Auteur Sujet: Analyse des luttes sociales au Vénézuela  (Lu 3593 fois)

petit motivé

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Analyse des luttes sociales au Vénézuela
« le: 18 septembre 2005 à 19:56:41 »
Bonjour à tous , j'ai découvert la riposte à la fete de l'huma. Ce courant m'intéresse beaucoup et son tract sur la question de la participation gouvernementale du PCF m'a semblé pertinent. J'aimerai débattre plus en profondeur de la lecture faite par  les camarades de la riposte sur les luttes sociales au Venezuela et la politiques de Chavez.
Jusqu'ou pensez vous que ce mouvement peut aller? Représente il les intérets des travailleurs? Je joins à mes questions un article issu de convergences revolutionnaire (pas trop long), revue de la Fration de LO. N'y voyez pas une charge mais un outil de base pour  pour débattre et enrichir notre discussion.

 


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DOSSIER : Amérique du Sud : une nouvelle gauche... contre les travailleurs


 


Venezuela : La révolution bolivarienne, permanente... et limitée


Mis en ligne le 10 mars 2005



Présent au Forum social mondial de Porto Alegre de 2005, le président vénézuélien Hugo Chávez a déclaré le 30 janvier : « J’en deviens chaque jour plus convaincu, [...] il est nécessaire de dépasser le capitalisme ». Sur sa lancée, il a cité La Révolution permanente de Trotsky, un livre « formidable ». Diable ! L’ancien lieutenant-colonel putschiste serait-il devenu émule du fondateur de l’armée rouge ?

De la prospérité des années 1960-70 à la crise des années 1980
Le Venezuela est quelque peu atypique en Amérique latine, en ce sens que depuis 1958 il a connu 40 ans de régime démocratique, avec l’alternance de deux partis, AD (Action Démocratique, d’origine social-démocrate) et Copei (démocrate-chrétien). Ce n’est pas étranger à la rente pétrolière (le Venezuela est le 5ème exportateur mondial) dont les gouvernements tiraient profit et qui permettait un développement proche des pays occidentaux : la prospérité d’une classe moyenne, un niveau de vie plus décent que dans le reste de l’Amérique Latine, des services sociaux et un système scolaire de qualité...

La fin des années 1980 met un terme à cet état de grâce. Le gouvernement en place procède, à partir de 1988, à l’ouverture brutale de l’économie à la compétition, l’abandon des protections sociales, etc. Conjuguées à la chute du prix du pétrole, ces mesures provoquent un appauvrissement spectaculaire de la population. En 1992, 57 % se contentent d’un seul repas par jour, 80 % vivent au-dessous du seuil de pauvreté. L’initiateur des « réformes », le président Perez est finalement suspendu pour avoir détourné 17 millions de dollars !

Cette situation déclenche une énorme manifestation populaire à Caracas en 1989 (le « caracazo »), que l’armée écrase dans le sang (300 morts). C’est l’indignation jusqu’au sein de l’armée : protestations et mutineries se produisent à l’initiative de soldats et jeunes officiers de milieu populaire, dont le lieutenant-colonel Chávez. En février 1992, celui-ci tente un coup d’État, qui lui vaut la prison mais aussi la popularité.

Le programme de la « révolution bolivarienne »
Libéré sous le gouvernement suivant, Hugo Chávez opte alors pour la voie légale à la tête d’un nouveau parti, le MVR (Mouvement pour la 5ème République), qui s’allie dans un « Front patriotique » avec d’autres organisations de gauche. Le parti « chaviste » lui-même regroupe une palette de tendances allant de la gauche radicale au centre, en passant par des politiciens liés au régime AD-Copei, nouvellement convertis au « chavisme » (dont beaucoup tremperont dans le coup d’État d’avril 2002). C’est à la tête de cette coalition qu’il remporte les élections présidentielles de 1998 avec plus de 56 % des voix.

Son programme, très modéré, est le reflet des forces sociales sur lesquelles il s’appuie, mettant en avant surtout la promesse d’une nouvelle constitution, « première étape dans la lutte pour plus de justice sociale, plus d’indépendance face à l’impérialisme et pour l’élimination de la corruption ».

Réélu en 2000, dans le cadre de la nouvelle constitution, les attentes des couches populaires le conduisent à radicaliser quelque peu son programme :

  Réforme agraire : toute terre inexploitée de plus de 50 hectares doit être redistribuée aux paysans modestes.

  Octroi du titre de propriété aux « squatters » qui ont illégalement construit des habitations de fortune dans les favelas.

  Augmentation de 3 % du budget de l’éducation et gratuité scolaire.

  Offre de micro-crédits quasiment gratuits aux associations qui veulent entreprendre des travaux publics ou organiser des services tels le ramassage des ordures.

  Contrôle de l’État sur le secteur pétrolier et sur une zone maritime de 500 mètres le long de la côte, protégeant des bateaux de pêche industriels les petits pêcheurs traditionnels.

L’hostilité de la grande bourgeoisie
Loin d’être révolutionnaire, ce programme attire néanmoins à Hugo Chávez les foudres de la grande bourgeoisie. Avec l’aval des États-Unis (dont les multinationales contrôlent une bonne partie de l’économie, en particulier le secteur pétrolier), dirigeants et cadres de la PDVSA (l’entreprise pétrolière vénézuélienne), Fedecamaras (confédération patronale) et CTV (la centrale syndicale officielle) tentent à trois reprises de renverser Chávez  [1]. Sans succès. Ils ne font qu’accroître encore la popularité de leur adversaire.

Ce soutien populaire s’est manifesté par un taux de participation électorale inédit (près de 90 %) lors du référendum d’août 2004 provoqué par l’opposition pour tenter de destituer Chávez. Il s’exprime peut-être aussi, en même temps qu’il est encadré par le développement de comités populaires (de quartiers, de femmes, d’étudiants, de paysans, de même que des syndicats en opposition à la CTV) que le régime met en place au nom de la « démocratie participative », et du slogan de Chávez : « Organisez-vous, nous vous apporterons le soutien politique et économique ! ».

S’il est difficile de mesurer le poids de ces organismes, il semble bien que le lock-out patronal de décembre 2002 à janvier 2003 ait suscité, autrement que sur le seul terrain propagandiste du régime, la formation d’un certain nombre de tels comités. À Caracas par exemple, où les habitants d’un quartier se sont organisés pour rouvrir une école fermée par le maire anti-chaviste, ou dans les « barrios » (les bidonvilles) où les pauvres ont entrepris de réquisitionner eux-mêmes des terrains vacants pour y construire des habitations.

La « révolution dans la révolution » selon Chávez
En juillet 2003, les propriétaires de Venepal, une grosse entreprise de papier et carton qui, pour la plupart, avaient soutenu la tentative de putsch contre Chávez d’avril 2002, se sont déclarés en faillite. Les ouvriers ont occupé l’usine et assuré sous leur contrôle la production. Après une trêve puis une nouvelle tentative de fermeture par le patronat, lutte et occupation ont repris, avec demande au gouvernement de nationaliser l’entreprise.

Chose fut faite. Mais Chávez s’est empressé de tempérer le geste par cet avertissement : « L’actuelle expropriation de Venepal est une mesure exceptionnelle [...] Nous n’allons pas saisir les terres ; elles restent à ceux qui les possèdent ».

Pas question donc d’exproprier la bourgeoisie, sauf exceptionnellement lorsque tel ou tel patron s’en prend directement au régime lui-même. Sous prétexte de rattraper les pertes occasionnées par le lock-out (qu’ils ont eux-mêmes organisé), les patrons vénézuéliens baissent les salaires, suppriment des jours de congé. Ils n’hésitent pas à fermer les entreprises jugées insuffisamment rentables, se moquant en toute impunité de la loi d’« inamovilidad laboral » (récemment prolongée de 6 mois) censée interdire les licenciements économiques. C’est ainsi que les ouvriers d’une société fabriquant des valves pour l’industrie pétrolière, fermée pour « raisons économiques », ont occupé l’usine, essayé de redémarrer la production en demandant une aide du gouvernement... qui n’est jamais venue.

Quant à cette fameuse « démocratie participative » promue par Chávez, elle aussi a ses limites. Les électeurs pro-Chávez en ont fait l’expérience lors des élections municipales et régionales de novembre 2004. En plusieurs endroits, la base chaviste a fortement contesté le mode de sélection des candidats, désignés par en haut et non dans les comités populaires [2]. Ce qui avait permis à certains éléments bien bourgeois élus avec l’étiquette chaviste de se représenter. Tel le maire de Girardot, dans l’État d’Aragua qui après avoir privatisé l’entreprise municipale de ramassage de déchets, a fait réprimer les employés qui protestaient.

La popularité dont il jouit apparemment toujours, Chávez la doit davantage à la violence de la réaction de la bourgeoisie nationale et à l’hostilité des États-Unis qu’à son programme, bien timide en regard de la situation sociale du pays : 13 % de la population active au chômage, un secteur informel représentant encore 50 % de l’activité. Moins de 5 % des propriétaires terriens possèdent près de 80 % du total des biens fonciers alors que 75 % des petits agriculteurs n’en possèdent que 6 %. On mesure les limites d’un des « points forts » de la Constitution chaviste : une réforme agraire qui ne promet de toucher qu’aux terres non cultivées, pas aux grandes propriétés foncières !

Agathe MALET

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Analyse des luttes sociales au Vénézuela
« Réponse #1 le: 19 septembre 2005 à 12:16:31 »
Voila l'analyse même du sectarisme des ultra gauches.
En effets si cette article est assez juste dans son énoncé des faits, il n'est pas mis a jours (je ne sais pas sa date de parution mais concernant : "
Citer
C’est ainsi que les ouvriers d’une société fabriquant des valves pour l’industrie pétrolière, fermée pour « raisons économiques », ont occupé l’usine, essayé de redémarrer la production en demandant une aide du gouvernement... qui n’est jamais venue.
il s'agit d'une entreprise nationalisé recemment et géré depuis par les travailleurs :
CNV (Constructora Nacional de Válvulas - constructeur national de valves) ont obtenu la nationalisation de leur usine, renommé INVEVAL (Industria Venezolana de Válvulas - Industrie Vénézuelienne de Valves) (voir le post de camillo a ce sujet :http://ymax.free.fr/forum/viewtopic.php?t=130

Concernant l'expropriation de la bourgeoisie, chacun de nous reconnait qu'il s'agit au vénézuéla d'un programme progressif car comme castro a ses débuts, chavez a cru au debut de son arrivée au pouvoir qu'il pouvait reformer le capitalisme, il s'agissait a l'epoque d'une revolution bourgeoise, qui est passé a une revolution socialiste puisque maintenant  "Chavez annonce l’expropriation d’entreprises fermées - et le Venezuela débat du socialisme".
Le sectarisme des ultra gauches ne peux s'appercevoir qu'il s'agit d'un mouvement, et comme la revolution russe qui fut bourgeoise avant d'être socialiste, la révolution vénézuélienne suit un chemin comparable (époque et histoire du pays différent bien sur).

Bien sur que cette revolution se fait dans les tensions, les luttes, la participations des masses, il est clair qu'il ne s'agit jamais d'une voie royale, définie par une quelquonque théorie pratique a mettre en oeuvre scrupuleusement, mais par l'experience réelle en mouvement des masses et des travailleurs avec ses incohérences, ses erreurs et ses errements.
Le travail des marxistes est de voir clair dans ces évenements et de lutter pour eduquer et orienter les travailleurs pour la prise du pouvoir par la classe proletarienne.
Il est inutile, contreproductif voir criminel et completement puérile de jetter l'opprobe sur un tel mouvement, de le juger de façon empirique au nom de canon "supposé" d'un marxisme sectaire et ce face aux enjeux, aux possibilités et aux promesses qu'il possede en son sein.
Notre théorie n'est pas un dogme, mais un guide pour l'action ! (Marx & Engels)

petit motivé

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« Réponse #2 le: 20 septembre 2005 à 19:07:42 »
L'article dâte un peu (paru en début d'année).
Je trouve que c'est exagéré de qualifier cet article de démonstration des sectarismes des ultra gauches (l'ultra gauche et le trotskisme sont d'ailleurs deux choses différentes mais ne nous y attardons pas).
Point n'est besoin de crier "Soutien inconditionnel à Chavez " pour etre solidaires des luttes du prolétariat du Vénézuela. Le soutien  peut et doit s'accompagner d'une analyse critique.

Tu dis que cette entreprise a été depuis nationalisée ? Peux tu m'expliquer ce que celà change dans son organisation, existe -t-il toujours la meme hiérarchie , touche t elle des subventions d'état, fait elle partie d'un réseau d'entreprises nationalisées?

Eclaires ma lanterne

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Analyse des luttes sociales au Vénézuela
« Réponse #3 le: 21 septembre 2005 à 15:05:13 »
Concernant ma qualification d'ultra gauche et de gauchisme de LO plutôt que d'organisation troskyste digne de ce nom, je t'invite a lire le texte de Lenine : "la maladie infantile du communisme" (http://www.lariposte.com/theorie/lenine-gauchisme.pdf) et de le comparer a l'action et aux discours de ces sois disant troskyste.
Je t'invite aussi a lire la critique de ces organisation faite dans les pages de ce site:http://www.lariposte.com/article.php3?id_article=379

Concernant mon mot d'ordre :
Citer
Point n'est besoin de crier "Soutien inconditionnel à Chavez "
, je remarque que celui ci n'est pas de mon faite, puisque je ne l'ai jamais exprimé, mais peut être que ma critique de la démarche de LO te deplais au point de lire des choses que je n'ai pas écrite ?

Concernant CNV (Constructora Nacional de Válvulas) devenu INVEVAL, l'entreprise à été nationalisé sous controle ouvrier : http://venezuela.elmilitante.org/index.asp?id=muestra&id_art=1955

Je tiens a te signaler que dans de nombreuses entreprises et nottement la precurseur Alcasa, le controle ouvrier avec election des managers avec salaires égalitaire est cours d'instauration.

Ma critique que tu n'as pas comprise (je me suis peut etre mal fait comprendre) est la critique de la position sectariste de LO qui malgré les faits attend une révolution conforme avec ses schémas pour la soutenir ou non.
Soutenir cette revolution n'est pas un soutiens inconditionel a chavez mais un soutiens inconditionel a la classe ouvrière du vénézuela dans sa création du "socialisme du 21eme siecle"
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Analyse des luttes sociales au Vénézuela
« Réponse #4 le: 26 septembre 2005 à 11:05:16 »
Passages choisis de lenine lorsqu'il critique l'attitude sectariste des gauchistes, extrait de la "maladie infantile du communisme", ouvrage a consulter pour tous communiste et marxiste qui cherche a travailler concretement pour sa classe :


De la question des alliances et de la stratégie a adopter :
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Le capitalisme ne serait pas le capitalisme si le prolétariat "pur" n'était entouré d'une foule extrêmement bigarrée de types sociaux marquant la transition du prolétaire au semi-prolétaire (à celui qui ne tire qu'à moitié ses moyens d'existence de la vente de sa force de travail), du semi-prolétaire au petit paysan (et au petit artisan dans la ville ou à la campagne, au petit exploitant en général); du petit paysan au paysan moyen, etc.; si le prolétariat lui-même ne comportait pas de divisions en catégories plus ou moins développées, groupes d'originaires, professionnels, parfois religieux, etc. D'où la nécessité, la nécessité absolue pour l'avant-garde du prolétariat, pour sa partie consciente, pour le Parti communiste, de louvoyer, de réaliser des ententes, des compromis avec les divers groupes de prolétaires, les divers partis d'ouvriers et de petits exploitants. Le tout est de savoir appliquer cette tactique de manière à élever, et non à abaisser le niveau de conscience général du prolétariat, son esprit révolutionnaire, sa capacité de lutter et de vaincre. Notons d'ailleurs que la victoire des bolcheviks sur les mencheviks a exigé, non seulement avant mais aussi après la Révolution d'Octobre 1917, l'application d'une tactique de louvoiement, d'ententes, de compromis, de celles et de ceux, bien entendu, qui pouvaient faciliter, hâter, consolider, renforcer la victoire des bolcheviks aux dépens des mencheviks. Les démocrates petits-bourgeois (les mencheviks y compris) balancent forcément 'entre la bourgeoisie et le prolétariat, entre la démocratie bourgeoise et le régime soviétique, entre le réformisme et l'esprit révolutionnaire, entre l'ouvriérisme et la crainte devant la dictature du prolétariat, etc. La juste tactique des communistes doit consister à utiliser ces hésitations, et non point à les ignorer; or les utiliser, c'est faire des concessions aux éléments qui se tournent vers le prolétariat, et n'en faire qu'au moment et dans la mesure où ils s'orientent vers ce dernier, tout en luttant contre ceux qui se tournent vers la bourgeoisie. Grâce à l'application de cette juste tactique, le menchevisme s'est de plus en plus disloqué et se disloque chez nous, isolant les chefs qui s'obstinent dans l'opportunisme et amenant dans notre camp les meilleurs ouvriers, les meilleurs éléments de la démocratie petite-bourgeoise. C'est là un processus de longue haleine, et les "solutions" à tir rapide: "Jamais de compromis, jamais de louvoiement" ne peuvent qu'être préjudiciables à l'accroissement de l'influence du prolétariat révolutionnaire et à la montée de ses effectifs.



De la tactique et de la reflexion dialectique a apporter en politique :
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Rechercher, étudier, découvrir, deviner, saisir ce qu'il y a de particulièrement national, de spécifiquement national dans la manière concrète dont chaque pays aborde la solution du problème international, le même pour tous: vaincre l'opportunisme et le dogmatisme de gauche au sein du mouvement ouvrier, renverser la bourgeoisie, instaurer la République des Soviets et la dictature du prolétariat, telle est, au moment historique que nous traversons, la principale tâche assignée à tous les pays avancés (et pas seulement avancés). L'essentiel - pas tout évidemment, tant s'en faut, mais cependant l'essentiel - est déjà fait pour attirer l'avant-garde de la classe ouvrière et la faire passer du côté du pouvoir des Soviets contre le parlementarisme, du côté de la dictature du prolétariat contre la démocratie bourgeoise.



Convaincre les masses :
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On ne peut vaincre avec l'avant-garde seule. Jeter l'avant-garde seule dans la bataille décisive, tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n'ont pas pris soit une attitude d'appui direct à l'avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante, qui les rende complètement incapables de soutenir son adversaire, ce serait une sottise, et même un crime. Or, pour que vraiment la classe tout entière, pour que vraiment les grandes masses de travailleurs et d'opprimés du Capital en arrivent à une telle position, la propagande seule, l'agitation seule ne suffisent pas. Pour cela, il faut que ces masses fassent leur propre expérience politique.


En ce qui concerne l'appréciation de LO de la revolution au vénézuéla c'est dernière ligne doivent éclairer notre reflexion :

Citer
L'histoire en général, et plus particulièrement l'histoire des révolutions, est toujours plus riche de contenu, plus variée, plus multiforme, plus vivante, "plus ingénieuse" que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avancées. Et cela se conçoit, puisque les meilleures avant-gardes expriment la conscience, la volonté, la passion, l'imagination de dizaines de mille hommes, tandis que la révolution est, - en des moments d'exaltation et de tension particulières de toutes les facultés humaines, - l'œuvre de la conscience, de la volonté, de la passion, de l'imagination de dizaines de millions d'hommes aiguillonnés par la plus âpre lutte des classes. De là deux conclusions pratiques d'une grande importance: la première, c'est que la classe révolutionnaire, pour remplir sa tâche, doit savoir prendre possession de toutes les formes et de tous les côtés, sans la moindre exception, de l'activité sociale (quitte à compléter, après la conquête du pouvoir politique et parfois au prix d'un grand risque et d'un danger énorme, ce qu'elle n'aura pas terminé avant cette conquête); la seconde, c'est que la classe révolutionnaire doit se tenir prête à remplacer vite et brusquement une forme par une autre.

On conviendra qu'elle serait déraisonnable ou même criminelle, la conduite d'une armée qui n'apprendrait pas à manier toutes les armes, tous les moyens et procédés de lutte dont dispose ou dont peut disposer l'ennemi. Or cette vérité s'applique mieux encore à la politique qu'à l'art militaire.Ne pas savoir user de tous les moyens de lutte, c'est risquer une grande défaite, -parfois même décisive, - pour peu que des changements indépendants de notre volonté, survenus dans la situation des autres classes, mettent à l'ordre du jour une forme d'action où nous serions particulièrement faibles...Les révolutionnaires sans expérience pensent souvent que les moyens de lutte légaux sont entachés d'opportunisme, car c'est sur ce terrain que la bourgeoisie a le plus souvent (surtout en des temps "pacifiques", non révolutionnaires) trompé et mystifié les ouvriers; et que les moyens de lutte illégaux sont révolutionnaires. Mais c'est faux. Ce qui est vrai, c'est que sont opportunistes et traîtres à la classe ouvrière les partis et les chefs qui ne savent pas ou ne veulent pas (ne dis pas: je ne peux pas, dis: je ne veux pas) user des moyens de lutte illégaux dans une situation comme, par exemple, celle de la guerre impérialiste de 1914-1918... Mais les révolutionnaires qui ne savent pas allier aux formes illégales de lutte toutes les formes légales sont de bien mauvais révolutionnaires. Il n'est pas difficile d'être un révolutionnaire quand la révolution a éclaté déjà et bat son plein; quand tout un chacun s'y rallie par simple engouement, pour suivre la mode, parfois même pour faire carrière. Sa "libération" de ces piètres révolutionnaires, le prolétariat doit la payer plus tard, après sa victoire, par des efforts inouïs, par un martyre douloureux, pourrait-on dire. Il est beaucoup plus difficile - et beaucoup plus précieux - de se montrer révolutionnaire quand la situation ne permet pas encore la lutte directe, déclarée, véritablement massive, véritablement révolutionnaire, de savoir défendre les intérêts de la révolution (par la propagande, par l'agitation, par l'organisation) dans des institutions non révolutionnaires, voire nettement réactionnaires, dans une ambiance non révolutionnaire, parmi des masses incapables de comprendre tout de suite la nécessité d'une méthode d'action révolutionnaire. Savoir trouver, pressentir, déterminer exactement la voie concrète ou le tour spécial des événements, qui conduira les masses vers la grande lutte révolutionnaire véritable, décisive et finale: tel est le principal objet du communisme actuel
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Hors ligne Greg Oxley

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Analyse des luttes sociales au Vénézuela
« Réponse #5 le: 03 octobre 2005 à 10:21:48 »
Chers camarades,

"Petit Motivé" nous demande jusqu'où, à notre avis, le mouvement au Venezuela peut aller, et s'il représente les intérets des travailleurs.

La première chose à dire est que ce qui se passe au Venezuela n'est pas simplement un "mouvement", mais une révolution. Il ne s'agit pas tout simplement d'un gouvernement progressiste qui applique des réformes, mais d'un véritable mouvement de masse qui menace l'existence même du système capitaliste. Autrement, le coup d'Etat d'avril 2002 et la campagne de sabotage économique lancée par les capitalistes à la fin de la même année n'auraient jamais été surmontés.

Jusqu'où cette révolution peut aller ? Elle peut aller jusqu'à la réalisation du socialisme.

La droite réactionnaire est actuellement démoralisée, et une différenciation est en train de s'opérer au sein du camp révolutionnaire entre ceux qui veulent arrêter la révolution — sous prétexte de ne pas vouloir provoquer l'impérialisme américain — et ceux qui comprennent que la seule façon de consolider les acquis de la révolution est de mettre fin au capitalisme. Le résultat final de la révolution dépend de l'issue de ce conflit.

La réponse de camarade Bruno, ci-dessus, traduit une certaine irritation vis-à-vis d'organisations comme LO. Ceci est compréhensible. LO se présente comme la seule organisation véritablement "r-r-r-révolutionnaire", et quand une révolution se produit — comme c'est le cas au Venezuela — ne le remarque même pas !

Pendant longtemps, La Riposte a été la seule organisation en France à comprendre la signification des événements au Venezuela et à les porter à la connaissance des travailleurs et des jeunes. Actuellement, certains groupes, comme la LCR, commencent à peine à réaliser que, pour reprendre l'expression d'un représentant de la LCR qui est censé s'occuper des questions latino-américaines, il se passe "un truc" là-bas.

Quant à LO, on dirait  que la révolution vénézuélienne ne l'intéresse pas, tout simplement. Notons aussi que, grâce à notre travail sur cette question, et à la différence de tous ces groupes gauchistes qui passent leur temps à se demander si les événements vénézuéliens sont dignes d'intérêt, nous avons une organisation influente au Venezuela qui intervient concrètement dans la révolution.

Fraternellement,

Greg Oxley