Auteur Sujet: Paul Lafargue sur sa fin  (Lu 1361 fois)

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Paul Lafargue sur sa fin
« le: 25 avril 2011 à 20:59:44 »
Lafargue contre la retraite

Citation :
" Le mot "retraite" qu'on accole à la loi n'est pas le mot propre. Retraite veut dire pension donnée à quelqu'un pour reconnaître des services rendus, sans lui demander de contribuer pour un sou à cette pension.

La loi devrait être nommée loi des rentes viagères des salariés; parce qu'une rente viagère est constituée par des prélèvements faits pendant des années sur le revenu ou le salaire de celui qui le reçoit et c'est ce que se propose de faire la loi dites des retraites ouvrières. Il n'y a que mensonge dans cette loi, jusque dans son nom. Elle est monstrueusement mensongère, Jaurès ! "

                Extrait d'une intervention de Lafargue contre Jaurès , en 1910

Lafargue attaque Jaurès qui , lui , soutient bien sûr le vote de la loi pour la retraite. Ce Lafargue vieux , peu avant son suicide , est beaucoup moins intéressant que le Lafargue jeune du droit à la paresse .

A partir du moment où les Lafargue ont hérité du quart de la fortune de Friedrich Engels , ils se sont aussitôt achetés avec cet argent , une somptueuse demeure où ils ont vécu en grands bourgeois . A défaut de la socialdémocratie occidentale scandalisée , la belle demeure des Lafargue n'en reçut pas moins la visite de Lénine et Kroupskaïa , qui eux ne furent pas choqués par le cadre de vie grand bourgeois des Lafargue.

En 1911 , Paul Lafargue a laissé un courrier à propos de son suicide , mais il n'y parle pas de l'assassinat de sa femme qu'il semble bien avoir commis par piqure avant de se piquer lui-même . En effet , Laura Marx , elle , n'a jamais fait part de projet suicidaire.

Les raisons de son suicide que Paul Lafargue a laissé par écrit , ont laissé perplexes ses contemporains , parce qu'en dépit de ses 69 ans , il était toujours en bonne santé. N'y aurait-il pas eu une autre raison , non écrite , comme plus un rond pour faire entretenir la magnifique mais coûteuse propriété de Draveil ? Je ne sais , mais comme Paul Lafargue n'était pas forcément quelqu'un à croire sur parole , on peut se poser cette question.

« Modifié: 25 avril 2011 à 21:34:42 par Conan »

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Honneur à Lafargue, honnête disciple de Marx et d'Engels !
« Réponse #1 le: 25 avril 2011 à 22:44:38 »
Salut Conan,

Tu as des manières bien singulières de traiter la vie de Paul Lafargue et celle de Laura Marx, leurs fins choisies, mais tu es un incorrigible hérétique mon ami, pour te répondre, je le ferais indirectement, de fait, par cet article, qui répond à pas mal de questions...

Mais dire que le mouvement ouvrier politique français, et le marxisme en France, doit beaucoup à Paul Lafargue, c'est une réalité...

Pour le 100ème anniversaire de la mort de Paul Lafargue et de Laura Marx, en 1911, soit un centenaire, je ne donne que des extraits de cet article bien fait à mon sens, sur le centenaire de la mort de Paul Lafargue et de Laura Marx, édité par le site Révolution Socialiste, à lire dans son intégralité, pour mieux comprendre...


Laura Marx et Paul Lafargue en 1870

Alors, Conan,  "Honneur à Lafargue, honnête disciple de Marx et d'Engels !"

Source :

http://www.revolution-socialiste.info/RS34Lafargue.htm

100ème anniversaire de la mort de Lafargue
 
Forces et faiblesses du mouvement ouvrier français au 19e siècle

Voici 100 ans, Paul Lafargue, à près de 70 ans, et sa compagne Laura Marx choisirent de se suicider pour ne pas subir « l’impitoyable vieillesse ».

Toujours plein d’humour, toujours plein d’esprit, c’était un maître de la satire politique. (Karl Kautsky, cité par Maurice Dommanget, in Lafargue, Le Droit à la paresse, Maspero, 1975, p. 34)

Lafargue fut successivement militant de l’Association internationale des travailleurs (AIT, 1e Internationale), communard, fondateur du premier parti ouvrier en France, un parti ouvertement communiste (PO, Parti ouvrier) , fondateur de l’Internationale ouvrière (IO, 2e Internationale) et fondateur du Parti socialiste unifié (SFIO). Tout au long de cette vie bien remplie, Paul Lafargue écrivit de nombreux articles et brochures pour défendre, auprès des travailleurs, la théorie de leur émancipation, le matérialisme historique et la critique de l’économie politique marxiste, tels qu’il les comprenait. (...)

Jeunesse et rencontre avec Marx
 
Paul Lafargue nait aux Antilles, à Santiago de Cuba, en 1842, sous le nom de Pablo Lafargue. Son père est un tonnelier, issu d’un mariage entre un colon français de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) et une métisse. Sa mère est fille d’un planteur juif français uni à une Amérindienne de Jamaïque. Plus tard, ses traits physiques valurent à Lafargue d’être traité de « nègre » par les députés réactionnaires à l’Assemblée nationale ; mais au sein de l’AIT et de l’IO sans patrie ni frontières, il était chez lui.

Les parents Lafargue s’installent à Bordeaux en 1851. Pablo devient Paul, qui parle français et espagnol. Plus tard, il apprendra l’allemand. Étudiant en médecine à Paris, il se révolte contre les inégalités et l’obscurantisme, s’intéresse à Pierre-Joseph Proudhon et rencontre Auguste Blanqui, alors exilé en Belgique. C’est lors d’un congrès d’étudiants à Liège qu’il fait ses premières armes. Pour anticléricalisme et « injure au drapeau tricolore », il est alors radié de l’Université de Paris. En accord avec ses parents, il part poursuivre ses études en Grande-Bretagne où il obtient un diplôme de chirurgien. Lors de ce séjour à Londres, il rencontre Karl Marx.

J'avais alors 24 ans. De toute ma vie, je n'oublierai l'impression que fit sur moi cette première rencontre. Marx était souffrant et travaillait au premier volume du « Capital » qui ne parut que deux ans plus tard, en 1867. Il craignait de ne pouvoir mener son oeuvre à bonne fin et accueillait toujours les jeunes avec sympathie, car, disait-il, « il faut que je prépare ceux qui, après moi, continueront la propagande communiste ». (Paul Lafargue, Souvenirs personnels sur Karl Marx, 1890, Archive internet des marxistes)

Le jeune homme finit par se débarrasser de son proudhonisme. Il fait aussi la connaissance des filles de Karl Marx et Jenny von Westphalen, dont Laura qu’il épouse en 1867. Friedrich Engels est le témoin de Lafargue et aidera financièrement le couple jusqu’à sa mort. Celui-ci part s’installer à Paris. Paul Lafargue ne peut exercer la médecine, à cause de son diplôme étranger. Leur deuxième enfant meurt en bas âge.

La Commune de Paris
 
Laura Marx et Paul Lafargue militent dans l’AIT. Lors de la guerre de 1870, leur maison est réquisitionnée à Levallois. Le couple part à Bordeaux d’où il diffuse les circulaires de l’AIT rédigées par Marx, défend la Commune de Paris, milite pour l’étendre en province. Lors d’un voyage à Paris en avril 1871, Lafargue voit comment la classe ouvrière a constitué son propre gouvernement. Il défendra cette perspective toute sa vie :

La force brutale et compressive (armée, police, magistrature, système pénitentiaire, etc.) dont se servent les classes régnantes, croît à mesure qu´elles deviennent plus inutiles et que la classe opprimée grandit et accentue son antagonisme. La classe inférieure ne peut effectuer son émancipation qu’en détruisant la force intellectuelle et la force brutale de la classe régnante ; qu´en faisant précéder la lutte à main armée par une campagne théorique préparatoire. (Paul Lafargue, Le Matérialisme économique de Karl Marx, 1884, Archive internet des marxistes)

Poursuivis par la police française après la semaine sanglante et l’exécution de 20 000 communards, les Lafargue passent en Espagne. Leur troisième enfant meurt à l’âge de 6 mois. À Barcelone et à Madrid, Paul et Laura luttent contre la tendance anarchiste de l’Internationale.

L’écrasement de la Commune de Paris ouvre une période de réaction, de recul de la classe ouvrière européenne et sonne le glas de l’AIT. Les syndicalistes britanniques la quittent et l’affrontement entre le Conseil général et la fraction secrète de Bakounine s’intensifie.

Paul et Laura Lafargue participent, avec Marx et Engels, au dernier congrès de l’AIT à La Haye en septembre 1872. Les anarchistes dirigés par Bakounine et Guillaume sont exclus, l’AIT est mise en veille. En juillet 1872, les Lafargue perdent leur premier fils. En octobre 1872, Paul et Laura s’installent à Londres, comme nombre de communards.

« Le Droit à la paresse »
 
Paul et Laura entreprennent d’aider à la construction d’un parti révolutionnaire en France. Pour cela, Paul Lafargue multiplie brochures et articles. Il correspond avec ceux qui prennent contact avec Marx et Engels, comme Jules Guesde, un ancien bakouniniste, fondateur de l’hebdomadaire L’Égalité. Laura Marx traduit en français le Manifeste du Parti communiste. Le couple est aussi à l’origine d’une brochure qui connaitra un grand succès, Socialisme utopique et socialisme scientifique, qui reprend des extraits du copieux ouvrage d’Engels, L’Anti-Dühring.

En 1880, L’Égalité publie un texte de Lafargue, Le Droit à la paresse, réfutation du « droit au travail » de 1848. Condamnant toutes les idéologies des classes dominantes —religion, patriotisme, racisme…— Lafargue s’en prend particulièrement au culte du travail prôné pour les autres par la classe capitaliste, la seule à jouir de loisirs à l’époque. À l’exploitation capitaliste, Lafargue oppose la société communiste qui verra le prolétariat bénéficier de loisirs, avoir du temps pour paresser.

Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. (Paul Lafargue, Le Droit à la paresse, in Paresse et révolution, Tallandier, 2009, p. 51)

Plus loin, il rappelle que le « créateur » de la religion chrétienne ne travailla pas toute sa vie.

Jéhovah, le dieu barbu et rébarbatif, donna à ses adorateurs le suprême exemple de la paresse idéale ; après six jours de travail, il se reposa pour l'éternité. (Le Droit à la paresse, in Paresse et révolution, p. 54)

Comprenant que le profit est le seul but des capitalistes, il explique que le chômage et l’exploitation n’ont qu’un responsable : le capital.

Si les crises industrielles suivent les périodes de surtravail aussi fatalement que la nuit le jour, traînant après elles le chômage forcé et la misère sans issue, elles amènent aussi la banqueroute inexorable. Tant que le fabricant a du crédit, il lâche la bride à la rage du travail, il emprunte et emprunte encore pour fournir la matière première aux ouvriers. Il fait produire, sans réfléchir que le marché s'engorge et que, si ses marchandises n'arrivent pas à la vente, ses billets viendront à l'échéance. (Le Droit à la paresse, in Paresse et révolution, p. 67)

Dans sa conclusion, Lafargue invite les prolétaires à la révolte pour bâtir une société permettant l’épanouissement de tous et toutes.

Mais pour qu'il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse ; il faut qu'il retourne à ses instincts naturels, qu'il proclame les Droits de la paresse, mille et mille fois plus nobles et plus sacrés que les phtisiques Droits de l'homme, concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bourgeoise ; qu'il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit. (Le Droit à la paresse, in Paresse et révolution, p. 69-70)

Certes, l’ouvrage est inférieur aux textes de Marx sur la question, notamment L’Idéologie allemande (1845, un manuscrit alors inconnu), la Critique du programme de Gotha (1875), la 3e partie de l’Anti-Dühring (1877).

L’originalité du pamphlet conduisit rapidement à des traductions en plusieurs langues, dont le russe. En France même, il a été réédité à 27 reprises depuis 1880, dont 3 fois en 2009.  Y compris ceux qui vivent grassement du travail des autres le savent toujours d’actualité. La preuve, ils réclament que les producteurs le remisent sur une étagère et s’activent à suer la plus-value :

Paul Lafargue, dans son livre Le Droit à la paresse, recommande à l’homme de ne travailler que trois heures par jour…  Cessons d’opposer les riches et les pauvres comme si la société était irrémédiablement divisée en deux clans... La France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. (Christine Lagarde, Présentation du projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, 10 juillet 2007)

La fondation du Parti ouvrier (...)

L’implantation du Parti ouvrier (...)
 
Marx meurt en 1883. Une pléiade de cadres révolutionnaires s’efforce, à travers l’Europe, de construire des partis sur la base de sa théorie et mènent d’ardentes polémiques : Guesde et Lafargue en France, Liebknecht, Bebel, Kautsky et Bernstein en Allemagne, Adler en Autriche, Labriola et Ferri en Italie, Luxemburg et Marchlewski en Pologne, Plekhanov et Lénine en Russie, Pannekoek aux Pays-Bas…

Grâce à l’amnistie des communards en 1882, Lafargue peut revenir en France. Le Parti ouvrier s’implante dans plusieurs villes ouvrières. Malgré les efforts de Lafargue et de Guesde, il ne croît pas autant que son homologue allemand, le SPD. C’est qu’en France, le mouvement « socialiste » est éparpillé entre de multiples groupes et les syndicats se construisent largement en dehors de lui. Le PO ne tient qu’un congrès entre 1882 et 1890. Sa direction repose, de manière autoritaire parfois, sur les épaules de Guesde, rédacteur en chef et principal orateur du parti.

Le 14 juillet 1889, une conférence internationale se tient à Paris pour unifier les partis ouvriers d’Europe, notamment les deux grandes scissions françaises, marxistes et possibilistes. Ces derniers refusant cette initiative des sociaux-démocrates allemands, c’est avec le PO que se tient la conférence qui sera considérée plus tard comme celle de la fondation de l’IO (2e Internationale). Les motions adoptées pour la journée de 8 heures et la participation aux élections excluent les anarchistes qui s’étaient présentés à l’invitation. L’IO choisira la date du 1er mai comme journée mondiale du combat des travailleurs pour la journée de 8 heures, à partir de l’exemple des travailleurs américains.

Chaque ouvrier qui manifeste le 1er mai, a la conviction que les ouvriers du monde entier agissent et sentent comme lui. Il peut se trouver isolé en quelque coin du pays, il sait que la manifestation répond au célèbre mot d’ordre lancé par Marx et Engels :  « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » ; l’internationalisme imprime à la manifestation de mai un cachet particulier, presque mystique. (Paul Lafargue, La boucherie de Fourmies, 1891, Archive internet des marxistes)

Contre la participation à tout gouvernement bourgeois (...)

L’Internationale se divise aussi sur la question.

Avec l’entrée d’un socialiste dans le gouvernement, la domination de classe continuant à exister, le gouvernement bourgeois ne se transforme pas en un gouvernement socialiste, mais un socialiste se transforme en un ministre bourgeois… L’entrée des socialistes dans un gouvernement bourgeois n’est donc pas, comme on le croit, une conquête partielle de l’État bourgeois par les socialistes, mais une conquête partielle du parti socialiste par l’État bourgeois. (Rosa Luxemburg, Affaire Dreyfus et cas Millerand, 1899, in Le Socialisme en France, Belfond, 1971, p. 85)

Lors du congrès de Paris de l’IO, en 1900, Karl Kautsky fait adopter une motion de compromis qui condamne Millerand sans interdire toute participation à un gouvernement bourgeois.

Les déviations patriotiques du Parti ouvrier français

Malgré les conseils de Marx et d’Engels, Jules Guesde parle plus souvent de « collectivisme » que de « communisme ». Le PO ne fera guère connaître les textes de Marx sur les leçons des révolutions européennes de 1848, sur les leçons de la Commune de 1871. Il va progressivement se scléroser et subir la pression du nationalisme revanchard alimenté, comme l’avait prédit l’AIT, par la confiscation par l’empire allemand de l’Alsace et de la Lorraine en 1871. Il vacille devant la popularité du général Boulanger, il refuse de combattre pour la laïcité, il hésite à défendre Dreyfus, il néglige l’intervention dans les syndicats…

Comme le CRC blanquiste, le POF table sur le rôle mondial que la France aurait à jouer, au vu de son passé « révolutionnaire » de 1789. En juin 1893, il ajoute le terme « français » à son nom. Il prétend qu’il  « s’empare du mot de patrie comme on enlève un drapeau à l’ennemi » et explique que « voter Jules Guesde, c’est voter pour l’Alsace-Lorraine », une argumentation qui sera reprise par le PCF à partir de 1934.

Le PS-SFIO et le PCF ont toujours préféré Guesde à Lafargue. Par contre, Engels misait sur Laura Marx et Paul Lafargue pour corriger la déviation chauvine.

L’émancipation prolétarienne ne peut être qu’un fait international, si vous tâchez d’en faire un fait simplement français, vous la rendrez impossible…

La forme républicaine n'est plus que la simple négation de la monarchie et le bouleversement de la monarchie s'accomplira comme simple corollaire de la révolution ; en Allemagne, les partis bourgeois sont si achevés que nous devrons passer immédiatement de la monarchie à la république sociale. Vous ne pouvez donc plus opposer votre république bourgeoise aux monarchies comme une chose à laquelle les autres nations auraient à aspirer. (Friedrich Engels, Lettre à Paul Lafargue, 1893, in Le Parti de classe, Maspero, 1973, t. 4, p. 76)

En 1895, Engels meurt. Lafargue fait adopter au congrès de Mulhouse de 1898 une résolution :

Le nationalisme est un moyen de diviser et d’armer les uns contre les autres les travailleurs dont l’affranchissement est subordonné à leur union internationaliste.

L’intégration au PS-SFIO (...)

Lafargue est mort avant que, en 1914, Jaurès soit assassiné et que Guesde se rallie à la « guerre patriotique », avec le Parti socialiste SFIO et la CGT anarcho-syndicaliste. L’ancien adversaire de Millerand devient ministre.

Monsieur le ministre… Vous avez transformé le Parti socialiste en un chœur docile accompagnant les coryphées du brigandage capitaliste, à l’époque où la société bourgeoise dévoilait jusqu’au fond sa véritable nature. (Léon Trotsky, Lettre ouverte à Jules Guesde, 1916, in Le Mouvement communiste en France, Minuit, 1967, p. 45)

Honneur à Lafargue, honnête disciple de Marx et d’Engels !

Lafargue ne pensait pas qu’une guerre ravagerait l’Europe, mais il manifesta une certaine prescience de la possibilité de la transformation de la boucherie capitaliste en une révolution prolétarienne.

En effet, une guerre européenne enrôlerait sous les drapeaux tous les hommes valides : les ateliers se videraient, les moissons dans les campagnes pourriraient sur pied et la terre, non labourée et ensemencée, ne porterait pas de récoltes. Quand la guerre, victorieuse ou malheureuse, se serait terminée, la population des deux pays ennemis serait ruinée et sans pain : les ouvriers auraient les armes à la main. « Qui a des fusils a du pain ! » disait Blanqui. Une guerre européenne déchaînerait la révolution sociale dans le monde capitaliste. (Paul Lafargue, Idéalisme et matérialisme dans la conception de l’histoire, 1895, in Paresse et révolution, Tallandier, 2009, p. 237)

Seul un parti se révélera capable d’accomplir cette tâche en 1917, le Parti bolchevik, parce qu’il est né dans le cadre de l’Internationale, a participé à tous ses débats, s’est inspiré du SPD allemand pour combiner travail légal et illégal.

Sous la direction de Lénine, il avait su patiemment organiser l’avant-garde des travailleurs et des étudiants, en répondant à toutes les problèmes démocratiques (dont l’oppression des minorités nationales et religieuses), en participant à des élections, en luttant dans les syndicats les plus réactionnaires, en ne faisant jamais confiance à sa bourgeoisie, en ne cédant jamais au nationalisme russe, en préparant l’heure de l’insurrection.

Aux yeux des sociaux-démocrates russes, la personnalité de Lafargue aura réuni deux époques : celle où la jeunesse révolutionnaire de France se joignait aux ouvriers français pour monter à l’assaut d l’empire au nom des idées républicaines ; celle où le prolétariat français, guidé par les marxistes, a mené une lutte de classe énergique contre tout le régime bourgeois, se préparant à la lutte finale contre la bourgeoisie, pour le socialisme…

En Europe se multiplient de plus en plus les signes précurseurs de la fin de l'époque où dominait le parlementarisme bourgeois, soi-disant pacifique, époque qui cèdera la place à celle des combats révolutionnaires du prolétariat, organisé et éduqué dans l'esprit des idées du marxisme, qui renversera le pouvoir de la bourgeoisie et instaurera l'ordre communiste. (Lénine, Discours aux obsèques de Paul et Laura Lafargue, 1911, OEuvres, Progrès, 1968, t. 17, p. 308)


P'tit commentaire :

Bien, Paul Lafargue, reste une actualité, camarades, pas que pour son choix de destin avec Laura Marx, leurs choix furent personnels, cependant, les marxistes savent ce qu'ils doivent à Lafargue, mais bien, la lutte toujours, pour une autre société, le Socialisme, nous restons de cette lutte, avec Paul Lafargue et Laura Marx...

Salutations Révolutionnaires et Communistes,
W catharos
« Modifié: 25 avril 2011 à 23:42:41 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #2 le: 26 avril 2011 à 07:36:30 »
De plus sa critique de la retraite me parait tout à fait juste.
En fait en la lisant je trouve ça même limpide, je crois que tu voulais qu'on soit choqué Conan mais je en vois pas de quoi.
Fraternellement,

PASCAL C.

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #3 le: 26 avril 2011 à 20:37:07 »
Je crois que l'ami conan pense (comme bien d'autre) qu'être communiste ça veut dire fauché, vivant soi dans la misére, soi comme un radin car on ne peut pas dépenser l'argent que l'on gagne.

nous n'avons aucun probléme avec l'argent, le plus gros probléme c'est comment on le gagne et jusqu'a preuve du contraire, il n'a exploité personne. Les véritables communistes ne sont pas jaloux, il y a des camarades chomeurs et des médecins. Certain donne 10€ de cotisation quant ils peuvent et d'autre 200€ mais leur qualité de militant et de camarade ne se mesure pas à leur porte monnaie.

Sur ta citation, je ne connais pas le fond de l'affaire mais sur cette citation précise, ce que Lafargue dit est exacte. Il n'y est que des mensonge dans la loi de Jaures, ça je n'en sais rien!
Chez eux, la fraternité humaine n’est pas une phase mais une vérité, et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail. »

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #4 le: 27 avril 2011 à 04:53:21 »
Mouais ! Lafargue est oublié par ceux  qui écrivent que Guesde fut le seul député socialiste à voter contre le principe de la retraite ouvrière en 1910 . A l'époque , il n'ont pas pu compter sur La Riposte pour enterrer le projet de retraite ouvrière .

Pendant que Guesde et Lafargue se lançaient dans des comptes de quatre sous sans intérêt , Jaurès  a tout de suite compris que voter pour le principe de la retraite c'était poser la première pierre d'une grande conquête sociale à venir . Néanmoins , Jaurès fit un peu de calcul d'espérance de vie des ouvriers et ouvrières à l'âge de 18ans , c'est -à-dire de l'âge où ils commencent  en moyenne à cotiser. Guesde et Lafargue n'ont pas vraiment reconnu qu'ils avaient plombé la question retraite par la mortalité infantile en prenant l'espérance de vie à la naissance . Jaurès qui voyait souvent loin et juste , a su convaincre la quasi-totalité de ses camarades socialistes . Pas besoin d'expliquer pourquoi , une fois le principe acquis , il y eut des lenteurs de mise en route avant que çà prenne vraiment tournure en 45.

Et nous avons été des millions dans les récentes manifs pour défendre les retraites contre l'actuel pouvoir antisocial. Excusez du peu !

En réponse à Wilhelm C., pour être hérétique il faut croire à un dogme religieux et je ne me sens pas concerné par une telle croyance . Paul Lafargue qui avait certes des qualités fut sûrement confronté au racisme . C'est dommage qu'il ne se soit pas trouvé un vrai boulot à lui . Comme aide familial des Marx sous la protection financière d'Engels , il était dépendant et ce n'est pas bon. Son suicide est révélateur d'une souffrance qui n'était pas encore celle la décrépitude Mais je ne sais pas d' où tu tiens que Laura Marx aurait elle aussi décidé de se suicider. A ma connaissance , elle n'a pas fait part d'un tel projet.

Je suis tout-à-fait d'accord avec le pamphlet de Lafargue contre l'associé de Déroulède , c'est-à-dire Victor Hugo . Ce national-populiste qui savait flatter les misérables n'en était pas moins un ennemi politique de la classe ouvrière , uniquement soucieux d'accroître sa renommée et sa richesse personnelle . Et c'est dommage que Paul Lafargue ait servi au PO alias POF , les ambitions de Guesde , autre obsédé par l'idée de reconquête nationale de l'Alsace-Lorraine . Tu m'apprends que Guesde était initialement bakouniniste . Cà explique ses penchants nationalistes . En Bretagne nous avons deux variétés d'anarchistes à coûteaux tirés sur la question nationale , les Français de la Fédération Anarchiste très hostiles au régionalisme et les Bretons de la C.B.I.L. qui sont indépendantistes.

Faire la courte échelle à Guesde n'était vraiment pas judicieux de la part de Paul Lafargue . Quoique , à la réflexion , Guesde n'était quand même pas un infréquentable démagogue national-populiste  à la Mélenchon , si tu vois ce que je veux dire.



Question pognon , certains trouvent que les Lafargue avaient bien le droit de faire ce qu'il voulaient de leur quart de la fortune d'Engels en héritage . Les nombreux socialistes qui furent scandalisé par un tel usage grand bourgeois du pognon d'Engels avaient aussi le droit d'exprimer leur indignation. J'ai oublié de précisé que la photo ci-dessus est celle de la fameuse propriété des Lafargue à Draveil.

En réponse à l'ami Maiszeus , il n'est pas nécessaire d'être communiste pour être choqué que des privilégiés fassent de telles demeures leur lieu de vie privée pendant que d'autres sont à la rue comme SDF .

Ces belles propriétés font partie du patrimoine . On peut leur trouver plein d'usages publics , louer des pièces , des bureaux ...etc . L'appropriation privée par un couple , par contre , devrait être interdite . Cà modérerait les appétits de fric des exploiteurs qui amassent dans le but d'acquérir de tels lieux de vie privée . Personne n'a besoin de restreindre à l'usage familial privé tant de pièces dans un tel cadre

Désolé , mais c'est trop facile pour des héritiers de dire : "Nous on a exploité personne pour avoir çà" . D'ailleurs je ne crois pas qu'Engels aurait apprécié un tel usage de son pognon dont l'origine était bien l'exploitation de la misère ouvrière par ses ainés , même s'il s'en servait à d'autres fins.

Ce n'est pas une question de jalousie , mais d'aspiration à davantage d'égalité et de justice sociale . Et je ne suis pas jaloux , mais  tout le monde à besoin de crécher quelque part.

« Modifié: 27 avril 2011 à 06:21:02 par Conan »

Hors ligne Maximilien Robespierre

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #5 le: 27 avril 2011 à 12:53:46 »
Le projet de Jaurès proposait une "retraite par capitalisation" comme on dirait aujourd'hui, c'est à dire que les ouvriers cotisent durant leur vie active pour constituer une rente dont les bénéfices seraient versés une fois le salarié trop vieux pour travailler (65 ans de mémoire dans le projet de Jaurès). Lafargue et Guesde étaient contre le fait de faire payer les ouvriers pour leur propre retraite (et donc de réduire les salaires vu qu'il n'y avait pas vraiment de SMIC à l'époque).

Pour eux, le projet de Jaurès ne faisait pas avancer le socialisme d'un iota puisqu'il instituait une solidarité des salariés entre eux et ne coutait donc rien aux patrons, pourtant largement responsables de la dégradation physique des ouvriers travaillant pour eux. C'est pourquoi ils se sont opposés à ce projet en défendant comme alternative un système où les patrons contribueraient (en totalité ou partiellement) à la retraite des ouvriers.

Bref, en marxistes qu'ils étaient, ils cherchaient à dénoncer l'hypocrisie d'une loi qui prétendait donner des moyens nouveaux aux ouvriers alors qu'elle ne faisait que redistribuer le peu d'argent de la classe ouvrière entre ses membres sans ajouter un kopeck et sans rien coûter aux patrons. Que Guesde ait mal tourné par la suite est une chose, mais sur ce point, je lui donne plutôt raison avec Lafargue contre Jaurès.
"La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte". Maximilien Robespierre.

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #6 le: 27 avril 2011 à 17:28:35 »
Conan, il faut que tu arrête ton délire. que veut tu qu'il passe une maison (aussi belle soit elle) en patrimoine de la france alors que
1/ La loi sur le patrimoine en france est née en 1940 et ne concerne que les batiments délabré et laissé à l'abandon 5Or Lafargue c'est 50ans aprés
2/ qu'il y a multitude de chateau qui sont encore aujourd'hui des propriété privé alors une maison...
3/ Jusqu'a preuve du contraire lafargue n'avait pas: "l'appétits de fric des exploiteurs qui amassent dans le but d'acquérir de tels lieux de vie privée"

Ensuite sur l'Héritage Engel, usé par Lafargue, il me semble qu'il a laisser bien plus d'intérêt à la cause révolutionnaire (malgrés sa grande maison) que n'importe qui ici même...
Tu voulais qu'il en fasse quoi de son argent? Loger Lénine? il l'a fait! financer et fondé l'internationnal? il l'a fait. Fonder et financier une section marxiste en espagne? il l'a fait! Fondé et financer le parti ouvrier français? il l'a fait!
Ok il avait une plus grosse maison que toi mais c'est là le bien moindre des mal! Tu pense réussir à t'en remettre?

Tout le monde à besoin de se loger quelque par mais c'est plus tout le monde dans ce genre maison plutot que tout le monde en HLM. On préfére que tout le monde est plus plus ou tou le monde es rien
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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #7 le: 01 mai 2011 à 01:23:08 »


Tiens , en voilà une autre "maison" comme dit notre ami . C'est nettement moins spacieux que chez les Lafargue mais çà donne quand même satisfaction à de très grand bourgeois , ce genre de baraque . Faut de l'oseille ! Prolétaires passez votre chemin ! Vos salaires cumulés de toute une vie , ne sont qu'une paille à côté du prix de vente d'une telle ..."maison" .

Pour voter le principe de la retraite ouvrière heureusement que Jaurès sut convaincre l'ensemble des socialistes aux exceptions près . Lafargue et Guesde n'en voulaient pas , mais les ouvriers , eux , en rêvaient . Jaurès le savait bien .

A l'époque , la survie des vieux , c'était d'avoir des enfants qui veuillent bien les accepter chez eux et payer pour eux . Les boîtes n'en voulaient pas des vieux au boulot , aujourd'hui non plus . Plus beaucoup d'energie , trop expérimentés pour croire au père noël , pas adaptable aux nouvelles combines patronales . Monsieur Martin , ouvrier , avait gentillement accepté d'héberger sa belle maman à la demande de son épouse . Mais en son fort intérieur , il se disait : va-t-elle bientôt crever cette vieille vache qui me coûte les yeux d'la tête . Ailleurs , c'était l'épouse , qui s'efforçait de résister à la tentation de faire prendre un bouillon d'onze heures à son beau papa. C'était comme çà dans les milieux populaires , déjà pauvres sans compter la charge d'héberger et nourrir leurs anciens qui rêvaient d'une retraite pour être financièrement indépendants et libres.

Croissez et multipliez disait monsieur l'curé , en attendant que l'amer Michel recommande plus tard de faire des enfants sur une grande échelle , sans s ' casser la gueule bien sûr . Sans pillule et sans capote , les sans-culotte y parvenaient , mais il n'y avait pas beaucoup de câlins dans ces affaires là , avec les vieux su l ' dos.

Hélas  notre ami Maiszeus s'imagine que c'est moi qui délire et notre ami maximilien m'étonne par son opposition persistante à Jaurès et à la retraite des vieux.

L'homme de Carmaux de ce forum va-t-il laisser les guesdistes-lafarguistes résiduels , pourfendre Jaurès et brader nos futures retraites avec Sarko ?


« Modifié: 01 mai 2011 à 01:31:22 par Conan »

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #8 le: 01 mai 2011 à 02:27:21 »
E que vol dire, lo Conan ?

Et bien, à la question alambiquée posée, c'est probable...

En hors sujet, un p'tit point, et je repondrai sans doute pas à l'instant, à la problématique...  :D

De point de vu strictement anecdotique, tu sais Conan, Jaurès, était simple, lo nostre Janon, a Caramauç, quand il arrivait à Carmaux, il logeait, à côté de la gare, un hôtel bien modeste, et Jean Baptiste Calvaignac, le maire et mineur, et pas que lui, venaient le voir. On m'a souvent raconté d'ailleurs le truc, et ça c'est vrai, cet établissement appartenait à quelqu'un de ma famille, mon arrière grand père, montait des fois sur une table pour y chanter l'Internationale, ah, mais c'était un guesdiste, avant que Jaurès n'existe politiquement à Carmaux... Qui a eu droit, lo Pierryl, de son surnom au fond "lo crasudot", à une courte retraite de mineur de fond bien méritée...  :)

Tout cela pour dire qu'en fait, tu es bien malin Conan, pour te répondre, et bien, au grand malheur des carmausins, le grand Jaurès est mort bien avant que l'heure de la retraite sonne, sachant que pour les militants de cette espèce, il n'y a pas de retraites, il pouvait donc en parler...

Bien, la discution avançant, nul doute que je mettrai, des arguments plus sérieux et convaincants...  ;D

Fraternellement,
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« Modifié: 01 mai 2011 à 03:05:00 par W catharos »
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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #9 le: 01 mai 2011 à 08:51:32 »
Cher Conan,

je ne m'oppose évidemment pas au principe de la retraite ouvrière. Je te rappel que j'ai simplement relevé la pertinence des arguments opposés par Guesde et Lafargue dans leur opposition à une retraite par capitalisation.

Notre système de retraite actuel en France est un système par répartition, où les salariés actifs et les patrons payent des cotisations pour permette aux vieux travailleurs de vivre la fin de leur vie dans de bonnes conditions et dans la dignité. Il y a donc une part de redistribution des richesses dans ce système, même si pour ma part, sous le capitalisme, j'estime que la retraite devrait être entièrement à la charge des patrons vu qu'ils sont quand même en majeure partie responsable de la dégradation physique des salariés.

Je te propose de lire l'argumentation de Guesde devant la Chambre des députés en 1910 ici.

Je n'en citerais qu'un bref passage ici : "Accepter que ce soit à des retenues sur les salaires que soit demandé le moyen de parer aux maladies et à la vieillesse ouvrière, ne saurait être admis par un socialiste. Le salaire suffit à peine aux besoins de chaque jour du salarié et contraindre ce dernier, pour ne pas manquer de tout à un âge qu'il n'est rien moins que sûr d'atteindre, à se priver sa vie active durant et à priver les siens du strict nécessaire, ce n'est pas améliorer sa condition, mais l'aggraver."

Au plaisir de te lire.
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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #10 le: 01 mai 2011 à 19:58:07 »
Merci pour ce super résumé de la situation de la classe prolétariat à l'époque de Lafargue, sauf que Lafargue n'était pas un prolétaire, ni marx et encore moins Engels et si Marx avait été aussi haineux que toi envers les gens qui ont de l'argent alors il n'aurait pas aimé autant Engels et surtout il n'aura pas écrit les 3/4 de ce qu'il a écrit.

Le fric, c'est bien là le dernier des critéres sur lequel nous nous basons, nous ne sommes ni jaloux, ni envieux. L'important c'est comment il l'ont (par un héritage, en travaillant cadre sup', médecin, avocat ou en exploitant des ouvriers) et surtout l'important ce sont leur idées et comment il les réalise.


je suis facteur dans une banlieux riche de Paris (genre réserve de chasse occupé 4fois dans l'année pour parisien huppé) et j'ai aussi travailler à Bordeaux je peux te dire que ceci est une maison par rapport à ce que je croise tous les jours. mais à la limite peu importe.

Le manifeste du parti communiste c'est peut être diffusé à 50 millions d'exemplaire depuis son écriture. sur 10fr vendu admétons que les héritié en touchais 1fr, je te laisse faire le calcule... Tu veux qu'il en fasse quoi de tous cette argent? donné à X association révolutionnaire? il le font déjà! alors ce payer une belle maison ne me semble pas déraisonnable.

Si demain le communisme arrive au pouvoir, il y aura toujours de belle maison...
Le communisme ce n'est pas l'identité mais l'Egalité. Les deux n'ont rien à voir
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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #11 le: 02 mai 2011 à 14:46:43 »
Mais oui , Wilhelm C. , çà a trainé la retraite , en dépit du principe de la retraite ouvrière que Jaurès fit voter en 1910 . Je n'ose penser au fiasco politique de la gauche et aux longues prolongations qu'il aurait fallu pour changer cela ensuite , si Guesde et Lafargue étaient parvenus à faire voter contre le principe de la retraite ouvrière en 1910.

Cher Maximilien

Tu dis  que tu ne t'opposes évidemment pas au principe de la retraite ouvrière , mais c'était précisément l'adoption de ce principe qui fut votée en 1910 et à laquelle s'opposèrent Guesde et Lafargue . J'en suis désolé pour toi , mais le rejet du principe de la retaite ouvrière par Guesde et Lafargue , que Guesde qualifia de refus de la retraite des morts , ne se fondait pas sur des arguments pertinents.

Le qualificatif de retraite des morts résultait du choix inapproprié de l'espérance de vie à la naissance dans le chiffrage de Guesde et Lafargue . C'était déjà nier l'évidence qu'en dépit de très dures conditions de travail certains ouvriers étaient encore vivants après 65 ans .
En raison du chiffrage inadapté de Guesde et Lafargue utilisant la mortalité infantile ( massive à l'époque ) pour plomber la question retraite , Jaurès fut obligé de corriger en prenant l'espérance de vie des ouvriers à partir de 18 ans , c'est-à-dire à partir de l'âge moyen où pourrait commencer leurs cotisations pour une future retraite . Et avec ce chiffrage adapté , Jaurès montra par des chiffres qu'il restait des ouvriers survivants à 65 ans , en proportion plus ou moins grande , selon les professions.

Mais Jaurès qui était instruit et intelligent ne voulait pas baser le choix sur des chiffres temporaires , parce qu'il s'avait bien que l'espérance de vie était en progression rapide et qu'il n'y avait pas de raison que çà s'arrête avant longtemps , en dépit du grand coup de frein temporaire et à venir de la boucherie de 14-18 .

L'intervention de Lafargue contre la retraite par capitalisation , aurait été intéressante , Maximilien , si la question clé du débat avait été le mode de financement de la retraite , une fois le principe d'une retraite ouvrière acquis . Mais tel n'était pas le cas et , hélas , l'argumentation de Lafargue n' avait pour but que de s'opposer au principe de la retraite ouvrière.

Et c'est bien parce que le vote  du principe de la retraite ouvrière était la condition sine qua non , le préalable n°1 de cette grande conquête sociale à venir , qu'il était déplacé de braquer le patronat contre le principe des retraite par des condidérations de nature à l'effaroucher sur leur mode de financement ultérieur .

Récemment , nous avons beaucoup manifesté pour défendre les retraites telles qu'elles sont ou étaient . En 1910 , c'était tout différent . La plupart des ouvriers n'avaient pas de retraite à espérer pour leurs vieux jours et il s'agissait seulement de voter pour ou contre l'adoption du principe de la retraite ouvrière . Nous qui connaissons les développements ultérieurs de ce projet et l'attachement des salariés à leur future retraite , ne pouvons qu'être affligés par l'égarement de Guesde et Lafargue qui tentèrent d'enterrer ce projet dans l'oeuf , simplement parce qu' ils n'admettaient pas que les ouvriers participent à son financement.

A notre facteur d'un quartier de milliardaires , je vais demander de ne pas me prêter comme il le fait une soit-disant haine des proprios d'hôtels particuliers que je n'ai pas .

Ce n'est pas par haine des riches que je suis pour l'augmentation de  l'impôt sur la fortune et contre l'infâme bouclier fiscal sarkozyste , mais par aspiration à davantage de justice sociale .

Je n'ai rien contre les belles demeures , rien non plus contre les gens qui bossent pour restaurer de vieux châteaux . En général , ils y trouvent des fonds en louant des pièces , des salles de réunions , etc... Par contre , je ne trouve pas convenable que la famille Tartempion s'approprie pour elle toute seule un bel hôtel particulier avec plein de  pièces inutilisées . Personnellement , j'aime bien les parcs qu'on trouve parfois en ville autour de ces somptueuses demeures , quand ils sont ouverts au public .

Actuellement et c'est inadmissible ,  les nababs qui se réservent pour eux et leur petite famille de tels cadres privés enchanteurs  , sont rois . Avec le chèque emploi service , ils ont les domestiques à moitié prix pour les servir et entretenir leur belle et vaste propriété . C'est pratique et économique comme formule . Pas besoin d'embaucher les domestiques pas chers dont ils peuvent changer à volonté . Pôle emploi leur en fournit à profusion pour une bouchée d'pain. Rien n'empêche d'ailleurs pour les rupins , de faire faire des heures sup sans les payer , aux domestiques qui aimeraient rester bosser chez eux un peu plus longtemps que d'autres.

Nous ne donnons pas le même sens au mot Egalité , mon cher Maiszeus . Je ne suis nullement partisan de l'uniformité . Et parce que je tiens aussi à une certaine équité , je ne suis pas adepte d'un égalitarisme radical , mais néanmoins toujours de bien davantage d'Egalité sur cette planète . A mon sens , que des nababs s'approprient des hôtels particuliers pendant que les SDF sont à la rue , est caractéristique des inégalités inadmissibles . De surcroît c'est aussi une inadmissible atteinte aux droits humains élémentaires , que de laisser les miséreux crever de froid dans la rue , l'hiver.
« Modifié: 02 mai 2011 à 15:06:09 par Conan »

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #12 le: 03 mai 2011 à 11:10:49 »
Bonjour camarades,

Conan, Je remarque que tu place toute cette discussion dans une perspective réformiste ou les ouvriers mendieraient l'amélioration de leur sort à leurs exploiteurs.

Je te cite:
"Et c'est bien parce que le vote  du principe de la retraite ouvrière était la condition sine qua non , le préalable n°1 de cette grande conquête sociale à venir , qu'il était déplacé de braquer le patronat contre le principe des retraite par des condidérations de nature à l'effaroucher sur leur mode de financement ultérieur ."

Depuis quand le rôle du marxisme et des partis ouvriers est-il d’éviter de braquer le patronat?
Notre rôle est d'exposer la nature et le fonctionnement de leur exploitation et de leur dictature puis de les renverser pour établir le socialisme!

Cela ne signifie pas que les marxistes s'opposent aux réformes quand elles sont possibles mais doivent tout faire pour les placer dans une perspective révolutionnaire. Ils doivent aussi les utiliser pour développer chez les exploités la conscience de la nécessité de la révolution (sur ce sujet, je te conseille de lire "Réformes sociales ou révolution" de Rosa Luxemburg, un très bon livre et une grande militante marxiste - même si ses positions sur la question nationale ne te plaisent pas).

En l’occurrence, dans ce cas précis du projet Jaurès sur les retraites, les arguments exposés par Lafargue et Guesde, puis rappelés par Maximilien, me paraissent plus que recevables.
Ton long argumentaire sur les chiffres de l’espérance de vie ouvrière en 1910, s'achève par cette conclusion mémorable: "il restait des ouvriers survivants à 65 ans". Cette simple phrase me parait suffisante à expliquer pourquoi un tel projet ne pouvait être qu'une absurde escroquerie. Cela revenait à faire payer les ouvriers toute leur vie pour une retraite que seule une "proportion plus ou moins grande, selon leurs professions" (quelle merveilleux euphémisme tu nous a offert là!) pouvait espérer atteindre en vie.

Jules
"L'ennemi principal est dans notre pays!"
Karl Liebknecht, 1915

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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #13 le: 07 mai 2011 à 01:31:54 »
Contrairement à ce qu'on me renvoie , je n'ai nullement réduit l'attitude de Trotsky envers Lénine à ce qu'il a écrit en 1904. Ce qui n'est ni juste ni honnête c'est de m'accuser de n'être ni juste ni honnête parce que je me suis permis de rappeler qu'en 1904 ,  Trotsky qualifiait Lénine de dictateur.

Je ne prend nullement de Trotsky que ce qui me convient . Cà , c'est ce que font les adeptes du Trotsky bolchevick qui nous ont laissé pendant près d'un siècle dans l'ignorance de "nos tâches politiques " écrit par Trotsky en 1904, avant que Marcelle Bergeron entreprenne sa traduction . Merci Marcelle !


Ah oui , Jules ! Je me doutais bien que tu allais venir en renfort de Guesde et Lafargue dans leur combat obsolète contre la retraite ouvrière.
Pourquoi remettre sur le tapis l'opposition  stupide et anti-marxiste de Rosa au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes . Ce n'est pas le sujet et il n'y a pas que moi à qui çà ne plaît pas . Je me souviens d'un congrès de l' Internationale à Paris où elle se fit sonner les cloches à ce sujet par Friedrich Engels en personne .
Ta vision de Jaurès en mendiant n'est ni la mienne ni celle du monde ouvrier attaché au souvenir de sa grande figure . Et je ne vois aucune bonne raison de proscrire la réflexion , l'intelligence et la tactique  dont Jaurès fit souvent preuve à bon escient.


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Re : Paul Lafargue sur sa fin
« Réponse #14 le: 08 mai 2011 à 08:33:44 »
Moi aussi je suis d'avi de taxer ceux qui posséde beaucoup.
De toute façon, dans le communisme, ce n'est même pas une histoire de taxe ou non puisque les belles demeures seront propriété commune.
Sauf que nous sommes dans un etat capitalisme, que chaque communiste peut arriver à cumuller énormément d'argent et qu'a ce titre il est surment plus saint qu'ils vivent dans un chateau que comme un prolo car il ne veut pas dépenser d'argent de honte de l'avoir gagné.
Il me semble que Lafargue à donner plus qu'à son tour pour la révolution et pour le communiste...
Chez eux, la fraternité humaine n’est pas une phase mais une vérité, et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail. »