Chers Camarades,
J'ai lu au sujet de Cuba, plusieurs interventions dénotant des craintes et un certain pessimisme envers l'oeuvre socialiste cubaine.
Que constatons nous ?Fidel s'est éloigné de la présidence suite à ses problèmes de santé, à Cuba, c'est le chef des armées, Raul Castro qui prend l'intérim du pouvoir vacant (En France c'est le président du Sénat).
Il s'agit en réalité - au-dela d'une délicate intervention chirurgicale planifiée de longue date - d'une manoeuvre parfaitement orchestrée par la seule personne capable de faire ça : Fidel Castro.
Dans les jours qui suivirent l'annonce des problèmes de santé de Fidel, des scènes de liesse apparurent dans "Little Havana" à Miami. Quelques dizaines de jeunes exaltés, même pas né à Cuba et n'y ayant jamais mis les pieds, braillaient en coeur des slogans hostiles et s'ébrouaient avec joie (1).
Fidel avait prévu cette réaction, et les canaux de télévisions cubaine diffusèrent en boucle ces images.
Cela provoqua un véritable électrochoc au sein de la population de l'île : Comment des jeunes gens pouvaient-ils se réjouir des problèmes de santé d'un vieil homme, tout en se disant "cubain" et réclamer pour les autres des mesures dont ils ne bénéficiaient même pas aux Etats-Unis ?
Les débats furent âpre et belliciste à Cuba.
Et le premier qui oserait profiter un seul instant, de ce qu'il pourrait deviner comme une opportunité pour revenir dispenser "la bonne parole nord-américaine", serait reçu les armes à la main par une population chauffée à blanc aux vues des images scandaleuses.
Il faut noter que la Jeunesse Communiste Cubaine, qualifié par "Le Monde" de "Talibans Cubains", s'est montré particulièrement entrainé et prête à dispenser les leçons nécessaires à tout personnage s'imaginant revenir en "libérateur" ou en conquérant.
Cet épisode n'est pas l'ultime acte de consolidation de la Révolution cubaine, mais il vient d'être confirmé par les taux de participation aux éléctions du 21 octobre 2007, ou 95.4% de cubains se sont rendus aux urnes (2), dans un pays ou le vote n'est pas obligatoire et l'acte civique est accessible dès 16 ans.
La chute, 10 ans d'histoire.Dès le 9 novembre 1989, jour de la chute du mur de Berlin, les cubains savaient qu'ils seraient seul et entouré d'une hostilité sans précédent.
Les quelques années suivantes confirmèrent la dégénérescence du système soviétique, leur principal partenaire, et l'écroulement de leur économie.
Episode peu souligné de ces années, Cuba du reclasser 220 000 travailleurs de la canne à sucre qui faisaient vivre 800 000 de personnes (3), recentrer son activité industrielle, réorganiser l'ensemble de son économie en une économie de "guerre".
Guerre effective et pleine dès 1992, ou les Etats-Unis votèrent le "Cuban Democraty Act" (4) (Egalement dénommée "Torricelli Act", du nom de son promoteur).
Ces mesures toujours en vigueur sont destinés à affamer le peuple cubain, et à l'empêcher de se soigner en interdisant toutes exportations de médicaments vers l'île.
En 1993, les cubains se voient obligés d'introduire le dollars dans leur économie, pour collecter des devises leur permettant d'acheter au comptant et avec 30 à 50% de surprime ce qu'il ne peuvent pas produire.
En 1996, constatant l'innefficacité de la loi Torricelli, c'est la "Helms-Burton Law" qui fut adopté par le congrès nord-américain (5) (aussi appelé "loi Bacardi, du nom de la compagnie promulgatrice). Ces dispositions permettent d'attaquer en justice par le biais des tribunaux étatsuniens, tout commerçants qui aurait la mauvaise idée de travailler avec Cuba, et d'interdire l'accostage durant 6 mois, de tous navires qui aurait touché les côtes cubaines.
Dispositions nord-américaines contraires aux principes de l'OMC (6).
Les Etats-Unis affament, poursuivent, contraignent, et tuens les cubains. Durant cette période, d'innombrables attentats ont lieu sur l'île (7), 3478 morts, 2099 personnes lourdement handicapés (08).
L'introduction du Thrips Palmi sur Cuba en 1996, est significatif de l'état d'esprit des terroristes nord-américains (9), ce sont pourtant les mêmes qui réclament le "bien être" du peuple "opprimé".
Cette période, dite "période spéciale" eu égard à son économie de guerre, fut terrible pour les cubains. Nombreux furent les départ vers les Etats-Unis, ou la règle pieds-secs-pieds-mouillés jouait à plein pour encourager l'immigration cubaine, tandis que les mexicains étaient abattus comme des chiens à la frontière du Texas.
Epoque porteuse de souffrances indicibles, de sacrifices incommensurables, mais sans jamais renier les bases Révolutionnaires et Socialistes de leur système. Sans jamais avoir cédé un pouce sur leurs acquis sociaux.
10 ans après, le ciel redevient bleuEn 2001, le Cuban Solidarity Act alloue 100 millions de dollars sur 4 ans (10), aux organismes promoteurs de la "démocratie" à Cuba, et les paramiliaires en bénéficient également (11).
Cela s'ajoutant aux programmes de la NED, Center For a Free CUBA, CIA, etc.
Mais dans le même temps, des alliances sont passées avec entre autre le Venezuela, des contrats sont signés pour l'exploitation du Nickel (5eme producteur mondial) par les chinois (12), le pétrole n'est pas en reste, et les prospections effectués dans les eaux cubaines du golfe du Mexique sont plus que prometteuse (Santa Cruz del Norte), c'est ainsi qu'une raffinerie et un complexe pétro-chimique vont être construit (13).
Un des effets pervers - mais bénéfique - du blocus économique, privant les cubains d'engrais et de tracteur, leur à permis de développer une agriculture totalement exempt de process chimique, faisant de Cuba le premier producteur/exportateur de produit issus de la culture biologique.
Dans tous les domaines, l'économie cubaine, principale support et garante des acquis sociaux, se porte mieux, se porte bien (14).
La meilleure preuve en est l'abandon du Dollars au sein de l'économie, soit exactement 10 ans après son introduction (15).
Et la croissance de Cuba est la plus importante des pays latinos-américains :
1.2% -2002
2.6% - 2003
5.4% - 2004
11.8% - 2005
12.5% - 2006
(Source : Amb. de france à la Havane, données économiques, Amb. Cuba Liban, Oficina Nacional de Estadisticas)
Déja en 2003, et selon les principes des redistributions économiques, avec 1 dollars à la parité de 26 pesos, un cubain pouvait acheter
- 104 litres de lait ou
- 45 kilos de riz, haricots, pain, ou
- 26 place pour les matchs de Base-Ball ou
- 5 à 26 places de théatre ou cinéma, ou
- 1/4 à 1/2 du loyer mensuel des 15% de cubains qui payent leur logement, 85% sont propriétaires, ou
- 200 kilowatts
etc. (16)
Réaffirmation et consolidation de la Révolution cubaineEn mai 2002, plus de 8 millions de cubains signaient une pétition en faveur d'une modification de la constitution de 1976, rendant irrévocable le caractère socialiste de leur Révolution (17).
Pas un seul des nombreux mercenaires contre-révolutionnaires qui infestent nos médias n'oseraient dire que tous ces gens avaient un pistolet sur la tempe. De la même manière, ils détournent le regard tous les 1er mai, ou des millions de cubains célèbrent la Révolution et la fête du travail. Tout comme ils évitent d'aborder les sujets qui les rabaissent au rang de propagandistes en commandite : La sécurité sociale, la gratuité des soins, de l'éducation, du sport et de la culture(18).
Comment ne pas imaginer les luttes effroyables auxquelles ont du faire face les cubains ?
Et un jour Fidel partira, c'est le sort de tous les Hommes. Génial messager d'une volonté populaire indéfectible.
Comment imaginer une seule seconde que le départ du commandant en chef précipitera ce peuple vers les affres de l'utra-libéralisme le plus débridé ?
Réduire Cuba à la seule personne de Fidel Castro, c'est nier les aspirations populaires dont ce génial guérilléro est le vecteur, mais qui n'aurait rien pu commettre sans un soutien massif des cubains, qui ne se sont jamais fourvoyé, et encore moins départi d'une solidarité internationale malgré les épreuves.
Le glorieux peuple de Cuba à surmonté les pires épreuves, alors qui pourrait raisonnablement imaginer, qu'après le dépat de Fidel, ils perdent collectivement la mémoire de ces années de souffrance pour basculer vers un avenir fait d'exploitation et de renoncement aux chôses pour lesquelles ils ont souffert ?
Fidel est Cuba, mais Cuba n'est pas Fidel, et l'on ne peut nier la vigueur qui anime ce peuple, au travers des innombrables organisations qui le représentent, et qui font que ce pays est une véritable démocratie de participation.
Dès les premiers jours du triomphe de la Révolution, la succession fut envisagé, eu égard aux multiples tentatives d'attentats sur sa personne. La sucession du président, mais pas l'indéfectible volonté de péreiniser le socialisme.
Les cubains sont quotidiennement arrosé d'émission radio/tv en provenance du "phare de la liberté", ils ont de la famille à l'extérieur du pays, ils savent parfaitement ce qui se passe dans nos contrées, et ce n'est certainement pas au moment ou tout va mieux, qu'ils vont décider de devenir une étoile supplémentaire sur le drapeau yankee. Bien au contraire.
Le premier qui aurait la malhencontreuse idée de venir pour imposer un autre système, sera reçu avec tous les égards du à sa démarche.
Et si Fidel à toujours l'oreille de la jeunesse cubaine, sachant la modérer, il semblerait que son absence radicalise le marxisme-léninisme cubain, tous les indicateurs le prouvent.
A bon entendeur....
Fidelista
(24/10/2007)
Notes:
(1) Miami planifie déjà la fête qu'elle fera quand Castro mourra
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=328891(2)
http://www.granma.cu/frances/2007/octubre/mar23/43voto.html ET/OU
http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=27&PN=2(3)
http://www.embacubalebanon.com/humanrits270304f.html(4)
http://www.state.gov/www/regions/wha/cuba/democ_act_1992.html(5) Loi Helms-Burton en français :
http://vdedaj.club.fr/cuba/helms_burton.htmlExtraits significatifs :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/7766(6)
http://vdedaj.club.fr/cuba/bacardi_oxfam.html(7)
http://vdedaj.club.fr/cuba/cuba_bio4.html(08)
http://vdedaj.club.fr/cuba/demandaf_13.html(9) Texte du rapport remis par Cuba au secrétaire général
des Nations-Unies sur l'apparition dans l'île de la maladie de 'Trips palmi':
http://vdedaj.club.fr/cuba/cuba_bio1.html- 6 - CD/154 13 mai 1997
http://www.un.org/News/fr-press/docs/1997/19970513.CD154.html(10)
http://vdedaj.club.fr/cuba/npa_csa2001.html(11)
http://www.alpha66.org/english/our%20history.htm(12)
http://www.rfi.fr/actufr/articles/059/article_31984.asp(13)
http://www.ahora.cu/modules.php?name=News&file=article&sid=4814(14)
http://www.granma.cu/frances/2007/septiembre/vier7/36empresaF.html(15)
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/7015(16)
http://www.cuba.cu/gobierno/documentos/2003/fra/n180403f.html(17)
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cuba/dossier.asp?ida=342788http://www.juriscope.org/actu_juridiques/depeches/depeches.phtml?p=308&n=1&tot=1&type=a(18)
http://stats.uis.unesco.org/unesco/TableViewer/document.aspx?ReportId=124&IF_Language=fra&BR_Country=1920&BR_Region=40520