Merci Wilhelm
Il y a pas mal de blagues sur Brejnev.
Léonide Illitch Brejnev, comblé d'honneurs pour son soixante-dixième anniversaire, ayant ajouté à tous ses titres celui de maréchal de l'Armée soviétique, se décide enfin à faire venir sa vieille maman au Kremlin pour quelques jours. Mme Brejnev mère, à cette occasion, quitte sa ville natale pour la première fois de sa vie, puis est accueillie à Moscou par le bureau politique au complet et la fanfare de plusieurs régiments. Son fils l'emmène au Kremlin dans une somptueuse Cadillac offerte par Nixon et, après lui avoir montré ses appartements de plus de douze pièces, lui fait les honneurs du palais. Immenses salles aux boiseries dorées, aux riches tentures et aux meubles les mieux travaillés, tableaux de grands maîtres, somptueuses icônes, vitrines emplies de vaisselle d'or et de précieux bibelots, coffres et écrins de bois richement décorés, renfermant d'étonnants bijoux, Mme Brejnev examine tout sans mot dire, et son visage reste impassible.
Intrigué et mécontent, Léonide Illitch fait préparer son avion personnel, où sont aménagés un bureau, un salon et une chambre à coucher, et emmène sa mère dans les Carpates. Là, il lui fait visiter son coquet chalet, lui montre son remonte-pente personnel, sa piste de ski réservée, sa patinoire, sa piscine chauffée, son téléphérique et l'hélicoptère de promenade, et Mme Brejnev ne dit toujours rien, et son visage reste impassible.
Alors Léonide Illitch reprend son avion et fait mettre le cap sur la mer Noire. Là, il montre à sa mère une magnifique propriété, avec une plage privée, un petit port où sont ancrés un yacht, un voilier et plusieurs canots automobiles, et Mme Brejnev ne dit encore rien, et son visage reste impassible.
Désespéré, Léonide Illitch reprend avec sa mère l'avion pour Moscou et, rentré au Kremlin, il lui dit : « Écoute, maman, tu voulais que ton fils devienne quelqu'un dans la vie. Je t'ai montré le palais où j'habite, avec les trésors de l'art du monde entier, je t'ai montré mon chalet dans les Carpates, ma datcha au bord de la mer Noire, je t'ai promenée dans mon avion personnel et dans la Cadillac que m'a offerte le président des États-Unis, et toi, tu ne dis rien. Tu n'es pas fière de moi ? » Alors Mme Brejnev tourne lentement la tête vers son fils et dit : « Si, Léonide, tu es très bien installé, je suis très contente. Mais si les Rouges reviennent ?... »