Auteur Sujet: Cuba: Consolidation de la Révolution  (Lu 5838 fois)

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Cuba: Consolidation de la Révolution
« le: 24 octobre 2007 à 14:30:08 »
Chers Camarades,

J'ai lu au sujet de Cuba, plusieurs interventions dénotant des craintes et un certain pessimisme envers l'oeuvre socialiste cubaine.

Que constatons nous ?

Fidel s'est éloigné de la présidence suite à ses problèmes de santé, à Cuba, c'est le chef des armées, Raul Castro qui prend l'intérim du pouvoir vacant (En France c'est le président du Sénat).
Il s'agit en réalité - au-dela d'une délicate intervention chirurgicale planifiée de longue date - d'une manoeuvre parfaitement orchestrée par la seule personne capable de faire ça : Fidel Castro.

Dans les jours qui suivirent l'annonce des problèmes de santé de Fidel, des scènes de liesse apparurent dans "Little Havana" à Miami. Quelques dizaines de jeunes exaltés, même pas né à Cuba et n'y ayant jamais mis les pieds, braillaient en coeur des slogans hostiles et s'ébrouaient avec joie (1).
Fidel avait prévu cette réaction, et les canaux de télévisions cubaine diffusèrent en boucle ces images.
Cela provoqua un véritable électrochoc au sein de la population de l'île : Comment des jeunes gens pouvaient-ils se réjouir des problèmes de santé d'un vieil homme, tout en se disant "cubain" et réclamer pour les autres des mesures dont ils ne bénéficiaient même pas aux Etats-Unis ?

Les débats furent âpre et belliciste à Cuba.
Et le premier qui oserait profiter un seul instant, de ce qu'il pourrait deviner comme une opportunité pour revenir dispenser "la bonne parole nord-américaine", serait reçu les armes à la main par une population chauffée à blanc aux vues des images scandaleuses.
Il faut noter que la Jeunesse Communiste Cubaine, qualifié par "Le Monde" de "Talibans Cubains", s'est montré particulièrement entrainé et prête à dispenser les leçons nécessaires à tout personnage s'imaginant revenir en "libérateur" ou en conquérant.

Cet épisode n'est pas l'ultime acte de consolidation de la Révolution cubaine, mais il vient d'être confirmé par les taux de participation aux éléctions du 21 octobre 2007, ou 95.4% de cubains se sont rendus aux urnes (2), dans un pays ou le vote n'est pas obligatoire et l'acte civique est accessible dès 16 ans.

La chute, 10 ans d'histoire.

Dès le 9 novembre 1989, jour de la chute du mur de Berlin, les cubains savaient qu'ils seraient seul et entouré d'une hostilité sans précédent.
Les quelques années suivantes confirmèrent la dégénérescence du système soviétique, leur principal partenaire, et l'écroulement de leur économie.

Episode peu souligné de ces années, Cuba du reclasser 220 000 travailleurs de la canne à sucre qui faisaient vivre 800 000 de personnes (3), recentrer son activité industrielle, réorganiser l'ensemble de son économie en une économie de "guerre".
Guerre effective et pleine dès 1992, ou les Etats-Unis votèrent le "Cuban Democraty Act" (4) (Egalement dénommée "Torricelli Act", du nom de son promoteur).
Ces mesures toujours en vigueur sont destinés à affamer le peuple cubain, et à l'empêcher de se soigner en interdisant toutes exportations de médicaments vers l'île.
En 1993, les cubains se voient obligés d'introduire le dollars dans leur économie, pour collecter des devises leur permettant d'acheter au comptant et avec 30 à 50% de surprime ce qu'il ne peuvent pas produire.
En 1996, constatant l'innefficacité de la loi Torricelli, c'est la "Helms-Burton Law" qui fut adopté par le congrès nord-américain (5) (aussi appelé "loi Bacardi, du nom de la compagnie promulgatrice). Ces dispositions permettent d'attaquer en justice par le biais des tribunaux étatsuniens, tout commerçants qui aurait la mauvaise idée de travailler avec Cuba, et d'interdire l'accostage durant 6 mois, de tous navires qui aurait touché les côtes cubaines.
Dispositions nord-américaines contraires aux principes de l'OMC (6).

Les Etats-Unis affament, poursuivent, contraignent, et tuens les cubains. Durant cette période, d'innombrables attentats ont lieu sur l'île (7), 3478 morts, 2099 personnes lourdement handicapés (08).
L'introduction du Thrips Palmi sur Cuba en 1996, est significatif de l'état d'esprit des terroristes nord-américains (9), ce sont pourtant les mêmes qui réclament le "bien être" du peuple "opprimé".

Cette période, dite "période spéciale" eu égard à son économie de guerre, fut terrible pour les cubains. Nombreux furent les départ vers les Etats-Unis, ou la règle pieds-secs-pieds-mouillés jouait à plein pour encourager l'immigration cubaine, tandis que les mexicains étaient abattus comme des chiens à la frontière du Texas.

Epoque porteuse de souffrances indicibles, de sacrifices incommensurables, mais sans jamais renier les bases Révolutionnaires et Socialistes de leur système. Sans jamais avoir cédé un pouce sur leurs acquis sociaux.

10 ans après, le ciel redevient bleu

En 2001, le Cuban Solidarity Act alloue 100 millions de dollars sur 4 ans (10), aux organismes promoteurs de la "démocratie" à Cuba, et les paramiliaires en bénéficient également (11).
Cela s'ajoutant aux programmes de la NED, Center For a Free CUBA, CIA, etc.

Mais dans le même temps, des alliances sont passées avec entre autre le Venezuela, des contrats sont signés pour l'exploitation du Nickel (5eme producteur mondial) par les chinois (12), le pétrole n'est pas en reste, et les prospections effectués dans les eaux cubaines du golfe du Mexique sont plus que prometteuse (Santa Cruz del Norte), c'est ainsi qu'une raffinerie et un complexe pétro-chimique vont être construit (13).
Un des effets pervers - mais bénéfique - du blocus économique, privant les cubains d'engrais et de tracteur, leur à permis de développer une agriculture totalement exempt de process chimique, faisant de Cuba le premier producteur/exportateur de produit issus de la culture biologique.
Dans tous les domaines, l'économie cubaine, principale support et garante des acquis sociaux, se porte mieux, se porte bien (14).
La meilleure preuve en est l'abandon du Dollars au sein de l'économie, soit exactement 10 ans après son introduction (15).
Et la croissance de Cuba est la plus importante des pays latinos-américains :
1.2% -2002
2.6% - 2003
5.4% - 2004
11.8% - 2005
12.5% - 2006
(Source : Amb. de france à la Havane, données économiques, Amb. Cuba Liban, Oficina Nacional de Estadisticas)

Déja en 2003, et selon les principes des redistributions économiques, avec 1 dollars à la parité de 26 pesos, un cubain pouvait acheter
- 104 litres de lait ou
- 45 kilos de riz, haricots, pain, ou
- 26 place pour les matchs de Base-Ball ou
- 5 à 26 places de théatre ou cinéma, ou
- 1/4 à 1/2 du loyer mensuel des 15% de cubains qui payent leur logement, 85% sont propriétaires, ou
- 200 kilowatts
etc. (16)

Réaffirmation et consolidation de la Révolution cubaine

En mai 2002, plus de 8 millions de cubains signaient une pétition en faveur d'une modification de la constitution de 1976, rendant irrévocable le caractère socialiste de leur Révolution (17).
Pas un seul des nombreux mercenaires contre-révolutionnaires qui infestent nos médias n'oseraient dire que tous ces gens avaient un pistolet sur la tempe. De la même manière, ils détournent le regard tous les 1er mai, ou des millions de cubains célèbrent la Révolution et la fête du travail. Tout comme ils évitent d'aborder les sujets qui les rabaissent au rang de propagandistes en commandite : La sécurité sociale, la gratuité des soins, de l'éducation, du sport et de la culture(18).

Comment ne pas imaginer les luttes effroyables auxquelles ont du faire face les cubains ?
Et un jour Fidel partira, c'est le sort de tous les Hommes. Génial messager d'une volonté populaire indéfectible.
Comment imaginer une seule seconde que le départ du commandant en chef précipitera ce peuple vers les affres de l'utra-libéralisme le plus débridé ?
Réduire Cuba à la seule personne de Fidel Castro, c'est nier les aspirations populaires dont ce génial guérilléro est le vecteur, mais qui n'aurait rien pu commettre sans un soutien massif des cubains, qui ne se sont jamais fourvoyé, et encore moins départi d'une solidarité internationale malgré les épreuves.
Le glorieux peuple de Cuba à surmonté les pires épreuves, alors qui pourrait raisonnablement imaginer, qu'après le dépat de Fidel, ils perdent collectivement la mémoire de ces années de souffrance pour basculer vers un avenir fait d'exploitation et de renoncement aux chôses pour lesquelles ils ont souffert ?
Fidel est Cuba, mais Cuba n'est pas Fidel, et l'on ne peut nier la vigueur qui anime ce peuple, au travers des innombrables organisations qui le représentent, et qui font que ce pays est une véritable démocratie de participation.
Dès les premiers jours du triomphe de la Révolution, la succession fut envisagé, eu égard aux multiples tentatives d'attentats sur sa personne. La sucession du président, mais pas l'indéfectible volonté de péreiniser le socialisme.
Les cubains sont quotidiennement arrosé d'émission radio/tv en provenance du "phare de la liberté", ils ont de la famille à l'extérieur du pays, ils savent parfaitement ce qui se passe dans nos contrées, et ce n'est certainement pas au moment ou tout va mieux, qu'ils vont décider de devenir une étoile supplémentaire sur le drapeau yankee. Bien au contraire.
Le premier qui aurait la malhencontreuse idée de venir pour imposer un autre système, sera reçu avec tous les égards du à sa démarche.
Et si Fidel à toujours l'oreille de la jeunesse cubaine, sachant la modérer, il semblerait que son absence radicalise le marxisme-léninisme cubain, tous les indicateurs le prouvent.

A bon entendeur....

Fidelista
(24/10/2007)





Notes:

(1) Miami planifie déjà la fête qu'elle fera quand Castro mourra
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=328891

(2) http://www.granma.cu/frances/2007/octubre/mar23/43voto.html  ET/OU
 http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=27&PN=2

(3) http://www.embacubalebanon.com/humanrits270304f.html

(4) http://www.state.gov/www/regions/wha/cuba/democ_act_1992.html

(5) Loi Helms-Burton en français :
http://vdedaj.club.fr/cuba/helms_burton.html
Extraits significatifs :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/7766

(6) http://vdedaj.club.fr/cuba/bacardi_oxfam.html

(7) http://vdedaj.club.fr/cuba/cuba_bio4.html

(08) http://vdedaj.club.fr/cuba/demandaf_13.html

(9)  Texte du rapport remis par Cuba au secrétaire général
des Nations-Unies sur l'apparition dans l'île de la maladie de 'Trips palmi':
http://vdedaj.club.fr/cuba/cuba_bio1.html
- 6 - CD/154 13 mai 1997
http://www.un.org/News/fr-press/docs/1997/19970513.CD154.html

(10) http://vdedaj.club.fr/cuba/npa_csa2001.html

(11) http://www.alpha66.org/english/our%20history.htm

(12) http://www.rfi.fr/actufr/articles/059/article_31984.asp

(13) http://www.ahora.cu/modules.php?name=News&file=article&sid=4814

(14) http://www.granma.cu/frances/2007/septiembre/vier7/36empresaF.html

(15) http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/7015

(16) http://www.cuba.cu/gobierno/documentos/2003/fra/n180403f.html

(17) http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cuba/dossier.asp?ida=342788
http://www.juriscope.org/actu_juridiques/depeches/depeches.phtml?p=308&n=1&tot=1&type=a

(18) http://stats.uis.unesco.org/unesco/TableViewer/document.aspx?ReportId=124&IF_Language=fra&BR_Country=1920&BR_Region=40520

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #1 le: 24 octobre 2007 à 17:56:52 »
Bonjour, Fidelista.

Si j'en juge ton article et ton pseudo, tu m'as l'air d'être relativement spécialiste de Cuba. Je voudrais donc te poser une question que je me pose depuis pas mal de temps, et que tu abordes vaguement dans ton texte :

Comment se passent les élections à Cuba ? Qui peut s'y présenter ? Sur quel programme ? Comment se déroulent les campagnes ? Y a-t-il des anticastristes ou des anticommunistes dans les conseils municipaux/régionaux/national ?

Merci.

Par ailleurs, sur Cuba, une info intéressante : grâce à l'action de la fille de Raul Castro, Cuba pourrait bientôt devenir le premier pays d'Amérique latine à reconnaître le mariage entre personnes du même sexe, mariage qui ouvrirait tous les droits liés à cette institution, y compris l'adoption.

Jordi

Hors ligne fireball

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #2 le: 24 octobre 2007 à 18:36:29 »
Le texte qui suit est un article publié par Pascual Serrano sur la page du quotidien digital de gauche en langue espagnole rebelion.org, dont il est l'éditeur. Serrano est également membre du conseil de rédaction du journal Mundo Obrero, organe du Parti Communiste d'Espagne.

Chronique électorale depuis La Havanne.
Pascual Serrano (www.rebelion.org)

Aujourd’hui, dimanche 21 octobre, j’ai passé mon temps à observer la journée électorale dans la province de La Havanne où l’on élisait les représentants municipaux.
Le premier problème pour un étranger, c’est de comprendre le système électoral.
Pour cela, la meilleur façon c’est de se poser la question suivante: quelle est la procedure pour qu’un citoyen normal puisse devenir représentant municipal à Cuba?

Mais, avant cela, voyons quelle est cette même procedure dans un autre pays, l’Espagne par exemple. En Espagne, ce citoyen devra appartenir à un parti politique, la direction de ce parti devra le considérer apte à occuper une place dans la candidatura électorale – la majorité des partis n’établissent pas de mechanismes électoraux internes pour cette distribution – le parti doit utiliser les méthodes habituelles de publicité électorale, impression de feuillets qui expliquent le programme et d’affiches électorales, colle et diffusion de cette publicité, etc…Tout ceci ocasionne de nombreux fraits que le citoyen normal et la majorité de partis politiques ne peuvent se permettre, seuls les partis consolidés qui ont obtenu une grande représentation aux élections précédentes, pour lesquels ils ont obtenu des recours publics proporcionnels à cette représentation.
Leurs propositions peuvent également être connue grâce aux médias, mais ceux-ci informent de ce qu’ils veulent, intervieuwent ceux qu’ils ont décidé d’intervieuwer et n’acceptent de publicité que de ceux qui paient. D’un autre côté, notre citoyen candidat devra accepter la discipline, les directives et le programme du parti qu l’a inclus dans sa liste dans la mesure où il dépend de ce parti pour être candidat et que c’est à celui-ci qu’il doit de l’être.

Au moment des élections, l’électeur ne peut choisir le citoyen, il doit élire toute la liste d’une candidature, il peut donc être amené à voter pour quelqu’un dont il ne veut pas, car il accompagne la personne pour laquelle il désire voter.

Si notre citoyen, qui désirait devenir représentant est élu, il se peut que sont poste soit rémunéré, dans ce cas on pourrait en arriver à la conclusion que sa prétension était celle d’obtenir un travail salarié, ce qui sème le doute quant à sa vocation de service public.
Si, au contraire, il n’est pas rémunéré, il devra travailler une journée complète dans une autre profession pour survivre alors que d’autres représentants, qui eux touchent de l’argent pour leur poste, pourront y consacrer beaucoup plus d’heures de travail et pourront présenter à la population les résultats d’un engagement plus important.

Voyons maintenant comment cela se passe à Cuba. Là-bas la société s’organise en assemblées ou « areas », qui sont des groupes de voisins d’à peu près 300 personnes, plus ou moins. Un maximum de 8 assemblées peut former une circonscription électorale qui devra élire un délégué ou « concejal ». Les voisins faisant partie des assemblées se réunissent pour proposer les candidats de leur communauté.
N’importe qui peut suggérer un nom et l’assemblée sélectionne par le vote le voisin qu’elle aura comme candidat à délégué de la circonscription. Il pourrait donc y avoir jusqu’à 8 candidats à délégué par circonscription dans le cas ou chaque assemblée choisirait une personne différente, ce qui n’est généralement pas le cas car plusieurs assemblées peuvent se mettre d’accord pour présenter la même personne.

Le jour des élections, tous les électeurs de la circonscription devront élire l’un des candidats dont le nombre peut aller de deux à huit. La diffusion des candidatures se fait au moyen d’affiches dans des lieux de transit divers de la communauté, contenant la photo et un bref curriculum de chacun des candidats. En réalité, la majorité des électeurs les connaissent déjà, car ils ont été présélectionnés dans les assemblées et tous proviennent de la communauté. Aucune autre propagande n’est faite, en dehors des affiches avec les photos et les curriculums qui comprennent, comme nous l’avons déjà dit, tous les candidats.

Les électeurs sont inclus dans le recensement de façon automatique, les listes sont exposées par avance, pour que chaque electeur puisse vérifier sa présence sur la liste, le vote est volontaire et secret. La journée électorale se déroule de 7h du matin à 6h de l’après-midi, les urnes sont scellées au début et surveillées par des enfants.
Il y a un président de table et des représentants de quartier. Les collèges disposent de cabines ou d’endroits ou l’on peut garantir le caractère secret du vote. Il existe également une urne portative, pour se déplacer au domicile des personnes ayant un empêchement physique, c’est un représentant de la table électorale qui s’en charge, accompagné par un enfant en âge d’aller à l’école.

Pour être élu, il faut obtenir 50% des votes plus 1, si ce n’est pas le cas, on procède à un deuxième tour entre les deux candidats ayant reçu le plus de votes.
Finalement, il faut savoir que le représentant élu ne touchera aucun salaire et continuera a effectuer le travail qu’il effectuait auparavant, il devra se consacrer à ses responsabilités publiques pendant son temps libre.

Comme tout le monde sait, le système cubain est accusé de ne pas organiser d’élections ou que celles-ci ne sont pas transparentes ni démocratiques.
Cependant, un reportage d’aujourd’hui de la BBC, nous parle du cas d’un opposant qui « s’est présenté dans son quartier comme candidat » et qui affirme textuellement : «j’ai obtenu cinq votes sur une centaine de personnes, 5% du total »

Face à ce panorama plutôt decourageant pour l’opposition, selon le reportage de la BBC, «la plus grande partie des groupes d’opposition ont décidé d’appeler la population à annuler leur vote en écrivant « NON » sur le bulletin, de cette façon il serait possible de comptabiliser l’appui réel dont dispose la dissidence ». Il semble raisonnable que la façon dont les citoyens pourraient manifester leur rejet au système pourrait être celle de ne pas voter puisque le vote est volontaire. Ou bien, s'ils ne désirent pas être identifiés comme abstencionnistes, le faire avec un vote nul, le « NON » réclammé depuis Miami.
Sans doûte, le nombre d’abstentions ou de votes nuls pourrait nous servir pour mesurer la représentation du collectif critique avec le système socialiste cubain.

Pendant la journée électorale, j’ai visité plusieurs collèges électoraux dans des municipalités de la province de La Havanne comme Marianao et La Lisa.
Dans les deux cas, les candidats étaient au nombre de trois, leurs noms étaient sur le bulletin et l’électeur devait marquer l’un d’eux. L’affiche avec la photo et le curriculum se trouvait dans le collège électoral, j’ai pu vérifier qu’il s’agissait dans la majorité des cas de travailleurs normaux qui vivaient dans le quartier, dans le cas de Marianao, l’un d’eux appartenait au Parti Communiste de Cuba, les deux autres pas.

Pour le scrutin, j’ai visité un autre collège dans le quartier de Vedado (Plaza de la Revolución) ou j’ai été témoin du scrutin. Le recensement comptait 359 électeurs, desquels 327 ont exercé leur droit de vote, c'est-à-dire que, pour l’une ou l’autre raison, 32 personnes n’ont pas voté.

Les votes étaient distribués de la façon suivante : 138 pour la candidate – une femme – ayant reçu le plus de votes, 97 pour le suivant et 71 pour le troisième. Il eut 21 votes annulés, la plupart d’entre eux pour avoir marqué plus d’un candidat ou aucun, un des bulletins parce qu’il était barré, et un autre avec les lettres « NO » en travers.
En attendant les résultats définitifs du reste du pays, mon experience est que la distribution du vote dans le collège ou je me trouvais, particulièrement en ce qui concerne les abstentions et votes nuls, etait similaire à celle d’autres élections : plus de 90% de participation et moins de 3% de votes nuls.
En tout cas j’ai été témoin du fait que le socialisme cubain a effectivement une opposition à l’interieur du pays, je l’ai vu de mes propres yeux, un bulletin ou il était marqué « NON », comme demandé par Miami, sur 327.
Quant à la méthode électorale, elle n’est pas parfaite, nous ne devons pas non plus penser qu’elle doit être applicable dans d’autres pays. Ce qui est indiscutable, c’est que personne ne peut dire que les pays capitalistes sont plus démocratiques.
Nous nous sommes limités à expliquer une journée électorale à Cuba, que chacun en tire ses conclusions et, en passant, compare le chiffre d’abstentions dans son propre pays.

Original en espagnol :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=57993

« Modifié: 24 octobre 2007 à 18:51:43 par fireball »
Patrick Vandeweyer
Partido Comunista de Andalucía /Izquierda Unida/Lucha de Clases

Hors ligne Fidelista

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #3 le: 24 octobre 2007 à 18:47:51 »
Plutôt que de copier/coller des énormes pavés, voila une sélection d'articles en français sur les principes électoraux cubains. J'ajouterais que dans aucun il n'est écrit un détail pourtant interessant :
Les élus cubains touchent exactement le même salaire qu'ils avaient lors de leur dernier emploi, et sont révocables à tous moments, bonne lecture :

Démocratie cubaine - Principes électoraux :
http://groups.google.fr/group/fr.soc.politique/msg/999e6dae92fff1d3?hl=fr

Cuba, le pouvoir au peuple :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/6145

Cuba est plus qu'une démocratie :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/11804

Les dernières information sur le processus en cours :
http://news.google.fr/nwshp?oe=UTF-8&hl=fr&tab=wn&q=cuba%20elections

PS: A noter, du temps de Batista, il existait 52 partis politiques dans l'île, pour le résultat que l'on connait.


« Modifié: 24 octobre 2007 à 18:50:16 par Fidelista »

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #4 le: 25 octobre 2007 à 21:22:55 »
Bonsoir camarades

Donc si le chef d'Etat cubain est élu délégué à l'Assemblée nationale, ça veut dire que lors des dernières élections Fidel Castro a été élu au suffrage universel, c'est ça ?

Merci pour les infos et liens, en tout cas.

A part ça, comment est la liberté d'expression à Cuba ?

Parce que si, comme je l'ai lu (mais peut-être m'aura-t-on manipulé ?), on peut aller en prison pour avoir écrit un tag insultant Fidel Castro, alors la marge de critique ne doit pas être bien grande, si ?

Si un candidat fait campagne en disant : "moi je suis pour l'alliance avec les Américains et l'adhésion à l'ALENA et la privatisation de la santé et de l'école", il pourrait faire campagne quand même ou pas ?

Et sinon, quid de la vie associative ? Y a-t-il une vie militante écolo, féministe, anti-raciste (pour autant qu'il y en ait besoin), LGBT, etc. ?

Et la vie syndicale, c'est comment ?

Merci d'avance pour vos réponses !

Jordi
« Modifié: 25 octobre 2007 à 21:25:36 par Jordi »

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #5 le: 26 octobre 2007 à 11:30:19 »
Donc si le chef d'Etat cubain est élu délégué à l'Assemblée nationale, ça veut dire que lors des dernières élections Fidel Castro a été élu au suffrage universel, c'est ça ?

Tout à fait. Fidel est le leader charismatique des cubains, comme pouvait l'être Yasser Arafat pour les palestiniens.

A part ça, comment est la liberté d'expression à Cuba ?

Meilleur qu'en France, on peux dénoncer la politique d'appartheid d'Israël sans être considérer comme antisémite.
Si quelque chose ne va pas, il suffit d'aller gueuler au CDR (Comité de Défense de la Révoution) de son quartier. C'est ainsi que l'expression est totale et permanente. Le touriste de passage pourra constater cela en se rendant aux abords du "Capitol", dans le parc ou les débats politiques n'ont de cesse entre les badauds.

Parce que si, comme je l'ai lu, on peut aller en prison pour avoir écrit un tag insultant Fidel Castro

Dans un premier temps, c'est le quidam qui passe qui risque de mettre une branlée au taggueur.
Insulter le président ou s'essuyer avec le drapeau est autant répréhensible en France qu'a Cuba. Ce pays n'est pas si différent pour ce qui concerne le bon sens commun.

Si un candidat fait campagne en disant : "moi je suis pour l'alliance avec les Américains et l'adhésion à l'ALENA et la privatisation de la santé et de l'école", il pourrait faire campagne quand même ou pas ?

Proner la soumission aux yankees, certainement pas. Ils doivent être une dizaine à vouloir cela publiquement, sous la coupe de Marta Beatriz Roque (http://minilien.com/?DHvNrqujf6).
Nous n'accepterions pas qu'en France, un parti politique nous propose une soumission à un autre état, il n'y a donc aucune raison que les cubains acceptent cela.
Par contre, en ce qui concerne l'économie, et les privatisations, tout est discutable.

Article sur la "dissidence" :
http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=302

Et sinon, quid de la vie associative ? Y a-t-il une vie militante écolo, féministe, anti-raciste (pour autant qu'il y en ait besoin), LGBT, etc. ?
Et la vie syndicale, c'est comment ?


Il n'existe pas moins de 2000 associations (ONG) à Cuba, dont 200
loges maçonniques.
Source :
Le pas suspendu de la Révolution Cubaine.
Approche critique de la réalité Cubaine par
Yannick Bovy et Eric Toussaint aux éditions du Cerisier, Belgique

Un livre de sociologie sur Cuba, à lire absolument pour qui veut comprendre les arcanes de la société cubaine.


Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #6 le: 27 octobre 2007 à 23:45:38 »
Bonsoir camarades.

Certaines réponses de Fidelista m'étonnent un peu.

"Insulter le président ou s'essuyer avec le drapeau est autant répréhensible en France qu'a Cuba. Ce pays n'est pas si différent pour ce qui concerne le bon sens commun."
Pour toi, c'est normal de réprimer les insultes à Sarkozy ou les atteintes contre le drapeau tricolore ? Tu appelles cela le "sens commun" ?
Et puis en France, même si tu peux théoriquement être poursuivi pour "outrage au président de la République", tu ne vas pas en prison. Tu ne peux pas comparer les peines infligées.

"Proner la soumission aux yankees, certainement pas. Ils doivent être une dizaine à vouloir cela publiquement, sous la coupe de Marta Beatriz Roque"

Justement... S'ils ne sont qu'une dizaine, pourquoi les empêcher de défendre leur programme ? Ils ne seront pas écoutés, de toute façon.

"Nous n'accepterions pas qu'en France, un parti politique nous propose une soumission à un autre état, il n'y a donc aucune raison que les cubains acceptent cela."

Alors là, je suis désolé, mais c'est faux. Un parti français a absolument le droit de se présenter en disant "je veux que la France devienne le 51ème Etat des Etats-Unis" ou "je rêve d'une France soumise à un grand califat musulman" ou "je veux faire de la France un Etat satellite d'une nouvelle Union soviétique", ou ce que tu veux.
Ca s'appelle juste la liberté d'expression et ça n'a rien de choquant....

Merci pour les liens et les infos sur les associations, en tout cas.

Jordi

Hors ligne Fidelista

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Re : Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #7 le: 28 octobre 2007 à 10:25:05 »
Bonjour camarade,

Pour toi, c'est normal de réprimer les insultes à Sarkozy ou les atteintes contre le drapeau tricolore ? Tu appelles cela le "sens commun" ?

Peu importe que ce soit Sarkozy ou Tartempion. Il s'agit d'une fonction et d'un symbole choisi par la communauté. Salir soit la fonction soit le symbole est donc contraire au sens commun.

Et puis en France, même si tu peux théoriquement être poursuivi pour "outrage au président de la République", tu ne vas pas en prison. Tu ne peux pas comparer les peines infligées.

Je ne peux pas les comparer car je ne connais pas les dispositions cubaines en la matière. Mais pour ce qui est de la France, voila ce que tu risques :
"Lorsque cette injure sera publique, son auteur sera passible dune peine de 6 mois d’emprisonnement et/ou 150 000 FF d’amende (peines maximales)"
Source: Maitre Muriel Cahen
http://www.legalbiznext.com/droit/Diffamation-Injures-par-Murielle


Justement... S'ils ne sont qu'une dizaine, pourquoi les empêcher de défendre leur programme ? Ils ne seront pas écoutés, de toute façon.

Ce qui est défendu, c'est d'être financé par une puissance étrangère (En France, c'est 30 ans de prison), pour leur élucubrations, ils les profèrent sans grand succès, voila un compte rendu de leur dernière réunion public :
http://vdedaj.club.fr/spip/article.php3?id_article=20


Alors là, je suis désolé, mais c'est faux. Un parti français a absolument le droit de se présenter en disant "je veux que la France devienne le 51ème Etat des Etats-Unis" ou "je rêve d'une France soumise à un grand califat musulman" ou "je veux faire de la France un Etat satellite d'une nouvelle Union soviétique", ou ce que tu veux.
Ca s'appelle juste la liberté d'expression et ça n'a rien de choquant....


Non, je ne suis pas d'accord, un tel discour est un appel de fond (Voir la "révolution" orange, ou la "dissidence" cubaine) en vue de déstabilisation. De grandes multinationales se permettent ce type de pratique pour voler les pays du tiers-monde en distribuant avec parcimonie leurs pourboires et au nom de la liberté d'expression. Ne pas confondre "liberté" d'expression" et "introduction de la corruption". Qu'un fou prône n'importe quoi dans un coin n'est pas gênant, qu'une organisation financé de l'extérieur fasse la même chose est innacceptable.

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #8 le: 28 octobre 2007 à 16:24:47 »
Bonjour camarade(s)

"Peu importe que ce soit Sarkozy ou Tartempion. Il s'agit d'une fonction et d'un symbole choisi par la communauté. Salir soit la fonction soit le symbole est donc contraire au sens commun."

Pas d'accord du tout, mais alors pas du tout. La liberté politique implique que tout ce qui est instauré, symbole ou institution, puisse être remis en cause. Qu'il ait été choisi par la communauté ne le sacralise pas. Ou alors on doit forcément se taire dès qu'on est minoritaire ? Les symboles et les institutions sont des objets politiques comme les autres, on a le droit de les critiquer. Et on peut le faire de façon plus ou moins violente, la liberté d'expression ne concerne pas seulement ce qu'on dit mais aussi la façon dont on le dit.
Si on a le droit de vénérer un drapeau, on a aussi le droit, symétriquement, de le brûler. Si on la droit de crier "Vive Tartempion", symétriquement, on a aussi le droit de crier "A bas Tartempion" (que ce soit Sarkozy ou Castro). Le fait de crier "Vive Tartempion" n'est pas moins politique que celui de crier "A bas Tartempion".
Il y a certes une différence entre dire "A bas Tartempion" ou "Tartempion est un sale con" et dire "Je pense qu'il faudrait que Tartempion quitte le pouvoir". Mais il y a aussi la même différence entre dire "Je pense qu'il faudrait que Tartempion reste au pouvoir" et dire "Vive Tartempion", "Tartempion est le plus grand homme d'Etat de tous les temps", "Que le nom de Tartempion soit béni à jamais", etc. L'outrance du débat politique doit être possible dans les deux sens, ou alors on n'est pas dans une démocratie aboutie.

"Mais pour ce qui est de la France, voila ce que tu risques :
"Lorsque cette injure sera publique, son auteur sera passible dune peine de 6 mois d’emprisonnement et/ou 150 000 FF d’amende (peines maximales)"
Source: Maitre Muriel Cahen
http://www.legalbiznext.com/droit/Diffamation-Injures-par-Murielle"


Bien vu, je ne connaissais pas cette disposition.
Enfin, il faudrait voir la jurisprudence aussi, je ne pense pas qu'en France on puisse aller en prison pour ça.

De plus, la jurisprudence française est un peu contradictoire, parce que je sais par exemple que Hollande avait dit de Le Pen qu'il était le plus corrompu de tous les candidats avant les élections de 95 ou de 2002, et Le Pen avait porté plainte, mais il avait été débouté parce que le tribunal avai jugé que les propos de Hollande portaient plus sur la corruption morale que sur la corruption financière, et avait considéré que Hollande avait injurié Le Pen, mais sans le diffamer. Et le tribunal a considéré, donc, que l'injure publique avait sa place dans le débat politique. (et je suis d'accord, personnellement, avec ce dernier point).

"Ce qui est défendu, c'est d'être financé par une puissance étrangère (En France, c'est 30 ans de prison), pour leur élucubrations, ils les profèrent sans grand succès, voila un compte rendu de leur dernière réunion public"

Ah OK, j'avais mal compris. Merci.

"Non, je ne suis pas d'accord, un tel discour est un appel de fond (Voir la "révolution" orange, ou la "dissidence" cubaine) en vue de déstabilisation. De grandes multinationales se permettent ce type de pratique pour voler les pays du tiers-monde en distribuant avec parcimonie leurs pourboires et au nom de la liberté d'expression. Ne pas confondre "liberté" d'expression" et "introduction de la corruption". Qu'un fou prône n'importe quoi dans un coin n'est pas gênant, qu'une organisation financé de l'extérieur fasse la même chose est innacceptable."

On parle de partis politiques, là, pas de multinationales. C'est normal qu'un parti puisse défendre les positions qu'il veut, missent-elles en danger l'indépendance de la nation. Ce n'est que l'application de ses programmes qui est dangereuse, pas leur simple énonciation.

Par ailleurs, je t'assure qu'en France, aujourd'hui, d'un point de vue légal, j'ai tout à fait le droit de créer mon parti ou mon association en demandant l'annexion de la France à la Belgique, au Brésil ou à la Corée du Nord.
Il y a bien, par exemple, des organisations politiques euro-fédéralistes, qui sont favorables à un grand Etat européen, et qui se présentent aux élections.

Jordi

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Re : Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #9 le: 29 octobre 2007 à 07:32:08 »
Il y a certes une différence entre dire "A bas Tartempion" ou "Tartempion est un sale con" et dire "Je pense qu'il faudrait que Tartempion quitte le pouvoir".

Voila, je pense que sur le fond nous sommes d'accord, j'aurais du mieux m'exprimer. De plus je préfère à un "sarko je t'encule", un "Monsieur le président, pourrais-je caresser l'insigne espoir de vous besogner hardiement le boyau culier ?"  ;)


Enfin, il faudrait voir la jurisprudence aussi, je ne pense pas qu'en France on puisse aller en prison pour ça.

Il s'agit moins de savoir si c'est appliqué ou pas, que de connaitre qu'une telle possibilités soit offerte au pouvoir. Comme nous sommes entré dans l'ère de l'Hyper-monarchie-présidentielle-toute-puissante, chose impossible a Cuba ou Fidel n'a même pas le pouvoir de dissoudre l'assemblée, nous sommes prévenus que les peines d'emprisonnement existent pour les crimes de lèse majesté.


On parle de partis politiques, là, pas de multinationales.

Vois tu camarades, j'ai beaucoup de mal à discerner la frontière entre leurs interêts respectifs, en sachant que les uns sont financé par les autres.

Par ailleurs, je t'assure qu'en France, aujourd'hui, d'un point de vue légal, j'ai tout à fait le droit de créer mon parti ou mon association en demandant l'annexion de la France à la Belgique, au Brésil ou à la Corée du Nord.

Mais j'entend bien, on a même en France le "Parti de la loi naturelle" qui prône le vol yoguique pour atteindre la sereinité. Tu as tous les droits pour créer n'importe quel appel. Ce qui est interdit, c'est d'être en commandite financé de l'extérieur pour servir des interêts subversifs.
« Modifié: 29 octobre 2007 à 07:55:54 par Fidelista »

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #10 le: 29 octobre 2007 à 12:58:15 »
Bonjour camarade

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Voila, je pense que sur le fond nous sommes d'accord, j'aurais du mieux m'exprimer. De plus je préfère à un "sarko je t'encule", un "Monsieur le président, pourrais-je caresser l'insigne espoir de vous besogner hardiement le boyau culier  ?" 
Je me suis mal fait comprendre. Je veux dire que si on tolère l'outrance dans un sens, il faut la tolérer dans l'autre. Si on tolère un "Vive Tartempion", il faut tolérer un "A bas Tartempion". Si on tolère "Tartempion est un génie", il faut tolérer "Tartempion est un con". Et si on tolère "Castro est un génie", il n'y a aucune raison de ne pas tolérer "Castro est un con".
Après tout, c'est le genre de choses qui peut se discuter. Je ne crois pas que Castro soit un con, loin de là. Mais Bush, si (dans un certaine mesure). Et ça me paraît normal de pouvoir le dire... Or si on peut le dire pour Bush, alors on doit pouvoir le dire pour Castro aussi.
Enfin bref, je ne suis pas partisan d'une politique aseptisée.

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Il s'agit moins de savoir si c'est appliqué ou pas, que de connaitre qu'une telle possibilités soit offerte au pouvoir. Comme nous sommes entré dans l'ère de l'Hyper-monarchie-présidentielle-toute-puissante, chose impossible a Cuba ou Fidel n'a même pas le pouvoir de dissoudre l'assemblée, nous sommes prévenus que les peines d'emprisonnement existent pour les crimes de lèse majesté.
Oui, enfin ce qui compte pour les personnes concernées, ce n'est pas la possibilité virtuelle, c'est l'application ou non. En France, récemment, il y a eu un début de poursuite contre des syndicalistes de l'UNEF (organisation qui m'est très antipathique, du reste) parce qu'ils avaient fait une affiche avec Sarko faisant un doigt d'honneur. Ils ont été poursuivi pour outrage au chef de l'Etat, mais un procureur a annulé la poursuite en soulignant que la loi était tombée en désuétude et ne pouvait plus être appliquée. La jurisprudence vient donc d'annuler cette disposition.

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Vois tu camarades, j'ai beaucoup de mal à discerner la frontière entre leurs interêts respectifs, en sachant que les uns sont financé par les autres.
Entre leurs intérêts, la frontière est floue, mais entre leur nature non. Les partis défendent des positions, alors que les multinationales agissent. Qu'on empêche une société ou une organisation d'agir de telle ou telle façon, par exemple de satelliser le pays, c'est une bonne chose. Qu'on l'empêche d'en réclamer le droit, non.

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Mais j'entend bien, on a même en France le "Parti de la loi naturelle" qui prône le vol yoguique pour atteindre la sereinité. Tu as tous les droits pour créer n'importe quel appel. Ce qui est interdit, c'est d'être en commandite financé de l'extérieur pour servir des interêts subversifs.
Nous sommes d'accord. Le parti de la loi naturelle est vraiment lolesque.

Jordi

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Re : Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #11 le: 29 octobre 2007 à 14:48:07 »
Et si on tolère "Castro est un génie", il n'y a aucune raison de ne pas tolérer "Castro est un con".

Bah non, ça se passe pas comme ça. Tu ne peux pas porter de tels jugements au travers d'un prisme propre à la politique européenne.

A Cuba, qui a adopté le mode de défense à la vietnamienne, il y a des armes sous chaque édifice publique. Avant de porter l'insulte, la révolte fut en de maintes occasions possibles puisque c'est le peuple qui contrôle les armes. Donc celui qui profère ça maintenant, c'est lui le con, et soit il passera pour un fou, soit il se fera lyncher.

La manifestation au travers de l'injure est aveu d'impuissance, les cubains ne sont nullement dépourvu de moyens, et ils apprennent dès l'age de 15 ans, à tirer, monter/démonter un Kalash, et balancer des grenades. Ca fait parti du cursus scolaire normal à Cuba.

Ceux qui profèrent ce genre d'insulte envers Fidel, sont à Miami, et ça fait 40 ans qu'ils trépignent rageusement, car ils sont impuissant eux, malgré leurs finances florrissantes.

Cordialement

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #12 le: 30 octobre 2007 à 12:34:34 »
Je ne te saisis pas bien, camarade.
Quel rapport entre le fait que les Cubains apprennent à se servir d'armes (ce qui est utile et nécessaire) et le fait qu'on ne puisse pas dire qu'un dirigeant est un con ?

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Re : Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #13 le: 30 octobre 2007 à 12:44:02 »

Je ne te saisis pas bien, camarade.
Quel rapport entre le fait que les Cubains apprennent à se servir d'armes (ce qui est utile et nécessaire) et le fait qu'on ne puisse pas dire qu'un dirigeant est un con ?



Le dialogue est permanent depuis l'avènement du système révolutionnaire dont se sont dotés les cubains. Le stade de l'insulte n'y a pas court puisque les griefs sont évoqués publiquement et traité en tant que tel. C'est ainsi qu'il est inutile d'insulter publiquement le chef de l'état ou tout autre dirigeant dès lors ou les revendications légitimes sont exprimés, étudiés. Dans le cas ou le gouvernement révolutionnaire deviendrait despotique, alors nulle insulte, ils prennent les armes. Il y a ausi l'étape intermédiaire qui consiste a virer le mauvais dirigeants, exemple :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/10379

Jordi

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Re : Cuba: Consolidation de la Révolution
« Réponse #14 le: 31 octobre 2007 à 01:04:02 »
Ok, merci camarade.

Je comprends où tu voulais en venir.

Et sinon, que penses de Raul Castro, toi ?