Camarade Momo,
Souvarine, fut "ex - pacifiste, ex - communiste, ex- Marxiste, ex - trotskiste, ex - communiste démocrate, un ex - Souvarine, dirait - on presque" écrivait Léon Trotsky en 1939... "Pour ce Marxiste d'hier, la lutte des classes, n'est déjà plus que le dada de Trotsky"... et Trotsky, "Lui, Souvarine, préfère resté à califourchon sur le chien crevé de la moralité éternelle..." Certes Souvarine fut un implacable militant anti - stalinien, mais au prix de tant de reniements, qu'il en devient une caricature...
Pour ce qui est des groupuscules crépuscules néo - staliniens, tu as en parti raison "Momo", leur doctrine, si j'ose dire n'a d'égard que pour une étude archéologique du mouvement politique ouvrier, dépassés par l'histoire, attachés à leur idôle, les staliniens de ce jour, à cheval sur le mur de Berlin brisé, représentent que les cendres et éboulis de ce que fut stalinisme Historique, les enfants du Chef sont stériles...
Enfin, à ces stalinien, "dernière génération", avatar de statues déboulonnées, ils ne pèsent pas grand chose, une poignée, quelques dizaines... En pensant surtout au PRCF, mais qui sont ces communistes ?
Ils ont un tel sentiment national, cela me fait frémir, l'alliance du drapeau rouge et du drapeau tricolore, sur les barricades de juin 1848 et celles de la Commune de 1971, n'ont jamais fait bon ménage, moi, j'ai choisi le rouge, tu l'avais bien compris...
Et pour ce qui est de la "Marseillaise", même en reggae, elle m'a toujours rendu muet et de mauvaise humeur... Le PCF et son tournant "Front Populaire" avait remis au goût du jour les symboles de 1792, de la Ière République, des héroïques soldats de l'An II, mais bon, à ceux - là, ces symboles, ils appartiennent à la Bourgeoisie, je n'y tiens pas, ce n'est ni ma culture de Classe, ni mon idéal politique...
Je préfèrerai encore à choisir avec le tricolore jacobiniste - centralisateur, le drapeau rouge avec la croix de Toulouse et le "Lugarn" (l'étoile du matin en occitan) qui se lève pour moi, et pour toi, peut - être, le Gwenn-ha-Du, camarade Momo... Ah !... 
Camarade Wilhelm Catharos
Je savais bien que tu n'es pas grand aficionado du culte national .
. Toutefois , dans le gwen-ha-du qui comme son nom l'indique est blanc et noir , il n'y a pas de rouge exception faite d'une partie de ses adeptes . Pourtant , autrefois , Maurice Duhamel parlait bien du drapeau rouge lorsqu'il déclarait devant les Bretons émancipés ébahis : " Ce drapeau la Bretagne l'a donné au monde ! " . Boris Porchnev reconnaissait la paternité bretonne du drapeau au nom de l' Union Soviétique et les fédéralistes bretons distribuaient fièrement la carte du Secours Rouge pour les Minorités Nationales , fournie par le Komintern , avant de se prendre en pleine gueule le pacte germano-soviétique , bien sûr.
Ce fut effectivement l'étendard de la révolte et de la très éphémère république bretonne de 1675. Son programme voulait déjà abolir les privilèges de caste en attendant la future révolution bretonne qui triompha à Rennes en janvier 1789 avant d'aller former l'avant-garde du tiers de France et de Navarre aux Etats Généraux de 1789. En 1675 , l'amiral Ruytter n'est pas parvenu à traverser la Manche ( la Mare Aremorica ) pour livrer comme convenu à Morlaix , les armes promises à nos Bonnets Rouges (Ar Bonedou Ruz ) par la République des Provinces Unies de Hollande . Cette année là , les armées royales d'Angleterre et de France firent une pose dans leur guerre habituelle pour garder conjointement la Manche face au péril révolutionnaire.
Bientôt , de Rennes à la Cornouaille , la soldatesque de Louis XIV le sanguinaire allait faire pencher les arbres sous le poids des pendus.
Rennes , capitale bretonne et ville sanctuaire , interdite aux armées de France par le traité de 1532 , fut en cette année 1675 violée par l'armée du Louis qui s'installa chez l'habitant , violant l'épouse et zigouillant le mari . On vit même des soudards faire rôtir des enfants à la broche dans les rues de Rennes . Des neuf cent maisons du quartier populaire insurectionnel , il ne resta pas pierre sur pierre .
En fait , Rennes la ville rouge ( à cause de sa muraille de brique romaine érigée en l' an 275 ) avait jusque là résisté aux vikings au début du dizième siècle , puis aux Anglais et finalement à La Tremoïlle lui-même , le généralissime de Charles VIII Capet , lors de la troisième attaque avec sa grande armée de 50 000 hommes , en 1491 .
En 1789 , le très haut tiers d'un quartier rupin de Rennes vota néanmoins de justesse pour un aristocrate , le cul entre deux chaises puisqu'il n'avait opté pour le haut tiers qu'après avoir essuyé le refus des aristos à sa proposition de représenter la noblesse .
Le tiers rennais et ses six députés révolutionnaires n'acceptèrent d'être accompagnés à Versailles par ce septième qu'à condition qu'il renonce à son titre de noblesse . Autrement dit , ils firent bouffer son châpeau au chapelier . Curieusement , c'est lui , Isaac Le Chapelier , que le tiers français encore timide adopta comme Président de la Constituante pour présider à l'abolition des privilèges de caste. Il est également connu comme auteur d'une loi Le Chapelier particulièrement anti-sociale qui punissait comme délit toute tentative d'association ouvrière et bien sûr de grève , loi qui fut votée par Robespierre et beaucoup d'autres .
Mais tu parlais du gwen ha du . C'est un torche cul comme un autre , un étendard nationaliste , pas un symbole d ' insoumission à l'uniformité jacobine . Nous souffrons d'une overdose de gwen-ha-du en Bretagne . Il est omniprésent , les nationalistes le mettent partout , dans toutes les fêtes , toutes les manifs , dans leur bagnole leur piaule et même dans leur chiottes . Je précise bien que mon propo vise le gwen-ha-du afin de ne pas prendre le risque d'une condamnation sarkozyste pour manque de respect au drapeau . Et puis faut faire attention , Jean Zay a été assassiné par la milice en raison d'un commentaire qu'il avait fait au sujet du drapeau tricolore une vingtaine d'année plutôt .
Avec tenacité nous ferons la conquête de notre liberté en Bretagne mais pas par les voies régressives d'un nationalisme belliqueux et obsolète . La ligue , enfin le NPA , déconne à plein tube en faisant listes communes avec Emgann MGI ( Mouvement de la Gauche Indépendantiste ) . Emgann signifie combat , son leader charismatique qui a fait 4 ans de tôle en préventive à la Santé , avant son acquitement , est devenu ensuite le leader du mouvement anti-CPE en Bretagne . Roblin ( des bois ) est une idôle de la jeunesse bretonne et un nationaliste radical . Mais c'est sûr qu'il y des nationalistes bretons dans tous les partis puisqu'il constituent numériquement la majorité des effectifs miltants , en Bretagne . Une partie des élus du Modem , par exemple , sont des militants du parti breton , parti modérément de droite , modérément nationaliste et indépendantiste également.
D'après les lambertistes , la quasi-totalité de nos élus socialistes serait eux aussi des nationalistes bretons nazis et calotins . Mais là , il ne s'agit que d ' une calomnie grossière d'une jacobinière fanatique qui ne supporte pas les refus excentriques de mettre le doigt sur la couture du pantalon.
"Je vois citoyen , vous voulez nous ramener au temps des Gaulois" , avait répondu Daladier à quelqu'un qui lui soumettait une revendication linguistique . A droite , d'autres demandaient carrément d'emprisonner ceux qui formulent de telles revendications . Pourtant , Jaurès les avait déjà formulé ces revendications de bilinguisme à l'école pour les populations concernées , sans être emprisonné.