Le fait est que, si Washington et l'armée égyptienne avaient pu éviter de lâcher Mubarak, ils l'auraient fait - ne serait-ce que parce que cette chute d'un tyran, ausein d'un pilier de l'ordre impérialiste dans la région, ne pouvait qu'être interprété par les masses de tous les pays voisins que comme un encouragement à se battre contre leurs propres dictatures.
Rappelons-nous de la manière dont Lénine définissait une situation révolutionnaire: ceux d'en bas ne veulent plus vivre comme avant, ceux d'en haut ne le peuvent plus.
Avec 14000 milliards de dettes et son armée enlisée en Afghanistan et en Irak, Washington a donné l'illustration qu'il ne "pouvait plus" soutenir les dictatures "comme avant".
C'est cette prise de conscience qui nourrit les mobilisations héroïques jusqu'en Irak, dans la péninsule arabique (Bahrein, Oman...) et qui place Israel en état d'alerte.
L'insurrection égyptienne peut très bien ne pas se transformer en révolution dans l'immédiat. Reste que ce sont bien les masses, et singulièrement la classe ouvrière égyptienne en lutte depuis 2004, qui ont fait chuter Mubarak.