Salut camarades,
Serge Trotsky, le deuxième fils de Léon Trotsky, soit de son nom, Sergueï Sedov, surnommé
Serioja, était le plus jeune fils de Léon Trotski, né de sa seconde compagne, Natalia Sedova.
Un contretype d'un portrait de Serge Trotsky fils resté en Russie, portant aussi une annotation de Natalia SedovaCet ingénieur brillant a été comme des millions de soviétiques plus ou moins affiliés politiquement ou même par simple filiation ou amitiés à des militants ou sympathisants des milieux oppositionnels, liquidés au cours des purges staliniennes en 1937, plus encore appartenant à la famille de Léon Trotsky, totalemenent anéantie.
Les dernières informations directes reçues concernant
Serioja avait été donné au printemps 1936 par Victor Serge, de son retour difficile d'URSS, à Léon Trotsky qui ne sut jamais le destin concret de son fils, seule Natalia Sedova, d'après Pierre Broué, après la guerre, avait pu échanger des informations avec des anciens déportés de Vorkouta, dont il a été extrait en 1938, pour être conduit à Moscou et fusillé.
C'était finalement le 1er juin 1936 que L. D donne la clef :
"Il y a trois jours, nous avons reçu une lettre de notre fils : Serioja a été arrêté, il est en prison, ce n'est plus une hypothèse, c'est maintenant à peu près certain, et c'est communiqué directement de Moscou... Il a été arrêté vraisemblablement, environ au moment où la correspondance s'est interrompue, c'est à dire à la fin décembre ou au début janvier... " D'ailleurs Natalia Sedova avait envoyé le même jour à la presse mondiale, "Une lettre sur mon fils"...
et L. D ajoutait :
"Tout se passe comme si nous l'avions offert en sacrifice. Et c'est cela..."Ce livre donc de l'historien Jean - Jacques Marie, cette biographie, retrace les derniers mois de la vie de Sergeï Sedov, il sera fusillé le 29 octobre 1937, nul doute qu'au delà d'un destin particulier, dans les affres et horreurs du stalinisme, la mort du fils cadet de Léon Trotsky sous les balles du NKVD, cela ressemble à beaucoup d'autres victimes disparues et innocentes, à réhabiliter, et ne pas oublier.
Le Fils oublié de Trotsky de Jean-Jacques Marie
Date de parution 12/01/2012
présentation des éditions Seuil...
Biographies-Témoignages
http://www.seuil.com/livre-9782021038194.htm192 pages - 17 € TTC
Trotsky eut deux fils. Les biographes connaissent l’histoire tragique de l’aîné, Léon Sedov, militant actif de la IVe Internationale, qui suivit son père dès le début de son exil, en 1929. Il fut assassiné par le NKVD en 1938 dans une clinique parisienne. Mais on ignorait le destin de Serge Sedov, le cadet, présenté par ses proches comme « apolitique », et resté en URSS malgré le départ forcé de son père et la traque lancée contre lui.
Comme le révèle ce livre, ce supposé apolitisme a permis de masquer longtemps la vérité. Car Serge Sedov, s’il préférait le football aux arcanes du parti bolchevik, fut bel et bien victime d’une machination de la police politique de Staline. Accusé d’avoir « empoisonné des ouvriers » et organisé des sabotages, il refusera d’endosser ces charges extravagantes et d’avouer la moindre culpabilité. Il échappera donc au procès public, au cours duquel les staliniens souhaitaient voir son nom traîné dans la boue, mais pas au jugement ni à la sentence : il sera fusillé le 29 octobre 1937. Il priva ainsi Staline d’une part de sa vengeance, mais Trotsky, lui, n’en sut jamais rien.
Grâce à des archives inédites, ce livre reconstitue pour la première fois les derniers mois d’une victime des grandes purges de la fin des années 1930, une victime tombée dans l’oubli, dont le seul crime fut d’avoir été le fils de son père.
De sa biographie de Staline (Seuil, 1967) jusqu’à son tout récent Lénine ou la révolution permanente (Payot, 2011), Jean-Jacques Marie est l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire de l’URSS