http://wn.com/Inessa_Armand(Si çà patine , cliquer sur l'image pour passer sur youtube , c'est plus fluide)
Inès et Wladimir reposent à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre, lui dans le mausolée, elle au pied des murs rouges du Kremlin.
C'est en 1910 , juste après ou juste avant les vacances de Nadejda et Wladimir à la villa Les Roses , à Pornic , en Bretagne , que Lénine et Inès Armand font connaissance pour la première fois , dans le milieu des révolutionnaires russes exilés à Paris . Inès a alors 35 ans, mais elle en paraît 25. Elle a de grands yeux, une bouche charnue et expressive et des cheveux châtain foncé. Lénine a 40 ans et est déjà presque chauve. Ils flânent ensemble sur les boulevards de la capitale française et restent assis pendant des heures dans les cafés de l'avenue d'Orléans.
Nul n'a jamais vu Lénine dans un pareil état. Jusqu'alors ses livres et ses écrits politiques lui avaient toujours plus importé que les femmes. Il se montre à présent, selon le témoignage du socialiste français Charles Rappoport, incapable de «détacher ses yeux mongols de la petite».
Le v ' là carrément accro à c' te bourgeoise , fille adoptive d' un gros capitaliste bourré d ' oseille , le Wladimir. A Paris , il crèche avec Nadejda au 4 , rue Marie-Rose , dans le XIVème arrondissement et il parvient à faire loger Inès au 2 , rue Marie-Rose .
Sitôt après leurs premières rencontres à Paris, Inès lui écrit : «Tu m'as très fortement impressionné. J'avais une envie folle de m'approcher de toi, mais j'aurais préféré mourir su-le-champ plutôt que d'ouvrir la porte conduisant à ton bureau.»
Pour elle, Lénine va prendre des libertés inattendues avec la révolution. Il autorise Inès Armand, la camarade sans grade, à accéder au congrès de l'Internationale socialiste à Copenhague, en septembre 1910, et passe dix jours avec elle dans la capitale danoise à l'issue du rassemblement . Elle joue du piano , Inès - Lénine ne se lasse pas de l'Appassionata de Beethoven - elle parle quatre langues sans accent, s'habille avec recherche et se coiffe d'extravagants châpeaux . Attention camarade , n'oublie pas la révolution.
En 1918, après la victoire des bolcheviks , les premiers 200 téléphones dotés de combinés sont réservés aux leaders du Parti; Lénine obtient qu'Inès en reçoive également un . Il l'installe dans une maison à deux pas du Kremlin , sa chérie.
En 1920 , suivant les conseils de Lénine, Inès malade part en cure dans le Caucase. Deux semaines plus tard, Inès meurt. Lénine lit et relit le télégramme annonçant l'horrible nouvelle: «Il n'a pas été possible de sauver Inès du choléra dont elle souffrait. Stop.»
Pour les obsèques d'Inès , à Moscou , L'orchestre du Bolchoï au grand complet interprète la Marche funèbre de Chopin. Puis , résonne L'Internationale. 60 voitures-automitrailleuses sont alignées pour ces obsèques nationales.
Le défilé franchit la place de la Révolution pour se diriger vers la place Rouge. Trois salves d'automitrailleuses déchirent le ciel. Des douzaines de couronnes de fleurs sont déposées devant le cercueil. Toutes les fleurs sont artificielles à Moscou en hiver , à l'exception d'une grande couronne d'hyacinthes fraîches et blanches, sur laquelle on peut lire: «A la camarade Inès, de la part de V.I. Lénine.»
Lénine mourra quatre ans après Inès . «Il n'était jamais parvenu à surmonter la mort d'Inès», écrira la révolutionnaire Alexandra Kollontaï