Auteur Sujet: La classe ouvrière, la gauche et le PCF, retour sur une relation historique !  (Lu 358 fois)

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Salut camarades,

Des liens puissants depuis son origine qui allient le PCF et la classe ouvrière, ce lien est même le gage de survie de notre parti, de ce qu'il a perdu sans doute de son influence, mais de sa place primordiale, qu'il retrouvera, quand les luttes remonteront, car son déclin, n'est pas inexorable, ni soit disant historique, et des politiques de sabordages de sa Direction...

Le communisme reste l'avenir de l'Humanité, et ce qui reste de vivace dans le Parti, des lutteurs infatigables de la lutte des classes, qui n'ont rien à voir, ni avoir avec les oppportunistes, les liquidateurs ou arrivistes, ces militants, qui aspirent à la Révolution et au socialisme...

Le PCF est ancré dans la geste historique et révolutionnaire du siècle passé et celui d'avant, de l'héritage des expériences ouvrières depuis la Révolution Industrielle, lui seul peut porter cette mémoire politique à échelle large, parce qu'il est la mémoire de la Classe Ouvrière, la mémoire de tant de générations de communistes qui ont transmi le drapeau rouge, aux générations futures, de cet idéal politique, s'il s'en donne les moyens, le Parti, redevenir celui de la Classe Ouvrière, en renouant avec le Marxisme et son héritage politique et historique soit révolutionnaire, qui lui tend les bras...

Certains diraient ils n'existent plus les militants ouvriers communistes, le PCF c'est un parti d'élus, de nomenclaturistes, de ce qu'il en reste et bien, pas sûr, ce que je côtois ne sont pas de cette trempe là, et souvent ailleurs non plus, le Parti, c'est aussi cette "hardie bande de camarades", cette expression me va mieux en ce qui me concerne de le définir...

La classe ouvrière, la gauche et le PCF; retour sur une relation historique (par Michel Pigenet*)
01 Octobre 2011, Par Nicolas DUTENT
 
C’est à partir de leurs valeurs et attentes que les ouvriers usent des ressources de la politique pour en modifier les objectifs et les modalités dans le sens d’une « politique ouvrière » accordée à l’éthique du « faire ».

Le Parti communiste, la gauche, la classe ouvrière… Longtemps, l’énumération est allée de soi, telle une relation d’évidence. Les trois dernières décennies en ont rappelé le caractère historique, donc, transitoire, marqué au coin d’une singularité nationale. Le communisme distingua la France, en effet, du reste de l’Europe occidentale, Italie exceptée, par sa longue prépondérance à gauche. Paradoxalement, si cette situation coïncida avec « l’ouvriérisation » maximum des Trente glorieuses – 41 % des actifs en 1962, 8,6 millions en 1975 –, la France ne figura jamais, pas plus que l’Italie, dans le peloton de tête des sociétés les plus ouvrières du continent. De fait, entre 1946 et la fin des années 1970, la proportion des ouvriers favorables au PCF, toujours supérieure au tiers, frôla souvent la moitié. Au-delà du PCF, la classe ouvrière penchait massivement à gauche : 68 % en 1967, 70 % en 1981, soit 22 à 13 points de plus que l’ensemble des électeurs. Or, si le PS et le PCF se voulurent « partis de classe », l’ancrage politique des ouvriers leur était antérieur, à l’instar du clivage gauche/droite issu de la Révolution française. Les modalités et les acquis de celle-ci, puis les temps forts des combats politiques ultérieurs ont érigé le volontarisme en quasi-principe républicain, condition de sa réception dans les milieux populaires auprès desquels la République apparut comme le cadre approprié d’une démocratisation permanente tendue vers l’idéal de bonheur pour le plus grand nombre.

L’émergence d’une opinion rouge

Très tôt, la cause républicaine eut des adeptes chez les ouvriers séduits par ses promesses d’égalité et d’émancipation. En 1830 comme en 1848, les travailleurs prirent place sur les barricades, mais les répressions qui mirent fin aux effervescences politiques et sociales des lendemains de révolution rompirent souvent les fils tissés avec les républicains d’origine bourgeoise. La première expérience du suffrage universel permit malgré tout l’émergence d’une opinion « rouge », aux yeux de laquelle la « vraie » République devait être démocratique et sociale, forte, en 1849, du soutien de près de 25 % des voix recueillies dans les villes ouvrières et auprès de larges fractions du petit peuple des campagnes. Le coup d’Etat de 1851 défit les convergences esquissées. Sous l’Empire, les appels au séparatisme électoral n’eurent guère d’écho, à la différence de la voie syndicale, plus adaptée à l’expression directe des revendications ouvrières, mais dont les liens avec l’AIT préparèrent la Commune. Bref, l’épisode se conclut par la décapitation du mouvement ouvrier qui, couplée aux priorités de la défense républicaine, atténua l’insertion du social dans les luttes politiques avant la fin des années 1870. A priori, le terrain électoral n’était pas le plus propice aux succès de partis de classe dans un pays où les ouvriers restaient minoritaires. À l’exception des circonscriptions faubouriennes de grandes villes ou des bassins miniers, l’électorat ouvrier, dilué, n’était pas en mesure d’assurer la désignation de « ses » représentants. Les connivences et références partagées au fil des luttes politiques aidant, cette faiblesse numérique fut toutefois compensée par la multiplicité des passerelles que le dégradé des conditions mouvantes et poreuses du salariat hexagonal maintenait avec le reste des classes populaires. Les progrès électoraux obtenus sur cette base orientèrent les socialistes sur une pente institutionnelle. C’est contre ce processus d’intégration que réagit le syndicalisme révolutionnaire. Au plus fort de son influence d’avant la Première Guerre mondiale, un tiers des ouvriers votaient socialiste. Beaucoup maintenaient leur confiance aux radicaux, ces autres héritiers des « rouges », mais les politiques sociales municipales pouvaient conduire des travailleurs à soutenir, par exemple au Havre ou à Rouen, les républicains modérés. Le paternalisme patronal entretenait des inclinations plus droitières, notamment en Lorraine sidérurgique ou au Creusot. Quant aux ouvriers de Mazamet, cégétistes et catholiques, ils votaient régulièrement à droite contre leurs employeurs républicains et protestants.

La culture ouvrière fondée sur le concret

Au vrai, la politique instituée, portée à l’abstraction et à la rhétorique, imprégnée de juridisme, tournée vers l’expression d’opinions individuelles, est aux antipodes de la culture ouvrière fondée sur le concret, l’immédiat, la proximité, le quotidien et le collectif. Ni linéaire ni unilatérale, la politisation ouvrière relève moins de l’acculturation que de la réappropriation active. C’est à partir de leurs valeurs et attentes que les ouvriers usent des ressources de la politique pour en modifier les objectifs et les modalités dans le sens d’une « politique ouvrière » accordée à l’éthique du « faire ». À distance défiante, des politiciens et de la politique institutionnelle, elle oppose le contre-modèle d’une politique « en acte » et « directe » dont les fondements sociologiques et anthropologiques ne préjugent pas d’affinités partisanes, mais purent entrer en résonnance avec le volontarisme et les ambitions sociales de la gauche. 

La singularité du PCF

Dans la longue durée de cette relation, la singularité du PCF fut de réaliser, un temps, l’improbable synthèse de la « politique ouvrière » et  de la politique institutionnelle à travers l’assimilation de son identité partisane à celle de la classe. Le PCF se dota en conséquence, dans les douleurs de la bolchevisation exigée par Moscou, des moyens de ses objectifs. À compter de 1924-1925, il ne cessa de privilégier la promotion de militants ouvriers et l’action en direction des usines et des quartiers populaires. La rupture introduite par cette manière d’ériger l’illégitimité culturelle et sociale en critère de légitimation politique forgea une culture et une sensibilité partisane inédite. Alors même que les lignes et le fonctionnement changeaient, la constance de son « ouvriérisation » garantissait la vigueur de l’ancrage du PCF dans la société française aux grandes heures de la seconde industrialisation et de l’État social. La radicalisation consécutive au choc de 1968 et le renouvellement du recrutement bousculèrent les équilibres sur lesquels reposait la spécificité du communisme hexagonal. La gestion maîtrisée des tensions inhérentes à la délicate synthèse sociopolitique aux fondements du PCF s’enraya, provoquant une série de crises internes sur fond de bouleversements sociaux. L’ouvriérisme communiste vira au handicap dès lors que l’image de l’ouvrier et le sentiment d’appartenance de classe se dégradaient. Le retour au gouvernement rongea la crédibilité du Parti, force d’appoint d’un pouvoir organisant la dérégulation social-libérale. Contemporain du détachement progressif des ouvriers de la gauche en général, la séparation du vote ouvrier d’avec le vote communiste s’accéléra au fur et à mesure que le recul du PCF laminait son attractivité. Non inscription électorale, abstention, vote de repli protestataire dont la stigmatisation favorisait une identification moins attachée à la rhétorique de droite extrême qu’au volontarisme politique hors de saison à gauche. Le vote ouvrier perdait en cohérence plus qu’il ne s’effaçait. On le vérifia lors du référendum de 2005, non sans une ambiguïté que la gauche, PCF compris, se révéla incapable de travailler. Mais ne préjugeons pas des suites d’une histoire qui reste ouverte.

*Michel Pigenet est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-I. Il est directeur du Centre d’Histoire sociale du XXe siècle
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« Modifié: 13 octobre 2011 à 23:05:00 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

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Au fond et pour résumer la relation historique à nos yeux qui associe le PCF et la classe ouvrière en France outre qu'elle est lié à la scission de la SFIO en 1920 à l'appel de Lénine à joindre la 3ème internationale est plus sentimentale que réelle.

Car en réalité, la politique du parti a toujours été d'arrêter au moment décisif les mouvements révolutionnaires, que ce soit en 36 : Thorez qui demande l'arrêt des grèves.
En 45 : Thorez qui fait rendre les armes des communistes et appel à la reconstruction du pays en donnant les clefs à la bourgeoisie française.
En 68  : le refus du parti de prendre le pouvoir alors que la classe ouvrière était mobilisée et prête.

Je crois que le terme de "parti révolutionnaire" alors que ce parti a toujours prouvé son réformisme sinon contre-révolutionnaire est exagéré et continu dans la tradition de faire accroire à son rôle "révolutionnaire".

Le parti a toujours utilisé son aura pour tromper la classe ouvrière au dernier moment.

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Salut Fabien,

Le Parti Communiste, Section Française de l'IC, organisait largement la classe ouvrière, depuis que dans les années 20, il avait acquis une base ouvrière solide au dépend de la SFIO, arquebouté sur les bulletins de boite et ses cellules d'usines.... En ce sens il a et avait une responsabilité majeure de parti révolutionnaire face au prolétariat, et qu'il est trahi en certaine occasion, cela est un fait...

Cepndant, la soumission aux ordres de Moscou, et des volontés de la bureaucratie prête à refuser toute révolution qui menacerait son pouvoir, à amener le Komintern dans des zig - zags effarants, genre passer de la ligne "classe contre classe" à la politique inverse de "front populaire", a exigé des PC, de défendre avant tout non seulement l'URSS, l'Etat Ouvrier, ce qui n'était pas faux, mais surtout l'intérêt de la caste précité incarnée par son chef Staline...

Je pense qu'en 1936 ou 1944/45 et même peut être en 1968, la marge de manoeuvre était étroite, pour le PCF, et il existait des dirigeants, pour appliquer une politique qui a pu être plus qu'une faute, une trahison...

Cependant le PC des années 20 et 30 directement issu du congrès de Tours, était révolutionnaire, l'immense majorité de ses militants ouvriers se revendiquaient comme tels, ce n'est pas parce qu'il a pu à des moments clefs trompé la classe ouvrière, que le PC n'était pas par sa nature de classe, ouvrier, communiste et aussi révolutionnaire...

D'ailleurs si l'on regarde de près les effectifs du PC depuis sa création si le noyau dirigeant apparait solide depuis les années 30, ainsi que des milliers de cadres, c'est parfois un parti passoire à la base, où les déçus sont remplacés par de nouvelles générations et grossissant dans les périodes intenses de lutte des classes...

Alors la nature révolutionnaire ou non du PCF ce n'est pas simple, à ce jour, elle n'apparait pas, mais son héritage celui de la Révolution Russe d'Octobre 1917, indéniablement en faisait un d'authentique, malgré des positions après la "stalinisation", qui pouvaient aller à l'encontre des intérêts politiques du prolétariat...

Bref, il en reste à mon avis mon cher Fabien un héritage politique des origines avec lequel il faut renouer, renouer avec le Marxisme, c'est aussi cela, redonner son caractère révolutionnaire au Parti.

Salutations communistes,
W catharos
 
« Modifié: 23 octobre 2011 à 10:36:25 par W catharos »
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