Voici le resultat du premier tour en equateur :
QUITO (AFP) - Le milliardaire de droite Alvaro Noboa est arrivé en tête dimanche du premier tour de l'élection présidentielle équatorienne et affrontera au second tour le 26 novembre l'économiste de gauche Rafael Correa, un proche du président vénézuélien Hugo Chavez, aux thèses radicales.
M. Noboa, magnat de la banane de 56 ans et homme le plus riche d'EquateurEquateur, a obtenu 26,8% contre 22,4% pour Correa, soit plus de quatre points de différence, sur la base de 60% des bulletins dépouillés, a annoncé le Tribunal suprême électoral (TSE).
La remontée spectaculaire de plus de 11 points dans les sondages en moins d'une semaine de Noboa, devenu in extremis le favori du scrutin, sans qu'il ne se soit rien passé ni dans un camp, ni dans l'autre, a été une surprise totale.
M. Noboa, donné vainqueur du premier tour par les sondages à la sortie des urnes, a déclaré dès l'annonce des premiers résultats que l'amitié de Rafael Correa, 43 ans, "avec Cuba et le président du Venezuela Hugo Chavez" était à l'origine de sa déroute.
"Le peuple a donné la plus grande correction possible à cet ami des terroristes, de Chavez et de Cuba", a-t-il affirmé.
M. Correa a d'abord contesté les estimations sortie des urnes des instituts de sondage le plaçant en deuxième position, affirmant être en tête avec "deux points d'avance". Puis il a indiqué qu'il y avait "match nul" entre les deux rivaux et a appelé les autres formations de gauche à le soutenir au deuxième tour.
Le candidat de gauche pro-Chavez Rafael Correa suit les premiers résultats de la présidentielle équatorienne, à Quito le 15 octobre 2006
©AFP - Rodriguo Buendia
Il a ironisé sur son rival Noboa en conseillant aux électeurs d'accepter les "t-shirts, médicaments, le riz et le ciment" qu'il distribue. "Mais au moment de voter, ne choisissez pas les oligarques qui pendant si longtemps nous ont opprimé, ce que savent parfaitement les producteurs de banane", a-t-il lancé.
L'économiste Correa, 43 ans, a aussi continué de dénoncer comme les jours précédents, une fraude électorale organisée, selon lui, avec la complicité tacite de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de ses 150 observateurs déployés dans le pays.
"Ces gens qui possèdent des millions pensent qu'ils peuvent même acheter les consciences", avait déclaré M. Correa après avoir voté à Quito. "Jamais nous ne les laisserons voler les élections. Attention à ces mafieux qui jouent avec la volonté populaire", avait-t-il mis en garde.
Après l'annonce des résultats, le candidat Leon Roldos, un socialiste modéré, a admis sa défaite affirmant que "s'est imposé le pouvoir du chéquier", à propos du milliardaire Noboa, mais aussi de Correa, accusé par ses rivaux d'être financé par le Venezuela d'Hugo Chavez.
Un militaire guide une Equatorienne qui s'apprête à voter pour la présidentielle, le 15 octobre 2006 à Otavolo
©AFP - Paul Navarrete
Une dure confrontation gauche-droite est attendue pour le second tour de la présidentielle dans ce pays très instable, dirigé par sept présidents en dix ans. Le dernier à avoir été élu, Lucio Gutierrez, avait été destitué par le parlement en avril 2005 et remplacé par son vice-président Alfredo Palacio.
Les Equatoriens interrogés dans les bureaux de vote dimanche ne dissimulaient pas leur scepticisme envers la politique. "Dans ce pays, les hommes politiques sont tous pourris, tous des voleurs", a indiqué un électeur désabusé du quartier défavorisé du "Comité du peuple".
"Noboa au moins fait des cadeaux à ses électeurs, les autres se contentent de promesses non tenues", a ajouté Maria Bustamente, une ménagère de 63 ans.
Quelque 36.607 bureaux de vote avaient été installés dans les 22 provinces du pays afin de permettre à 9,2 millions d'Equatoriens d'élire leur président, leur vice-président, 100 députés, 5 membres du Parlement andin, 67 conseillers provinciaux et 674 conseillers municipaux. Le vote est obligatoire en Equateur.
M. Correa avait décidé de ne pas présenter de candidats aux législatives car il compte, s'il est élu président, convoquer une assemblée constituante pour réformer la Constitution et réduire le pouvoir du Congrès qui, pendant des années, a imposé sa loi aux présidents successifs.
Après le perou et le mexique, voici qu'aussi en equateur la fraude sévis pour eviter l'arriver au pouvoir d'un gourvernement de gauche.
L'exemple du venezuela et de la bolivie a échaudé les capitalistes qui sont pret a toutes les fraudes pour garder le pouvoir.
La leçon est claire.
Les capitalistes ne sont pret à aucunes concessions, et la "democratie" n'existe plus. La victoire de ces éléments bourgeois est probable, une victoire volée, truqué, et là residera l'attitude des partis de gauches.
Si ils accèptent leur défaites, il démoraliseront les masses, si ils se battent ils offriront une voie révolutionnaire. Car sans possibilité d'acceder pacifiquement au pouvoir, les masses vont se tourner vers la voie revolutionnaire pour y acceder.
La première phase de la révolution continental sud amériquaine s'achève.
La phase de la prise de pouvoir "pacifique" dans le cadre de la légalité bourgeoise. Une deuxième phase plus dure prendra bientôt la relève...