Auteur Sujet: La Confédération Syndicale Internationale  (Lu 1912 fois)

Communard

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La Confédération Syndicale Internationale
« le: 04 novembre 2006 à 10:30:34 »
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Si tous les syndicats du monde s’unissaient

Social . Cette semaine à Vienne, 360 syndicats de 150 pays se regroupent dans une nouvelle Confédération syndicale internationale, avec l’objectif de peser sur la globalisation.

Vienne (Autriche), envoyé spécial.

Réunir 190 millions de syndiqués du monde entier sous une seule bannière. Et, surtout, faire que les organisations de travailleurs pèsent de nouveau face aux forces du capital dopées par la mondialisation. C’est l’objectif, clairement ambitieux, des quelque 1 500 délégués réunis à partir d’aujourd’hui à Vienne pour fonder la nouvelle Confédération syndicale internationale (CSI).

pour le droit de se syndiquer partout

La naissance de cette structure unitaire, plus de cent quarante ans après la première tentative d’unification des syndicats au niveau international, passe d’abord par la mise en bière des deux grandes centrales mondiales actuelles : la Confédération internationale des syndicats libres (CISL, 155 millions de membres), d’inspiration sociale-démocrate, et la Confédération mondiale du travail (CMT, 30 millions de membres), d’obédience chrétienne, qui tiennent ce soir leur congrès de dissolution dans la capitale autrichienne. Leurs délégués seront rejoints demain par ceux d’une dizaine de syndicats indépendants, dont la CGT, qui a quitté en 1995 la troisième centrale mondiale, la FSM (ex-bloc communiste), aujourd’hui moribonde. Cette présence de syndicats non affiliés mais souvent en pointe du combat social dans leur pays (comme la CTA argentine), et leur implication dans le processus de création de la CSI, sont des facteurs qui font dire à Guy Ryder, secrétaire général de la CISL, que, bien plus que la fusion d’appareils concurrents, la nouvelle confédération doit être le cadre où émergera « un nouvel internationalisme syndical » face au capitalisme débridé de ces deux dernières décennies.

Les statuts de la CSI reflètent cette ambition de « changer le cours de la mondialisation », comme le proclame l’un des chapitres des statuts (lire ci-dessous). L’objectif est de sortir d’une situation où, grâce à la liberté de circulation des capitaux, les entreprises dictent leurs lois, placent les travailleurs en situation de concurrence et s’affranchissent des droits sociaux les plus élémentaires. Un autre défi est de faire respecter le droit des travailleurs à se syndiquer partout sur la planète, alors que la répression reste forte en Amérique latine et dans les pays émergents d’Asie, au premier rang desquels la Chine.

des statuts

plus combatifs

Casse sociale, casse syndicale, deux phénomènes liés. « Nous sommes sous la coupe d’une mondialisation néolibérale, et pour ses tenants le meilleur syndicat est celui qui n’existe pas, rappelle Willy This, le secrétaire général de la CMT. Nous avons été attaqués sur tous les fronts. Précarisation, croissance de l’économie informelle, flexibilité, délocalisations... Tous ces phénomènes ont affaibli le syndicalisme. »

À la nécessité de s’unir pour peser davantage s’ajoute la remise en question des méthodes classiques des syndicats face à la mondialisation. La stratégie conciliante de la CISL et de la CMT face aux grandes institutions économiques a fait la preuve de son inefficacité : l’OMC n’a jamais accepté d’imposer les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) dans ses négociations. Les statuts de la nouvelle confédération se veulent plus combatifs et réclament une « réforme fondamentale » de l’OMC comme du FMI. La CSI affiche parallèlement son ambition de travailler plus étroitement avec les Global Unions, ces super-syndicats de branche à l’échelon international, qui ont une tradition de dialogue avec les multinationales et ont su faire plier certaines d’entre elles (par exemple sur le transport maritime international).

la lutte,

du local au global

Un programme ambitieux donc, trop diront certains. Les promoteurs de la CSI assurent, eux, que le mouvement syndical international est mûr pour passer à la vitesse supérieure, malgré l’opposition apparente entre travailleurs du Nord et du Sud, malgré les divisions historiques. « Si je croyais que les questions d’identité ou d’appareils restaient un obstacle, je n’aurais pas poussé à l’unification, insiste Guy Ryder. Dans le cadre de la CISL, il existe déjà des organisations de tendance variées, sociaux-démocrates, communistes, voire centristes. Mais nous parvenons toujours à travailler ensemble et à faire avancer nos revendications. »

Le rapprochement avec la société civile et les ONG, sensible ces dernières années, va aussi se poursuivre : la CSI sera présente au prochain Forum social mondial, à Nairobi. À terme, la CSI espère ainsi devenir une caisse de résonance et un lieu de rencontre pour des luttes partout dans le monde, du local au global.

Paul Falzon


2e article de l'Humanité :
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Nord-Sud : la lutte mondiale

Vienne . La Confédération syndicale internationale (CSI) a été créée hier. Son objectif, rapprocher les travailleurs de la planète et lutter contre les méfaits de la mondialisation.

Vienne,

envoyé spécial.

« Historique ». Le mot était hier sur toutes les lèvres au premier jour du congrès fondateur de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui fédère près de 310 centrales nationales représentant, selon les différentes estimations, entre 160 et 190 millions de travailleurs dans le monde. Dans les discours officiels prononcés depuis la tribune ou dans les discussions avec certains des 1 500 délégués venus pour l’occasion à Vienne, se dégageait l’espoir que cette nouvelle structure unitaire, née de la fusion des deux principales centrales mondiales, la CISL (sociale démocrate) et la CMT (chrétienne), mais aussi de la volonté d’organisations non affiliées comme la CGT, permette de changer le rapport de force entre le mouvement syndical et les forces du capital mondialisé.

« Un processus à la fois d’unification et de refondation »

« Un processus à la fois d’unification et de refondation » du mouvement syndical international a résumé, en introduction, l’un des principaux artisans de la naissance de la CSI, Emilio Gabaglio, ex-président de la Confédération européenne des syndicats (CES). Lanouvelle centrale se veut, dans ses statuts, plus offensive face aux multinationales, plus ouverte aux autres forces de progrès comme les ONG, et plus proche, enfin, des réalités actuelles du monde du travail, y compris dans son organisation.

Et de fait, un regard sur la grande salle qui abrite le congrès laissait entrevoir des évolutions sensibles. Le mode de représentation qui prend comme critère le nombre d’adhérents et non le montant des cotisations, tout comme l’obligation de la parité, donnait hier à cette CSI un visage bien plus ouvert aux pays du Sud et aux femmes que les précédentes structures. Saisissante image de cette diversité, on pouvait voir, derrière des premiers rangs d’invités officiels presque tous blancs et masculins, une représentante bolivienne en tenue traditionnelle indienne qui côtoyait, en vertu de l’ordre alphabétique, de solides Béninois aux vêtements bariolés, comme des Belges en costume sombre.

Reste à voir si ces rééquilibrages se traduiront dans la composition des instances dirigeantes de la CSI, qui, hier encore, faisait l’objet d’âpres négociations, y compris entre la CGT et la CFDT. Reste à voir surtout comment la structure parviendra dans ses pratiques quotidiennes à concilier les intérêts parfois divergents de ses membres, alors que les multinationales mettent désormais systématiquement les travailleurs en balance, comme dans le cas des délocalisations. Le plus grand défi de la CSI sera de déterminer « comment circonscrire cette concurrence à tous crins », reconnaissait l’hôte des congressistes et président de la confédération autrichienne OGB, Rudolf Hundstorfer.

Face aux inquiétudes des travailleurs du Nord, il était à ce titre éclairant d’ interroger hier à Vienne des délégués des nouvelles puissances industrielles de la planète. « Les délocalisations ne profitent pas à l’emploi local, au contraire, elles contribuent à augmenter le chômage, assurait Trivedi Ambareesh, président de la Confédération des syndicats libres d’Inde (CFTUI). Plus de 100 000 PME ont récemment disparu dans mon pays, simplement parce que les multinationales ne se contentent pas de produire mais inondent aussi les marchés et tuent les entreprises locales. Les délocalisations ne compensent pas ces pertes, simplement parce qu’il s’agit souvent d’emplois fortement automatisés. »

la solution est de changer le système économique

« Ce que les pays du Nord ne voient pas c’est que c’est nous, les travailleurs du Sud, qui payons le plus lourd tribut à la mondialisation, explique Everaldo Da Silva, de la CUT (Brésil). La précarité, les salaires de misère, les déréglementations, tout cela nous le subissons de plein fouet. Pour que travailleurs du Nord et du Sud bénéficient des mêmes droits, la seule solution est de changer le système économique, parce qu’aujourd’hui il n’aboutit qu’à une concentration extraordinaire de la richesse dans quelques mains. » Et ce délégué de regretter que la CSI, qui a fait de l’imposition des normes de l’OIT et de la lutte contre les stratégies de multinationales ses grands chevaux de bataille, n’ait pas adopté un programme d’action immédiat pour lancer la réplique syndicale.

Paul Falzon


Qu'en penser?

Yann GERMAIN

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Re : La Confédération Syndicale Internationale
« Réponse #1 le: 01 septembre 2007 à 11:35:48 »
Après avoir lu cet article http://antennefranc.fsmwftu.free.fr/spip/spip.php?article18 je ne pense pas que la CGT aie eu raison de quitter la Fédération Syndicale Mondale pour rejoindre la Confédération Syndicale Internationale.
Mais peut être que je me trompe et qu'il vaut mieux aller dans la CSI réformiste pour la transformer de l'intérieur plutôt que de rester à la FSM plus petite ?
Qu'en pensez-vous ?

Yann GERMAIN

  • Invité
Re : La Confédération Syndicale Internationale
« Réponse #2 le: 20 octobre 2007 à 15:32:43 »
Alors, que pensez vous qu'il faille privilégier comme regroupement syndical mondial ? La CSI ou la FSM ?