« le: 06 novembre 2006 à 09:44:26 »
MANAGUA (AFP) - Les premiers résultats de l'élection présidentielle nicaraguayenne portant sur les suffrages dans 7,22 % des bureaux étaient très favorables à l'ex-guérillero Daniel Ortega, alors que s'ouvrait une polémique avec l'ambassade des Etats-Unis, accusée de vouloir remettre en cause par avance le résultat.
Selon les résultats préliminaires et partiels annoncés lundi par le Conseil Suprême Electoral (CSE), le candidat du Front Sandiniste de libération nationale (FSLN) Daniel Ortega obtenait 40,85 % des voix devant Eduardo Montealegre de l'Alliance libérale nicaraguayenne (ALN, droite) avec 32,68%, Jose Rizo du Parti libéral constitutionaliste (PLC-droite) avec 21,37%, Edmundo Jarquin du Mouvement de rénovation sandiniste (MRS) avec 4,87% et Eden Pastora de l'Alliance pour le changement (AC) avec 0,23%.
Ces chiffres "ne marquent aucune tendance", a affirmé immédiatement Eduardo Montealegre, le candidat soutenu par Washington et le patronat, en affirmant que ses propres estimations montrent "une tendance totalement inverse", donnant une différence entre les deux candidats de moins de 5%.
Pour être élu au premier tour, Daniel Ortega, 60 ans, ex-président (de 1979 à 1990) d'un régime honni des Etats-Unis, doit obtenir 35% des voix et 5 points d'avance sur le candidat arrivant en deuxième position.
Scrutin présidentiel à El Valle au Nicaragua in Masaya le 5 novembre 2006
©AFP - Rodrigo Arangua
En annonçant ces résultats, le président du CSE Roberto Rivas a pris à partie l'ambassade des Etats-Unis à Managua, l'accusant de mettre en doute "la transparence des élections" et "d'organiser des réunions" avec des institutions au Nicaragua pour défendre ce même point de vue. Dimanche dans la nuit, l'ambassade des Etats-Unis avait publié un communiqué déclarant qu'elle n'était "pas en position de juger en général l'impartialité et la transparence" des élections présidentielle et législatives.
Comme dans la plupart des élections récentes en Amérique latine (Bolivie, Equateur, Pérou, Mexique), la lutte d'influence entre les Etats-Unis et les régimes vénézuélien et cubain s'est inscrite en toile de fond de l'élection nicaraguayenne.
Au Nicaragua, elle a pris la forme d'une part d'un chantage sur l'aide américaine et d'autre part d'une promesse de pétrole vénézuélien à bas prix. L'ambassadeur américain Paul Trivelli, qui a dit qu'une victoire de Daniel Ortega marquerait l'introduction du "model Chavez" au Nicaragua, a tenté en vain de réunifier la droite nicaraguayenne pendant des mois.
Eduardo Montealegre entouré de ses partisans le 5 novembre 2006 après avoir voté à Managua
©AFP - Oscar Navarrete
Les Etats-unis sont passés pendant la campagne au chantage sur l'assistance économique et le contrôle des centaines de millions de dollars envoyés par les Nicaraguayens émigrés. Dimanche en votant, Daniel Ortega Ortega soulignait sa certitude de gagner. "Nous faisons pleinement confiance à Dieu, le peuple nicaraguayen va gagner au premier tour", a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il enyoyait "un message de tendresse et d'amour au peuple frère du Venezuela et à tous les peuples latino-américains et caribéens".
Les Nicaraguayens devaient aussi renouveler leur Parlement et élire 20 députés au Parlement centre-américain. Les Nicaraguayens ont "participé avec enthousiasme" à ces élections, a affirmé le chef de la mission de l'Organisation des Etats américains (OEA), le Bolivien Gustavo Fernandez, alors que son homologue de l'Union européenne Claudio Fava a estimé que les irrégularités pour l'instant relevées n'étaient pas de nature à annuler le scrutin.
AFP

IP archivée
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)