Auteur Sujet: Louise Michel la rebelle !  (Lu 828 fois)

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Louise Michel la rebelle !
« le: 25 février 2010 à 12:20:22 »
Chers camarades,

Trouvé dans l'Histoire n°351 page 35

"Louise Michel est une femme de conviction. Institutrice, ami de Victor Hugo, elle s'engage aux côtés de la Commune comme ambulancière puis comme combattante durant la Semaine Sanglante. C'est d'ailleurs parce qu'elle a porté les armes contre les troupes de Versailles qu'elle est condamnée à la déportation en Nouvelle Calédonie en 1873.

Dans ce téléfilm, Solveig Anspach raconte les sept années que la "vierge rouge" passe à l'autre bout du monde en compagnie de milliers de communards, jusqu'à l'amnistie décretée en 1880.

Vêtue de noir, les cheuveux filasse, les traits creusés mais le regard volontaire et le port digne, Sylvie Testud campe une Louise Michel qui n'a rien perdue de sa fouge, de son courage. Une Louise Michel qui se lie d'amitiés avec les kanaks, qui soutient ceux qui baissent les bras, qui agace aussi parfois par la foi qu'elle conserve dans la lutte révolutionnaire. Malgrè l'éloignement, les difficultés ou l'emprisonnement, Louise Michel reste une rebelle pétries de conviction. Obstinément."

S. Anspach, Louise Michel, La Rebelle
Début mars sur France 3

signé O.T.

« Modifié: 27 mai 2010 à 19:44:09 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
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Re : Louise Michel la rebelle !
« Réponse #1 le: 02 mars 2010 à 08:50:03 »
Chers camarades,

Je cherche une bibliographie de et concernant Louise Michel, si un ou une camarade a des livres a m'indiquer je suis preneur... ::)

Louise Michel en 1871, pendant la Commune.
« Modifié: 06 mars 2010 à 18:44:00 par W catharos »
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Re : Louise Michel la rebelle !
« Réponse #2 le: 02 mars 2010 à 13:01:27 »
Cher camarades

Dès le début du film, nous sommes le 16 décembre 1871. Ce jour-là, Louise Michel passait en procès pour sa participation à la Commune de Paris (18 mars/28 mai 1871). Les versaillais n'en avait pas assez, avec les tueries de la Semaine sanglante qui avaient exécutés le prolétariat montant « à l’assaut du ciel ».

Louise Michel : « J'appartiens tout entière à la révolution sociale, et je déclare accepter la responsabilité de mes actes, cria Louise Michel.»

Alors, elle fut condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie.

De son exil, Louise écrivait beaucoup.

À Victor Hugo. À Georges Clémenceau qui milita pour l’amnistie des Communards... avant de devenir ministre de l’Intérieur, le  Tigre qui réprima dans le sang la révolte du midi, des vignerons en 1907.

Après l’amnistie générale de juillet 1880, la colère de Louise Michel ne cessa d'être en résistance.

« J’ai l’impression que la Commune, au sens large, et Louise Michel en particulier, résonnent très fort aujourd’hui, dit Solveig Anspach. Elle dit des choses qui font écho à ce que vivent aujourd’hui les gens au quotidien, pas seulement les femmes, mais les gens dans la misère, les ouvriers, les travailleurs ou les sans-papiers. »

"Louise Michel la rebelle, un film de Solveig Anspach avec Sylvie Testud, d’après un scénario original de Jacques Kirsner et Michel Ragon.
Durée 1h30. Diffusion le samedi 6 mars, à 20h35, sur France 3.

Alors chers camarades : à vos magnétoscopes...
et on a envi de gueuler, Vive la Commune de Paris !
« Modifié: 06 mars 2010 à 20:35:07 par W catharos »
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Re : Louise Michel la rebelle !
« Réponse #3 le: 02 mars 2010 à 13:07:48 »
Alors la question se pose...

La Commune de Paris aurore ou crépuscule du mouvement ouvrier français ?
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Re : Louise Michel la rebelle !
« Réponse #4 le: 27 mai 2010 à 19:40:13 »
Chers camarades,

La Commune de Paris de 1871 : "Aurore ou Crépuscule" ?

Certes, par sa volonté d'émancipation, la Commune de Paris fut une leçon, pour la première fois sous le drapeau Rouge, le Prolétariat fut à l'initiative et avait pris le pouvoir, et pas laissé à des politiciens bourgeois, mais par sa nature le prolétariat parisien fait d'artisans était d'une autre époque, un archaïsme du mouvement ouvrier, aussi dans ses idées, alors que Marx en France était inconnu par ses oeuvres et ses perspectives... Les néo - jacobins régnaient et les sectataires de la Commune de 1792, n'ont pas su vaincre...

"Il aurait fallu attaquer Versailles, alors qu'elle était encore faible", dès le début, aurait dit Marx, mais non, la Commune a légiféré, voté, séparé l'Eglise et l'Etat, bien avant 1905, établit des écoles pour les travailleurs, cela était bien beau, mais à l'ombre de la colonne Vendôme écroulée, la Commune avait oublié son plus cruel ennemi, Thiers et son armée, la bourgeoisie, cette satanée République du tricolore que je hais, aidée par les prussiens, qui dans une énergie de fer a fait dans la martyrologie prolétarienne, un livre de sang...

Mais pour montrer le courage de la Commune et de la "canaille" dont je suis, je voulais juste placer dans le Forum, cet article instructif... Des combats héroïques de la "Semaine Sanglante", "Vive la Commune" !

"On l'a tué à coup de Chassepot, à coup de mitrailleuses et roulée avec son drapeau dans la terre argileuse, tout ça n'empêche pas Nicolas, que la Commune n'est pas MORTE !"...

La Commune de Paris, La semaine sanglante. L'anniversaire d'un crime de masse oublié...  
 
Paru dans l'Humanité le 26/05/2010

La semaine sanglante. L’anniversaire d’un crime de masse oublié, JEAN-LOUIS ROBERT, historien

Du 21 au 28 mai 1871, les troupes du gouvernement Thiers, installé à Versailles, occupé par l’armée prussienne, lancent l’assaut fi nal contre la Commune libre de Paris. Jean-Louis Robert, président des Amis de la Commune, évoque la mémoire d’un crime resté impuni

Le 21 mai 1871 dans l’aprèsmidi, les troupes de Versailles pénètrent dans Paris par un point faible de la défense communarde. Dans la nuit et dans la journée du 22 mai, sans rencontrer de résistance notable, les versaillais occupent l’essentiel des arrondissements de l’ouest. Or, dès ce premier jour de la Semaine sanglante, l’armée se met à multiplier les fusillades. Au cimetière d’Auteuil, des dizaines de cadavres sont couchés les uns sur les autres ; dans un jardin de la Muette, trente cadavres de fusillés. À Vaugirard, deux garçons de l’abattoir de Grenelle, sans armes et portant un pantalon de la garde nationale, sont exécutés. Dans une cave de la rue de Naples, huit fédérés qui n’ont pas voulu se rendre sont fusillés. On fusille aussi les habitants d’une maison de la rue de Prônai parce qu’un officier versaillais soupçonne qu’un coup de feu en est parti. Ce lundi 22 mai au soir, des prisonniers sont dirigés vers le parc Monceau et vers l’École militaire où se constituent les premières cours martiales et s’opèrent les premières sélections. Un témoin constate déjà « de larges plaques de sang sur le terrain du chemin couvert » du bois de Boulogne.

Ainsi, au matin du 23 mai, alors que les fédérés n’ont encore opposé aucune résistance sérieuse, alors qu’aucun incendie n’a été allumé et qu’aucun otage n’a été exécuté, le massacre a déjà largement commencé (mille exécutions peut-être en ces deux premiers jours). C’est bien la preuve que le massacre de vingt mille communards pendant la Semaine sanglante ne tient nullement aux circonstances du combat. Peut-être l’ampleur en a-telle été accentuée, mais les conditions d’un crime de masse sont bien définies avant même la Semaine sanglante. On peut en distinguer trois causes principales :

– La volonté du parti de l’ordre de faire un exemple impitoyable. Le télégramme de Thiers aux préfets à la fin de mai le montre bien : « Le sol est jonché de leurs cadavres ; ce spectacle affreux leur servira de leçon. » Ah, la compassion de Thiers qui, certes, n’a jamais donné d’ordres, mais savait toute la vérité et soutenait pleinement l’action des généraux !

– L’attitude de la haute hiérarchie militaire, entièrement formée à l’école bonapartiste. Les généraux appliquent l’instruction impériale de juin 1858, qui prévoyait de « fusiller sur place tout homme pris les armes à la main » en cas d’insurrection. Mais ils l’appliquent en l’élargissant à tous ceux qui auraient porté des armes (on exécute dans les ambulances les blessés, on exécute ceux qui se rendent, ceux qui ont des traces de poudre sur les mains) et à tous ceux qui auraient été complices d’une façon ou d’une autre de la garde nationale (infirmières ou médecins, pompiers…). Il y a aussi le plaisir évident de l’arbitraire chez certains officiers.

– La propagande abominable des versaillais contre les communards, qui sont représentés comme des monstres, des canailles, des bêtes… qu’il convient d’éliminer de la société. Ce conditionnement explique, plus que la dureté des combats, les fusillades spontanées lors de la prise des barricades, les assassinats isolés ou les meurtres de prisonniers qui vont en convoi de Paris à Versailles. Comme dans tout crime de masse, une mécanique moderne (la mitrailleuse), outil de la tuerie dans les grands abattoirs, coexiste avec les assassinats au coin d’une rue. Comme dans tout crime de masse, le silence domine. D’autant que les assassins sont les vainqueurs. Dans les « tribunaux » militaires, on ne dit jamais « à mort », mais « à gauche » ou « allez ». Le déni du massacre est total et les officiers « juges » se gardent bien d’établir des listes de noms et de vérifier les états civils. Ainsi ne connaît-on pas encore les vingt mille noms qui permettraient de dresser le mémorial de la Commune. Si les crimes de masse cessent après la Semaine sanglante, la phase qui s’ensuit est aussi terrible. Quarante mille prisonniers attendent, dans des conditions dramatiques, leur jugement. On connaît la suite : des cours martiales vont condamner à mort, aux travaux forcés, à la prison, à la déportation, au bannissement, plus de douze mille personnes. On ne saurait reconnaître aucune légitimité aux décisions de ces cours martiales. Et l’amnistie n’a pas annulé les condamnations. C’est pourquoi les Amis de la Commune vont engager l’an prochain, à l’occasion du 140e anniversaire de la Commune, une grande campagne pour la reconnaissance du crime de masse qu’a été le massacre des communards pendant la Semaine sanglante et pour la révision, fût-elle symbolique, des condamnations prononcées hors de tout état de droit par les cours militaires pendant les mois qui suivirent.

Il est temps, plus que temps !
 
« Modifié: 27 mai 2010 à 22:25:03 par W catharos »
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