Chers camarades,D'Annette Wieviorka. Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez...

J'ai lu cette biographie du couple Thorez, je ne suis pas totalement d'accord avec l'analyse ci - dessous, mais ce bouquin nous apprend beaucoup, sur l'évolution des cadres du Parti, années 20 et 30, de cette période, où dans des sources renouvelées, l'auteur nous met au centre de ce qu'a été la vie du PCF, et de ses dirigeants principaux...
Pour Maurice, du soutien à Souvarine, aux soutiens inconditionnels, des méandres de l'URSS de Staline, pour et avec Jeannette, la "révoltée", la militante, et ses positions aussi, si peu féministes, toujours, dans le Parti, pour la Classe ouvrière, une politique adaptée à une période, ou plutôt à plusieurs périodes, avec un seul fil rouge : défense de l'Union Soviétique...
Maurice et jeannette cela reste L'alliance, entre le mineur et la tisserande...
Du temps du Parti que l'on appelait à l'époque, "le parti de Maurice"...
En fait, en politique rien n'est simple ou schématique, c'est la vraie vie, faite de souffrances, de croyances, de défaites et succés...
On croyait tout savoir sur Maurice et Jeannette, mais bon, je me suis aperçu de certains manques, sans être d'accord avec leur défense acharnée de l'URSS Stalinienne, moi qui ai toujours défendu l'héritage de la Révolution d'Octobre et
"in fine", de la défense de l'Etat Ouvrier soviétique, cela pourrait être, au dela de ces deux vies de militants, une mémoire, dans une époque ou le mouvement communiste avait des certitudes, des rêves, et un monde à gagner, la défense de l'Union Soviétique, une histoire de notre contre - société, cela a donné, un sens à ces deux vies et à tant d'autres...
Il va sans dire que cette biographie, a le mérite ainsi, d'exister...
Maurice et Jeannette : l'histoire du couple totémique du Parti communiste Alain Duhamel du "point" On imagine difficilement en 2010 ce que fut la puissance du Parti communiste à son apogée. On a plus de peine encore à concevoir la place et la popularité du couple totémique qui l'incarnait aux yeux d'un quart des Français : Maurice Thorez et Jeannette Vermeersch. Leur histoire se confond pendant trois grosses décennies avec celle du PC. Annette Wieviorka leur consacre aujourd'hui une grande biographie admirablement informée, constamment vivante, alternant avec naturel anecdotes, précisions et réflexions. Si elle est moins novatrice que ne le fut le fameux livre de Philippe Robrieux « Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique » (Fayard, 1975), elle est plus équitable et plus complète, ne serait-ce qu'en raison des archives nombreuses qui se sont ouvertes entre-temps. Surtout, il ne s'y mêle ni ressentiment personnel ni volonté de transgression. La réalité se suffit largement à elle-même, tant ce couple mythique occupe dans l'histoire de son parti un espace qui n'a d'équivalent dans aucune autre formation politique, à aucun moment.
Rarement d'ailleurs mythologie et biographie coïncident à ce point. Maurice et Jeannette sont nés tous les deux avant la Première Guerre mondiale, à dix ans d'intervalle, au coeur du prolétariat du Nord-Pas-de-Calais, lui dans une famille de mineurs, elle dans le foyer d'une tisserande. Il est excellent élève, elle fait des ménages à 10 ans. Ils symbolisent la classe ouvrière de l'époque. Lui devient très jeune un révolutionnaire professionnel, elle ne cessera toute sa vie d'être d'abord une révoltée. Il est un leader-né, avec charisme, éloquence, passion d'apprendre mais aussi opportunisme, autoritarisme et suivisme méthodique vis-à-vis de l'URSS, donc de Staline. Elle jouera un rôle moins marquant mais dirigera avec intransigeance l'action des femmes communistes et participera à la direction du Parti, plus intelligente que sa réputation mais tout aussi sectaire que son image.
Ce qui frappe dans cette biographie double, c'est le mélange de romanesque militant et de cynisme politique : d'un côté, les grèves, la prison (pour lui), la clandestinité, la désertion de 1939, l'exil russe pendant la guerre, le gouvernement à la Libération (ministre d'Etat du Général), les ruptures violentes de la guerre froide, la maladie, la convalescence espionnée en URSS, le culte de sa personnalité, la mort sur un navire entre ses deux patries, la France et l'Union soviétique. Pour elle, la rébellion éternelle, la haine de la bourgeoisie, la rencontre avec lui dans l'hôtel symbolique du Gotha communiste, le Lux à Moscou, les amours, les séparations subies, la famille éclatée, la passion politique éternelle du couple, le pouvoir et l'obéissance pour lui, la fidélité et l'intégrisme pour elle.