Auteur Sujet: La grande conspiration  (Lu 3987 fois)

Hors ligne Abdallah

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La grande conspiration
« le: 14 août 2009 à 14:40:52 »
Chers camarades,

alors que je discutais fraternellement sur un forum où les insultes, mensonges, calomnies, déformations de mots d'ordre d'adversaires pleuvent, voici qu'un des intervenants m' a donné la référence d'un bouquin, en réponse à mes citations de Marx, Engels et Lénine qu'il jugeait trop "hors contexte" : La guerre secrète contre la Russie soviétique LA GRANDE CONSPIRATION de Michel SAYERS et Albert E. KAHN.

Je ne sais pas si certains camarades connaissent cet ouvrage mais il circule sur certains sites pour salir et apporter du crédit à la thèse du complot trotskyste contre la Russie soviétique.

Je ne peux m'empêcher de vous citer l'avant propos et les notes bibliographiques, qui valent leur pesant d'or !

Dans la préparation de cet ouvrage, les auteurs ont copieusement utilisé les documents officiels du
Département d'Etat des États-Unis, les débats et les rapports de diverses Commissions du Congrès des
Etats-Unis, les documents officiels publiés par le Gouvernement de Grande-Bretagne, et les comptes
rendus in extenso, publiés par le Gouvernement soviétique, des débats des procès d'espionnage, de
sabotage et de haute-trahison qui ont eu lieu en U.R.S.S. depuis la Révolution.
Aucun des événements ou dialogues mentionnés dans ce livre n'a été inventé par les auteurs. Tous
les matériaux utilisés proviennent des diverses sources indiquées, dans le texte ou dans les notes
bibliographiques.



Le récit des débuts de la carrière de Trotski peut être trouvé dans son autobiographie, Ma Vie, et
dans ses premiers écrits politiques. Les impressions sur Trotski en 1918 figurent dans le livre de BRUCE
LOCKHART, British Agent et dans la déposition de Raymond Robins devant la Commission Overman en
1919. Pour l'appréciation de Trotski par Lénine, nous avons consulté les Oeuvres choisies de LÉNINE et
LÉNINE Vladimir Illitch, bref aperçu de sa vie et de son oeuvre préparé par l'Institut Marx-Engels-
Lénine de Moscou. Le meilleur récit soviétique du développement u Parti bolchévik et de la signification
de la lutte de Trotski contre Lénine et Staline est l'ouvrage de N. Popov, Esquisse de l'histoire du Parti
communiste de l'U.R.S.S. Une plus récente histoire soviétique qui tient compte des renseignements
fournis par les procès de Moscou, est l' officielle Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l'U.R.S.S.,
rédigée par une commission du Comité central du P.C. (b) de l'U.R.S.S.
On trouvera dans The errors of Trotskism (Les erreurs du trotskisme) un ensemble de discours
prononcés par diverses personnalités soviétiques parmi lesquelles Staline, Kroupskaia, Zinoviev et
Kaménev, de très intéressants renseignements sur la carrière politique de Trotski avant et après la
Révolution. Un vivant récit d'une entrevue avec Trotski à Moscou en 1924, et d'autres renseignements
journalistiques sur Trotski se trouvent dans le livre d'I. MARCOSSON, Turbulent Years (Années
troublées). Le portrait acide que CHURCHILL fait de Trotski dans Great Conterrporaries vaut, entre
autres choses, pour la lumière qu'il projette sur l'attitude de Churchill à l'égard de Trotski.
On peut encore trouver des documents complémentaires sur la lutte factieuse menée par Trotski
à l'intérieur du Parti bolchévik dans le livre de SIR BERNARD PARES, Russia, et une appréciation
impartiale du programme politique de la faction trotskiste dans la 2e partie de l'ouvrage de SIDNEY ET
BEATRIGE WEBB, Soviet Communism. La brochure peu connue que Trotski a publiée à Paris en 1938
après la mort de son fils, Léon Sédov, un fils, un ami, un combattant, renseigne sur les intrigues de
Trotski contre le Gouvernement soviétique du vivant de Lénine et après sa mort; ainsi que sur le
123
séjour de Trotski et de Sédov à Alma-Ata et décrit l'organisation du système de messagers
clandestins que Sédov dirigeait.
Il existe de nombreux reportages par des journalistes dans des quotidiens et magazines de
l'époque sur le séjour de Trotski à Constantinople et à Prinkipo. Trois articles dont d'un plus grand
intérêt: celui de Saenger..« Avec Trotski à Constantinople » dans le N° de juillet 1929 de Living Age
; celui de E. Ludwig, « Trotski en exil » dans le de février de la même revue; et Celui de Gusther, «
Trotski à l'île d'Elbe » dans le N° d'avril 1932 d'Harper Magazine.
Le livre de J.R. CAMPBELL, Soviet Policy and its Critics ( La politique soviétique et ses critiques), est
un examen documenté de la carrière politique de Trotski et une analyse critique de l'évolution de
son groupe en une conspiration antisoviétique organisée. A moins d'indications contraires dans le
texte, les citations, dialogues et incidents relatifs aux intrigues des conspirateurs trotskistes et
droitiers et à leurs liaisons avec les services secrets étrangers sont directement tirés des textes
officiels des débats des trois procès de Moscou devant le Tribunal militaire de la Cour suprême de
l'U.R.S.S., en août 1936, janvier 1937 et mars 1938. Par exemple, les détails de négociations entre
Krestinski et le général von Seeckt et des tractations de Rakovski avec l'Intelligence Service britannique
vers 1920, sont extraits des dépositions de Krestinski et de Rakovski elles-mêmes. De
même, les récits des réunions et des négociations à Berlin entre Sédov, Piatakov, Chestov, Smirnov,
etc., sont extraits des propres dépositions de Smirnov, de Piatakov, Chestov, etc.. Les déclarations
de Trotski et de son fils sont données ici et dans les chapitres suivants, telles quelles citèrent leurs
complices, en déposant devant le tribunal.
Les débats des procès ont été publiés en trois volumes
Le Procès du Centre terroriste trotskiste-zinoviéviste ;
Le Procès du Centre antisoviétique trotskiste;
Le Procès du bloc des droitiers et des trotskistes.
Ils constituent une source fondamentale de documentation sur les intrigues antisoviétiques,
particulièrement pour la période de l'exil de Trotski et de l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Le compte
rendu officiel des débats publics de ces trois procès forme un ensemble de plus de 1500 pages de
dépositions détaillées, et n'est pas seulement d'une lecture passionnante, mais il représente l'exposé
le plus clair qui ait jamais été fait d'un complot d'Etat contemporain . De plus, il constitue la première
révélation complète du travail intérieur d'une Ve colonne fasciste. C'est donc une source sans prix de
documentation pour cette période de l'histoire mondiale où la V' colonne fasciste a joué un rôle
capital.


Voilà sur quoi ils s'appuient lorsqu'on leur montre que leur soi-disant "marxisme-leninisme" ne correspond pas aux idées défendues par Marx et Lénine !

Fraternellement


Hors ligne Delapaille

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Re : La grande conspiration
« Réponse #1 le: 14 août 2009 à 18:33:35 »
Et t'as jamais l'impression de perdre ton temps ?
J'admire ta patience ...
Fraternellement,

PASCAL C.

Hors ligne Naïké

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Re : Re : La grande conspiration
« Réponse #2 le: 16 août 2009 à 15:32:35 »
Et quand je pense qu'ils s'appuient sur des documents fournis par un Etat qui a suprimer trotsky de toutte les photos existantes. L'un des hommes les plus persecuter au monde... A non on a rien compris c'est lui le complot!!
" Celui qui croit la parole en politique, n'est qu'un idiot sans espoir" Lenine.

Hors ligne Christophe-31

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Re : La grande conspiration
« Réponse #3 le: 20 août 2009 à 10:06:23 »
Citer
des tractations de Rakovski avec l'Intelligence Service britannique
vers 1920, sont extraits des dépositions de Krestinski et de Rakovski elles-mêmes. De
même, les récits des réunions et des négociations à Berlin entre Sédov, Piatakov, Chestov, Smirnov,
etc., sont extraits des propres dépositions de Smirnov, de Piatakov, Chestov, etc.. Les déclarations
de Trotski et de son fils sont données ici et dans les chapitres suivants, telles quelles citèrent leurs
complices, en déposant devant le tribunal.

Il parle des dépositions faites lors de leur procès truqué par Staline ? Tout à fait fiable en effet... Vous croyez que Alan Woods est payé par le MI-6 ? on m'aurait menti ?

Plus sérieusement, je comprend mieux les insultes du "complot britannique" désormais.

Merci Abdalah

Hors ligne AllXS

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Re : La grande conspiration
« Réponse #4 le: 21 août 2009 à 22:22:39 »

alors que je discutais fraternellement sur un forum où les insultes, mensonges, calomnies, déformations de mots d'ordre d'adversaires pleuvent, voici qu'un des intervenants m' a donné la référence d'un bouquin, en réponse à mes citations de Marx, Engels et Lénine qu'il jugeait trop "hors contexte" : La guerre secrète contre la Russie soviétique LA GRANDE CONSPIRATION de Michel SAYERS et Albert E. KAHN.


Bonjour,

1- je suis l'intervenant en question qui a transmis le lien à Abdallah. je ne sais pas pour cet ouvrage (qu'il faut évidemment prendre comme une source historique comme les autres) , en tout cas Sayers est l'auteur d'autres ouvrages réputés dont "Sabotages. La guerre secréte contre les Etats-Unis" (Les auteurs sont cités par Michael Parrenti, pourtant assez anti-stalinien). Il est également cité dans un ouvrage du soviétologue étasunien E.H. CARR. Ce n'est d'ailleurs pas la seule source étasunienne remettant en cause la commission Dewey (ex: notes de l'ambassade étasunienne à Moscou)

2- Je n'ai trouvé aucune insulte ou diffamation sur le topic en question intitulé "A. Gérin, ennemi de classe" http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=1482

3- Pour ce qui est de tes citations hors contextes, rappelons que dans ta rhétorique elles visaient à justifier les tactiques systématiques d' entrisme de la TMI et de la Riposte en t'appuyant sur l'exemple du parti communiste britannique et de sa volonté d'adhérer au Labour, qui en 1920 n'était encore qu'une confédération de syndicats et de groupes de "gauche" statutairement. Motivations différentes, contexte différent, théorie et tactique différentes.

4- je passe sur les affirmations gratuites non justifiées par Abdallah ("déformation de mots d'ordre", "calomnie", "mensonge" etc.)

Bien à vous.

« Modifié: 21 août 2009 à 22:33:28 par AllXS »

Hors ligne Abdallah

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Re : La grande conspiration
« Réponse #5 le: 23 août 2009 à 02:15:20 »
Chers camarades,

notre ami AllXs n' a vu aucune insulte ni aucune diffamation.
Voici un relevé non exhaustif de ce que l'on peut relever sur ce fil de discussion :

- Les infos viennent des trotskistes de la riposte qui ont travaillé contre la liste d'opposition au profit de buffet au congrès.
- La riposte ne s'en cache pas d'ailleurs: pour eux l'ennemi principal n'est pas buffet mais le "fasciste" gérin.
- réduire ce groupe à gérin relève du divisionnisme trotskiste
- Un exemple: la riposte milite pour l'UE
- Mais n'oublions pas que la riposte, en dépit de son apparent soutien à Chavez, fait maintenant propagande contre le "régime" iranien en sous-entendant qu'étant musulmans ils sont fascistes.
Leur islamophobie les mets en curieuse position pour critiquer celle de gérin.
- Dans un front, on peut toujours insister à mort sur des sujets de discorde , graves de préférence, pour favoriser la division. C'est le boulot des trotskistes depuis des décennies.
- C'est une baliverne anti-léniniste donc anti communiste
- D'ailleurs quand on se revendique du "marxisme", c'est une façon d'affirmer un rejet de Lénine, un socialisme pré-léniniste: les communistes de la liste Gérin ne sont-ils pas marxistes???
- La liste de la Riposte, l'intervenant nous le prouve encore une fois, est une astuce de la direction pour diviser l'opposition entre pro-Gérin et simple militant ne voyant dans la liste riposte que le terme marxisme (la plupart des types de la riposte ont peur d'ailleurs d'expliciter leur trotskisme, ils disent souvent: moi, je ne suis pas trotskiste! un peu comme au PT).
- Ils militent aussi pour l'europe, comme l'UMPS (en adaptant le slogan pour "faire marxiste", et en oubliant que pour Lénine les "états unis d'europe" étaient soi une naïveté soit un slogan réactionnaire)
- N'oublions pas enfin qu'avant d'infecter le PCF affaibli, la riposte était AU PS!!!!!!!
- Mais l'autre texte d'opposition bénéficiait en plus de l'opposition anti-révisionniste sur l'histoire du socialisme, ce qui n'était évidemment pas votre cas.
- Cela illustre parfaitement ce que disait Guillaume sur votre recherche constante de la division, et donc de votre rôle d'allier objectif de la direction
- supposer que Gérin aurait pu être le prochain secrétaire national était franchement irresponsable de votre part en l'absence d'annonces dans ce sens de la part des dirigeants de l'opposition
- trotskisme et social-démocratie avancent ensemble main dans la main, que ce soit de façon objective ou subjective. Objectivement comme a su le démontrer La riposte au dernier congrès, et subjectivement parceque les dirigeants et élus sociaux-démocrates de ce parti adhérent à vos analyses sur les pays socialistes, vous avez donc un terrain fertile.
- Je ne doute pas également que si vous aviez fait un travail militant - autre que quelques "réunions d'informations" pour évangéliser les adhérents PC à l' "anti-stalinisme"- mais un travail pour renforcer la base sociale de ce parti vous seriez effectivement connu des adhérents de ce parti.
- Le dernier congrès aura au moins eu le mérite de vous faire connaître hors des cercles de l'UEC et de Paris 10.
- Une question : vous vous disiez "communistes" aussi à l'époque où vous êtiez chez vos anciens amis du PS, ou c'est récent?
- La riposte semble opposer à un bilan pourtant incontournable de l'UE un internationalisme naïf, "évangélique" même puisque j'ai osé le terme plus haut, et en rapport direct avec une conception de la "révolution sans étapes" proprement trotskiste.
- La riposte nous dit présenter un texte par qu'il faut un texte "marxiste" pour le congrès (marrant) - je dirais moi trotskiste et pro-UE, mais bon. Elle se présente aux militants sous cette bannière, sans dire évidemment d'où ils viennent (du PS): mensonge par omission (typiquement toto)
- Après le congrès, on nous explique trés clairement les motifs du texte de la riposte (intervention d'abdallah): s'ils n'ont pas fait comme en italie... c'est bien pour ne pas mettre en difficulté la direction et faire perdre Gérin.
- Evidemment, celà n'est jamais dit aux militants qui ont voté pour ce texte en croyant à un renouement du PCF avec son marxisme sans connaître le ver trotskiste et ses véritables intentions.
- D'ailleurs cette même direction l'a trés bien compris et a utilisé la riposte au point que celle ci a pu faire des scores sans rapport avec leurs activités militantes.
- En effet, où est l'"internationalisme" de La Riposte sur Cuba ? Je n'ai jamais lu sur votre site d'articles de soutien, de solidarité ou d'article dénonçant les mensonges de la presse bourgeoise sur Cuba, alors que vous êtes très impliqué sur le Vénézuela. Il paraît même que vous avez nuancé votre discours sur Cuba depuis que vos cantiques s'adressent à des communistes.
- Sur votre rôle de division, pas besoin de grande démonstration.
- La riposte n'a qu'un role: lutter contre la tendance révisionniste aristocrate ouvrière (qui a au moins l'avantage de la composition sociale et de l'héritage historique du congrès de tours) au profit de la direction petite bourgeoise réformiste (qui n'a que des inconvénient!)...
Au sujet de la riposte, je pense qu'il soutienne en parole Cuba, ne serait-ce que pour ne pas être en difficulté au niveau du PSUV au Vénézuéla.
- la riposte a eu effectivement des militants au PS? quelle façon honteuse d'avouer que l'entrisme chez les socialo était de mise avant que le pcf ne soit affaibli au point de vous laisser entrer! (d'ailleurs en GB, c'est encore le cas... Sans doute était-ce pour faire "renaître les idées blumiste au sein du PS"! comme on veut faire renaître les idées "marxiste" au PCF?)
- l'entrisme et le scissionnisme fait partie des taches du trotskisme depuis qu'il existe.
- D'autre part, faire campagne sur l'idée que l'idée d'europe est juste, quelle que soit la forme employée (europe libérale, europe sociale, europe des peuples, europe de la race blanche, etc. etc.), c'est servir la soupe à la bourgeoisie. Les communistes sont contre l'europe, pas les trotskistes, qui pensent que la construction européenne accélère les forces productives. Pourquoi ne pas l'avouer?
- Bien sur que la riposte ne parle ni d'europe libérale ni d'europe sociale!! les trotskistes adaptent leur discours à leur cible; ils devaient en parler quand ils étaient au PS, maistenant ils préfèrent le terme d'Etats unis d'Europe (slogan trotskiste et antiléniniste).
- L'internationale communiste a employée ce terme au moment où trotski la codirigeait avec zinoviev, pendant ce temps lénine la condamnait, comme je l'ai rappelé.
- Les trotskistes ont l'habitude de jouer sur les mots et tout confondre, en particulier entre les terme désignant un processus (dialectique) et une essence (idéalisme), puisqu'il sont foncièrement antimarxistes.
- sur Cuba, ta citation est typique du trotskisme: depuis que vous êtes au PCF, vous voulez montrer un "attachement à Cuba"... mais vous niez le caractère socialiste de la révolution à Cuba. C'est pourtant celà l'essentiel. Vous faites donc du "soutien" en forme de denie. typique, là encore. Tu donnes complétement raison au camarade Allx sur ce point donc.
- Ce qui s'appelle par contre collaboration de classe, c'est fraterniser en pleine guerre avec l'ennemi nazi, comme l'ont fait nombre de trotskistes.
- J'ai du mal a te suivre là... quel est concrêtement ta position vis à vis des trotskystes anglais qui cautionent les travaillistes sociaux libéraux? Tu approuve cela ou alors tu n'arrive pas à trouver d'explications pour t'en sortir?
- J'avais déjà suggeré un purge des trotskystes du PCF, pour des raisons évidentes
- Il serait erroné de prétendre comme le fait la Riposte et la TMI qu'il n'existe aucune divergence idéologique et politique entre la social-démocratie et les mouvements communistes.
- je ne vois pas le rapport entre le trotskisme qui a souvent été un ennemi objectif des mouvements communiste
- En ce qui concerne "l'internationalisme européen" de Abdallah, c'est un trotskiste bien typique: Il dit ne pas soutienuir l'europe mais "l'europe socialiste" (exactement comme les antilibéraux ne soutiennent pas l'europe mais "l'europe sociale"), tout en accusant tout politique luttant contre l'europe de "nationalisme" voire de chauvinisme: c'est donc objectivement servir la soupe à la bourgeoisie en maquillant les propos pro-européen.
- Pourquoi l'europe plutot que le monde? pourquoi je soutiendrais plus le prolétariat allemand que nigérien? C'est le discours d'abdallah (et des trotskistes en général) qui est euro-chauvin, et par là même anti-internationaliste.

Et je réserve le meilleur pour la fin : "Abdallah (ou plutôt Abdeltrotsky), est-ce que ton grand-père a fait ami-ami avec les "ouvriers en uniforme" allemands pendant la guerre ?"

On peut dire que notre ami AllXs voit aussi peu d'insultes et de diffamations sur le fil de cette discussion qu'il ne voit d'articles sur Cuba sur notre site. Il semblerait que notre ami ait soit des problèmes sérieux au niveau oculaire soit des problèmes sérieux au niveau de la bonne foi.

Mais revenons au sujet et, surtout au contexte. Je tentais d'expliquer aux intervenants du forum qu'au sein des partis "sociaux-démocrates" avaient toujours existé des tendances qui s'affrontaient. D'un point de vue marxiste, on peut résumer cette "confrontation" par une lutte entre réformisme et révolution dans le mouvement ouvrier. J'ai expliqué également que Marx et Engels n'ont jamais attendu qu'un parti corresponde à leurs théories pour le rejoindre. Ainsi, qu'a fait Marx, lorsqu'il est retourné en Allemagne : il a adhéré au Parti Social-Démocrate allemand.
Ce Parti Social-Démocrate a évolué vers la droite et c'est son aille réformiste qui le dominait nettement, allant de trahisons en trahisons vis à vis du prolétariat. Cependant, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les plus grands représentants de la IIIème Internationale (selon Lénine) qui allait bientôt naître, en animaient l'aile marxiste révolutionnaire.

Ainsi, la présence de marxistes révolutionnaires dans des partis dont les directions sont réformistes ne date pas de Trotsky. Les exemples que je donne le prouvent. Mais pour AllXs, tout ceci est hors contexte notre ami préfère s'accrocher à son obsession : "L'entrisme est une pratique qui date de Trotski et de ses positions détestables."

Concernant la présence de camarades marxistes dans le Labour Party, j'ai prouvé que la nécessaire présence de révolutionnaires dans le Labour avait été défendu au 3ème congrès de la III ème Internationale, non pas par Trotsky, non pas par Zinoviev, mais par Lénine.

Le soit disant "contexte différent" est devenu la seule défense d'AllXS.
C'est oublier que la IIIème Internationale n'était pas composée seulement de partis communistes, mais de tendances de partis socialistes dans plusieurs pays.
C'est oublier qu'effectivement le Labour Party de l'époque était bien plus méprisable que le Labour aujourd'hui.
C'est surtout oublier que la position de Lénine était liée à sa volonté de ne pas couper les marxistes révolutionnaires de la masse des prolétaires et de leurs partis traditionnels. En cela, il se conformait à ce que Marx et Engels avaient exprimé dans le Manifeste du Parti Communiste.

Pour ce qui est de cet ouvrage, de 1947, qu'AllXs considère "qu'il faut évidemment prendre comme une source historique comme les autres", nous pouvons constater dans l'avant-propos et dans les notes biliographiques que les auteurs ont "copieusement" utilisé "les comptes rendus in extenso, publiés par le Gouvernement soviétique, des débats des procès d'espionnage, desabotage et de haute-trahison qui ont eu lieu en U.R.S.S. depuis la Révolution", le "LÉNINE Vladimir Illitch, bref aperçu de sa vie et de son oeuvre préparé par l'Institut Marx-Engels-Lénine de Moscou." (de l'époque !), "des renseignements fournis par les procès de Moscou, et l' officielle Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l'U.R.S.S., rédigée par une commission du Comité central du P.C. (b) de l'U.R.S.S.

Les auteurs reconnaissent également que "les citations, dialogues et incidents relatifs aux intrigues des conspirateurs trotskistes etdroitiers et à leurs liaisons avec les services secrets étrangers sont directement tirés des textes officiels des débats des trois procès de Moscou devant le Tribunal militaire de la Cour suprême del'U.R.S.S., en août 1936, janvier 1937 et mars 1938."

Ainsi, la source fondamentale de l'existence d'une Vème colonne fasciste dirigée par Trotsky est la déposition des accusés des procès de 1936, 1937 et 1938. Rien que ça ! Et pour AllXs, c'est à considérer comme une source historique comme les autres ! Mais cela n'a rien à voir avec le travail d'un historien. Ou alors, il faut se rendre à l'évidence folle que la révolution d'Octobre a été menée par une majorité de traitres à la solde des nazis allemands.

Que des vieux-bolchéviks aient commis des erreurs est une chose. Mais là il s'agit de la liquidation de la quasi-totalité des des vieux-bolchéviks, dont les noms ont ensuite été rayés des livres d'histoire sous Staline.
Ainsi ont été éliminés :
- presque tous les dirigeants de la révolution et leurs familles
- la majorité absolue des membres du Comité central du parti bochévik de 1917 à 1923
- les trois secrétaires du Parti entre 1919 et 1921
- la majorité du Bureau politique entre 1919 et 1924
- 108 membres sur 139 du Comité central désigné 1934.

Sans parler des milliers de bolchéviks qui sont morts exécutés en criant "Au nom de Lénine et Trotsky" et en chantant l'Internationale ... Sans parler de la majorité des cadres de l'Armée Rouge qui ont assuré la victoire face à l'Armée blanche et la vingtaine de pays les soutenant..Sans parler de l'exécution de nombreux communistes révolutionnaires dans de nombreux pays...

Mais il faut savoir que se montrer critique vis à vis du stalinisme, cela s'appelle du révisionnisme chez nos amis tels qu'AllXs.

L'invention de cette Vème colonne fasciste menée par Trotsky me semble correspondre à une période où ce que prédisait Trotsky pour la République socialiste de Russie et le mouvement révolutionnaire international (n'oublions pas que Lénine disait que l'Internationale était le parti de la Révolution prolétarienne mondiale) s'avérait exact.

Fraternellement



« Modifié: 23 août 2009 à 02:19:28 par Abdallah »

Hors ligne Edwin

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Re : La grande conspiration
« Réponse #6 le: 23 août 2009 à 13:04:21 »
Merci Abdallah pour ce listing parfaitement probant des arguments nauséabonds des nostalgiques du stalinisme qui voudraient se faire passer pour des "léninistes".
Révisionnisme historique digne de certains courants d'extrême-droite, confusion politique délibérée à propos de l'Europe par exemple ou de positions de Lénine sur le Labour Party, soutien des attitudes plus qu' ambigües d'un Gérin... Voilà ce qu'il est important de démonter point par point avec des arguments sérieux : car les nombreux militants du PCF qui ont voté pour le texte de Gérin ne sont pas tous, loin de là, des faussaires et des ennemis du prolétariat. Un travail patient et systématique d'explications est nécessaire et je ne trouve pas que ce soit "perdre son temps" que de s'y engager.
Mais l'enjeu est si grave que je partage le choix de La Riposte d'avoir soutenu comme moindre mal (si j'ai bien compris) la liste Buffet par rapport à ce mélange confus de sincères militants et de vrais pêcheurs en eau trouble qui lui étaient opposés.
"La question n'est pas de savoir à quelle vitesse il faut marcher mais où il faut aller".

Hors ligne Abdallah

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Re : La grande conspiration
« Réponse #7 le: 23 août 2009 à 15:23:36 »
Cher Edwin,

effectivement, se présenter comme "marxistes-léninistes" ne signifie pas suivre les idées de Marx et de Lénine.

Tu as raison de souligner que les nombreux militants du PCF qui ont voté pour le texte de Gérin ne sont pas tous, loin de là, des faussaires et des ennemis du prolétariat. Nous n'avons jamais affirmé cela car ce n'est pas notre façon de penser. En fait, le texte 3 n'était pas le texte de Gerin. Cependant, étant le seul candidat déclaré, et les gerinistes étant la plus grande force au sein du texte 3, il est clair que si nous avions rejoint cette "opposition", nous aurions dû taire nos idées marxistes et internationalistes, et rouler pour Gerin.
Nous exprimons nos critiques vis à vis de la direction actuelle mais nous le faisons de façon fraternelle. Le coeur du problème c'est le programme du parti et non Marie-George Buffet : http://www.lariposte.com/Dementi-a-un-article-de-Sylvia-Zappi-Le-Monde-Nous-n-1120.html

De plus, remplacer Buffet par Gerin, ce serait aller de mal en...bien pire. Notre objectif est de renforcer le PCF et non l'affaiblir encore plus.
De là, on ne peut en conclure que nous avons "soutenu Buffet par rapport à Gerin". Ce n'est pas en des termes aussi simplistes que le problème se pose.

Enfin, de nombreux camarades ne sont pas au courant des "faits" accomplis par la bureaucratie stalinienne. Il faut dire que la direction du parti n'a jamais tiré les leçons de cette période. Ainsi de nombreux camarades sont désarmés lorsqu'ils sont confrontés à l'amalgame entre socialisme (ou communisme) et stalinisme.

Fraternellement

Hors ligne AllXS

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Re : La grande conspiration
« Réponse #8 le: 23 août 2009 à 23:33:25 »
Bonjour à tous,

ma première réponse n'était pas destinée à lancer un quelconque débat sur l'URSS et les décisions controversées de ses dirigeants. La réponse d' Abdallah me force cependant à lui répondre sur quelques uns des points importants qu'il a soulevés.


1-Abdallah. Tu devrais plus te concentrer lors d'un échange: j'ai qualifié ce document de source historique, pas de travail d'historien. La source est une enquête menée tout au long des années 30-40 par deux journalistes étasuniens (communiste pour l'un d'entre eux) sur les activités politiques de Trotski avant la révolution, après et pendant son exil. Les sources officielles utilisées ont été recoupées par celles trouvées partout où Trotski s'est rendu et où les premiers trotskistes ont opéré. Parmi ces sources on trouve des articles de journaux locaux, témoignages, écrits de Trotski , articles de journalistes étasuniens et européens résidant en URSS, etc etc etc (il y a des notes bibliographiques à chaque fin de chapitre). Tu pourrais t'en assurer en ayant l'honnêteté de lire l'ouvrage et ainsi éviter que tes apriori idéologiques n'interfèrent avec une critique nécessaire mais à la juste mesure de ce type de source.


 
2- En tant que communiste je n'ai pas besoin de me référer aux débats historiques sur l'URSS ou sur les origines controversées du trotskisme pour le condamner dans la pratique. Un communiste, à la différence d'un trotskiste prend tactiquement position par rapport à un contexte, et non pas à partir d' écrits transformés en principes rigides. Ainsi  dans tes deux exemples le  Sozial Demokrat de Marx diffère du Labour de 1920. Pour Marx il fallait défendre le programme collectiviste dans le parti ouvrier le plus massif d'Europe. Lorsque les pro-léninistes du parti communiste de GB ont cherché à adhérer au Labour, ils n'ont pas été cherchés Marx pour s'en justifier. Il fallait adhérer au Labour non pas pour combattre les idéologies réformistes dominantes au Labour (néo-kantisme, benthamisme, fabiennisme, idéologies impériales)  mais  bien pour répondre à des enjeux politiques concrets : c'est à dire avoir accès aux directions syndicales (le Labour étant statutairement une confédération syndicale), sortir le parti communiste de GB de l'isolement politique et du paradoxe électoral dans lequel il se trouvait (sur-représenté dans les mandats locaux, aucun siège au Parlement), et enfin permettre aux bases syndicales de pouvoir lutter efficacement contre leurs dirigeants qui ne se génaient pas pour accepter les subsides privés de l'Etat, terres, titres de noblesses  en échange de l'assurance de ne pas négocier de grèves générales avec d'autres syndicats par exemple, ou d'assurer les ravitaillements pendant une grève générale. Ainsi la Riposte (ou en tout cas Abdallah) raisonne sur des principes et justifie l' entrisme comme un horizon tactique dont la "justesse" serait à rechercher chez Marx, Lénine ou d'autres dirigeants. Non Abdallah, pour un marxiste, c'est à dire pour un militant politique ou syndical matérialiste et non dogmatique, c'est la pratique qui confirme ou non la justesse d'une position politique ou tactique.


Sans parler des milliers de bolchéviks qui sont morts exécutés en criant "Au nom de Lénine et Trotsky" et en chantant l'Internationale ... Sans parler de la majorité des cadres de l'Armée Rouge qui ont assuré la victoire face à l'Armée blanche et la vingtaine de pays les soutenant..Sans parler de l'exécution de nombreux communistes révolutionnaires dans de nombreux pays...

3- Ta hargne dogmatique t'amènes ici au fantasme Abdallah (sic: "au nom de Lénine et Trotski"). Soutenir Lénine et soutenir Trotski était deux choses différentes pour les militants du parti Bolshévique, tant les deux dirigeants avaient eu des positions contraires par le passé. C'est pourquoi tous les dirigeants Bolshéviques sans exeptions -y compris les dirigeants de l'opposition "de gauche"- ainsi que tous les congressistes lors des 10e congrès et suivants- se sont rangés du côté de Lénine puis de Staline lorsqu'il a fallu prendre des mesures contre les activités fractionnistes de la "tendance" Zinoviev-Trotski qui s'appuyait sur un réseau d'anciens officiers tsaristes, les cadres de l'armée rouge dont parlait Abdallah, en liaison avec des puissances étrangères qui à plusieurs reprises avaient montré leur hostilité de classes vis-à-vis de l'URSS (ex: Munich)



4- Malgré toutes les critiques que je pourrais adresser aux dirigeants Bolshéviques tout secrétariat confondu, au parti-Etat et à l'organisation du parti en général, jamais celles-ci ne dépasseront ma condamnation du "ni- ni" trotskiste. Ni URSS, ni Allemagne nazie. Ni République espagnole ni fascistes pour le POUM. Ni Cuba ni Etats-Unis pour la LCR-NPA.


5- Avant de critiquer l'URSS et ses réalisations incontestables, encore faut-il faire un bilan politique qui soit historiquement juste. Or les travaux d'historiens depuis l'ouverture d'archives dans les années 90 ont montré qu'au moins 3 arlésiennes trotskistes "stalinisme", "bureaucratisme"  et "falsifications des accusations de sabotage et d'assassinats" ne tenaient pas l'examen de faits massivement sourcés. En effet, par exemple:

-"Falsifications d'accusations sous Staline" ... l'URSS, toute période confondue, de la guerre civile de 17 jusqu'au rétablissement officiel de la bourgeoisie, a du lutter contre le sabotages d'industries et de travaux publics, l'assassinats de cadres du parti commandités par un pays étranger et appuyé par un autre cadre du parti, etc... Toutes les révolutions ont du faire face à ce type de schémas, aux attaques de la bourgeoisie et de leurs valets objectifs.

-"bureaucratisme" : lors du 19e congrès du parti, Staline à la suite de Lénine et d'autres dirigeants rappelle le danger que représentait la petite-bourgeoisie hostile au socialisme pendant et depuis la guerre civile, celle-ci étant essentiellement présente dans les organes de l'Etat. Dès lors le parti adopte la lutte anti-bureaucratique déjà pratiqué en 17-22, qui déplaçait la lutte des classes sur ce terrain. Ca s'est traduit par des mesures très concrètes de lutte du parti contre les bureaucraties centrales et locales  que tu retrouveras avec profit chez l'historien Lars LIH de l'université de Yale. Khrouchtchev mettra fin à la lutte des classes en URSS de manière totalement arbitraire en déclarant une "unité nationale" face aux Etats-Unis. Sous les secrétariats suivants le parti reprend le scénario anti-bureaucratique mais c'est trop tard, les directeurs d'industrie appuyés sur la bureaucratie d'Etat et le parti ont réussi à faire passer plusieurs vagues de réformes capitalistiques

-"stalinisme" : son pouvoir personnel, ses manoeuvres politiciennes et son éventuelle mégalomanie n'expliquait pas grand chose des évènements en URSS, son pouvoir personnel se manifestait beaucoup plus dans les choix de politiques extérieures de l'URSS et dans le cadre du Komintern que dans les politiques intérieures. Les exemples sont nombreux où les positions personnelles de Staline ont été flouées dans les cadre du politburo ou des congrès, au cours desquels il ne prenait pas toujours la parole d'ailleurs



bien à vous

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Re : La grande conspiration
« Réponse #9 le: 23 août 2009 à 23:47:20 »
Vous croyez que Alan Woods est payé par le MI-6 ? on m'aurait menti ?


non c'est le couple FO/LO qui a été créé par une initiative du syndicalisme étasunien (c'est à dire avec les généreux subsides de l'Etat fédéral et de ses programmes de "containment" en Europe visant à supplanter la CGT et le PCF)
« Modifié: 24 août 2009 à 00:45:31 par AllXS »

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Re : La grande conspiration
« Réponse #10 le: 24 août 2009 à 16:46:38 »
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Un communiste, à la différence d'un trotskiste prend tactiquement position par rapport à un contexte, et non pas à partir d' écrits transformés en principes rigides. Ainsi  dans tes deux exemples le  Sozial Demokrat de Marx diffère du Labour de 1920. Pour Marx il fallait défendre le programme collectiviste dans le parti ouvrier le plus massif d'Europe. Lorsque les pro-léninistes du parti communiste de GB ont cherché à adhérer au Labour, ils n'ont pas été cherchés Marx pour s'en justifier.

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Quelle est la position des communistes par rapport à l'ensemble des prolétaires ?

Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat.

Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
Marx, Manifeste du parti communiste

Tout ce qu'on peut dire, c'est que c'est justifié par les écrits de Marx. Je ne pense pas qu'ils méprisaient la théorie autaant que toi.
Tu ravale le marxisme à un vulgaire pragmatisme. De même que Staline et ses zig-zag permanents.

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Ta hargne dogmatique t'amènes ici au fantasme Abdallah (sic: "au nom de Lénine et Trotski"). Soutenir Lénine et soutenir Trotski était deux choses différentes pour les militants du parti Bolshévique, tant les deux dirigeants avaient eu des positions contraires par le passé. C'est pourquoi tous les dirigeants Bolshéviques sans exeptions -y compris les dirigeants de l'opposition "de gauche"- ainsi que tous les congressistes lors des 10e congrès et suivants- se sont rangés du côté de Lénine puis de Staline lorsqu'il a fallu prendre des mesures contre les activités fractionnistes de la "tendance" Zinoviev-Trotski qui s'appuyait sur un réseau d'anciens officiers tsaristes, les cadres de l'armée rouge dont parlait Abdallah, en liaison avec des puissances étrangères qui à plusieurs reprises avaient montré leur hostilité de classes vis-à-vis de l'URSS
Après le pragmatisme, on passe aux croyances de la religion stalinienne.
Tu parles des militants du parti avant ou après les "campagnes de réhadésion"?
Avant ou après que Staline ait un pouvoir absolu?
Avant ou après que Trotsky ait dirigé l'armée rouge?
Quant aux conneries sur les officiers tsaristes qui ont combattu pour la révolution prolétarienne comme par exemple Boudienny qui fut le bouffon de Staline par la suite et responsable du front d'Ukraine qui couta 1,5 millions de soldat à l'URSS, qui a été récompensé du titre de Héros de l'URSS. 
Concernant Trotsky et son rapport avec les officiers, il n'a pas cherché à s'appuyer sur eux pour mettre au pouvoir une autre bureaucratie alors qu'il était chef de l'armée rouge.
Après si tu veux soutenir les purges de l'armée, c'est que t'es un vrai stalinien jusqu'à la moelle, ce qu'il me semble que tu veux démontrer.

Au fait le fractionnisme est-il un crime? Que faisaient les bolchéviks au POSDR?
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En mars 1921, au moment du soulèvement de Cronstadt, qui entraîna pas mal de bolcheviks, le Xe congrès du parti se vit contraint de recourir à l'interdiction des fractions, c'est-à-dire d'étendre à la vie intérieure du parti dirigeant le régime politique de l'Etat. L'interdiction des fractions était, répétons-le, conçue comme une mesure exceptionnelle appelée à tomber en désuétude dès la première amélioration sérieuse de la situation. Le comité central se montrait d'ailleurs extrêmement circonspect dans l'application de la nouvelle loi, et surtout soucieux de ne pas étouffer la vie intérieure du parti.

Mais ce qui n'avait été dans les intentions du début que le tribut payé par nécessité à de pénibles circonstances, se trouva fort du goût de la bureaucratie, qui se mettait à considérer la vie intérieure du parti sous l'angle exclusif de la commodité des gouvernants. Dès 1922, sa santé s'étant momentanément améliorée, Lénine s'effraya de la croissance menaçante de la bureaucratie et prépara une offensive contre la fraction Staline, devenue le pivot de l'appareil du parti avant de s'emparer de celui de l'Etat. La seconde attaque du mal, puis la mort, ne lui donnèrent pas la possibilité de mesurer ses forces à celles de la réaction.
Trotsky, La révolution trahie

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Malgré toutes les critiques que je pourrais adresser aux dirigeants Bolshéviques tout secrétariat confondu, au parti-Etat et à l'organisation du parti en général, jamais celles-ci ne dépasseront ma condamnation du "ni- ni" trotskiste. Ni URSS, ni Allemagne nazie. Ni République espagnole ni fascistes pour le POUM.

 Les dirigeants de la bureaucratie thermidorienne ont liquidé les acquis de la révolution jusqu'à la restauration du capitalisme en semant la terreur, en tuant des milliers de communistes et autres innocents.
C'est un peu plus grave que des conceptions théoriques erronées.

Mis à part ces "détails" tu raconte n'importe quoi sur Trotsky
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Mais supposons qu'Hitler tourne ses armes contre l'Est et qu'il envahisse des territoires occupés par l'Armée rouge. Dans ces conditions, les partisans de la Quatrième Internationale, sans changer en quoi que ce soit leur attitude à l'égard de l'oligarchie du Kremlin, mettront au premier plan comme la tâché la plus urgente du moment, la résistance militaire à Hitler. Les ouvriers diront: "Nous ne pouvons laisser à Hitler le soin de renverser Staline; c'est notre tâche". Pendant la lutté armée contre Hitler, les ouvriers révolutionnaires s'efforceront de nouer des contacts fraternels aussi étroits que possible avec les simples soldats de l'Armée rouge. Tandis que les armés à la main, ils porteront des coups à Hitler, les bolcheviks-léninistes mèneront en même temps une propagande révolutionnaire contre Staline, afin de préparer son renversement à l'étape suivante et peut-être même prochaine.

Ce type de "défense de l'U.R.S.S." différera naturellement comme le ciel et la terre de la défense officielle qui se mène aujourd'hui sous le mot d'ordre "pour la patrie! Pour Staline". Notre défense de l'U.R.S.S. se mène sous le mot d'ordre "Pour le socialisme! Pour la révolution mondiale! Contre Staline!". Afin que ces deux aspects de "défense de l'U.R.S.S." ne créent pas de confusion dans la conscience des masses, il faut savoir formuler de façon claire et précise les mots d'ordre qui correspondent à la situation concrète. Mais avant tout, il faut établir clairement ce que nous défendons précisément, comment nous le défendons, contre qui nous le défendons. Nos mots d'ordre ne créeront pas de confusion dans les masses à la seule condition que nous ayons nous-mêmes une conception claire de nos tâches.
Trotsky, L'URSS dans la guerre
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Il n'en va guère mieux avec le P.O.U.M. Certes, il a théori­quement tenté de s'appuyer sur la formule de la révolution per­manente (c'est pour cela que les staliniens ont traité les poumistes de trotskistes), mais la révolution ne se contente pas de simples reconnaissances théoriques. Au lieu de mobiliser les masses contre les chefs réformistes, y compris les anarchistes, le P.O.U.M. cherchait à convaincre ces messieurs de l'avantage du socialisme sur le capitalisme [31]. C'est sur ce diapason qu'étaient accordés tous les articles et discours des leaders du P.O.U.M. Pour ne pas se détacher des chefs anarchistes, ils n'organisèrent pas leurs propres cellules dans la C.N.T., et en général n'y firent aucun travail [32]. Eludant les conflits aigus, ils ne menèrent aucun travail dans l'armée républicaine [33]. Au lieu de cela, ils édifièrent leurs « propres syndicats » [34] et leurs « propres milices » [35] qui défendaient leurs propres édifices ou s'occupaient de leurs propres secteurs du front. En isolant l'avant-garde révolutionnaire de la classe, le P.O.U.M. affaiblissait l'avant-garde et laissait les masses sans direction. Politiquement, le P.O.U.M. est resté incomparablement plus près du Front populaire, dont il couvrait l'aile gauche, que du bolchévisme. Si le P.O.U.M. est tombé victime d'une répression sanglante et fourbe, c'est que le Front populaire ne pouvait remplir sa mission d'étouffer la révolution socialiste autrement qu'en abattant morceau par morceau son propre flanc gauche.
Trotsky, Leçon d'Espagne: dernier avertissement

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Avant de critiquer l'URSS et ses réalisations incontestables, encore faut-il faire un bilan politique qui soit historiquement juste. Or les travaux d'historiens depuis l'ouverture d'archives dans les années 90 ont montré qu'au moins 3 arlésiennes trotskistes "stalinisme", "bureaucratisme"  et "falsifications des accusations de sabotage et d'assassinats" ne tenaient pas l'examen de faits massivement sourcés. En effet, par exemple:

-"Falsifications d'accusations sous Staline" ... l'URSS, toute période confondue, de la guerre civile de 17 jusqu'au rétablissement officiel de la bourgeoisie, a du lutter contre le sabotages d'industries et de travaux publics, l'assassinats de cadres du parti commandités par un pays étranger et appuyé par un autre cadre du parti, etc... Toutes les révolutions ont du faire face à ce type de schémas, aux attaques de la bourgeoisie et de leurs valets objectifs.
Qu'est-ce qui est montré dans ce que tu dis? Rien du tout. Des généralités et des affirmations infondées.
L'assassinat de Kirov est un coup monté sinon un prétexte pour les grandes purges destinées à assoir le pouvoir de Staline.

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lors du 19e congrès du parti, Staline à la suite de Lénine et d'autres dirigeants rappelle le danger que représentait la petite-bourgeoisie hostile au socialisme pendant et depuis la guerre civile, celle-ci étant essentiellement présente dans les organes de l'Etat. Dès lors le parti adopte la lutte anti-bureaucratique déjà pratiqué en 17-22, qui déplaçait la lutte des classes sur ce terrain. Ca s'est traduit par des mesures très concrètes de lutte du parti contre les bureaucraties centrales et locales  que tu retrouveras avec profit chez l'historien Lars LIH de l'université de Yale. Khrouchtchev mettra fin à la lutte des classes en URSS de manière totalement arbitraire en déclarant une "unité nationale" face aux Etats-Unis. Sous les secrétariats suivants le parti reprend le scénario anti-bureaucratique mais c'est trop tard, les directeurs d'industrie appuyés sur la bureaucratie d'Etat et le parti ont réussi à faire passer plusieurs vagues de réformes capitalistiques
La lutte anti-bureaucratique quelle blague! Les soviets n'avaient plus aucun pouvoir et la lutte contre la bureaucratie n'était que le contrôle des haut bureaucrates et surtout du bureaucrate en chef Staline sur les plus petits.
Quant à la petite bourgeoisie qui représentait effectivement un danger pour la révolution, la politique de la bureaucratie a été de favoriser les koulak dès 23 jusqu'au volte face de 28 alors que 6% des paysans contrôlaient 60% des terres, que le salariat à la campagne avait été rétabli, que l'on avait diminué les impôt sur les koulaks etc... et l'on sait de quelle manière a été effectué ce volte-face.
Khroutchev faisait donc des choses de manière "totalement arbitraires" mais rien à voir avec le démocratisme de Staline à la mort duquel on comptait 10 millions de personnes au goulag qui y étaient envoyés avec grande circonspection et non pas de manière arbitraire!!
Il n'y avait pas de bureaucratie sous staline, elle est apparue juste à l'arrivée de khrouchtchev! quelle blague.


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"stalinisme" : son pouvoir personnel, ses manoeuvres politiciennes et son éventuelle mégalomanie n'expliquait pas grand chose des évènements en URSS, son pouvoir personnel se manifestait beaucoup plus dans les choix de politiques extérieures de l'URSS et dans le cadre du Komintern que dans les politiques intérieures. Les exemples sont nombreux où les positions personnelles de Staline ont été flouées dans les cadre du politburo ou des congrès, au cours desquels il ne prenait pas toujours la parole d'ailleurs
Précisions suppmémentaires si c'était nécessaire de la justesse des vues de Trotsky. Sinon avec sa théorie du socialisme dans un seul pays, Staline a progressivement liquidé l'internationale car ce qui l'intéressait, c'était le pouvoir absolu dans son pays, ce que tu dis est à peu près le contraire de la vérité.
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Les relations de réciprocité entre l'Etat et la classe ouvrière sont beaucoup plus complexes que ne l'imaginent les "démocrates" vulgaires. Sans économie planifiée, l'U.R.S.S. serait rejetée à des dizaines d'années en arrière. En maintenant cette économie, la bureaucratie continue à remplir une fonction nécessaire. Mais c'est d'une façon telle qu'elle prépare le torpillage du système et menace tout l'acquis de la révolution. Les ouvriers sont réalistes. Sans se faire illusion sur la caste dirigeante, tout au moins sur les couches de cette caste qu'ils connaissent d'un peu près, ils voient pour le moment en elle la gardienne d'une partie de leurs propres conquêtes. Ils ne manqueront pas de bouter dehors la gardienne malhonnête, insolente et suspecte, dès qu'ils verront la possibilité de s'en passer.
Trotsky, La révolution trahie

Je t'invite à lire ce livre s'il ne constitue pas pour toi l'axe du mal.

Calomnie, falsifications, croyance, déformation, incohérence, contradictions... tu as tout l'attirail du stalinien zélé.
« Modifié: 25 août 2009 à 01:05:23 par victor »

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Re : Re : La grande conspiration
« Réponse #11 le: 25 août 2009 à 20:00:14 »
Bonjour à tous,

Ne parvenant pas bien à saisir l'objet de l'intervention précédente, j'aurais deux remarques de pure forme pour commencer :

- S'il s'agit d'une tentative d'échange politique, merci de s'en tenir au vocabulaire politique et d' exclure tout ce qui pourrait fausser la compréhension d'un contexte historique, notamment en laissant la fausse impression que le travail de positionnement politique et idéologique procèderait de manière aussi manichéenne que la morale et ses catégories métaphysiques (ex: "axe du mal").

- Si en revanche il s'agit d'un débat historiographique, je prierais l'intervenant précédent de bien vouloir respecter les canons de l'échange académique et d'éviter de tenir l'essentiel de sa ligne argumentative en prêtant aux citations et à leur (unique) auteur des capacités de "prédiction", en prouvant ses affirmations par des exemples puis en les rapportant à une source académique. (Aucun historien en effet, fût-il des plus réactionnaires, ne s'essaierait à cacher les insuffisances factuelles de ses interprétations derrière une source unique, et encore moins lorsque celle-si se trouve être impliquée dans les évènements étudiés)


                                                                                                                                                                                 

   
1- Un communiste, à la différence d'un trotskiste, n'essaie pas de justifier ses positions par les textes programmatiques que d'autres communistes dans d'autres contextes ont approuvé. Un communiste est un militant qui tire des leçons contextuelles et des principes d'actions (théorie) de ses expériences pratiques. A l'inverse le trotskiste, Victor en a fournit la preuve formelle, est un bibliothécaire qui va rechercher une vérité révélée dans les textes des maîtres qu'il se donne. Enfin pour un marxiste c'est la pratique elle-même qui confirme ou non la justesse d'une ligne tactique ou politique.

La Riposte (ou en tout cas Victor et Abdallah) voudraient à tout prix convaincre de leur "purisme" en allant chercher dans le programme de Marx les justifications de ses tactiques d'entrisme systématique. Si les premiers communistes avaient été adhérents à La Riposte il est certain qu'aucun parti communiste n'aurait pu voir le jour parce qu'il fallait suivre la "sainte théorie" du Manifeste. A l'époque de Marx aucun mouvement social-démocrate n'avait engrangé suffisamment d'expériences politiques pour voir se constituer des tendances internes, les mouvements étaient alors uniquement polarisés sur les expériences de socialisme utopique et autour d'écoles de philosphie économique. Au début XXe au contraire  les Bolshéviques, dont Lénine (l'icône de Victor), les congressistes de Tour en 1920 et les communistes du monde entier se sont démarqués de la sociale-démocratie en utilisant une tactique de "démarcation pour l'unité ", une unité programmatique qui a permis à certains partis communistes de prendre la tête du mouvement ouvrier, et dans d'autres cas d'unir tout les mouvements collectivistes pour mettre les travailleurs devant une alternative face aux idéologues bourgeois de la social-démocratie. CQFD : Même programme que chez Marx, même stratégie de long terme, tactique différente.



                                                                                                                                                                                 




2- Je constate sans surprises que le trotskiste Victor devance les historiens les plus réactionnaires pour ce qui concerne de privilégier ses croyances partisanes à un bilan politique et historique basé sur un minimum de recherche sur les thèmes et angles d'attaques de la propagande de guerre anti-soviétique

Ainsi:

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Tu parles des militants du parti avant ou après les "campagnes de réhadésion"?

La tendance majoritaire du PCBUS, voyant que la "vieille garde" se convertissait à des activités faiblement politisées, décida de mener une campagne d'adhésion massive vers le prolétariat pour renforcer la base sociale du parti.

Citer
"liquidation de la vielle garde"

la liquidation de la "vielle garde" par les autorités soviétiques dépendait de leur attitude dans les années les plus dures de l'histoire de l'URSS, à savoir la seconde moitié des années 20. Le concept de "vieille garde" reste très flou puisque de nombreux adhérents d'une certaine importance politique sous Lénine (ex: Kalinine, Mikoian, Jdanov, Vorochilov, Molotov, Kaganovich, etc etc etc) avaient adhéré avant 17 et faisaient parti de la tendance majoritaire, donc proche de Staline.

Citer
Avant ou après que Staline ait un pouvoir absolu?

Pouvoir absolu? Sources, preuves? Quid des fonctionnements institutionnels, par exemple du Comité Central qui pouvait prendre de manière collégial des décrets politiques ?

2.1 Cette affirmation contredit les activités de l'opposition pour réduire les pouvoirs de Staline,  (ex: retard de publication des "oeuvres de Staline" de plusieurs années/ vers 1950 l'opposition fait passer une réforme partageant le secrétariat général en 3 secrétariats distincts . Comme le rappelait Marc FERRO,  contrairement à Trotski l'influence de Staline ne reposait pas sur son auto-publicité ni sur un réseau étendu de soutien parmi les dirigeants du parti Bolshévique, mais sur des actes.

2.2- Le soviétologue William Mac CAGG, sur la base des archives du Kremlin et sur les comptes rendus d'ambassadeurs ne parlait pas d'absolutisme, mais d'un pouvoir fort mais déconcentré dans l'après-guerre. Le soviétologue Marc FERRO a consacré une étude entière sur les pouvoirs d'influence réciproques entre dirigeants locaux du parti/ fonctionnaires/ population locale. A sa suite le sociologue Alexandre MONGILI parlait de relatif consensus dans la population sur la tendance majoritaire du parti, étant donnée la prise en compte de la demande sociale par des mécanismes partisans décentralisés (ie: les bureaux politiques qu'on retrouvait à tous les niveaux des activités sociales)

Citer
Assassinat de Kirov, prétexte des grandes purges ?
3.1 Lire les dépositions et les actes d'accusations de Kamenev et de Zinoviev. Malgré leur dénonciation publique par des dirigeants Bolshéviques à plusieurs reprises,  ceux-ci ne furent qu' emprisonnés pour "activités subversives" et "propagande anti-soviétique", aucune preuve directe n'ayant été trouvé contre eux pour cet assassinat. Où est le fameux prétexte dont parlait Victor?

3.2: c'est le tapage international de Trotski, des Zinoviévistes et des droitiers sur le gouvernement soviétique qui finit par les discréditer auprès de la base du parti. Leur texte recueillit 1% des voix (6000/ 750 000 voix) lors d'un congrès du 27 décembre 1927 alors que l'opposition unifiée présentait leur texte contre le texte de la tendance majoritaire. Avant son assassinant Kirov présidait justement une commission d'enquête du Comité Central du parti sur les plans visant à renverser le gouvernement bolshévique après que l'opposition ait été défaite par la pratique.

3.3 : voici un extrait du site "marxisme.fr" en guise d'illustration :
Citer
  "Une des personnes qui aborda le problème (des sabotages industriels), est l’ingénieur américain John Littlepage, un des experts étrangers engagé par contrat comme ingénieur en chef en Union soviétique. Littlepage passa 10 ans à travailler dans l’industrie minière, de 1928 à 1937, principalement dans les mines d’or. Dans son livre A la recherche des mines d’or de Sibérie, Ed. Payot, 1939, voici ce qu’il écrit : « Je ne me suis jamais intéressé aux subtilités des idées politiques. Je suis fermement convaincu que Staline et ses associés mirent un certain temps à se rendre compte que les communistes rebutés étaient leurs plus dangereux ennemis. »
Littlepage écrit aussi que son expérience personnelle fut confirmée par les déclarations officielles qui révélèrent, plus tard, qu’un large complot utilisait le sabotage industriel pour renverser le gouvernement. En 1931, Littlepage l’avait constaté en travaillant dans les mines de cuivre et de plombs d’Oural et du Kazakhstan. Ces mines faisaient parties d’un grand complexe industriel sous la direction de Piatakov, le vice-commissaire de l’industrie lourde. Les mines étaient dans un état catastrophique aussi bien au niveau de la production qu’au niveau de la sécurité des ouvriers qui y travaillaient. Littlepage en conclu que le sabotage était bien organisé et provenait de la direction même du complexe industriel.
Le livre de Littlepage montre aussi comment le bloc trotskiste était financé par les activités contre-révolutionnaires. De nombreux membres de l’opposition utilisaient leurs positions pour détourner l’argent des achats fait à l’étranger de matériels pour les usines. Les produits achetés étaient de très mauvaises qualités pour le prix qu’avait payé le gouvernement soviétique. Les maisons qui vendaient ces produits donnaient le surplus des commandes aux trotskistes tandis que les conspirateurs continuaient à passer commandes à ces maisons. (...) Ces procédés furent constatés par Littlepage à Berlin au printemps 1931 lors d’une mission auquel il participa pour acheter des élévateurs de mines. La mission soviétique était dirigée par Piatakov et Littlepage était chargé comme expert de vérifier la qualité des élévateurs et d’approuver la vente. Littlepage découvrit alors qu’une fraude avait lieu concernant la mauvaise qualité des élévateurs achetés, sans utilités pour ce qu’ils étaient destinés. Mais quand il en informa Piatakov et d’autres membres de la mission soviétique, l’accueil qu’ils lui réservèrent fut très froid, comme s’ils voulaient cacher ces faits et firent même pression pour qu’il accepte ces achats. Littlepage ne voulait pas. A cette époque, il pensait que cela concernait des pots-de-vin et que les membres de la mission avaient été soudoyés par la maison qui vendait les élévateurs. Mais quand Piatakov avoua, lors du grand procès de 1937, qu’il avait eu des liens avec le bloc trotskiste, Littlepage en tira la conclusion que ce qu’il avait vu à Berlin était plus qu’une affaire de pot-de-vin. L’argent obtenu servait à payer les activités de l’opposition secrète en Union soviétique qui comprenaient le sabotage, le terrorisme, la corruption et la propagande.
Zinoviev, Kamenev, Piatakov, Radek, Tomski, Boukharine et d’autres, que la presse bourgeoise de l’Ouest aime bien, utilisaient ainsi les postes confiés par le peuple soviétique et le Parti pour voler l’argent de l’Etat et pour collaborer avec les ennemis du socialisme afin qu’ils utilisent cet argent pour du sabotage et pour lutter contre la société socialiste soviétique.


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Concernant Trotsky et son rapport avec les officiers, il n'a pas cherché à s'appuyer sur eux pour mettre au pouvoir une autre bureaucratie alors qu'il était chef de l'armée rouge

Inexact. Trotski était partisan d'un communisme de guerre en temps de paix, ainsi que de la "militarisation de l'économie". Par exemple il s'est prononcé en faveur de la militarisation des syndicats et leur soumission totale à l'appareil militaire... je ne crois pas au hasard.

 Le fait que les trotskistes se présentent aujourd'hui comme "défenseur" des libertés alors que leur maître défendait une solution militaire comme seul programme est une réécriture particulièrement hypocrite de l'histoire politique.  Prétendre ensuite que Trotski n'était pas un bureaucrate alors qu'il faisait parti de l'appareil d'Etat est une pautre hypocrisie qui est somme toute cohérente avec les propriétés magiques de l' "anti-stalinisme" grâce auxquelles on peut expliquer tous les dysfonctionnements en URSS

Une autre citation tirée du même site:

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D’après Isaac Deutscher, lui-même trotskiste, qui a écrit plusieurs livres contre Staline et l’Union soviétique, le coup d’état devait être déclenché par une opération militaire contre le Kremlin et dans les plus importantes casernes des grandes villes, comme Moscou et Léningrad. Le complot était, selon Deutscher, dirigé par Toukhachevski avec l’aide de Gamarnik, le commissaire politique en chef de l’Armée, le Général Yakir, le commandant de Léningrad, le Général Ouborevitch, commandant militaire de l’académie militaire de Moscou ainsi que le général Primakov, un commandant de la cavalerie. Le maréchal Toukhachevski avait été officier dans l’armée tsariste avant de passer après la révolution, dans les rangs de l’Armée Rouge. En 1930, près de 10% des officiers (près de 4 500 personnes) étaient d’anciens officiers tsaristes. Nombre d’entre eux n’avaient jamais abandonné leurs conceptions bourgeoises et attendaient simplement une opportunité pour agir. Cette opportunité arriva quand l’opposition prépara le coup d’état.


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Après si tu veux soutenir les purges de l'armée, c'est que t'es un vrai stalinien jusqu'à la moelle, ce qu'il me semble que tu veux démontrer.

Je laisse les sentiments partisans aux trotskistes. Que m'importe Staline. C'est de déterminer pourquoi il fallait soutenir l'URSS pendant la seconde guerre mondiale et après qui m'intéresse ici, c'est également de savoir pourquoi tant d'historiens se sont contentés de reprendre les thèmes de propagande avant que les archives soient ouvertes qui m'intéresse. C'est la production de connaissances intéressées et partisanes qui m'intéresse comme objet d'études politiques.


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Au fait le fractionnisme est-il un crime? Que faisaient les bolchéviks au POSDR?

Raisonnement faussé par le raccourci temporel. La lutte contre le fractionnisme date du 10e congrès pour instaurer un nouveau principe d'organisation, le "centralisme démocratique". Le fractionnisme est un effet des activités anti-soviétiques de l'opposition, pas un crime en soi. Le trotskisme est né d'une opposition politicienne lorsque l'URSS traversa sa plus grande crise intérieure et extérieure dès 1923-24.

"Pour le socialisme! Pour la révolution mondiale! Contre Staline!", Trotski,L'URSS dans la guerre, 1939 : L'opposition "de gauche" à laquelle appartenait naguère Trotski, comme  l' opposition de droite mais pour des raisons différentes, ont toujours nié la possibilité de construire le socialisme en Russie. Il est ainsi particulièrment démagogique d'en appeler au socialisme depuis l'étranger. Ses positions politiques ne l'ont jamais engagés à rien, jamais il n'a du défendre de bilan devant un congrès.


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Les dirigeants de la bureaucratie thermidorienne ont liquidé les acquis de la révolution jusqu'à la restauration du capitalisme en semant la terreur, en tuant des milliers de communistes et autres innocents.

Les premières mesures capitalistiques en URSS datent de 1959, les premières concentrations industrielles et formations monopolistiques datent de 1963, c'est à dire sous le secrétariat Khrouchtchev. Ton apparent manque de connaissance en histoire économique et sociale en URSS t'amènes une fois de plus à faire appel à la formule magique du "bureaucratisme" et t'exonérer ainsi d'un travail de bilan.

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la politique de la bureaucratie a été de favoriser les koulak dès 23 jusqu'au volte face de 28 alors que 6% des paysans contrôlaient 60% des terres, que le salariat à la campagne avait été rétabli, que l'on avait diminué les impôt sur les koulaks etc... et l'on sait de quelle manière a été effectué ce volte-face.

Mauvaise interprétation. Les Koulaks se sont enrichis sous le régime de la NEP, mais la NEP visait entre autre chose à développer les forces productives de l'agriculture pour réaliser par la suite le programme de collectivsation des terres, qui sera réalisée plus tard sous le secrétariat Staline. L'opposition des koulaks a ensuite du être réprimé, ces derniers étant revenu sur leur rêve de propriété collective une fois qu'ils avaient eu accès à la propriété privée. Ces tournants politiques brutaux étaient sans doute nécessaire. (Staline a pu ensuite concéder la petite propriété privée pour toutes les classes de paysans, un genre de compromis)


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Précisions suppmémentaires si c'était nécessaire de la justesse des vues de Trotsky

Oui, à la différence que Trotski a toujours prophétisé le soulèvement populaire dès les premières tensions civiles et avec l'étranger contre le gouvernement Bolshévique. A ce compte là, le reste n'est qu'une phraséologie creuse ne manifestant qu'une opposition abstraite sans contenus politiques concrets.

Il n'est pas dans mes habitudes de faire des citations, mais l'idole de Victor, Lénine répondra à ma place sur ce qui résume le mieux me semble t'il de la mécanique politicienne de Trotski: "un phraséologie de gauche et un bloc avec la droite contre les buts de la gauche" (fevr. 1917, oeuvres complètes)



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Les soviets n'avaient plus aucun pouvoir et la lutte contre la bureaucratie n'était que le contrôle des haut bureaucrates et surtout du bureaucrate en chef Staline sur les plus petits.

Exact pour la première parti de la phrase. Toutefois après 17-19, les soviets n'ont jamais eu d'autres pouvoirs que celui de faire du parti Bolshévique un parti-Etat, ce qui est contestable en soi certes, mais sachant que ce problème a été discuté lors des congrès par Lénine en particulier, et sachant le contexte d'incertitude quant à la survie du régime je ne me risquerais pas sur ce terrain.

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"Il n'y avait pas de bureaucratie sous staline, elle est apparue juste à l'arrivée de khrouchtchev! quelle blague".

C'est inexact. La bureaucratie a toujours posé un problème au contrôle partisan de l'appareil d'Etat (ex: sabotage, non respect des décrets et des plans). Khrouchtchev a nié le problème pour mieux assumer sa "rupture" avec l'appareil partisan et étatique sous Staline. Cette affaire d'annoncer la fin de la lutte des classes en voulant faire un parti "pour tout le peuple" (c'est à dire toutes les classes) c'était à la fois nier qu'une classe bourgeoise existait en URSS et donc qu'il n'existait plus aucun conflit entre la bureaucratie et l'appareil partisan. Cette affaire, tout comme l'échec de ses réformes de décentralisation des plans quinquénaux (qui revenait à affaiblir encore plus le contrôle du parti) causera son discrédit et la chute de son secrétariat. Donc OUI la lutte anti-bureaucratique était une réalité politique profonde en URSS. Elle sera reprise dès Brejnev avec d'autres méthodes.



bien à vous,
« Modifié: 25 août 2009 à 20:15:02 par AllXS »

Hors ligne Abdallah

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Re : La grande conspiration
« Réponse #12 le: 26 août 2009 à 01:43:47 »
Chers camarades,

vous aurez remarqué ce que signifie "s'en tenir au vocabulaire politique" pour notre ami AllXs avec les citations que j'ai reportées plus haut, dont certaines étaient bien-entendu de lui. Sa bonne foi légendaire ne lui interdit pas de réclamer à présent de "respecter les canons de l'échange académique".

Je ne m'étendrais pas très longtemps sur l'entrisme, puisque ce n'est pas le sujet mais il est nécessaire d'en préciser la définition. L'entrisme consiste, pour certains groupes, à taire leurs idées politiques en "entrant" dans une organisation politique ou syndicale afin d'en prendre des postes importants. Tous les mensonges sont bons pour certains pour faire entrer la Riposte dans cette définition. Le problème c'est que nous ne taisons pas nos idées et que nous les affichons sur notre site, sur notre journal, sur nos brochures, dans nos échanges avec nos camarades... Rien à voir avec l'entrisme. Nous sommes même à l'opposé de cette démarche. Mais, pour des personnes comme AllXs, il faut absolument que des militants qui font figurer Trotsky parmi leurs références pratiquent l'entrisme (d'après leur formation). Même s'ils n'arrivent pas à le prouver par des faits...

Comme nous ne sommes pas équipés d'un sincéromètre, voyons justement quels sont les faits.
Des amis tels qu'AllXs n'hésitent pas à nous présenter Staline et ses proches comme ayant lutté et pris des décisions au nom de l'internationalisme, au nom du socialisme, au nom de la lutte contre la bureaucratie...

Mais voyons ce qu'il en est. C'est au nom de l'internationalisme que Staline a liquidé la IIIème Internationale.
C'est au nom du socialisme que Staline, et ses proches, ont renforcé le pouvoir de l'Etat.
C'est au nom de la lutte contre la bureaucratie que la bureaucratie s'est élevée au niveau d'une caste supérieure dans la République soviétique.

En fait, la lutte qui a vu s'opposer Staline et Trotsky ne peut s'expliquer par une lutte de personnes. C'est plutôt par la composition sociale du parti qu'il faut en trouver l'explication.
De nombreux discours de Lénine évoquent le danger pour la révolution socialiste que représente la bureaucratie, héritée de l'époque tsariste. Au XIème congrès, il déclare : "Qu'est-ce donc qui manque? C'est clair : ce qui manque, c'est la culture chez les communistes dirigeants. De fait, si nous considérons Moscou - 4700 communistes responsables - et si nous considérons la machine bureaucratique, cette masse énorme, qui donc mène et qui est mené ? Je doute fort qu'on puisse dire que les communistes mènent. A dire vrai ce ne sont pas eux qui mènent. C'est eux qui sont menés." Ou encore : "Les communistes responsables de la R.S.F.S.R. et du Parti communiste de Russie sauront-ils comprendre qu'ils ne savent pas diriger? Qu'ils s'imaginent mener les autres, alors qu'en réalité c'est eux qu'on mène ? S'ils arrivent à le comprendre, ils apprendront certainement à diriger, car c'est possible. Mais, pour cela, il faut étudier, or, chez nous, on n'étudie pas. On lance à tour de bras ordres et décrets, et le résultat n'est pas du tout celui que l'on souhaite."
Pendant que Lénine s'était écarté pour cause de maladie, la république soviétique a vu la montée de l'appareil bureaucratique : les cellules du parti ne discutent plus mais appliquent les ordres des secrétaires locaux, eux-mêmes nommés (et non plus élus) par le secrétariat général, c'est-à-dire Staline. Tous les opposants sont "délocalisés" à des milliers de kilomètres ou envoyés à l'étranger. 
Lénine dit aussi à ce congrès : "En terminant, je dois toucher le côté pratique de la question concernant les organismes soviétiques, les grandes administrations et l'attitude du Parti à leur égard. Il s'est établi des rapports défectueux entre le Parti et les institutions soviétiques ; nous sommes tous absolument d'accord là-dessus. J'ai montré par un exemple comment, même pour une menue affaire concrète, on va au Bureau politique. Formellement, il est très difficile d'y remédier, car un parti gouvernemental unique dirige chez nous, et l'on ne peut interdire à un de ses membres de porter plainte. C'est pourquoi, du Conseil des Commissaires du Peuple, on va, à propos de tout, au Bureau politique. La faute en a été à moi aussi, à bien des égards, car c'est moi qui assurais personnellement, pour une grande part, la liaison entre le Conseil des Commissaires du Peuple et le Bureau politique. Or, quand j'ai dû me retirer, il s'est trouvé que les deux rouages ne fonctionnaient pas à l'unisson, et Kaménev a dû travailler pour trois afin de maintenir cette liaison."

Ainsi, la "victoire" de Staline et de sa fraction s'explique par la situation économique du pays, et la situation internationale (défaites de plusieurs révolutions dans d'autres pays..). Trotsky ne s'est pas engagé très rapidement dans l'opposition.  Zinoviev et Kamenev se sont rendus compte assez tardivement également de la montée du bureaucratisme : ils se sont d'abord alliés à Staline pour écarter Trotsky. On appelait cela la Troïka. A cette époque, cela ne dérangeait pas Staline de travailler avec des traitres à la solde des fascistes ! De même, la théorie du socialisme dans un seul pays a été écrite non pas par Staline (qui en était incapable ..lire ses discours pour se rendre compte qu'il détestait les débats théoriques, n'osant même pas défendre cette théorie dans un congrès de l'Internationale mais faisant exclure ceux qui s'y opposaient) mais par Boukharine, avant que celui-ci soit accusé d'avoir tenté d'assassiner Lénine (!) en 1918 et executé en 1938.

Les aveux d'accusés, même les plus fous, sont pour nos amis tels qu'allXs vérité historique.

La fraction Staline est devenue majoritaire. Notre ami AllXs se demande-t-il pourquoi ? Il nous cite des noms tels que Kalinine, Mikoian, Jdanov, Vorochilov, Molotov, Kaganovich, etc etc etc. C'est oublier la majorité absolue des membres du Comité central du parti bochévik de 1917 à 1923, les trois secrétaires du Parti entre 1919 et 1921, la majorité du Bureau politique entre 1919 et 1924... tous executés.
Observez la photo du bureau du IX ème congrès du Parti communiste russe de 1920 :
- Yenoukidzé executé
- Kalinine
- Boukharine executé
- Tomski suicidé au moment où on allait l'arrêter
- Lachevitch décédé dans un accident en Sibérie où il avait été envoyé
- Kamenev executé
- Préobrajensky executé
- Serebriakov executé
- Lénine
- Rykov executé

En effet, Kalinine, Mikoian, Jdanov, Vorochilov, Molotov, Kaganovich, etc etc etc sont de vieux bolchéviks, mais présentent une caractéristique : ils sont unis par de nombreux liens , ne sont ni des théoriciens ni des dirigeants ouvriers mais plutôt des hommes de bureau et d'appareil, organisateurs, travailleurs obstinés, routiniers, aimant l'ordre..

Kalinine : Arrêté et exilé pour la première fois en 1899, il fait la connaissance de Staline l'année suivante à Tiflis, ville où ils militent ensemble. Peu après, il participe aux actions révolutionnaires du parti lors de la Révolution russe de 1905 dans la capitale. Quelques années plus tard, il retrouve Staline en 1912 au bureau russe du comité central et collabore alors à la fondation du journal la Pravda. Arrêté à Petrograd en 1916, exilé en Sibérie orientale, il est libéré par la Révolution de Février. Il se déclare alors favorable à un soutien critique au gouvernement provisoire et opposé aux « thèses d'avril » de Lénine.
Cependant, sa femme Ekaterina est arrêtée et déportée en octobre 1938, pour des paroles critiques envers Staline. Elle ne sera libérée du Goulag qu'en 1946, l'année du décès de son mari. Kalinine a toujous espéré la faire libérer en se montrant docile.

Mikoyan : n'a rejoint le Comité Central du Parti qu'en 1923, parce qu'il était proche de Staline. D'ailleurs, lui et Kaganovitch et Molotov ont exercé au même moment d’importantes fonctions à Nijni-Novgorod, où les a remplacés un jeune apparatchik, André Jdanov. Connu pour être le prototype du bureaucrate servile.

Jdanov : nommé secrétaire régional du Parti communiste en 1922 (devinez par qui ?), connu pour être le parfait apparatchik. Mort par l'alcoolisme en 1953, la Pravda intitule l'article "Sous le masque des médecins universitaires, des espions tueurs et vicieux", prétend qu'un "complot juif" assassine des cadres du parti. Des centaines de médecins seront ainsi arrêtés. Une véritable campagne anti-sémite se répandra dans toute l'Europe de l'Est.

Vorochilov : est devenu l'ami de Staline lorsque la ville de Volgograd a été prise aux armées blanches en 1918, ville qui a été renommée Stalingrad. Responsable des purges dans l'armée rouge : les trois cinquième des maréchaux soviétiques et un tiers des officiers de l'Armée rouge sont liquidés, juste avant la IIème Guerre mondiale. Après son échec face à l'offensive en Finlande, sera responsable de la mort de milliers de civils, n'ayant pas fait évacuer les civils de la ville de Leningrad à l'approche de l'armée d'Hitler.

Molotov : Il est avec Staline et Solts au comité de rédaction de la Pravda avant la guerre, qui apporte son soutien au gouvernement provisoire, avant que Lénine ne revienne en Avril 1917 pour redresser le parti. (C'est Kamenev qui prendra les foudres de Lénine, parce qu'il est le plus important des quatre. D'ailleurs, Lénine paraissait comme utopique, ou au pire ayant perdu la raison avec l'exil pour certains bolchéviks). Rôle mineur pendant la Révolution d'Octobre mais connu pour executer les tâches qu'on lui confie. Complètement subordonné à Staline. Entre au Bureau politique en 1924, en récompense de sa fidélité à Staline. Cependant, sa femme Polina, juive, sera exclue du Comité Central au moment du pacte germano-soviétique, puis envoyée au goulag en 1949.

Kaganovitch : connu pour sa fidélité à Staline. Un des principaux responsables des purges. Appelle son frère lorsque Staline l'avertit qu'il est associé à l'"opposition de droite", qui se suicidera le même jour. Soutiendra Staline jusqu'à la fin.


Ceux dont nous parle AllXs n'ont rien à voir avec ceux qui ont été executés. Des accusés, qui avaient été des compagnons et des lieutenants de Lénine, des dirigeants révolutionnaires de premier plan, qui s'accusent des pires trahisons, se disent saboteurs, espions, tueurs d'enfants, ayant tenté d'assassiner Lénine. Tous désignent Trotsky comme le chef et tous finissent par des hommages à Staline, le "chef génial" qui conduit "la belle Union des Républiques Soviétiques Socialistes, qui marche d'une victoire à l'autre, et au dessus de laquelle resplendit le beau soleil du socialisme".

Le 12 mars 1938, le procureur Vychinski termine son réquisitoire par ces mots : " Et sur nos têtes, sur notre heureux pays, continuera à briller de ses lumineux rayons, notre clair et radieux soleil. Dans la voie débarassée de la dernière souillure et de la dernière abjection du passé, nous tous, notre peuple, guidés par notre bien-aimé chef et maître le grand Staline, nous continuerons à marcher de l'avant, vers le Communisme !" (Le procès du Bloc des droitiers et des trotskystes antisoviétiques, page 739)

Fraternellement





 
« Modifié: 26 août 2009 à 01:56:07 par Abdallah »