parmi lesquelles 19 policiers, lors de la première journée d’arrêt national [la grève a été appelée pour le 24 et le 25 août] de toutes les activités au Chili appelée par la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT). Cette grève a été appuyée par les étudiants et les enseignants chiliens qui sont mobilisés depuis trois mois contre la privatisation de l’éducation.
De leur côté, six étudiants qui poursuivaient une grève de la faim depuis plus d’un mois pour protester contre cette privatisation de l’éducation impulsée par le gouvernement du président fort à droite, Sebastián Piñera, ont interrompu leur action en raison de leur mauvais état de santé.
Avec un large cahier de revendications, qui vont d’une réforme de la Constitution à des modifications du Code du Travail, en passant par la baisse des impôts sur les combustibles, ceux qui ont appelé à une grève nationale de 48 heures ont réussi à presque paralyser le pays, avec des bureaux publics et une partie des commerces fermés, des perturbations dans le secteur des transports, des barricades sur certaines avenues des principales villes et des affrontements avec la police.
Les affrontements entre les forces spéciales des carabiniers [l’équivalent de la Gendarmerie mobile ou des CRS en France] et les groupes qui ont soutenu l’arrêt de travail national se sont répétés tout au long de la journée dans le centre de Santiago, dans des localités de la zone métropolitaine et dans les principales villes du pays, telles que Punta Arenas, Valdivia, Talcahuano, Concepción, Valparaíso, Coquimbo et Copiapó.
Des centaines d’étudiants se sont trouvés sur le front des affrontements avec la police à quelques pâtés de maisons du palais présidentiel de La Moneda, aux alentours duquel ont également eu lieu des manifestations de fonctionnaires des ministères de l’Education, des Relations extérieures, des Travaux publics, de l’Agriculture et d’autres services publics encore.
Les manifestations, qui ont interrompu à certains moments la circulation sur la Promenade Bernardo O’Higgins, l’artère principale [de la capitale], ont été «reproduites» par des étudiants dans tout le pays en face de leurs universités.
A Santiago, la police a pris spécialement positions aux alentours des directions administratives des universités, où elle a empêché les tentatives d’interrompre le trafic automobile en aspergeant les manifestations d’eau et de gaz lacrymogènes.
Tôt le matin déjà, il y a eu des affrontements dans des quartiers pauvres de la périphérie de Santiago, après que durant la nuit des milliers de Chiliens étaient descendus dans la rue pour exprimer au son de leurs casseroles leur appui à la grève ouvrière nationale.
Au début de la journée, les manifestants ont bloqué au moyen de pneus enflammés et de poutres des carrefours importants de la capitale, alors que dans des secteurs périphériques ils ont empêché la sortie de bus [de leurs dépôts].
Dans la ville de Concepción (sud) et dans le centre portuaire qu’est Valparaíso, les médias locaux ont fait état d’affrontements entre la police et des manifestants et d’une baisse de l’activité quotidienne, spécialement dans le commerce et les services administratifs.
Le président de la CUT, Arturo Martinez, a assuré que cette grève était le résultat du fait que «nous avions été ignorés et que personne n’avait voulu écouter nos revendications». Il a indiqué que le succès de l’appel national était la «preuve que nous avions raison».
Voulant démentir l’image de normalité que le président Piñera cherche à présenter, Martinez a signalé que la ville n’était pas dans un état normal aujourd’hui. Mais la réponse du président a été différente. Selon lui, l’intention a été de causer du tort au Chili. Il a qualifié la grève d’instrument erroné de protestation au lieu d’un processus de dialogue et d’accords.
Pour le porte-parole de l’exécutif, Andrés Chadwick, la grève était injustifiée. La cessation de travail s’est faite selon lui sans justification et s’est également terminée sans justification, dans le sens où son objectif était de paralyser le pays. Il a affirmé qu’en tant que gouvernement, ils étaient heureux que cet objectif n’ait pas été atteint, parce que dans le cas contraire cela aurait généré un tort important pour le Chili.
Il y a eu des versions contradictoires sur le nombre de membres de la fonction publique qui se sont joints à la manifestation. Le gouvernement a d’abord avancé le chiffre de 5, 5% puis de 14%. L’Association Nationale des Employés du Fisc a été jusqu’à avancer que 80% des employés publics n’avaient pas travaillé.
A la fin de la journée, Chadwick a donné l’information selon laquelle il y avait eu 348 arrestations et 36 personnes blessées, dont 19 font partie de la police, mais que toutes les blessures étaient légères.
Quant au président de la CUT, qui organise 11% des salarié·e·s du pays, il n’a pas fourni de bilan du premier jour et a dit qu’il ferait un rapport à la fin de la mobilisation, qu’il y aurait ce jeudi [25 août] diverses marches confluant dans le centre de Santiago.
Dans ce contexte, les six étudiants en grève de la faim du Lycée A-13 de la localité de Buin, dans la province de Maipo, ont interrompu l’action de protestation qu’ils ont initiée il y a 37 jours en soutien à la mobilisation étudiante exigeant une meilleure éducation. «Nous interrompons la grève, mais nous ne cessons pas notre lutte», a expliqué, lors d’une conférence de presse, la plus affaiblie parmi les grévistes, Gloria Negrete, 19 ans, qui a été hospitalisée en raison d’une perte de 12 kilos et de l’aggravation de l’affection respiratoire dont elle souffrait.
«La décision a été prise en raison du mauvais état de santé dans lequel nous nous trouvons, nos corps se sont affaiblis jour après jour, mais pas nos convictions», a déclaré la jeune femme qui a insisté sur le fait que le gouvernement ne s’était préoccupé en rien de leur état de santé. Elle a assuré que tous continueraient leur lutte pour obtenir la satisfaction de leurs revendications.
Le docteur Sergio Aguilera, directeur de l’hôpital San Luis de Buin, a dit que les étudiants se trouvaient en état de dénutrition, mais qu’à aucun moment leurs vies n’avaient été mises en danger. Une trentaine de jeunes universitaires et de lycéens sont également en grève de la faim dans différents endroits du Chili.
Cet article a été publié dans le quotidien La Jornada (Mexico), en date du 25 août 2011. Traduction A l’Encontre.