Salut camarades,Le fait que le 1er mai puisse être férié et payé,
(mais il cela n’est pas une fête légale en France en fait), semble naturel aujourd’hui, et il faut bien rappeler finalement, que cela ne fut ni naturel, ni évident, et que certains 1er mai furent tragiques, à commencer par celui de lui de Fourmies dans le Nord en 1891…
C’est en 1889 que l’Internationale Ouvrière avait décidé suite à la victoire des travailleurs américains, le 1er mai 1886, sur la journée de 8 heures, que le 1er mai serait la journée internationale de lutte des travailleurs, centrée aussi sur des revendications ouvrières, comme celle de la journée de travail de 8 heures partout
(8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de sommeil) soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche étant le seul jour chômé.
De fait comparé aux 10 à 12 heures
"ordinaires" de l’époque, cela était une revendication des plus importantes, le mouvement ouvrier a toujours lutter, pour la diminution du temps de travail, sans perte de salaire bien sûr…
Dans le département du Nord, le 1er mai 1891, dans le centre industriel du textile, de Fourmies, petite commune de quelque 15 000 habitants, excentrée
"rien ne prédisposait particulièrement à retenir l'attention nationale et internationale en ce 1er mai 1891".
Le contexte, d’après une précisions de Danielle TARTAKOWSKY concernant la fusillade de Fourmies.
« Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens dont la grève pour l'obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l'Internationale ouvrière. En France, le contexte est plus répressif qu'il ne l'était l’année précédente.
A Fourmies, petite ville textile du Nord proche de la frontière belge tout juste sortie d'une longue grève, le patronat a menacé de licenciement les ouvriers qui arrêteraient le travail et obtenu du préfet qu'il mobilise un important dispositif de maintien de l'ordre. En l'absence de forces spécialisées, c'est alors, en France, à l'armée qu'incombe cette mission. Deux compagnies d'infanterie ont été mobilisées.
En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d'obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. Les affrontements se soldent par neuf morts, dont quatre jeunes femmes et un enfant.
Ces morts, promus martyrs, vont devenir un symbole de la République répressive et de classe. " Car à Fourmies, c'est sur une gamine que le lebel fit son premier essai… " (Montéhus). »Comme l’indiquait l’article de
l’Humanité du
29 et 30 avril 2011, sur le cent vingtième anniversaire de la fusillade de Fourmies, intitulé,
« Vive les 1er Mai de luttes, Vive le 1er mai 1891 », du Professeur Pierre Outteryck :
Le 4 mai 1891, devant 40000 personnes Henri Carrette et Hippolyte Culine y prirent la parole et soulignèrent « qu’un fleuve de sang vient de séparer l’étendard tricolore de la République du drapeau rouge ouvrier », j’aurai envi de rajouter que ce fleuve de sang ne doit, ni ne peut, être oublié, 120 ans après…
Fraternellement,
W catharos
Carte postale montrant le monument érigé sur la tombe des victimes dans le cimetière de Fourmies. Monument simple, régulièrement fleuri chaque 1er Mai et qui devient un des lieux de mémoire du mouvement ouvrier. Source : ce site présente plusieurs autres cartes postales relatives à la fusillade de Fourmies avec commentaires et analyses :
http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=95