Auteur Sujet: Chavez nationalise le pétrole de l'Orénoque par une occupation symbolique  (Lu 1384 fois)

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COMPLEXE PETROLIER DE JOSE (Venezuela) - Le président vénézuélien Hugo Chavez a posé un nouveau jalon dans la nationalisation des activités stratégiques du pays mardi en faisant occuper symboliquement par l'armée et le "peuple", les gigantesques gisements pétroliers de l'Orénoque, jusqu'à présent aux mains de multinationales étrangères.

Le renforcement du poids de l'Etat dans ce secteur est l'une des facettes du virage anti-libéral impulsé par Chavez, qui a annoncé à grands fracas lundi la sortie du Venezuela du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qualifiés de "mécanismes de l'impérialisme" pour exploiter les pays pauvres.

Après sa réélection triomphale en décembre, M. Chavez, au pouvoir depuis 1999, a accéléré la prise de contrôle de secteurs stratégiques comme l'électricité, les télécommunications, les abattoirs, annonçant aussi des réquisitions de terres aux profits de paysans pauvres et la refonte d'un système de santé largement privatisé.

Concrètement, la nationalisation du pétrole de l'Orénoque passe par une montée du groupe public vénézuélien PDVSA à 60% du capital des quatre entreprises mixtes exploitant le brut extra-lourd de cette région.

M. Chavez a organisé à l'occasion du 1er mai un grand rassemblement populaire avec déploiement de l'armée, sur le complexe de José (à 250 km à l'est de Caracas) où ces quatre firmes pré-raffinent le pétrole non conventionnel et très visqueux de la Ceinture de l'Orénoque. Cette zone qui s'étend sur 55.300 km2, soit deux fois la taille d'Israël, est considérée comme l'un des plus riches réservoirs pétroliers de la planète.

L'occupation est surtout symbolique puisque la quasi totalité des firmes étrangères engagées dans la zone ont donné cette semaine leur accord de principe pour céder la majorité de leurs filiales à Petroleos de Venezuela (PDVSA).

Les signataires (la Française Total, la norvégienne Statoil, les américaines Chevron Texaco et Exxon Mobil, la britannique British Petroleum et l'allemande Veba Oel) ont jusqu'au 26 août pour négocier les détails de l'opération. M. Chavez a promis de les indemniser pour la cession partielle de leurs actions mais sur la base de la valeur comptable, pas celle du marché.

L'américaine Conoco Philips (présentes dans deux firmes mixtes: Ameriven à hauteur de 40% et Petrozuata pour 50,1% du capital) continue de difficiles tractations tout comme l'italienne Eni et Petrocanada.

La nationalisation des gisements de l'Orénoque clôt "de manière définitive le chapitre historique dit d'ouverture pétrolière" des années 90 qui "revenait à faire cadeau de notre pétrole à l'empire (Etats-Unis, NDLR) à travers ces entreprises", a estimé Hugo Chavez.

Pour le gouvernement, l'Orénoque est stratégique parce qu'extrêmement riche en pétrole avec des réserves estimées à 270 milliards de dollars dont Caracas a entrepris la certification avec l'aide de firmes issues de pays émergents ou "amis". Une fois prouvées, elles propulseraient le Venezuela au premier rang mondial devant l'Arabie saoudite.

Mais le Venezuela a besoin des technologies sophistiquées et du savoir-faire des "majors" du pétrole pour continuer de produire quotidiennement 600.000 barils par jour dans cette zone, ce qui explique que les entreprises mixtes conserveront une forte participation étrangère, selon des experts du dossier.

Jusqu'à il y a deux ans, elles bénéficiaient de conditions fiscales très avantageuses avec des royalties de seulement 1% et des impôts limités à 34%, portés respectivement à 33,2% et 50% par Chavez.

Le Venezuela, seul membre latino-américain de l'OPEP et cinquième exportateur mondial de brut, produit 3,09 millions de barils par jour, dont la moitié sont vendus aux Etats-Unis.

(©AFP / 01 mai 2007 16h41)