Cher camarades,
Dans ses Mémoires, intitulée, "Souvenirs", Nikita Khrouchtchev, parus en France, en 1971, nous livre, une part de l'Histoire, d'une histoire, la sienne, celle du bureaucrate, et de sa caste...
Mais pour autant, toujours stalinienne, malgré la fin du Stalinisme décrété par lui... au XXème congrès du PCUS de 1956, trois ans après la mort du "Guide"... Elle permet à Khrouchtchev, la déstalinisation, d'écarter ses rivaux, en les accusant de rester « staliniens »...
Voir cette citation, des plus explicite...
"En 1956, des événements sanglants éclatèrent à Budapest. Par la tromperie et par l’intimidation, Imre Nagy parvint à entraîner des gens dans la révolte et dans une lutte fratricide. On le vit pousser des citoyens éminents devant des micros pour les forcer à le soutenir et à dénoncer le régime de Rakosi. Certains obéirent parce qu’ils avaient peur, d’autres parce qu’ils ne comprenaient pas ce qui se passait. Des militants actifs du Parti, et surtout des tchékistes firent l’objet d’une véritable chasse à l’homme dans les rues de la capitale. Les comités du parti et les organisations tchékistes furent démantelés. Des gens furent assassinés, certains pendus par les pieds à des réverbères, et toutes sortes d’exactions furent commises. Au départ, ce furent des jeunes qui fournirent à la contre-révolution le gros de ses troupes. Ils étaient bien armés grâce au pillage des casernes et des dépôts de munitions. Ils furent ensuite rejoints par des détachements de l’armée, et les accrochages se multiplièrent dans les rues de Budapest. Certains de ces détachements s’étaient emparés de pièces d’artillerie, le plus souvent d’armes antiaériennes, avec lesquelles ils tiraient contre la ville elle-même. Des Hongrois émigrés commencèrent à revenir, de Vienne pour la plupart : c’étaient, en fait, des éléments réactionnaires"
Mais que voulaient ils ces gens, ces prolétaires ?
Le Socialisme, un autre Socialisme, tué dans un bain de sang... Celui de la Classe Ouvrière... Toujours, quand c'est la réaction bureaucratique qui sonne le feu, contre les intérêts légitimes de Classe... Et c'était lui le donneur d'ordre, à ses chars d'assauts et fantassins de la "Glorieuse Armée Rouge", qui avait combattu en Europe, sur les champs de bataille, contre les Nazis, pour finir à Prague et Budapest... Sinistre Destin !... Mais qu'y pouvaient - ils aux ordres ? Ces simples citoyens soviétiques !
La parution en France des "Souvenirs" de Khrouchtchev, fut un évènement... Pour la première fois un Grand de l'URSS prenait la parole...
Avec lui, nous pénétrons dans les groupes dirigeants formés depuis 1924, ceux de la bureaucratie, et ses conspirateurs, contre la "Révolution et pas seulement Mondiale", qui détenaient le pouvoir en Union Soviétique...
Nous approchons l'ombre de Joseph Staline, qui comme dans le film, "Ivan Le Terrible" de Eisenstein, qui de son ombre, Staline et Ivan, rassemblés, christiques, macabres, frappent, partout, d'un seul pouvoir absolu, les boyards et le peuple... Jusqu'à ses enfants, si j'ose dire, comme la Révolution Rouge qui mange ses enfants... Au "Thermidor" du Grand Soir...
Nous voyons les premières années de règnes, les violences, l'angoisse, le temps des purges, la guerre, jusque dans le cercle dirigeant, c'est tout un univers de violence et d'angoisse qui surgit devant nous : Une ôde au Stalinisme... Pas vraiment, finalement... Même si le camarade Khrouchtchev, lui, le fils de rien, que du Parti, se dit différent, il reste cependant du sérail, des bureaucrates... Lui, qui en 1938, à la tribune du jugement dernier hurlait avec les loups : "Mais liquidez moi, ces cohortes, ces légions, ces hyènes, ces chiens galeux, ces vermines, de Trotskistes", ce qui fut fait de Kolyma à Vorkouta à la mitrailleuse... Sans exceptions aucunes... Ceux là, les nôtres, jamais réhabilité, ou presque...
Nous apprenons, comment est mort Staline, l'oeil du NKVD et de Béria fils du sinistre Iejov, de la police secrète, de la Loubianka...
Avec sa verve, sa fougue, d'un bonhomme qui en avait, somme toute du courage, de l'ambition et de la haine, nous découvrons un monde fascinant et macabre, fait de puissance, d'intrigues et de peurs...
C'est lui qui a rédigé au XXème congrès du PCUS le rapport contre Staline, du fond de sa retraite forcée, après 1964, voilà donc ses "souvenirs"...
Cependant, il faut voir le juste et voir son oeuvre...
"Ainsi, alors que le Bureau Politique avait fixé à 50 000, le nombre de gens à condamner à mort à Moscou, Khrouchtchev fait procéder à 55 741 exécutions, et le 10 juillet 1937, demande à Staline le "droit" de fusiller 2 000 ex-koulaks de plus, pour remplir le quota pré-fixé.
Au printemps 1938, il est, avec son ami proche, Nikolaï Iejov, le principal artisan de la Grande Terreur en Ukraine, où il fait arrêter 35 des 38 secrétaires des comités du Parti de la province et des villes. Il va souvent à Moscou apporter les listes collectives de condamnés directement à Staline et Molotov. À Kiev, la terreur conduite par Khrouchtchev et Iejov se conclut par 30 000 arrestations. Au total, la terreur qu’il orchestre en Ukraine aurait fait plus 100 000 victimes en 1938. Il soutient par ailleurs la tenue des procès de Moscou". Sans équivoque ni état d'âme...
Enfin, pour terminer cette citation je crois du XXème du Congrès du Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS), par Nikita Khrouchtchev :
"Nous sommes absolument convaincus, que notre Parti (PCUS), armé des résolutions historiques du XXème siècle, mènera le peuple soviétique, en suivant, la voie du Léninisme, vers de nouveaux succès, vers de nouvelles victoires... Vivent l'étendard victorieux de notre Parti - le Léninisme !
C'est sans aucun doute, une belle leçon, de langue de bois, car d'autres Léninistes, avaient bien avant, choisient d'autres chemins, de l'Espoir, de l'honneur Bolchevik, la Révolution Universelle, c'étaient les Bolchevik - Léninistes, les Vieux Bolcheviks et tant de jeunes prometteurs rompus à la lutte, et ils furent sacrifiés pour cela, et on se disait bien...
... De ce qu'est devenu l'Etat Ouvrier, issu, de la Révolution d'Octobre 1917, liquidé aujourd'hui, avec ce qu'il représentait... L'Idéal de générations de Militants...
Alors ses "Souvenirs", à lire sans aucun doute, pour les communistes, de ceux qui n'ont jamais renoncé à l'idéal, pour comprendre de se qui fut, dans le Parti Communiste Français, entre autre, le "Stalinisme", de sources premières, en ces temps où certains avait cru que cela était le "Socialisme", qui ont déchanté ensuite comme Dominique Desanti (Cf le livre "les Staliniens") et tant d'autres, pour ceux, qui y croient encore, en la Révolution Socialiste, et se disent que l'expérience soviétique fut un grand pas en avant, mais qu'il faut tout recommencer d'Octobre, patiemment, mais, nous ne partons pas de rien, nous avons une Histoire à partager, que nous n'avons pas le choix, car le Communisme c'est l'avenir de l'Humanité, dont je suis... Nous sommes... à "La Riposte"...
Avec mes amitiés de camarade,
Wilehlm catharos