Auteur Sujet: La Grèce doit-elle sortir de l’euro ?  (Lu 207 fois)

Hors ligne W catharos

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La Grèce doit-elle sortir de l’euro ?
« le: 13 septembre 2011 à 13:07:13 »
Salut camarades,

La faillite de l'Etat grec est prévisible, la sortie de l'euro aussi, et pas sûr que cela serait une bonne chose, d'ailleurs cet article d'Alternatives économiques, montre bien que cela serait plus un problème qu'une solution...

En tout cas pour les travailleurs cela ne règlera rien, ni de l'austérité, ni de la crise !

La Grèce doit-elle sortir de l’euro ?
Guillaume Duval

http://www.alternatives-economiques.fr/la-grece-doit-elle-sortir-de-l-euro--_fr_art_633_55361.html
 
Accepter la Grèce au sein de la zone euro n'était peut-être pas une bonne idée. Mais, pour la Grèce, sortir de l'euro aujourd'hui dans l'espoir d'améliorer sa compétitivité provoquerait une fuite des capitaux, une perte de confiance envers ce pays et des taux d'intérêt prohibitifs.

La Grèce rencontre de nouvelles difficultés pour tenir les engagements pris en termes de déficit public compte tenu de l'ampleur de la récession qu'elle subit. Parallèlement les opinions publiques de différents pays se montrent de plus en plus réticentes à poursuivre l'aide accordée à ce pays. D'où la question qui resurgit dans le débat public : ne vaudrait-il pas mieux finalement, pour les Grecs comme pour nous, que ce pays quitte la zone euro ? Non, car le remède risquerait fort d'être pire que le mal. Pour eux comme pour nous.

Il n'est pas illégitime de se demander si les Grecs et la zone euro ne se porteraient pas mieux si la Grèce n'avait pas rejoint l'euro en 2001. Compte tenu des mauvaises performances de son appareil d'Etat, du caractère massif de l'évasion fiscale et de mécanismes de formation des prix qui poussaient à une inflation non négligeable, la Grèce était en effet mal préparée à résister à la tentation du surendettement, lorsque, grâce à l'euro, elle a bénéficié pendant dix ans quasiment des mêmes taux d'intérêt très bas que l'Allemagne, notamment pour financer sa dette publique.

Sortir de l'euro maintenant serait cependant une toute autre affaire pour la Grèce… Cela impliquerait tout d'abord une transition coûteuse et extrêmement risquée : si la réintroduction de la drachme n'est pas faite par surprise du jour au lendemain (ce qui est quasiment impossible compte tenu de l'ampleur des préparatifs indispensables), la période qui la précéderait donnerait lieu à une intense fuite des capitaux… De plus le principal intérêt d'une sortie de l'euro, résiderait dans une forte dévaluation de la monnaie nationale vis-à-vis de l'euro pour rétablir la compétitivité prix du pays, notamment sur le plan du tourisme qui reste de très loin sa principale « exportation ». Or la Grèce a contracté, au-delà même de sa seule dette publique, une énorme dette vis-à-vis de l'extérieur : celle-ci représente aujourd'hui 380 milliards d'euros, 170 % du PIB grec. Si la Grèce maintient la valeur de cette dette après être sortie de l'euro et avoir réalisé une forte dévaluation de sa monnaie nationale, cette dette pèsera nettement plus lourd encore qu'avant sur l'économie grecque.

Si au contraire la Grèce dévalue également sa dette extérieure, ce mouvement ne suffirait probablement pas à desserrer suffisamment l'étau - cette dette continuerait encore à peser lourd rapportée au PIB du pays - mais la perte de valeur subie par ses créanciers entraînerait une très forte défiance. Alors que la Grèce resterait pourtant obligée de continuer à se financer à l'étranger compte tenu de son déficit extérieur colossal. D'où des taux d'intérêts à long terme très élevés qui contribueraient à étouffer la reprise de l'économie grecque. Parallèlement la dévaluation de la drachme entraînerait un renchérissement massif des importations qui représentent aujourd'hui 29 % du PIB grec.

Ce renchérissement pèserait fortement sur la consommation des ménages. Il risquerait aussi de nourrir une dynamique inflationniste qui annulerait rapidement l'avantage attendu de la dévaluation en termes de compétitivité prix. D'où pour éviter de voir flamber les prix, la nécessité d'une politique monétaire restrictive avec des taux d'intérêt à court terme élevés… Bref, contrairement à ce qu'on dit souvent, la sortie de l'euro serait très loin d'être une panacée évitant à la Grèce de connaître un ajustement douloureux. Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre d'observer la situation difficile des pays extérieurs à la zone euro qui ont connu des déséquilibres du même type que la Grèce comme la Hongrie, la Lituanie ou encore le Royaume-Uni…

De même pour le reste de la zone, une sortie de la Grèce de l'euro comporterait des inconvénients majeurs. Tout d'abord une telle sortie ne pourrait avoir d'intérêt pour la Grèce que si elle s'accompagne d'une forte réduction de sa dette publique mais aussi privée vis-à-vis du reste de la zone. Elle aurait donc des effets majeurs - bien supérieurs aux modestes opérations de restructuration tentées actuellement - sur les comptes des institutions détentrices de créances sur la Grèce. Ensuite aucune procédure n'est prévue dans les traités à ce sujet et une telle sortie devrait se faire très vite. Autrement dit, ce serait très probablement le fruit d'une décision unilatérale prise sans réelle concertation préalable avec les autres Etats membres de la zone euro. Ce qui ne manquerait pas d'aggraver le sentiment de sauve-qui-peut, déjà si répandu dans la zone. En créant un précédent cela pousserait aussi au paroxysme la défiance à l'égard de l'Espagne, de l'Italie, de l'Irlande, du Portugal, précipitant un mouvement de désagrégation de l'ensemble de la zone. Bref, pour les Grecs comme pour nous, la sortie de la Grèce de l'euro serait plus un problème qu'une solution…

« Modifié: 13 septembre 2011 à 23:15:03 par W catharos »
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