Auteur Sujet: 1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies  (Lu 555 fois)

Hors ligne W catharos

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 1 231
    • Voir le profil
1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies
« le: 30 avril 2011 à 15:45:44 »
Salut camarades,

Le fait que le 1er mai puisse être férié et payé, (mais il cela n’est pas une fête légale en France en fait), semble naturel aujourd’hui, et il faut bien rappeler finalement, que cela ne fut ni naturel, ni évident, et que certains 1er mai furent tragiques, à commencer par celui de lui de Fourmies dans le Nord en 1891…

C’est en 1889 que l’Internationale Ouvrière avait décidé suite à la victoire des travailleurs américains, le 1er mai 1886, sur la journée de 8 heures, que le 1er mai serait la journée internationale de lutte des travailleurs, centrée aussi sur des revendications ouvrières, comme celle de la journée de travail de 8 heures partout (8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de sommeil) soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche étant le seul jour chômé.

De fait comparé aux 10 à 12 heures "ordinaires" de l’époque, cela était une revendication des plus importantes, le mouvement ouvrier a toujours lutter, pour la diminution du temps de travail, sans perte de salaire bien sûr…

Dans le département du Nord, le 1er mai 1891, dans le centre industriel du textile, de Fourmies, petite commune de quelque 15 000 habitants, excentrée "rien ne prédisposait particulièrement à retenir l'attention nationale et internationale en ce 1er mai 1891".

Le contexte, d’après une précisions de Danielle TARTAKOWSKY concernant la fusillade de Fourmies.

« Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens dont la grève pour l'obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l'Internationale ouvrière. En France, le contexte est plus répressif qu'il ne l'était l’année précédente.

A Fourmies, petite ville textile du Nord proche de la frontière belge tout juste sortie d'une longue grève, le patronat a menacé de licenciement les ouvriers qui arrêteraient le travail et obtenu du préfet qu'il mobilise un important dispositif de maintien de l'ordre. En l'absence de forces spécialisées, c'est alors, en France, à l'armée qu'incombe cette mission. Deux compagnies d'infanterie ont été mobilisées.

En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d'obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. Les affrontements se soldent par neuf morts, dont quatre jeunes femmes et un enfant.

Ces morts, promus martyrs, vont devenir un symbole de la République répressive et de classe. " Car à Fourmies, c'est sur une gamine que le lebel fit son premier essai… " (Montéhus). »


Comme l’indiquait l’article de l’Humanité du 29 et 30 avril 2011, sur le cent vingtième anniversaire de la fusillade de Fourmies, intitulé, « Vive les 1er Mai de luttes, Vive le 1er mai 1891 », du Professeur Pierre Outteryck : Le 4 mai 1891, devant 40000 personnes Henri Carrette et Hippolyte Culine y prirent la parole et soulignèrent « qu’un fleuve de sang vient de séparer l’étendard tricolore de la République du drapeau rouge ouvrier », j’aurai envi de rajouter que ce fleuve de sang ne doit, ni ne peut, être oublié, 120 ans après…

Fraternellement,
W catharos


Carte postale montrant le monument érigé sur la tombe des victimes dans le cimetière de Fourmies. Monument simple, régulièrement fleuri chaque 1er Mai et qui devient un des lieux de mémoire du mouvement ouvrier.

Source : ce site présente plusieurs autres cartes postales relatives à la fusillade de Fourmies avec commentaires et analyses :

http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=95
« Modifié: 01 mai 2011 à 00:12:09 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

Hors ligne Conan

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 351
    • Voir le profil
Re : 1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies
« Réponse #1 le: 30 avril 2011 à 21:51:53 »
Merci , Wilhelm C. pour ce rappel mémoriel du Ier mai 1891 à Fourmies.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés après le Ier mai 1886, Augustin Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui» .

Augustin Spies pendu le 11 novembre 1886.

Hors ligne W catharos

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 1 231
    • Voir le profil
Re : 1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies
« Réponse #2 le: 01 mai 2011 à 00:36:21 »
Et oui Conan,

La Classe Ouvrière, elle en a du sang sur son drapeau, même celui de militants anarchistes, où se mêle le rouge et noir, reste le rouge du sang versé, celui de bien de militants, d'ici et d'ailleurs, de générations de militants sur cette Terre et depuis trop longtemps, sans victoire finale.

Les héros de la Classe, et qu'importe ce qu'ils furent, ils sont tombés pour ses intérêts, ceux du genre humain et aussi pour leurs intérêts politiques propres, puis qu'ils se mariaient avec ceux de leur vie, et il faut des choix, ceux qui comme moi, ont choisi ce camp - là, celui du drapeau rouge, ils savent se qu'ils doivent à ceux qu'ils l'ont si haut porté...

Mais ce drapeau rouge, s'il en a bien sûr du sang dans ses plis, ce sang là, ce n'est que celui, des camarades, déjà ceux de juin 1848, sur les barricades, fusillé(e)s par cette fichue république bourgeoise mise au tricolore.

Il reste, le drapeau rouge, digne, et pour les tâches qui pourraient s'y être incruster, celles de ses fossoyeurs qui ont pu même le porter, qu'importe, "Osez le défier nôtre superbe drapeau rouge, rouge du sang de l'ouvrier" !  ;D

C'est d'ailleurs les paroles de la chanson du drapeau rouge à écouter ci - dessous et à chanter, pas qu'un 1er mai...  :D

http://www.youtube.com/watch?v=I8W169R32UQ

Fraternellement,
W catharos
« Modifié: 01 mai 2011 à 01:10:04 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

Hors ligne Conan

  • Ancien
  • ***
  • Messages: 351
    • Voir le profil
Re : 1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies
« Réponse #3 le: 02 mai 2011 à 12:29:41 »
Attention aux drapeaux , camarade ! Ils sont sanguinaires par nature .

Le Rennais Maurice Duhamel qui se considérait marxiste , s'animait beaucoup en racontant qu'en 1675 , Sébastien Le Balp ( Sébastian Ar balp ) avait choisi pour la République Bretonne , un drapeau tout simple , sans emblème héraldique , sans inscription et d ' une seule couleur : rouge.

Maurice Duhamel aimait beaucoup parler de Le Balp conduisant ses troupes à l'assaut des châteaux sous les plis du drapeau rouge . Et puis , il s'emballait le Maurice , en racontant que Le Balp rêvait déjà à son époque d'une société sans classe. "Car c'est une chose qu'on ignore trop et qu'il faut qu'on sache" , disait-il , "ce drapeau rouge qui , sur toute la planète symbolise aujourd'hui les revendications populaires , c'est en Bretagne qu'il a flotté pour la première fois il y a trois siècles , et c'est la Bretagne qui l'a  donné au monde " . Et il racontait çà même aux "Bretons Emancipés" de Paris dont il était le Président , Maurice Duhamel . Les dits "Bretons Emancipés" avaient également un président d'honneur qui n'était autre que Marcel Cachin.

Grand spécialiste de Le Balp , des Bonnets Rouges et des Bonnets Bleus , le Russe Boris Porchnev confirma l'origine bretonne du drapeau , avant de se fourvoyer plus tard sur les traces du Yéti.

Aujourd'hui , les drapeaux rouges tâchés de sang par les dictatures qui s'en sont servies , sont devenus très rares en Bretagne et ailleurs aussi , sans doute . En Bretagne , des forêts de Gwen Ha Du envahissent toutes les manifs et c'est une plaie. Rien dans le crâne , tout dans le drapeau et la corne de brume dans laquelle ils soufflent un peu comme Roland dans l'oliphant à Roncevaux , les adeptes du drapeau ne manquent jamais une occasion de déployer  leur symbole national . Morvan Marchal qui dessina le Gwen Ha Du dans les années 20 quand il était étudiant aux Beaux-Arts à Rennes , avait peut-être des idées plus ou moins de gauche à cette époque . Mais il était vraissemblablement et fâcheusement vert de gris , sous l'occupation des verts de gris . A l'époque il était druide païen avec des penchants politiques nettement plus nationaux-socialistes que socialistes , paraît-il . Néanmoins , en Bretagne , les fachos préfèrent comme symbole national une guenille beaucoup plus ancienne que le gwen ha du . Ils font usage du kroaz du ( croix noire ) de certains ducs de Bretagne . C'est rare , fort heureusement , parce que les fafs ne sont pas aussi nombreux en Bretagne qu'en France . Comme il y a des porteurs de gwen ha du à la CGT , çà dissuade les fafs de s'en servir.